SES
nier gouvernement considérait comme octroyée, par conséquent comme révocable. Aux termes de cette constitution, la représentation du pa ys se composait de deux chambres, tandis que celle de 1831 avait maintenu le système d’une chambre unique. La première chambie était formée des princes cadets de la maison électorale, quand ils avaient atteint leur majorité; des chefs des anciennes familles im= médiates de l’Empire, nommés à litre héréditaire par le souverain; de grands propr'élaires fonciers dont les biens étaient constitués en fidéi-commis, plus de députés élus par la noblesse de la vieille Hesse, du Schaumbourg, etc., du maréchal héréditaire issu de la maison de Riedesel, du vice-chancelier de l’université, de l’évêque catholique el des surintendants protestants. La seconde chambre se composait de 16 grands propriétaires fonciers, de 16 députés des villes et d'autant de députés des paysans. La corporation des électeurs urbains était composée de bourgmesires, de membres des conseils municipaux, de chefs de corps d'état, de manufacturiers et de négociants; elle choisissaif les députés dans son sein. Les corporations électorales des campagnes avaient les mêmes bases et une organisation analogue. Les fonctionnaires publics ne pouvaient être élus sans l’autorisation du gouvernement.
La période électorale comprenait 3 années. Le souverain ordonnait la convocation des états; il devait le faire au moins tous lestrois ans, Les sessions des états ne pouvaient durer plus de trois mois , à moins que le souverain n’en autorisât la prolongation. Les affaires intérieures étaient expressément le but de la convocation des états. En outre, aux termes de celte constitution , les fonctionnaires publics n'étaient responsables de leurs actes administratifs qu’autant qu'ils avaient agi de leur propre mouvement et sans avoir obéi aux ordres qui leur éfaient hiérarchiqnement transmis. Les délibérations des états devaient, dans la règle, être publiques. Les chefs d'administration qui s'étaient rendus volontairement coupables d’une violation de la constitution pouvaient étre mis en état d'accusation, sur une décision rendue d’accord par les deux chambres; s’il y avait doute sur l’interprétation à donner au texte de la constilution, c'était la diète germanique qui décidait. Le pouvoir judiciaire était séparé du pouvoir administratif; nul ne pouvait étre disirait de ses juges naturels, en même temps que l'indépendance du pouvoir judiciaire était protégée. Tous les cultes reconnus par l'Etat jouissaient au même titre de sa proteclion. Les impôls destinés à faire face aux besoins de l'État étaientordinairement votés pour un espace de trois années. Les impôts existants ne pouvaient être augmentés; il n’était pas pèrmis d’en établir de nouveaux sans l’assentiment préalable desélats. La nécessité ou lutilité d’une dépense et le besoin d’une taxe nouvelle pour la couvrir devaient leur être démontrées. D'ailleurs, l'impôt nouveau ou bien l’augmentation d'impôt continuaient à être perçus jusqu’à ce que le gouvernement les supprimät, d'accord avec l'assemblée des états. Pour apporter des modifications à la constitution, une majorité des trois quarts des voix était nécessaire dans les deux chambres. En ce qui touchak le régime de la presse et la librairie, on exécutait les lois et les ordonnances régulatrices décrélées par la Confédération germanique.
Dans le petit conseil de la Confédération, l’élecloratoccupait la huitième place; il avait trois voix dans les assemblées plénières. En 1849 il contribua pour une somme de 50,000 thalers aux dépenses communes de la Confédération. Son contingent fédéral, à raison de 2 pour 100 de la population totale, était de 9,339 soldats d’infanterie, de 1,140 cavaliers, de 748 artilleurs, avec 22 pièces de canon et 114 pionniers. Outre la médaille du Mérite militaire, décernée à ceux qui prirent part aux campagnes de 1813 à 1815, et de la croix de Merite, qui depuis 1835 se donnait après un cerlain nombre d'années de service militaire, il existait dans la Hesse-Electorale trois
ordres de chevalerie, à savoir : 1° l’ordre du Lion d'Or, créé en 1770, divisé en quatre classes ; 2° l’ordre du Mérite militaire, fondé en 1719 ; 3° l'ordre du Casque de Fer, fondé en 1814, en commémoration de la guerre de l'indépendance, et partagé en trois classes.
