‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 322 sur 522 · INVESTITURES — INVOCATION · texte numérisé non relu

INVESTITURES — INVOCATION

d’appeler dans soi-même, ou à son secours, la divinité. L'in. vocation était en usage chez les païens dans leurs mystères, leurs sacrifices , leurs hymnes , et jusque dans leurs chœurs dramatiques. Dans notre liturgie, l'mvocation des saints est aussi ancienne que l'Église. 1] était donné à cette sublime communion de placer comme intercesseurs entre la majesté de Dieu et la faiblesse humaine, des sages, des justes, des saints, disparus de la terre avec la palme du martyre ou de la vertu. On honore, on invoque les saints, mais on ne les adore pas : ce point de liturgie a été un long sujet de dispute entre les catholiques et les réformés : ces derniers vont jusqu’à nier l'efficacité de l’invocation de la sainte des saintes, de la Vierge. Dans la liturgie grecque et orientale, après que le prêtre a rapporté, dans le sacrifice de la messe, les paroles de Jésus-Christ, il prononce une dernière prière que les Grecs nomment l’invocation du Saint-Esprit , et qu’ils croient essentielle dans leur rit à la consécration. Au troisième siècle, on invoquait aussi les anges. Origène invoquait son ange gardien. Les devins, les pythonisses, les magiciens, invoquaient les démons. Les plus anciens Pères de l’Église ont souvent nommé prières et invocations les formes des sacrements,.

Du pied des autels l’invocation dut nécessairement passer chez les païens au frontispice de ces hauts monuments poétiques si pleins de moralité et de grandes leçons pour les hommes, les poëmes épiques. Dans les siècles des patriarches, au temps d'Hésiode et d’Homère, on n’invoquait que la déesse : « Chante, à déesse, la colère d'Achille, » dit simplement ce poëte divin. On invoquait aussi les Muses, ces vierges mystérieuses, comme le dit leur nom. Enfin, les poëtes chrétiens appelèrent à leur secours l'Esprit-Saint, comme Milton ; ou l’auguste Vérité, comme Voltaire. De nos jours, on rirait d’un poëte invocateur. Au surplus, les muses antiques, et l’esprit de Dieu, dans ces temps où toutes croyances sont mortes, se refuseraient à intervenir dans ce chaos ténébreux et rhythmé d’un idéalisme inintelligible , ou dans ce matériel informe de descriptions sans fin qui règne dans les poésies du siècle, et qui laisse comme un jouet aux enfants des écoles le psychisme trop simple du divin Platon. 11 faut nécessairement que linvocation ait rapport au sujet que l’on traite, Virgile, ainsi qu' Homère, appelle à son aide la seule muse, dans l'Énéide. Dans ses Géorgiques , il invoque Bacchus, Cérès la bienfaisante, Neptune qui fit jaillir un coursier de la terre, Minerve qui enfanta l'olivier, les faunes, les dryades, Pan, le jeune Sylvain, Triptolème ou Aristée, {ous les dieux et toutes les déesses champôtres , et enfin le grand César. Il n'y à d’invocation plus complète dans aucun poëme. Lucrèce, dans son poëme De la Nature des Choses, demande ses inspirations à la génératrice des humains , à Vénus; Ovide appelle à son aide, dès le début de ses Mél/amorphoses, tous les dieux que la magie de son imagination fait successivement paraitre sur une scène merveilleuse. Enfin, les poëtes modernes ont à leur service, dans leurs invocations, des muses de mélancolie, d'amour , de solitude, en un mot toutes les muses qui président aux mystères de la nature. DENNE-Banon.

INVOCATION ( Diplomatique). C'est la formule par laquelle l'auteur, l'écrivain, le dataire on les témoins d’une charte s’adressaient à la divinité pour la supplier de sanctifier ce qu'ils allaient faire. Sa place se trouvait ordinairement en tête des diplômes, des dates ou des signatures. Dieu, le Christ, la Sainte-Trinité ou quelques saints en étaient ordinairement l’objet. Il est à peu près prouvé que les rois francs de la première race négligeaient l'invocation. Ceux de la seconde l'employèrent au commencement des bulles et diplômes royaux, soit d'une manière directe et formelle en l'exprimant tout au long, soit en la représentant par des monogrammes ou des signes tels que le labarum.

Les empereurs d'Orient, les rois visigoths, anglo-saxons, des sixième, septième et huitième siècles, faisaient des invocations détaillées, Tous les empereurs d'Occident jus

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