‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 339 sur 522 · ISABELLE — ISABEY · texte numérisé non relu

ISABELLE — ISABEY

qurda pas à pen her vers celui-ci vt vers les conservateurs , et lui confia la présidence d’un nouveau ministère, le 14 juillet 1856. La répress'on sanglante des révoltes qui éclatèrent amena le triomphe de la réaction, el la chute même d'O'Donrell, qui fut rempiacé par Narvaez, le 2 octobre. Celui-ci, toutefois, ne put conserver longtemys le pouvoir. O'Donnell reprit la présidence du conseil le 1er juillet 1858, et la conserva jusqu'au 27 février 1863. Les victoires remportées alors au Maroc jetèrent quelque éclat sur l'Espagne; mais, à l’intérieur, le pays continuait à être dans une situation déplorable, qui attestait le triste état des finances, La reine &bandonna les trois quarts de son palrino'ne privé, qui furent vendus au profit de la nation.

Entourée d'une camatilla dévote et contre-révo'utionnaire à l’extr'me, Isabelle If prêtait si vi iblement son appui à la réaction, que celle-ci finit par dominer sous le ministère O’Donnell de 1865, comme sous les n inistères Narvaez de 1864 et 1866. D’un autre côté, des mouvements insurrec:ionnels, ayant surtout pour chef le général Prim, éclatèrent à diverses reprises. Enfin, le 22 septembre 1868, une révolution renversa le trône d'Isabelle. Le maréchal Concha, récen:ment appe'é par elle à la présidence du conseil, avait essayé vainement de conjurer l'orage, en lui demandant le renvoi de ‘on favori Marfori, dont l’impopularité était une des causes princi; ales de sa chu'e. Elle avait refusé de donner aux susceplibilités du peuple espagnol cette l'gère satisfaction. Quelques mois auparavant, en

. février 1868, le pape lui avait envoyé la rose bénie, à la

messe des rois. Isabelle II se réfugia d'abord au château de Pau, avec son mari, ses enfants et Marfori, puis à Paris, où elle se montra dens les fêtes brillantes qui signalèrent les dernières années de l'empire, et où les dissentiments de son mari avec elle retentirent jusque devaut les ‘ribunaux.

Elle a un fils, A/phonse-François d'Assise, né le 28 novenbre 1857, dont les partisans ont pris le nom d’ulphonsisles.

ISABELLE LA CATHOLIQUE (Ordre d’\, fondé en 1815 par Ferdinand VII. Il est un de ceux quiconfèrent la noblesse personnelle. Le ruban est moiré blanc avec liseré orange.

ISABEY (JEan-Baprisre), peintre, raquit à Naney, le 1{ avril 1767. Ses premiers maîtres furent Girardet et Dumont; en 1788 il entra dans l'atelier de David. Il débuta par quelques portraits au crayon noir eslompé, dans une manière particuliere, fine et aouce, à laquelle cepen-

dant il sut donner de l'effet, et qui porta son nom. Un de ses premiers ouvrages fut le portrait de Bonaparte en pied, dans le jardin de la Malmaison, lequel a été gravé par Lingé, et eut alors un grand succès. Bientôt il voulut faire voir que , tout en faisant des portraits en miniature, il pourrait se livrer à des grandes compositions, et il exposa au public, en 1802, la revue du premier consul dans la cour des Tuileries. Ce dernier, d’une très-grande dimension, contenait les portraits d’un grand nombre de personnes qui accompagnaient le premier consul : il fut très-goûté du public. Il fit ensuite une Visite de l'empereur à la manufacture d'Oberkampf, à Jouy. Il fut aussi chargé de diriger l'exécution de l'ouvrage relatif au sacre de Napoléon : il dessina lui-même un grand nombre de figures, et fut alors nommé officier de la Légion d'Honneur. En 1817 il donna une autre grande composition , également dessinée au crayon noir estompé : c'est une des conférences du congrès de Vienne. ]l exposa au même salon une aquarelle d'une grande dimension, véritable chef-d'œuvre , représentant une vue de l'escalier du Musée, avec une foule de curieux, parmi lesquels on reconnaissait plusieurs artistes ou amateurs, Nous ne parlerons pas des beaux et nombreux portraits en miniature d’Isabey ; mais nous rappellerons qu'il a peint une table en porcelaine où se trouvent les portraits de Napoléon et des plus illustres généraux français. Cette table, connue sous

ISABEY — ISATINE

lenom de Table des Maréchaux, fut donnée par l’empereur à la ville de Paris. En 1816 un particulier la reçut en payement d'une créance de la ville, et en 1835 elle fut vendue à l’encan. Isabey fit aussi un voyage à Pétersbourg, et il y peignit en miniature les portraits de l’empereur et de limpératrice de Russie, ainsi que de beaucoup d’autres personnages de cette cour. Il est mort à Paris, le 18 avril 1855. DuCnESNE ainé.

