HESSE-CASSEL
niment. En remontant sur le trône de ses pères, l'électeur avait promis à ses sujets, dans une proclamation solennelle, de leur rendre leur assemblée d'états telle qu’elle existait avant 1806, mais avec abolition de toutes les immunités et priviléges consacrés par l’ancien ordre de choses. Cette assemblée se réunit effectivement du 1er mars au 2 juillet 1815, et du 15 février au 10 mai 1816. Le vent était alors aux constitutions octroyées. L’électeur voulut donner la sienne, et chargea en conséquence une commission de-hauts fonctionnaires de lui en rediger une. Le projet était définitivement arrêté, lorsque l'électeur, changeant d'avis, par suite des velléités d'indépendance qu'avait témoignées l'assemblée des états en matière de vote de finances, déclara qu'il ne serait point donné de constitution à ses sujets. Au lieu de cela, il publia, le 4 mars 1817, un statut organique pour la maison souveraine et pour l’État, contenant quelques-unes des dispositions du projet de constitution précédemment écarté; mais il cessa dès lors de convoquer l'assemblée des états, prélevant l'impôt et rendant des lois en vertu seulement de sa toute-puissance comme souverain légitime. La mort de ce prince, arrivée en 1821, ne modifia pas sen: siblement la situation. En augmentant le nombre des fonctionnaires , et par suite les dépenses publiques, son fils et successeur Guillaume IT se créa , au contraire, de plus grands embarras. Le scandale de la liaison adultère qu’entretenait l'électeur avec la comtesse de Reichenbach irrita toujours davantage l’opinion, et en septembre 1830, au moment 0 l'électeur et la comtesse se disposaient à revenir habiter Cassel, d’où ilsétaient depuis longtemps absents, une émeute éclata dans cette capitale. Elle prit tout de suite des proportions telles , que les autorités se virent dans la nécessité de laisser la bourgeoisiese constituer en garde nationale pour rétablir l’ordre dans la rue et dans les esprits. Des désordres semblables éclatèrent presque simultanément sur divers points de l'électorat , notamment à Fulda et à Hanau. Il y avait là une quasi-révolution. On fit comprendre à l’électeur que l’unique moyen de conjurer le danger était d'accorder une constitution. Il s’exécuta à cet égard d’autant plus aisément que la constitution à laquelle on lui fit donner son consentement était aussi monarchique que possible. Mais il n’en garda pas moins rancune à ses sujets d’avoir ainsi violenté sa volonté, et pour les punir il résolut de s’abstenir à l’avenir d’habiter sa-bonne ville de Cassel, dont la population continuait d’aillenrs à se montrer fort hostile à la favorite, la comtesse de Reichenbach, Les habitants de Cassel se souciaient en réalité médiocrement de la présence ou de l'absence de leur bien aimé souverain; mais l'expédition de toutes les affaires administratives souffrait beaucoup de ce que le chef de l’État ne résidait pas dans la même ville que toutes les autorités centrales et supérieures. L’électeur fut donc invité à revenir habiter sa capitale; or, comme il n’entendait pas le faire sans être accompagné de sa concubine, la comtesse de Reichenbach , devenue l’objet tout particulier de la haine et du mépris publie, et dont tout récemment un court séjour à Wäilhelmshæhe, château de plaisance voisin de Cassel, avait suffi pour provoquer les démonstrations populaires les plus injurieuses, l'électeur se décida à déclarer son fils co-régent et à partager avec lui l'exercice de l’autorité souveraine jusqu’à ce que sa santé lui permit de venir habiter sa capitale, Le manifeste conteant ces dispositions était daté du 30 septembre 1831; et le 7 octobre suivant le prince co-régent faisait son entrée so lennelle à Cassel. On aurait pu croire que sous l'influence de, nouvelles institutions l’action et la marche du gouvernement allaient être désormais aussi faciles que régulières; mais il fut loin d’en être ainsi. Le pouvoir, en faisant des concessions , en consentant à tracer des limites à l'exercice de ses prérogatives, à rendre compte au pays de ses actes après avoir commencé par lui en justifier soit la nécessité, soit la légalité, n'avait jamais été de bonne foi, La constitution, ce n’était à ses yeux qu'un chiffon de papier sans vas leur, dont il lui appartenait en tous cas d'interoréter le texte