‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 331 sur 522 · IRAN -- IRETON · texte numérisé non relu

IRAN -- IRETON

naïent sous le nom général de Zagros, et qu’on appelle aujourd’hui les montagnes du Kourdistan, Le centre de cette eontrée n’est qu'un immense désert de sel.

IRANIENNES (Langues) ou langues de l'Iran. On appelle ainsi, du nom de la contrée où elles sont surtout parlées, une famille des langues in do-germaniques, à laquelle appartiennent notamment le 3 en d, l'ancienne langue perse proprement dite, contenue dans les inscriptions eunéiformes de troisième ordre, le peklwi ou houswaresh, l’ancienne Hngue des Perses occidentaux, fortement mélangée de mots sémitiques, le parsi, jusqu’à présent appelé pazend , et la nouvelle langue persane , indépendamment de laquelle existent encore beaucoup de dialectes particuliers, tels que ceux de Ghilân, de Masenderän et de Tabaristân. Un.peu plus loin on rencontre le kowrde, avec ses nombreux dialectes, et la langue afghane ou poushtou, devenue aussi tout récemment une langue écrite et divisée en deux dialectes principaux. La langue des Ossètes , disséminés dans les gorges du Caucase, fait également partie du groupe des langues iraniennes. On n’a pas étudié suffisamment jusqu’à ce jour les rapports existant entre l’arménien et les langues de l’Iran, et encore moins ceux des anciennes langues des Indes et des Assyriens.

IRASCIBILITE, IRASCIBLE. Voyez IRRITATION (Morale).

IRATO (Ab). Voyez AB IRATO.

IRA WADDIL, le plus grand fleuve del’empire birman et l’un des plus importants cours d’eau de l’Inde en deçà du Gange, prend sa source dans les mêmes montagnes que les affluents orientaux du Brahmapo utra; seulement elle se trouve un peu plus au sud. Il traverse des contrées encore inconnues des Européens; mais il paraît être déjà navigable pour des barques un peu au-dessus de la ville d’Amarapoura, d’où, en se dirigeant au sud, il entre dans la plus belle et la plus riche plaine du Birma. Il y reçoit les eaux de deux énormes affluents , l’un provenant de la province de Chine qu’on appelle Zoun-nan , près de la ville d’Ava , à 69 myriamètres de la mer. Depuis Ava jusqu’à son delta, lIrawaddi est un fleuve de toute beauté, large parfois de sept kilomètres et couvert d’îles. C’est dans cettepartie de son parcours qu’il reçoit les eaux des plus considérables de ses affluents, et dans son delta il forme un des plus vastes systèmes de navigation intérieure qu’on puisse citer. Le Rangoun est à son embouchure le seul de ses bras qui soit en tout temps navigable; aussi tout le commerce de l'empire s’y trouve-t-il concentré. La réunion de deux embranchements de l’Irawaddi en forme de delta, et particulièrement propres à la navigation, qui a lieu avec les rivières appelées Salween et Pegou au moyen de canaux véritables, ajoute encore à la richesse des voies de communication de ce pays. L’embranchement relié à la première de ces rivières a près de 30 myriamètres de long : le canal conduisant à la seconde n’est navigable que par les hautes eaux.

IRENE , la déesse de la paix, fillede Jupiter et de Thémis, Ja plus Jeune des Heures, appartient seulement à la mytho- Jogie la plus moderne. Pausanias mentionne deux figures d’elle existant à Athènes dans la Prytanée. Vespasien lui éleva un temple magnifique à Rome.

IRENE , impératrice grecque, non moins célèbre par son esprit et sa beauté que fameuse par ses crimes, naquit à Athènes, et épousa, en 769, l'homme qui occupa depuis le trône de Constantinople sous lemom de Zéon 1Y. Après s'être débarrassée de son mari au moyen du poison, en 780, elle le remplaça sur le trône impérial par son fils Constantin VI, qui n’avait encore que neuf ans, secondée qu’elle fut dans cette usurpation par les grands de l’empire; et elle consolida sa puissance en se débarrassant également des deux frères de son époux, qui furent condamnés au dernier supplice, comme ayant conspiré contre Son autorité. Charlemagne, qui menaçait alors l'empire d'Orient, fut d’abord dupe de ses belles promesses ; mais

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quand la lutte éclata entre les deux empires, il battit complétement en Calabre l’armée d’Irène (en 788). L'année précédente, en 787, Irène avait réuni à Nicée le septième concile œcuménique, qui rétablit le culte des images. En 790, Constantin VI réussit à éloigner sa mère des affaires et à se soustraire à sa fatale influence; mais sept années plus tard Irène s’empara encore une fois du trône, après avoir fait arrêter son fils, à qui on creva les yeux par son ordre, et qui mourut à quelque temps de là.