IJSABEY ( EucÈène-Louis-GABrieL), né à Paris, le 22 juillet 1804, est le fils de lhabile miniaturiste dont il a été question dans Particle qui précède; mais, peu soucieux de lutter avec la gloire de son père, c’est dans un autre genre de peinture qu'il a su se rendre célèbre. Dès 1824 il envoyait au salon un cadre de marines et de paysages, et lorsqu'en 1827 il exposa la Plage d'Honfleur et l’Ouragan devant Dieppe, on salua en lui un rival redoutable pour M. Gudin. C'était chercher une analogie chimérique entre deux artistes qui ne devaient avoir de commun que le succès. M. Eugène Isabey a montré une grande fécondité : parmi les ouvrages qu’on à de lui, il faut surtout citer le Por/ de Dunkerque (1831); les Vieilles Barques (1836); le Combat du Texel (1839), tableau plein de sentiment et de science, qui est aujourd’hui placé au musée de Versailles ; la Vue de Boulogne (1843 : musée de Toulouse), l'Alchimiste (1845), une Cérémonie dans l’église de Delft (1847), et l'Embarquement de Ruyter (1851 : musée du Luxembourg). M. Isabey a peint aussi Louis-Philippe recevant la Reine Victoria au Tréport (1844), etle Départ de la Reine d'Angleterre. Il s’est tiré en homme adroit des difficultés que présentaient ces sujets officiels et médiocrement pittoresques. M. Eug. Isabey, dont les arts peuvent encore beaucoup attendre, a déjà eu deux manières. Dans la première période de sa carrière, son coloris était terne, rembruni, monotone, et d’une vérité très-imparfaite ; depuis 1840 à peu près, son talent est entré dans une phase nouvelle, C’est à cette seconde manière, encore moins vraie peut-être que la première, mais beaucoup plus souriante et variée, qu’appartiennent les derniers tableaux que nous venons de citer, et notamment la Cérémonie dans l’église de Delft et le Mariage de Henri IV, charmant spécimen de cette piquante méthode. La palette aujourd’hui n’a plus pour M. Isabey de tons trop vifs, de nuances trop chatoyantes; sa touche est spirituelle et dégagée. C’est là sans doute un art factice et menteur, mais c’est un art fait pour séduire.

ISA GOGIE (du grec etc, dans, et &ÿwy#, action de conduire ), introduction, interprétation des écrits logiques d’Aristote , et principalement de l’Organon et des Catégorèmes ; initiation aux philosophies de Platon et d'Épicure; les plus connues sont celles d’Alcinoüs et d’Albinus. Ce mot, comme prouve son étymologie, est synonyme d’éclaircissements, commentaires. Il est d’ailleurs très-peu usité.

ISAGORAS , Athénien, rival de Clisthène, qui, en 509 ; après l'expulsion des Pisistratides, avait constitué un gouvernement démocratique dans sa patrie. Il tenta, avec Passistance du roi de Sparte Cléomène, de rétablir loligarchie , chassa Clisthène et fit banir sept cents familles athélniennes; mais , assiégé par le peuple dans la citadelle, il se vit contraint de capituler, et fut banni à son tour. Clisthène ayant été alors rappelé, le gouvernement démocratique fut rétabli de nouveau.

ISAIE ou Esaïas est le premier des quatre grands prophètes chezles Juifs. Fils de prophète, sa femme elle-même ctait prophétesse. Une des plus vigoureuses branches de la tige de Jessé, il était de sang royal. Amos, son père, était frère d’Amasias, roi de Juda. L'homme de Dieu trace luimême, mais avec humilité, sa généalogie, son nom, sa vocation , l’époque de sa vie. Qui versa au fils d’'Amos toutes ces sublimes inspirations? C’est, comme il le dit lui-même, « le Seigneur-Dieu, assis sur son trône élevé et remplissant le temple du bas de ses vêtements; ce sont les séraphins, voilés chacun de six ailes, ébranlant la porte du sanctuaire, plein de fumée, de ce cri : « Saint, saint, saint, est le Dieu

