INVOCATION — IODE
qu'au treizième siècle firent de même; nos rois, depuis Charlemagne jusqu’à Philippe le Bel, y furent presque toujours exacts. Peu après , on renonça entièrement à cet usage. P.-R. MARTIN.
INVOLUCRE , assemblage de bractées disposées symétriquement en verticilles ou collerettes, formant une enveloppe extérieure à une seule fleur, comme dans l’anémone, ou à plusieurs, comme dans les composées, où Linné lui avait donné le nom de calice commun. L'involucre est di-, tri-, tetra-, penta-, polyphylle, selon le nombre de folioles qui le composent. L'involucelle est un Involucre partiel , dont les ombellifères nous offrent l'exemple. Richard avait donné le nom de périphorante à l'involucre. 10, fille d'Inachus, fondateur et roi d’Argos, eut pour mère Ismène, et paya la célébrité de ses charmes des deux tiers d’une vie sans repos. Le Jupiter de lOlympe , selon la fable, mais sans doute, selon l’histoire, le Jupiter de Crète, ce ravisseur de toutes les belles parmi les Hellènes, lenleva; et pour dérober son amante et ses amours à la jalouse curiosité de Junon , il les enveloppa d’un nuage ténébreux. Cette tache noire et vaporeuse, qui surgit fout à coup dans la sérénité de l’atmosphère, éveilla les soupçons de l’épouse du maître des dieux; elle la dissipa dun souffle, et trouva sur les lieux Jupiter, à côté d’une génisse blanche comme la neige. Le dieu venait de changer ainsi la malheureuse fille d’fnachus. « De quel troupeau est cette génisse? demanda la reine de l’Olympe. — Elle vient de naître de ces glèbes », répliqua l’époux menteur. La divine matrone ne fut point dupe de cette imposture ; elle exigea que la génisse lui fût livrée. Elle la donna inconfinent en garde à un pâtre enfant de la Terre, dont cent yeux couvraient le corps ; son nom était Argus ( Panoptés, celui qui voit tout), nom célèbre depuis, et appliqué aux vieux tuteurs de pupilles et aux maris jaloux. Cependant Jupiter, touché des malheurs inouis dont son amour avait frappé la plus belle vie qu’il y eût alors sur la terre, envoya Mercure, qui, sous la forme d'un pâtre, ayant endormi, par le charme de sa flûte, le pâtre Argus, lui trancha la tête de sa Aarpé, ou épée-faulx. Toutefois, Junon ne céda point : après avoir mis son vigilant gardien au rang des oïiseaux-dieux, sous la forme du paon, et recueilli ses cent yeux sur la queue éblouissante de ce nouvel hôte et messager emplumé de l’Olympe, elle suscita une furie, d’autres disent un taon, à la poursuite d’Io, qui la rendit folle et vagabonde par toute la terre. Quadrupède ruminant, de princesse qu’elle fut, la mer ne fut point pour elle un obstacle; elle traversa jusqu’à la plage illyrienne les flots auxquels elle donna son nom , et qui laissèrent jusqu’à nos jours la douce appellation d Zoniennes aux îles qui les embellissent. Io franchit bientôt, dans ses tourments, les hautes barrières de granit de l'Hæœmus, descendit dans la Thrace, puis se précipita vers le Caucase, où Prométhée, le ravisseur du feu céleste, lui prédit encore de longues et pénibles courses, T'affreux périls, et enfin un doux repos couronné d’une félicité que rien ne pourra plus désormais altérer. Du Caucase, Io courut se jeter dans le détroit de la Thrace, que depuis et toujours on appelle Bosphore ( passage du bœuf); de là, laissant derrière elle l'Europe , elle atteignit l'Asie, et courut à travers Afrique, jusques aux monts Éthiopiens , le long du Nil, qu’elle redescendit jusqu’au Delta, où, par les douces caresses de Jupiter, qui lui rendit sa forme de femme, dit le grave Eschyle dans son Prométhée, elle mit au jour le noir Épaphus, qui depuis régna en Égypte. lo mourut peu de temps après, honorée et respectée des Égyptiens, à cause de sa patience, de sa douceur et de sa résignation à souffrir les maux de la vie : elle fut divinisée sous le nom d’Zsis. DENNE-BaRoN.