La maison de Hesse-Cassel est la branche aînée de la maison de Hesse, fondée par le fils aîné de Philippe le Magnanime, le landgrave Guillaume IV, dit Le Sage, qui établit sa résidence à Cassel et régna de 1567 à 1592. Il eut pour successeur son fils Maurice, qui embrassa le protestantisme, abdiqua en 1627 en faveur de son fils Guillaume V, et mourut en 1632. Guillaume V introduisit la loi de primogéniture dans sa famille, prit part à la guerre de trente ans, s’allia avec les Suédois, et mourut en 1637, après avoir été mis au ban de l'Empire. Son frère puiné, Hermann, fonda la branche collatérale de Hesse-Rotenbourg, aujourd’hui éteinte. Guil- Jaume VI, fils et successeur de Guillaume V, mourut en 1663, laissant pour héritiers Guillaume VII, mort en 1670, avant d’avoir atteint sa majorité, et Charles, qui succéda à son frère, sous la tutèle de sa mère. Un troisième fils de Guillaume VI, Philippe, fonda la branche de Hesse-Philippsthal. Charles, devenu majeur en 1675, prit alors les rênes du gouvernement. Depuis la guerre de trente ans, on avait constamment vu des troupes hessoïises à la solde des grandes puissances continentales. Ce système avait amélioré les finances, et permis à la maison de Hesse-Cassel de tenir une cour brillante en même temps que de conclure des mariages avantageux à l'étranger, Le fils ainé de Charles- Vrédéric épousa Ulrique-Éléonore, sœur cadette du roi 4e Suède Charles XII, qui lui succéda sur le trône, et devint ainsi roi de Suède. A la mort de son père, arrivée en 1730, Frédéric prit aussi les rênes du gouvernement dans son landgraviat de Hesse, mais en s’y faisant représenter par son frère Guillaume, qui lui succéda sous le nom de Guillaume VIIE, le 28 mars 1751, parce qu’il mourut sans laisser de descendance. Guillaume VIII prit part, comme allié de PAngleterre, à la guerre de sept ans, laquelle valut beaucoup de gloire aux armes hessoises, mais entraîna une foule de calamilés pour le pays, et mourut en 1760. Il eut pour successeur Frédéric Il, qui avait embrassé le catholicisme. Ce prince eut une cour brillante, augmenta considérablement son armée, et de 1776 à 1784 tint constamment un corps de 22,000 hommes à la disposition de l'Angleterre, qui s’en servit pour combattre les insurgés de l’Amérique du Nord. L’Angleterre reconnut ce bon service en lui payant une somme de 21,276,778 thalers (79,754,167 fr. 50 c). Avec cela il lui fut possible de faire beaucoup pour les sciences et pour les arts. 11 mourut en 1785, et eut pour successeur son fils Guillaume IX. Après avoir pris part, dans le contingent de l'Empire, aux premières guerres contre la révolution française, Guillaume IX accéda à la paix de Bâle, conclue en 1795. En 1803 il fut élevé à la dignité d’électeur, et prit alors comme électeur de Hesse-Cassel le nom de Guillaume 1°’, Le rôle équivoque joué par ce prince en 1806 détermina Napoléon , après la bataille de Jéna, à faire occuper la ville de Cassel par des troupes françaises; et le traité de Tilsitt raya l'électeur de Hesse-Cassel de la liste des souverains, en même temps que ses États étaient irCorporés au nouveau royaume de Westphalie.
Après sept années d'absence, l'électeur Guillaume {er rentra dans ses États, à la fin de 1813, et refusa de reconnaître aucun caractère de légalité aux actes législatifs, politiques ou administratifs du gouvernement westphalien, De là dans les rapports privés des simples citoyens une foule de procès, suscités surtout dans des questions de ventes domaniales, et dont un grand nombre ne sont pas encore terminés à l'heure qu'il est. Dans sa manie pour l’ancien régime, l'électeur alla jusqu’à rendre à son armée l'uniforme qu’elle portait avant les guerres de la révolution française, sans lui faire grâce du tricorne, de la poudre dans les cheveux et de la queue, avec le rétablissement de la bastonnade pour apprendre au soldat à bien astiquer son four-