« des armées : la terre est toute remplie de sa gloire. » C’es{ au charbon ardent appliqué sur ses lèvres par un de ces anges aux sextuples ailes qu’il dut ce feu prophétique et inextinguible qui l’embrasa cent années, Aussi toute la pureté de l’idiome hébraïque éclate-t-elle dans Isaïe : élevé à la cour de Juda, il parle la langue, mais la langue perfectionnée, de David et de Salomon, cependant toute florissante de sa virginité première. Il excelle à faire jaillir instantanément les éclairs des ténébres. Dans ses écarts les plus hyperboliques, le génie d’ordre d’Aristote se fait toujours apercevoir, et dans la série de ses idées, et dans l'agencement de ses périodes , et dans la distribution de ses chapitres. Comme l'aigle, en un clin d’œil il se précipite du ciel sur la terre ct s’élance de la terre au ciel. Les comparaisons les plus communes, souvent les plus ignobles, lui sont familières ; mais il sait les enchâsser dans l’or #f les perles. Abondance et variété, noblesse et simplicité, calme fureur, énergie et grâce, tout est réuni dans ce Juif, le roi des poëtes.

Dans ses prophéties, Isaïe s'est la plupart du temps servi du rhythme, à peu près connu, de la poésie hébraïque, qui consiste dans le parallélisme des lignes et des phrases. Sa harpe n'était ni la harpe laudative de David, ni le kinnor voluptueux de Salomon; les accords de la sienne ressemblaient aux éclats du tonnerre, aux rugissements des lions.

La grave et colossale figure d’Isaïe était placée, comme celle d’un juge iniflexible, entre Jéhovah et les rois de Juda : quand il frappait à leur porte, ils frissonnaient. Babylone à son nom tremblait sur ses fondements, et Memphis eût voulu se cacher sous les roseaux de son Nil. L’infâme et impie Manassé, importuné des reproches du veillard, de sang royal comme lui, le fit scier en deux avec une scie de bois. Alors on ouit s’éteindre, l’an du monde 3306 et 696 av. J.-C. cette voix grave et retentissante, que cent années de vie n'avaient point altérée.

On peut partager les prophéties d’fsaïe en trois parties : la première comprend six chapitres qui regardent le règne de Joathan; les six chapitres suivants regardent le règne d’Achaz; tout le reste est du règne d'Ézéchias. Dans les six premiers chapitres, le prophète tonne contre Jérusalem infidèle; dans les six suivants, il prévoit le siége de la cité sainte par les rois de Samarie et de Syrie, Phacée et Razin; sous le nom d’Emmanuel (Dieu avec nous), il prédit la venue du Messie (l’oint du Seigneur); enfin, dans ce qu’il écrivit sous Ézéchias, Babylone, Samarie, Tyr, Damas, Moab, l'Égypte , la Judée même, furent l’objet de ses imprécations sacrées, Depuis le 45° chapitre jusqu’au 49°, Isaïe prédit, à ne pas s’y méprendre, le règne de Cyrus, qu’il nomme expressément, et le retour de la captivité, et dans les suivants l'avénement du Messie et ses persécutions, et enfin l’établissement de l'Église. Les prophéties d’Isaïe sont si claires que les Pères disent qu'il est plutôt évangéliste que prophète.

Isaïe eut deux fils, auxquels il donna des noms sombres et effrayants, comme son génie, et paraboliques sans doute : il nomma le premier, Sear-Jasub (Le reste reviendra), et le second, Chas-Bas (hdtez-vous de ravager). 11 aurait eu de plus une fille, qu’il aurait donnée en mariage à Manassé, roi de Juda, si l’on en croit quelques targums (interprétations ). DENNE-BARON.

ISAR , l’un des affluents méridionaux du Danube, prend sa source dans la seigneurie de Tauer en Tyrol, sur l’Heisenkopf, au nord d’Inspruck. Son parcours total est de 28 myriamètres , et il se jette dans le Danube, en face de Deggendorf. Le commerce et le flottage des bois pour Munich, l’éducation du bétail, l’exploitation de carrières de plâtre, de pierres à chaux et de marbre, constituent les principales ressources desriverains. Le plateau de l’Isarabondeen plaines marécageuses. L'ancien cercle de l’Isar porte aujourd’hui le nom de Haute-Bavière.

ISARD. Voyez CHamots.