Irène fut la première femme qu’on vit exercer la puissance souveraine en Orient. L'entrée qu’elle fit à Constantinople, sur un char triomphal étincelant d’or et de pierres précieuses , ses libéralités envers la populace, la liberté qu’elle fit rendre à un grand nombre de prisonniers, et d’autres artifices de politique auxquels elle eut recours , furent impuissants à la préserver des justes suites de ses crimes. Elles avait exilé plusieurs seigneurs, dont elle se défait ; et pour donner encore plus de stabilité à son trône, elle avait résolu épouser Charlemagne, quand, en l’an 802, Nicéphore fut proclamé empereur. Celui-ci la bannit alors dans l’île de Lesbos, où elle mourut en lan 803.

IRENE (Astronomie), planète découverte par M. Hind, le 19 mai 1854. Sa distance solaire moyenne est 2,58, celle de la terre étant 1.

IRÉNÉE (Saint), l’un des plus célèbres Pères de l’'Église, naquit vers l’an 140 de J.-C., probablement dans l’Asie Mineure, et fut élevé par saint Polycarpe , évêque de Smyrne. Ses études une fois terminées, on l’envoya avec quelques compagnons dans les Gaules, dont les provinces voisines de la Narbonnaïise avaient seules entendu prêcher l'Évangile. Saint Pothin, premier évêque de Lyon, lordonna prêtre et l’agrégea au clergé de ce diocèse, dont il devint évêque à son tour, à la mort de saint Pothin, et où il mourut martyr, en 202, lors de la grande persécution ordonnée contre les chrétiens par*l’empereur Sévère. Plein de zèle pour la propagation des doctrines chrétiennes, Irénée avait écrit en grec, vers l’an 176, une réfutation des hérésies professées par les diverses sectes gnostiques ; dissertation qui n’est parvenue jusqu’à nous que dans une mauvaise traduction latine intitulée Contra hæreticos, mais qui a beaucoup d’importance pour l’histoire des-dogmes. Mis par l’Église au nombre de ses saints, on célèbre sa fête le 28 juin.

Un autre IRÉNÉE, évêque en Syrie, souffrit aussi le martyre, au troisième siècle, sous l’empereur Dioclétien ; l’Église honore sa mémoire le 25 mars.

IRETON (Henri), général et homme d’État qui exerça une grande influence à l’époque de la révolut‘on d’Angleterre sous Charles 1°, descendait d’une bonne famille, et se consacra d’abord à l'étude de la jurisprudence. Lorsque la guerre civile éclata, il offrit ses services au parti parlementaire, et grâce à la protection de Cromwell, dont il avait épousé la fille Brigritte, il ne tarda pas à être nommé commissaire général de l’armée. A la bataille de Nasehy, en 1645, où il commandait l'aile gauche de l’armée du parlement contre le prince-palatin Rupert, il fut battu et fait prisonnier ; mais à peu de temps de là Cromwell le délivra. Caractère non moins énergique et prudent que fanatique, Ireton fut après Cromwell l’un des principaux meneurs de la révolution. Tous deux s’efforcèrent de soumettre le parlement à l’armée, et de perdre sans retour le roi, une fois qu'il eut été livré par les Écossais. Ce furent eux qui insinuèrent à ce prince de s'enfuir de Hamptoncourt pour aller se réfugier dans Pile de Wight, qui soulevèrent et fanatisèrent les-troupes, et qui provoquèrent les violences dont le.parlement fut l’objet. Indépendant des plus exaltés, Ireton fut membre du tribunal extraordinaire qui condamna Charles I°* à mort; et comme Cromwell hésitait à exécuter cet arrêt, ce fut lui qui triompha de ses scrupules.

