‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 332 sur 522 · IRETON — IRIS · texte numérisé non relu

IRETON — IRIS

noces de Pirithoüs et d'Électra. Hésiode, dans la peinture qu’il fait des dieux de l’Olympe, n’a pas négligé de personnifier l’arc-en-ciel sous le nom d’Iris, et de peindre Padmiration de tous les peuples pour la beauté et la richesse de ses couleurs. Homère la regarde comme la plus fidèle des compagnes de Junon; il la compare à Mercure pour son habileté à remplir certains messages dont elle est chargée par Jupiter : ce poëte la nomme la messagère aux pieds légers ; et dans lIliade il lui donne des ailes d’or. Suivant Théocrite, Iris prépare le lit de Junon, et selon Apollonius, elle remplit auprès de la déesse le rôle de chambellan, e’est-à-dire qu’elle introduit dans son palais ceux aw’elle demande. Elle allait puiser, dans une coupe d’or, Veau du Styx nécessaire aux serments des dieux. Vénus, blessée au siége de Troie, est reconduite dans l’Olympe par Iris sur le char de Mars. Enfin, Virgile, dans son Énéide, lui attribue auprès des mourants une fonction qui appartient ordinairement à Proserpine : elle coupe à Didon le cheveu fatal par lequel cette princesse tient à la vie, et dont la privation la conduit mourante au Tartare. C*°* Alexandre Lenoir.

IRIS ( As/ronomie ), planète découverte à Londres, par M. Hind, le 13 août 1847. Sa distance solaire moyenne est 2,39, celle de la terre étant 1. Son excentricité est 0,232, et sa révolution sidérale s'effectue en 1345 jours.

IRIS (Botanique), genre de plante de la triandrie monogynie de Linné, et de la famille des iridées. Les iris sont des plantes vivaces et herbacées ; leurs racines sont en général munies d’un rhizôme horizontal tubéreux et charnu; leurs feuilles, allongées, aiguës, tranchantes par leurs bords, uniformes, engaînent par leurs bases une hampe tantôt cylindrique et tantôt anguleuse, qui porte de grandes fleurs, sessiles ou pédonculées, enveloppées dans des spathes scarieuses ,‘et nuancées des couleurs les plus riches et les plus variées de l’arc-en-ciel. Le calice de ses fleurs est nul; Jeur corolle, monopétale et irrégulière, est tubulée inférieurement, et son limbe est profondément séparé en six divisions onguiculées et inégales : leur ovaire, infère et ovoïde , est surmonté d’un style court, terminé par trois stigmates pétaloïdes qui recouvrent les étamines ; leur fruit est une capsule oblongue et triloculaîre, dont chaque loge renferme plusieurs graines arrondies.

Dans le Systema vegetabilium de Ræœmer et de Schultes sont dénommées et décrites quatre-vingt-donze espèces d'iris : parmi celles-ci, les unes croissent à l’état sauvage en Europe; les autres sont originaires de l'Asie, de l'Afrique méridionale, de l'Amérique. Nous n’en citerons ici qu’un fort petit nombre, et nous choïisirons de préférence celles que l’on cultive dans nos jardins, soit pour la beauté de Jeurs fleurs, soît pour leurs propriétés médicinales.

L’iris de Florence (iris florentina, L.) croît naturellement dans les parties méridionales de l'Europe; sa racine, noueuse et odorante, supporte une tige haute de 0”,30 environ, engaînée à sa base dans des feuilles glabresæt uniformes , et environnée à son sommet de grandes fleurs sessiles blanches, strrées de jaune, et d’une odeur extrêmement suave. La racine de Piris de Florence réduite en poudre et prise à l'intérieur est légèrement émétique ; tournée en petites boules et introduite dans le derme, elle détermine ces petites suppurations locales que les médecins appelle exutoires; renfermée dans des sachets de soie, elle exhale un parfum qui se distingue difficilement du parfum de la violette.

L'iris germanique (iris germanica, L.), vulgairement flambe ou flamme, qui croît dans les lieux secs et arides, dans lesvieux murs délabrés de l'Allemagne, de la Suisse ét de Ptalie, se distingue par ses belles fleurs pédonculées, violettes, et disposées au nombre de trois à cinq au sommet de la tige. Le suc exprimé de la racine fraîche de l'iris germanique est un éméto-catharique assez puissant, mais il détermine une sensation vive et brilante à la gorge, et quelquefois aussi des tranchées violentes.

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