ISATINE (du latin isatis, pastel). Si l’on traite l'indigo du commerce par un mélange de parties égales d’acide sulfurique et de bichromate de potasse dissous dans 2)

eu 30 parties d’eau, on obtient, par l’évaporation de la liqueur, une matière cristalline rouge jaunâtre, soluble dans l’eau bouillante et dans l'alcool. Cette matière, qui a reçu le nom d’isatine, se tranforme en acide isatinique, sous l’action de la potasse caustique. La chaleur suffit pour décomposer l’acide isatique en eau et en isatine.

ISATIQUE ou ISATINIQUE (Acide). Voyez Inn1co et ISATINE.

ISATIS. Voyez RENARD».

ISAURE ! CLémence ), femme célèbre qui passe pour avoir institué, ou du moins restauré, au quatorzième siècle, les jeux floraux à Toulouse, sa patrie. On les célèbre tous les ans, au mois de mai. On prononce son éloge et l’on cou-

ronne de fleurs sa statue en marbre blanc qui est äu Capi- |

tole. D’après sa volonté, dit-on, une messe, un service, des aumônes, devaient précéder la distribution annuelle de fleurs métalliques léguées par elle à ceux qui auraient le mieux réussi dans divers genres de poésie indiqués. On ne sait rien, du reste, sur sa vie; ses amours et ses malheurs, résumés dans une romance de Florian, paraissent tout simplement une fiction. Suivant les traditions du Languedoc, elle aurait appartenu à l’une des grandes familles du pays ; mais on ne connaît les dates ni de sa naissance ni de son décès. On croit seulement qu’elle mourut à l’âge de cinquante ans, sans avoir été mariée. D’ailleurs elle n’aurait fait que renouveler et accroître par ses libérakités l'institution déjà ancienne du Collége du gai sçavoir, dirigée par sept poëtes toulousains ; institution dont les guerres civiles avaient amené la décadence. Catel a prétendu que Clémence Isaure était un personnage imaginaire ; mais il a été réfuté par dom Vaissette, dans son Histoire du Languedoc. On peut aussi consulter les Annales de Toulouse, par La Faille, et le Mémoire imprimé, en 1776, au nom de l’Académie des jeux floraux contre les entreprises du corps de ville, « où il est solidement prouvé, dit Chaudon, que l'illustre Toulousaine a existé, qu’elle est l’institutrice des Jeux Floraux, et qu’elle en a assuré à perpétuité la célébration, en laissant de grands biens aux capitouls, à condition qu'ils en feraient l'emploi prescrit. » Néanmoins, en 1852, M. Noulet, membre de l’Académie des Sciences, Inscriptions et Belleslettres de Toulouse, a lu à cette assemblée un mémoire dans lequel il établit que Clémence Isaure n’est qu’un mythe, et que son nom a été substitué par un enchainement d’erreurs à celui de la sainte Vierge, qui fut primitivement l’objet du culte poétique des troubadours. L. Louver. ISAURIE, province du sud de l'Asie Mineure, entre la Pamphylie et la Cilicie, que les habitudes de brigandage de ses habitants avaient rendue fameuse dans lantiquité. Après avoir de bonne heure infesté toute la Méditerranée comme pirates, ils y constituèrent, ainsi que dans la sauvage Cilicie, qui l’avoisinait, une république particulière, et déployèrent toujours plus d'audace à partir de la première guerre de Mithridate (de l’an 87 à l’an 84 av. J.-C.), qui s’allia à eux contre les Romains. Rome ayant résolu de les châtier, le procousul P, Servilius, à qui ses succès dans une guerre qui dura plus de trois ans (de 78 à 75 av: J.-C.) firent donner le surnom d’Isauricus, s’empara des points les plus importants de leur pays, qui fut tranformé en province romaine ; mais ils n’en continuèrent pas moins leurs déprédations jusqu’à ce que Pompée, soutenu par une flotte nombreuse, les eat complétement battus, l'an 67 avant notre ère. Ce désastre n’anéantit cependant pas leur puissance ; car au troisième siècle, sous le règne de Gallien, on les voitse soulever sous les ordres de C, Annius Trebellianus. Probus, ilest vrai, les vainquit; mais plus tard ils reprirent la plupart des villes ronaines de la côte de Cilicie, et pillèrent encore au cingnième siècle Séleucie en Syrie. Depuislors il n’en est plus fait mention dans l’histoire. Leur capitale, saura, située près du mont Taurus, avait été détruite une première fois par Perdiccas, après la mort d'Alexandre; elle le fut encore plus tard par le proconsul romain Servilius, Sous le règne d'Auguste, Amyntas, roi de Galatie, la rebâtit à peu de dis-

ISATINE — ISEMBURGE

tance de l'emplacement qu’elle occupait autrefois ; maïs de cette ville nouvelle il ne reste plus aujourd’hui que des ruines.

