‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 347 sur 522 · E. MERLIEUX · texte numérisé non relu

E. MERLIEUX

ISOPODES (deïcos, semblable, et moûs, moû6c, pied), cinquième ordre établi par Latreiïlle dans la classe des crustfacés, section des malacosuacés. Cet ordre, qui correspond en partie au grand genre cloporle de Linné, est ainsi caractérisé : Corps déprimé, assez large, souvent ovalaire ; tête petite; yeux placés sur les côtés de la face supérieure ; quatre antennes de longueur médiocre, situées à la partie antérieure, et dirigées horizontalement en dehors ; bouche composée d’un labre assez grand, d’une paire de fortes mandibules bien dentées, d’une lèvre inférieure bilobée et de deux paires de mâchoires, dont la conformation varie ; thorax de sept anneaux ; pattes presque toujours au nombre de sept paires, souvent préhémiles, terminées par un ongle plus ou moins acéré; fausses pattes de la sixième paire formant le plus souvent une sorte de queue styliforme. L'ordre des isopodes a été divisé par M. Milne-Édwards en trois sections : isopodes marcheurs, isopodes nageurs, et isopodes sédentaires. A la première appartiennent les genies idotée, aselle, lygée, cloporte, armadille, etc. Les isopodes nageurs se reconnaissent à leur abdomen terminé par une grande nageoire garnie latéralement de pièces lamelleuses provenant des fausses pattes de la quatrième paire : tels sont les genres cymodocée, cymothée, etc. Enfin, les isopodes sédentaires vivent tous parasites d’autres crustacés : cette section comprend les deux genres ione et bopyre.

ISOSCÈLE. Voyez ISOCÈLE.

ISOTHÈRE (de %o0s, égal, et Béperoc, d'été). Voyez JSOTHERMES.

ISOTHERMES (de 606, égal, et O2oun, chaleur). On dit que deux villes, deux pays, sont iso/hermes, pour faire entendre que leur température moyenne est la même. On

appelle lignes isothermes des lignes qui passent par des | lieux isothermes ; iso{hères, celles qui passent par des lieux

d’une égale chaleur d'été; isochimènes, celles qui passent par des Tieux d’un froid d'hiver égal. Si le globe terrestre était parfaitement régulier, c’est-à-dire s’il n’était hérissé ni

de montagnes ni de collines; si en outre sa surface était |

composée de matières homogènes, il est évident que ces li-

gnes se confondraient avec les parallèles, Mais il n’en est

pas ainsi; ces lignes sont des courbes à double courbure :

ans l’ouest de l'Europe les isochimènes s’ahaissent vers DICT. DE LA CONVERS, — T, Xl.

l'équateur , et dans l’est elles s'élèvent vers le pôle; c’est le contraire pour les iso{hères. On concoit l'influence de ces lignes sur la végétation et l'existence des animaux.

L'auteur de ces dénominations est Alexandre de H u mboldt, qui le premier a soumis toutes ces lignes à des recherches exactes.

ISOUARD (Nicoras). Voyez NicoLo.

ISPAHAN ou ISFAHAN, l’Aspadana des anciens, jadis la florissante capitale de la Perse depuis le règne de Chah Abbas le Grand jusqu’à celui de Nadir-Chab, et aujourd’hui encore après Téhéran la ville la plus importante du royaume, est située dans l’Irak-Adjémi, au miheu d’une belle contrée, la mieux cultivée de toute la Perse, sur le versant oriental du mont Zagros et sur les rives du Zendéroud, qu’on y traverse sur deux beaux ponts. Bien que cette ville soit toujours célèbre par ses écoles, qu’elle contienne beaucoup de fabriques et fasse un commerce considérable, elle n’a plus, depuis qu’elle a cessé d’être la résidence des chahs de Perse, que l'ombre de son ancienne splendeur, dont la décadence a suivi celle de tout l’empira persan. De 700,000 habitants, qu’elle comptait au dix-septième siècle, sa population est descendue à 200,000 et même, selon d’autres données, à 50 ou 60,000 seulement ; et la plupart de ses anciens édifices sont en ruines. Les juifs et les Arméniens sont très-nombreux à Ispahan et habitent deux faubourgs particuliers ; le premier s'appelle Jahudia, le second Joulfa. Quoique située à 1380 mètres au-dessus du niveau de l'Océan, cette ville jouit du plus beau, du plus tempéré, du plus constant des climats; et les charmes tout particuliers de son printemps sont célèbres en Asie.

