ISABELLE
aux Bourguignons, Et celui-ci révéla à l’imbécile Charles VI la conduite scandaleuse de la reine et ses amours avec un gentilhomme du nom de Bois-Bourdon. Le dauphin, fils d'Isabelle, qui fut depuis Charles VII, se joignit en cette occasion aux accusateurs de sa mère, et prit part au supplice de son amant.
Une haine éternelle les sépara dès lors, et cette haine fut assez forte pour faire oublier à Isabeau le meurtre du duc d'Orléans et pour la rapprocher de son assassin, Jean sans Peur. Aussitôt la faction de Bourgogne reprend le dessus, et la reine ressaisit le pouvoir. Mais ce triomphe ne fut pas de longue durée; Jean sans Peur, à son tour, est assassiné sur le pont de Montereau: Isabeau n’a plus d’autres ressources que de se jeter dans les bras de l'Anglais, qui vient d'entrer vainqueur à Paris. Elle signa alors ce fameux traité de Troyes, qui a voué son nom à l’infamie. La couronne de France, après la mort de Charles VE, était assurée à Henri V d’Angleterre, qui épousait sa fille Catherine, Charles VIL était exclu, comme incapable et indigne. Après la mort de son époux, Isabeau de Bavière, oubliée des Parisiens, méprisée des Anglais, ne se méla plus aux affaires de l’État. Elle mourut à Paris, dans l'hôtel Saint-Paul, le 30 septembre 1435, âgée de soixante-quatre ans. On dit que pour épargner les frais de ses funérailles, on envoya son corps à Saint- Denis par eau, dans un petit bateau, avec un seul prêtre et deux bateliers pour ramer.
ISABELLE (Couleur). On désigne sous ce nom une couleur brun-clair, de la nuance café au lait. Ce nom lui vient, dit-on, de la princesse espagnole Isabelle fille de Philippe IL, qui, lorsque son époux, Parchiduc Albert d’Autriche, s’en vint, en 1602, assiéger Ostende, fit vœu de ne point changer de chemise tant que cette place ne serait pas prise. Or, le siége ayant duré trois années (jusqu’en 1604), sa chemise finit naturellement par être de la couleur dont il s’agit. |
ISABELLE. L'Espagne compte deux reines de ce nom.
ISABELLE DE CASTILLE, reine d’Espagne, fille du roi Jean II de Castille et Léon, née le 23 avril 1450, et mariée, depuis 1469, à Ferdinand V Ile Catholique, roi d’Aragon, monta sur le trône de Castille en 1474, après la mort de son frère Henri IV, à l’exclusion de Jeanne, sa sœur aînée. Déjà, du vivant de son frère, elle avait réussi à gagner à sa cause les états du royaume, qui à la mort de Henri IV se déclarèrent en grande partie pour elle; elle força les dissidents à se taire devant les armes de son époux, vainqueur à la bataille de Toro, en 1476. Les royaumes de Castille et d'Aragon ayant été ainsi réunis, Ferdinand et Isabelle s’intitulèrent roi et reine d’Espagne. A la grâce et à l’amabilité de son sexe , Isabelle joïgnaït le courage d’un héros, l’habileté politique d’un ministre, la pénétration d’un législateur et les brillantes qualités d’un conquérant. Elle assistait constamment aux délibérations de l'État, et tenait expressément à ce que dans les actes publics son nom figurât à côté de celui de son époux. Elle regardait comme la plus grande œuvre de son règne l'expulsion des Maures d’Espagne; et l'appui que trouva Christophe Colo mb auprès du gouvernement espagnol fut en majeure partie son ouvrage. Dans toutes ses entreprises, elle était assistée d’un habile politique, du cardinal Ximénès. On lui a reproché de la dureté, de l’orgueil, de l'ambition , un esprit démesuré de domination ; mais ces défauts ne contribuèrent pas moins au bien du royaume que ses vertus et ses talents, Un génie comme le sien était nécessaire pour humilier l’arrogance des grands sans les révolter, pour conquérir Grenade sans attirer en Europe les hordes d'Afrique, et pour déshabituer de leurs vices ses sujets, abâtardis par une mauvaise administration , sans mettre en danger la vie des gens de bien. En introduisant à sa cour un cérémonial sévère, elle put éloigner de la personne du roi une noblesse nombreuse et arrogante, et lui enlever ainsi toute influence pernicieuse sur son esprit, Elle mit fin au droit du plus fort, qui jusque alors
Gle
avait été la loi dominante, en assurant le maintien de la paix publique, ainsi qu’en rendant plus expéditive l’administration de la justice. Le pape Alexandre VI confirma aux deux époux le litre de majesté catholique, dont ils se montrèrent &ignes par leur zèle pour l'Église. Ce fut toutefois moins leur zèle pour la religion que l'intention d'établir un tribunal de persécution politique qui les détermina à introduirel’inquisition en Espagne. Les dernières années du règne d'Isabelle avaient été attristées par la mort de son fils, don Juan, prince des Asturies, et desa fille, reine de Portugal. Elle mourut à Médina del Campo, le 26 novembre 1504, après avoir exigé de son mari, dont elle s'était toujours montrée fort jalouse, le serment de ne point se remarier.