ISCARDO. Voyez BALTISTAN.

ISCHIA (prononcez 1skia), l'Anaria des anciens, petite île d’origine volcanique, à l'entrée du golfe du Naples, au sud-ouest du cap Misène , est aussi célèbre par sa rawissante position que par sa fertilité, ses excellents vins et ses eaux thermales. Elle a une superficie de 9 kilom. carrés, et on y compte 24,889 habitants (1869). La plus haute montagne de l’ile est le volcan d’Epomeo, haut de 785 metres, qu’on appelle aussi Monte San-Nicolo, dont les éruptions ne cessèrent qu’au quatorzième siècle, et sur la crête duquel on a construit un couvent.

Les principales localités sont Zschia, sur la côte orientale, avec 6.545 âmes, et un grand port protégé par un château situé à 200 mètres d’élévation sur un rocher basaltique qui le domine complétement ; et Foria, sur la côte occidentale, d’où l’on exporte les productions du pays. Les bains les plus renommés sont ceux de Casamicciola , avec un h6pital où trois cents malades sont soignés gratuitement, les bains de vapeur de Castiglione, San-Lorenzo et Santa- Reslituta, près du village de Lecco.

Les Eubéens, les premiers qui s’établirent dans cette île, en furent chassés, de même que les Syracusains, qui la possédèrent après eux, par la violence des éruptions de l'Épomeo. L'ile resta ensuite longtemps inhabitée, jusqu’à ce que ses voisins, les Napolitains, la firent occuper par de nouveaux colons, qui durent bientôt se soumettre à la domination romaine. Beaucoup de riches Romains avaient des maisons de campagne à Ischia; Auguste y possédait également un palais, dont les ruines existent encore. Une race de singes, indigène à Ischia et dans l’îledeProcid a, qui l’avoisine, les avait fait désigner toutes deux dans l’antiquité sous le nom d'îles Pilhécuses.

ISCHION (en grec ioytoy). Voyez Bassin (Anatomie).

ISCHL, bourg de la capitainerie de Gmunden, dans le Salzkammergut (salines de la chambre impériale) de la Haute-Autriche, sur la Traun, à 5,219 mètres au-dessus du niveau de la mer, situé au centre de trois vallées qu’entourent les pittoresques monts Kalkalp. On y compte 6,590 habitants, et il existe non loin de là de grandes salines. Les bains qu’on a établis dans ce bourg, en 1822, l'ont rendu célèbre, et y attirent chaque année un millier de baigneurs. Les environs d'Ischl sont si attrayants, que ce bourg est devenu le rendez-vous favori de l'aristocratie autrichienne. On y trouve toujours des baigneurs appartenant à la grande société européenne ; et il est déjà arrivé plus d’une fois à des souverains et à des diplomates d’y avoir des conférences politiques, par exemple, en août 1850, le prince de Schwartzenberg, président du conseil des ministres d’Autriche, le comte de Nesselrode, ministre des affaires étrangères de Russie, et le baron de Meyendorf, ministre de Russie à Berlin ; en 1851, l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse.

ISCHURIE (du grec ioyovpia, dérivé d'{oyw, je retiens, et oùpoy, urine), terme scientifique dont les médecins se servent pour désigner une rétention ou une entière suppression d’urine causée par tout ce qui peut intercepter les con: duits des reins ou le canal de la vessie.

ISÉE, orateur attique , originaire de Chalcis en Eubée, et selon d’autres, d'Athènes, où du moins il s'établit de bonne heure, florissait vers l'an 357 av. J.-C, 11 eut pour maitres Lysias et Isocrate ; retiré plus tard des affaires publiques, il donna des leçons d'éloquence, notamment à Démosthène, et écrivit pour d’autres des plaidoyers. Sur cinquante harangues qu’il prononça, onze seulement se sont conservées ; elles brillent par la simplicité et souvent par la vigueur du style, et ont trait pour la plupart à des questions de succession, Reiske les a comprises dans sa collection des Oratores Altici (12 vol.; Leipzig, 1770-1775). Nous en avons une traduction française par Auger (Paris, 1783),

ISEMBURGE. Voyez INGELBURGE.