En 1649, Ireton alla avec son beau-père soumettre l’Irlande. Lun et l’autre répandirent des torrents de sang dans

cette inalheureuse contrée, où ils ne se proposaient rien moins que l'entière extermination des catholiques. Lorsque, Vannéé suivante, Cromwell quitta l'Irlande pour aïler châtier Écosse, Ireton prit le commandement en chef de de l’armée d'occupation, et ne l’exerça pas d’une manière moins sanglante. Tous les individus accusés d’avoir pris une part quelconque au massacre de 1641 furent impitoyablement mis à mort. Enfin, dans l'automne de 1651, l'Irlande étant presque entièrement vaincue , il entreprit le siége de la dernière place, Limerick, demeurée au pouvoir des rebelles, et s’en rendit maître après une résistance des plus opiniâtres. Quelques jours plus tard, le 26 novembre 1651, il succombait à une fièvre violente, après avoir fait encore massacrer malgré une capitulation formelle la plus grande partie des débris de la garnison de cette ville. Cromwell, qui redoutait le caractère indomptable et le fanatisme républicain de son gendre, ne le regretta pas. Quant à la veuve d’Ireton, sa douleur ne fut pas de longue durée, car elle se remaria bientôt après au général Fleetwood, qui joua un grand rôle après la mort de Cromwell. IRIARTE (Tomas pe), poëte espagnol qui obtint en poésie tout le succès qu’on peut obtenir sans avoir eu en partage le feu sacré, c’est-à-dire par la clarté et la correction élégante du vers, naquit en 1750 à Orotaya , dans l'île de Ténériffe, et vint à Madrid se perfectionner dans les belles-lettres, les langues modernes, la poésie et la musique, sous la direction de son oncle Juan de Triarte, bibliothécaire et interprète au ministère des affaires étrangères. Sa comédie Hacer que hacemos (Madrid, 1770 ), publiée sous

l’anagramme de Tirso Imarela , fut suivie de la traduc- |

tion de diverses pièces du répertoire du théâtre francais , et de quelques productions originales. Après la mort de son oncle, il lui succéda dans ses fonctions au ministère des affaires étrangères. En 1772 on lui confia la rédaction du Mercurio historico y polilico de Madrid; mais la multiplicité de ses travaux au ministère ne lui permit pas de la garder an delà de quelques mois. Iriarte doit surtout sa “éputation à un poëme didactique intitulé La Musica (1780) et à ses Fabulas lilerarias ( 1782); deux ouvrages qui ont obtenu un très-grand nombre d'éditions et ont été traduits dans presque toutes les langues de l’Europe. Le dernier surtout excita vivement l'attention, par les répliques de ceux qui s’y trouvaient attaqués. On a encore de lui la traduction en vers des quatre premiers chants de l’Énéide, plusieurs livres élémentaires pour les écoles, composés à la demande du comte Florida Blanca ; une comédie intitulée La Senorila mal criada; un monologue, Guzman el Bueno, et une satire en latin macaronique contre le mauvais goût qui régnait encore alors dans les écoles d’Espagne. Iriarte mourut le 17 septembre 1791.

IRIDIUM, métal découvert en 1803, solide, blanc, grisâtre, lésèrement ductile, dur et fort difficile à fondre. Son poids spécifique est de 15,93. On le trouve quelquefois presque pur et par masses considérables dans les gisements de platine de l'Oural; maïs le plus souvent il est mélangé avec l’osmium. Les acides sulfarique, nitrique et chlorhyärique n’agissent point sur lui; l’ean régale ne l’altaque qu’à grand’ peine, 11 forme deux oxydes et donne des sels qui ne sont jamais simples, mais toujours avec excès d’alcali; leurs dissolutions présentent des nuances de différentes couleurs, suivant qu’on les chauffe et qu’on les met en contact avec du chlore. C’est à raison de cette propriété qu’on lui a donné le nom d’éridium, dérivé d’éris (arc-en.ciel), I] est sans usage,

IRIS , nom du météore que l'on nomme vulgatrement arc-en-ciel. Il se dit, par extension des couleurs qui paraissent autour des objets que l’on regarde avec des lunelles (voyez Acnnomarisme). On appelle aussi ris celte partie colorée de 'œ il qui entoure la pupifle,

PRIS (ou larc-en-ciel ), désignée par les poëtes comme la messagère des dieux, est fille de Thaumas, Pun des Ceniaures qui prirent la fuite dans le vwmbat qui eut lieu aux

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