« Ce qu'il y a de curieux dans l’histoire d’Io, qui ne semble d’abord, dit M. Saint-Marc Girardin, qu’une des nombreuses aventures d'amour de Jupiter,
Atque chao densos Divüm narrabat amores, DICT, DE LA CONVERS, — T. XI.
C’est que, quelle que soit la diversité des traditions répandues sur sa course, elles s'accordent pour lui faire toucher les positions les plus importantes du monde grec. Ainsi, elle touche à la mer d'Ionie, et, selon Eschyle, lui donne son nom; c’est par cette mer que la Grèce communique avec l'Occident et colonise l’Italie, Elle touche au Bosphore de Thrace, qui est la clef de la Méditerranée et de la mer Noire; au Bosphore cimmérien, qui met Ja mer Noire en communication avec le nord de l’Europe ; à l'Egypte enfin, aux lieux où sera Alexandrie, c’est-à-dire au point de jonction ‘entre le commerce des Indes et le commerce de l'Europe. Partout où le génie grec voit un lieu important, partout où le commerce et la puissance doivent venir se placer, la fable y conduit Jo, qui, sous le fouet de cette Tisiphone qui ne la pousse qu’où il faut aller, devient ainsi l'emblème de l’activité de la race hellénique. »
IODE (de iwônc, violet), corps simple, découverten 1811 par Courtois, dans la cendre des fucus qui croissent au bord de la mer. L’iode est solide, d’un gris d’acier, lamelleux, d’une odeur particulière, qui ressemble beaucoup à celle du chlore; sa vapeur exerce surtout une action vive sur les yeux.
Chauffé, ce corps se fond à une température de 107°, et se volatilise à 175° environ, en produisant une vapeur violette extrêmement intense, qui, en se condensant, dépose des aiguilles brillantes et d’un éclat presque métallique; sa volalilisation avec l’eau est due à la tendance qu’elle a à passer à l’état de vapeurs, qui se mélent avec celles de l’eau, malgré la différence de température qui les produit, parce que la vaporisation de l’eau, renouvelant sans cesse l’atmosphère, permet à une nouvelle proportion de vapeurs de se former : ce phénomène se présente avec fous les corps volatils mêlés ensemble.
L'iode ne peut se combiner directement à l'oxygène, mais il est susceptible de s’y unir par des actions indirectes : ainsi, toutes les fois que l’on traite l’iode par une dissolution alcaline concentrée, l'oxygène de l’oxyde, par exemple, la potasse ou la baryte, se combine avec une partie d’iode pour former de l’acide iodique, qui se réunit à une portion d’oxyce, tandis que le métal, mis à nu, se combine avec une autre portion d’iode, pour donner naissance à une iodure; après avoir séparé ces deux sels, on enlève la baryte par le moyen de l’acide sulfurique. L'iode s’unit aussi à l'hydrogène, mais également d’une manière indirecte : par exemple, quand on le met en contact avec l’eau et l'acide sulfhydrique, le soufre de ce dernier acide se sépare, et l'hydrogène se combine à l’iode, pour former de l'acide iodhydrique. On Pobtient aussi, et alors à l’état gazeux, en chauffant légèrement des phosphures et de liode trèslégèrement humectés : l'oxygène de l’eau se combine avec le phosphure, et l’hydrogène avec l’iode. Enfin, l’iode se combine avec la plupart des métaux, pour former des iodures. GAULTIER DE CLAUBRY.