ISERE — ISIAQUE

ISÈRE (Département de l’), formé d'une partie de l’ancien Dauphiné. Au sud-ouest il a pour limites Le département de la Drôre; à l’est, ceux de la Savoie, de la

Haute-Savoie el des Hautes-Alpes; le Rhône le sépare au |

nord de celui de l'Ain, et à l’ouest de ceux du Rhône, de la Loire et de l'Ardèche. Divisé en 4 arrondissements; dont les chefs-lieux sont Grenoble, La Tour-du-Pin, Saint- Marcellin, Vienne, 45 cantons et 555 communes, il compte 575,784 habitants (1872); il envoie 12 députés à l’Assemblée ; il est compris dans La 8e division militaire, l'ACadémie et le diocèse de Grenoble et le ressort de la cour d'appel de la même ville. Il posséce 1 lycée, 3 colléges, 10 institutions secondaires libres, 1,232 écoles primaires et 32 salles d'asile. Un peu moins de la moitié des habitan(s savent lire et écrire.

Sa superficie lotale, d’après le cadastre, est de 828,934 hectares, qui se partagent ainsi : 317,952 en terres labou-

rables; 69,269 en prés; 25,334 en vignes; 178,117en bois; |

165,793 en landes; etc. D’après l'enquête agricole de 1862, la valeur {otale des cultures représentait une somme d'environ 112 millions. Les animaux domestiques y figuraient pour les chiffres qui suivent : 250,896 moutons, 189,283 bêtes à cornes, 64,000 chèvres, 63,557 porcs, 41,247 chevaux, ânes et mulets.

La surface du département de l'Isère, plate au nord-ouest, devient de plus en plus montagneuse à mesure que l’on s'approche de PIsère, qui traverse sa partie centrale, et se couvre au delà de cette rivière de hautes montagnes qui appartiennent aux Alpes de la Savoie. Là, le pays,

d'une nature imposante, offre tantôt de larges et fertiles |

vallées, comme celle de Grésivaudan, qui donne les produits les plus variés, tantôt de vallées étroites, couvertes de gras pâturages, arrosées de torrents rapides, mais dont la culture, limitée à quelques céréales , est souvent difficile; de rochers arides et de vastes glaciers, audessus desquels s’élancent en pics ou en aiguilles les sommités de montagnes sans nombre. Tels sont l’Ollan, qui a 3,860 mètres, le mont des Challanches (2,664), la Moucherolle (1,800). L’Isère est la principale rivière du pays; toutes celles des montagnes ne sont que des torrents; les plus considérables sont le Drac, la Romanche et le Guiers. Le Rhône reçoit les eaux qui arrosent le reste du pays. Le climat est vif et pur, mais très-variable, à cause du voisinage des montagnes. Dans les grandes vallées et dans les plaines, on éprouve souvent de très-fortes chaleurs et un froid quelquefois assez intense ; dans les parties élevées, il n’y a que deux saisons, et l'été n’y dure guère que trois mois. La belle vallée de Grésivaudan, que commande Grenoble, et quelques autres, jouissent seules d’un sol fertile ; au nordouest, il est sec et aride, et ne produit qu’à force d’engrais. Au reste, la manière dont il est cultivé partout mérite les plus grands éloges. Le seigle, l'orge, la pomme deterre, le chou commun et quelques légumes, sont les principales produetions agricoles des districts montagneux ; mais l'abondance des fourrages leur offre de précieuses ressources, en permettant d’y élever beaucoup de bestiaux et d’en nourrir de grands troupeaux amenés des départements voisins pendant l'été. Le reste du département donne assez de blé pour la consommation. On y recueille aussi du chanvre, beaucoup de fruits et des vins estimés : le plus célèbre est celui dit de l'Ermitage; ceux de la Côte-Rôtie, de Seyssuel et de Château-Grillet, sont aussi fort renommés. On fait dans les pâturages de Sassenage et d'Oisans des fromages estimés. Ceux de Chevrières, des environs de Saint-Marcellin, sont aussi très-connus. La culture du mrier est trèsétendue, et l’éducation des vers à soie fort importante, Une multitude de plantes médicinales s'offrent de toutes parts dans les montagnes. Celles-ci possèdent aussi de grandes et magnifiques forêts, dont le sapin forme l'essence principale. Indépendamment du grand nombre de moutons qu’on élève, et qui donnent une laine fine et moelleuse, on uourritaussi beaucoup de chevaux et d’ânes d’une petite

taille, des porcs et des chèvres. L’ours, le oup-cervier, le bouquetin, le chamois, errent dans les parties reculées des montagnes, fort abondantes en gibier, et surtout en lièvres blancs, perdrix blanches et rouges et bartavelles. On y trouve aussi une grande quantité de faisans, d’aigles et de vautours, des hérissons, des martres. Le pioisson abonde dans les rivières, les lacs et les étangs.