ISABELLE II (Marie-Louise), reine d’Espagne, née le 10 octobre 1830, est fille de Ferdinand VII et de MarieChristine, sa quatrième femme. Comme Ferdinand VII n'avait point de fils, et qu'en vertu de l'ordre de succession alors établi, la couronne serait revenue à son frère don Carlos, il voulut assurer le trône à l'héritier direct qu'il espérait avoir de son quatrième mariage, et abolit la loi dite salique, le 29 mars 1830. C’est ainsi que la fille qui lui naquit plus tard devint apte à hériter du trône. Prévoyant sa mort prochaine, Ferdinand VII, par son testament, nomma sa femme régente du royaume et tutrice de sa fille pendant la minorité de celle-ci. Il mourut effectivement le 29 septembre 1833 , et Marie-Christine prit la direction des affaires au nom de sa fille, avec le titre de reine-régente. Mais lorsque la guerre civile, allumée par don Carlos et ses partisans, eut été étouffée par les armes victorieuses d’Espartero, la reine-régente se vit obligée d’abdiquer, le 10 octobre 1840, et de quitter l'Espagne; après quoi, Espartero fut élu régent, et Arguelles déclaré tuteur de la reine. Espartero fut renversé par une coalition ; et une résolution des cortès déclara Isabelle majeure, le 8 novemlre 1853. La question du mariage de celle princesse devint une question européenne, et amena une sérieuse mésintelligence entre l'Anzletcrre et la France, quand, à l’aide d’obscures inintrijues de palais, Louis-Philippe l’eut fait décider dans son intérêt. Le 10 octobre 1846 la jeune reine épousa son Cousin /rançois d’Assie, fils de l’infant Franco's-de- Paule; et en nême temps fut conclu le mariage de sa sœur, WMaric-Ferdinande-Louise, avec le duc de Montpensier, l’un des {ls du roi des Français.
D’un caractère bienveillant , mais s'ahandonnant trop facilement à l'influence de son entourage immédiat, et aussi p'us adonnée aux plaisirs que la gravité de son rôle ne le permettait , cette princesse acquit d'abord en Espa:ne une gran de popular.té personnelle, en raison surtout de la résist ance que pendant longtemps elle opposa aux projets de coups d’État et de contre-révolution incessamment formés par les hommes de la cour. Son mariage n'avait pas élé pour «Ile la source de la félicité qu’elle avait pu rêver; et par sule des fréquents nuages qui étaient venus troubler la vicintime des deux jeunes époux, on croyait assez généralement que l'union d'Isabelle II et de son cousin François d'Assise reslerait stérile. La naissance d’une fille, Merie-Isc belle-Franç ise, née le 20 décembre 1851, princesse des Asluries, démentit ces prévisions. Le 2 déce mbre 1852, au moment où la reine se disposait à se rendre avec sa fille à l’église d’Atocha, un prêtre fanalique, Martin Marino, tenta de l’assassiner, nais ne réu ssit qu’à la Lless r légèrement. Cel attentat, habilement exploité par le parti de la réclion, auquel les événements sur venus quelque ten. ps auparavant en
France avaient donné une force nouvelle, servil de pré-"
texte au cabinel de Madrid pour dissoudre l'ass mblée des cortès el museler la presse (voy. EsraAGne). Mais le 24 juin 1854 éclatail une insu rrection militaire ayant à sa tête les généraux O’Donne.l et Don.ingo Dulce; insurrection restée définilivement victorieuse,
La rite apila Esparte: 0 à former un cabi et, dans lequel O’Doun Il eut le jort:'euille de la guerre; elle ne