Depuis la. découverte de l’iode jusqu’au preunier travail de M. Chatin, qui date de 1850, ce corps simple n'avait été signalé que dans un petit nombre de produits naturels. Ce fut d’abord Davy qui en démontra la présence dans différents fucus marins ; plus tard, MM. Colin et Gaultier de Claubry ayant fait connaitre l’action caractéristique que l’iode exerce sur lamidon, la sensibilité de ce nouveau réactif permit d'étendre les recherches et de constater plus facilement vexistence de ce corps simple. Angelini et Cantu signalèrent l'iode dans un certain nombre d'eaux minérales sulureuses. M. Balard lindiqua dans divers mollusques et polypiers marins ; Vauquelin, dans un minerai d’argent du Mexique; del Rio, dans l’argent corné de Temeroso : Yniestra et Bustamente, dans le plomb blanc de Catôrce, Cependant, l'iode passait encore pour lun des corps les moins répandus dans la nature, lor que M. Chatin en trouva dans les cendres des plantes vivant dans les eaux douces, puis dans ces eaux elles-mêmes. ouis dans les terres qu’elles
arrosent, ou plutôt dont elles opèrent un lavage naturel, puis encore dans l’eau de pluie, et enfin jusque dans l’air atmosphérique.
Pour constater l'existence de liode dans l'atmosphère, M. Chatin s’est servi d’un appareil très-simple, composé d’un grand vase aspirateur et d’un système laveur consistant en une série de tubes à boules de Liebig. Il est ainsi arrivé à reconnaître que 4,000 litres d’air renferment très-approxiiativement, à Paris, = de milligramme d’iode. Il a, en vutre, établi que Pair respiré perd les + de son iode. « Si l’on considère, dit-il, que le volume d’air consommé en un jour par un homme est de 8 mètres cubes ou de 8,000 litres, son voit que c’est 5 de milligramme d'iode (je ne donne aujourd’hui ce chiffre que comme une approximation minimum quise met en rapport dans ce laps de temps avec la muqueuse pulmonaire; et il est digne de remarque que cette quantité est à peu près égale à celle que prend un homme buvant par jour deux litres d’eau médiocrement iodurée, celle d’Arèueil par exemple, Un habitant du faubourg Saint-Jacques absorbe ainsi autant d’iode par l'air que par l’eau, et dans beaucoup de pays, Nanterre, Prés Saint- Gervais, Saint-Germain, la vallée de Montmorency, etc., la proportion fournie par l'air l'emporte de beaucoup sur celle empruntée à l’eau. »
En 1851, M. Chatin reconnut par l'analyse l’absence presque complète d’iode dans ces vallées des Alpes que désolent le crétinismeetle goître. Depuis 1l a pris rang dans la matière médicale comme un des remèdes les plus précieux et les plus énergiques : on l’a employé avec succès dans les engorgements chroniques du tissu cellulaire, dans la plupart des indurations chroniques, dans le goître, quelquefois dans la phtisie tuberculeuse et surtout dans les atfections scrofuleuses. L'iode en nature est peu usité, si ce n’est sous forme de vapeurs qu’on a imaginé de faire inspirer aux poitrinaires; on l’adminisire plus volontiers en dissolution dans l'alcool ({einture d'iode), dans l'huile (Auile iodée), dans l'eau (eau iodée), ou associé au plomb, au mercure, au fer, etc. Enfin les préparations d’iode sont
d’un grand secours dans la photographie,
IODHYDRIQUE (Acide). L’acide iodhydrique est gazeux, d’une odeur piquante, excessivement soluble dans l’eau ; en contact avec le mercure, il abandonne son iode, qui s’unit au métal, et l'hydrogène, dont le volume est moitié moindre que celui du gaz, se dégage. La dissolution saturée de ce gaz fume à l’air, et d’incolore qu’elle était, elle se colore bientôt plus ou moins fortement en rouge-brun ; l'oxygène de l’air brûle une partie de l'hydrogène, et l’iode séparé se dissout dans la partie indécomposée.