Ce département est l’un des plus riches de la France en productions minérales. Il y existe de l'or, de argent, du plomb, du cuivre, beaucoup de fer, de l’antimoine et du charbon de terre, du cristal de roche, des marbres, des pierres et des terres aussi variées qu’abondantes, IL y a aussi des sources minérales, dont les plus connues sont celles de Grenoble et d'Uriage, avec des établissements de bains. Les mines de fer, de plomb, de cuivre et de houille sont les seules exploitées ; celles d’or et d’argent ont été abandonnées. On compte 9 hauts-fourneaux, 23 foyers d’affinerie et 26 aciéries. L'industrie manufacturière de ce département consiste dans la fabrication de toiles fines, ordinaires et à voiles, de drap, de mégisserie, de ganterie, qui a son principal siége à Grenoble ; de liqueurs, dont les

: plus renommées sont celles de la côte Saint-André , les eaux

dites de la Côte, et le ratafia de Grenoble. Il y a aussi des

| papeteries, dont les plus renommées sont celles de Vienne;

des filatures de soie et des tanneries.

Son commerce est favorisé par la navigation de l'Isère et du Rhône, par 5 chemins de fer, 7 routes nationales, 21 départementales et 7,140 chemins vicinaux. On exporte des vins, des eaux-de-vie, des liqueurs, des chanvres, des bois de construction, des soies, des laïnes, et autres produits de ses manufactures. Parmi les villes et localités remarquables, nous citerons : Grenoble, cheflieu du département; Vienne; Voiron, sur la Morge, et connue par ses loiles, avec 10,262 habitants (1872); Côle- Saint-André, petite ville au pied d’une montagne, à l’entrée de la grande plaine du même nom : elle était jadis fortifiée; on y compte 4,346 habitants; Pullins, petite ville sur un monticule qui domine lesrives de l'Isère, avec 4,834 habitants; Bowrgoin, dans une plaine fertile, sur la Bourbre, avec 4,954 habitants, des impressions sur soie, des manufectures d’indiennes, des fabriques de toile, un grand commerce de farine, de chanvre et de sucre; Saint-Marcellin, jolie petite ville, au pied d’une colline, près de l'Isère, avec 3,340 habitants; Za Tour du Pin, petite ville sur la Bourbre, avec 2,857 habitants; Clermont, ancienne baronnie; Vizille, petite ville sur la Romanche, que l’on y passe sur un beau pont : elle est célèbre par la réunion des états généraux du Dauphiné, qui s’y tint en 1789; on y compte 2,903 habitants. Le monasère de la Grande Chartreuse est aux portes de Grenoble. Au haut de la vallée de Grésivaudan s'élève Le fort Barreaux, posilion militaire jadis très-imporlante.

a Oscar MAc-CaRTuY.

ISÉRINE. L’isérine (nigrine de Beudant) est une des plus importantes variétés de fer oxydé. On la nomme encore fer litané cubique, parce qu’elle est composée d'oxyde de fer combiné avec de l’oxyde de titane. L'isérine se rencontre en cristaux ou en grains disséminés dans les roches volcaniques, et sous la forme de sable dans le voisinage de ces roches. Ces sables sont quelquefois assez abondants et assez richgs en fer pour qu’on puisse les exploiter comme minerais de ce mélal,

ISIAQUE (Table), Mensa Isiaca, appelée aussi Tabula Bembina, antiqueet célèbre monument égyptien, consistant en une table de bronze carrée, couverte d’un émail d’azur, et artistement incrustée de filets d'argent. La figure prineipale représente Isis assise ; mais le sens des autres figures est douteux. Après le sac de Rome, en 1527, cette table passa aux mains du cardinal Bembo; maintenant elle fait partie de la collection égyptienne du musée de Turin. Elle a élé pour la première f6is gravée sur cuivre par Ænéas

| Vicus ( Venise, 1559 ).

ISIDORE DE PÉLUSE, moine de Péluse, dans la basse Égypte, qui vivait de la manière la plus austère et blâämait énergiquement les mœurs dépravées des ecclésiastiques de son temps, naquit à Alexandrie, et mourut vers l’an 450, Ses nombreuses lettres, qui existent encore (Paris, 1638, in-fol.), sont d’une certaine importance pour l’exégèse et pour l’histoire ecclésiastique.

ISIDORE DE SÉVILLE (Saint), évêque de cette ville ( Hispatensis), l'un des prêtres qui ont mérité le plus de l'Église d'Espagne, naquit à Carthagène. Son père, Sévérien, était gouverneur de Séville; saint Léandre et saint Fulgence élaient ses frères, et sainte Florentine sa sœur. Il mourut le 6 avril 635, après quarante ans d’épiscopat. Ce prélat a donné dans ses Sententiarum, sive de summo Bono, Libri II1 une sorte de doctrine de la foi, d’après les décisions des anciens docteurs de l’Église, et dans ses Originum seu ely-

mologiarum Libri XX, une sorte d’encyclopédie. On lui | | flots irrités. Cette déesse avait en Égypte une fête célèbre,

doit encore plusieurs ouvrages de grammaire , d’histoire et de théologie, entre autres De Differentiis Verborum Libri tres ; Synonymorum Libri IT ; et Liber Glossarum ; le Chronicon usque ad annum V Heraclii ;une Histoire des Goths de l'an 176 à l'an 698 ; une Chronique des Rois visogoths ; un Liber de Scriptoribus ecclesiasticis, et enfin une Collectio Canonum Ecclesiæ Hispaniæ, ouvrages qui eurent une grande autorité en Espagne et au dehors, et qui par la suite ont été plusieurs fois augmentés et continués, La meilleure édition des œuvres complètes d’Isidore de Séville a été donnée par Faustus Arevolo (7 vol., Rome, 1797-1803, in-4°).

ISIDORE MERCATOR ou PECCATOR , évêque de Badajoz vers lan 550, est l’auteur présumé des fausses Décrétales.

ISIGNY, chef-lieu de canton da”s le département du Calvados, près de l’Aure et sur le chemin de fer de Caen à Cherbourg, compte 2,380 hab. (1872), et possède un {ribunal de commerce, ainsi qu’un entrepôt réel des douanes. On y fabrique beaucoup de salaisons, et on exporte annuellement environ 10 millions de beurre trèsrenommé. Son port r.çoit des navires de 200 tonneaux. Il y à un: ézlise du treizième siècle.

ISIS, divinité égyptienne que les Grecs comparaient à leur Deméter ou Cérès, et dont le nom se prononçait hiéroglyphiquement Hés ou His. De même que son frère et époux Osiris, elle faisait partie des plus antiques divinités de l'Égypte, et Hérodote nous apprend que tous deux étaient les divinités le plus généralement adorées dans ce pays. C’est à This, dans la haute Égypte, première capitale des souverains de l'Égypte, que leur culte était le plus ancien. Les autres temples les plus célèbres d’Isis étaient situés à Phylæ, à Tentyris (Dendérah), à Memphis et à Busiris. Son culte se répandit plus tard jusqu’en Grèce et à Rome, où l’on fnt obligé d’adopter des mesures de répression pour les scandales et les abus auxquels donnait lieu la célébration des mystères d’Isis. D’ordinaire elle est représentée avéc un disque solaire placé entre des cornes de vache, ou assise sur un trôve, la tête surmontée des signes hiéroglyphiques de son nom. Ce mythe se rattachait de la manière la plus intime à celui d'Osiris.

[ Apulée, qui s'était fait initier aux mystères d’Isis, et qui nous a laissé un portrait de cette divinité dans son kvre intitulé L'Ane d'Or, révèle dans ses discours qu’à la suite de son initiation la déesse lui apparut, qu’elle lui fit connaître ses attributions, ses différents noms, et qu’elle lui parla en ces termes : « Je suis la nature, mère de toutes choses, maîtresse des éléments, le commencement des siècles, la souveraine des dieux et des déesses, et la reine des mânes; c’est moi qui gouverne ia sublimité des cieux, les vents salutaires des mers, le silence lugubre des enfers. Ma divinité unique est honorée par tout l'univers, mais sous différentes formes, sous divers noms, et par différentes cérémonies. » Apulée décrit ensuite tous les noms sous lesquels les Égyptiens et les autres peuples

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