ISPANSCHAFT. Voyez GESPANSCHAFT.

ISPEGUI ( Combat d’). Voyez ALnuprs

ISRAEL. Ce nom fut dommé au patriarche Jacob à occasion de sa lutte contre un être divin ( Genèse, XXXII, 23 et suiv.) : il dérive de sara, combattre, et Æl, Dieu.

ISRAEL (Pays d’). Voyez CANaan.

ISRAEL (Royaume d’), un des deux royaumes qui se formèrent, l'an 962 avant J.-C., dans la Judée après la mort de Salomon. Opposé au royaume de Juda, il se composa des dix tribus d’Aser, Nephtali, Zabulon, Issachar, Manassé, Éphraïm, Dan, Siméon, Gad, Ruben, et comprit la Galilée, la Samarie, la Pérée et une partie de la Judée proprement dite. Plus vaste par conséquent que son rival le royaume de Juda, il eut successivement pour capitales Sichem, Thizza et Samarie, ou Sébaste, et dura 244 ans. Sans cesse en guerre avec son compétiteur, ainsi qu'avec les rois de Syrie et d’Assyrie, il fut détruit en 718 par Salmanasar, après avoir eu pour rois Jéroboam I‘, Nadab, Baara, Éla, Zamri, Amri, Achab, Ochosias, Joram, Jéhu, Joachaz, Joas, Jéroboam II, puis, à la suite d’un interrègne, Zacharie, Sellum, Manahem, Phaceïa, Phacée et Osée.

On donne quelquefois, par extension, le nom de royaume d’Israel à toute la Judée sous Saül, David et Salomon.

ISRAEL DE PODOLIE, dit Baal Schem. Voyez Cra- SIDIM.

ISRAELI. Voyez D’ISRAELI.

ISRAÉLITES, nom donné aux descendants d'Isra s c’est-à-dire aux Hébreux. Depuis l'exil de Babylone on les appelle Juifs.

ISSANT, ISSANTE. Dans le langage du blason, ces mots se disent des animaux dont on ne voit que la partie supérieure, lorsqu'elle paraît sortir d’une autre pièce de l’écu et non étre isolée, comme dans l’animal naissant. Le mot issant, dans le même art, signifie la fisure d’un enfant à mi-corps sortant de la gueule d’un animal. Milan porte une bisse d'azur couronnée d’or, à l’issant de gueules.

ISSOIRE, ville de France, sur la Couze, à 48 kilom. de Clermont-Ferrand, avec 5,876 habitants (1872) , est un chef-lieu darrond. du Puy-de-Dôme. Située dans la partie la plus fertile de la Limagne, elle a quelques fabriques de lainages et de chaussures. On y trouve des tribunaux civil et de commerce, un collège et une école

primaire supérieure. Saint-Austremoine, édifice du dixième siècle, appartient au pur style auvergnat; des mosaïques, un zodiaque sculpté, de riches chapiteaux en sont les parlies curieuses. Au seizième siècle elle fut prise par les protestants et par les ligueurs. On a transformé ses anciennes fortifications en un boulevard planté d'arbres. C'est une station du chemin de fer du Centre (Clermont à Brioude),

ISSOUDUN, chef-lieu d'arrondissement dans le déparlement de l’Indre. C’est une jolie et ancienne ville, située sur le penchant d’une colline et dans une plaine qu’arrose la Théolle. Après son incendie par les Gaulois, elle prit le nom d’Auvellodunum, changé par la suite en Isso!dunum. Son origine est couverte de ténèbres. L’histoire en fait mention pour. la première fois sous Louis d'Outre-Mer. Jusqu'au (reiziôme siècle, elle eut ses comtes particuliers, qui y bâlirent un château, dont on voit encore une tour. Dans le courant de 1589, les habitants d’Issoudun ouvrirent leurs portes à Henri IV, après en avoir chassé les ligueurs, On y compte 14,230 habitants (1872). La ville possède des tribunaux de première inslance et de commerce, un comptoir d’escompte, un collège, une bibliothèque, une fabrication de draps, de mécaniques pour laines et draps, des tanneries, des blanchisseries de toiles, un commerce de laines, blés et vins, Slation du chemin de fer d'Orléans.

ISSUS , ville maritime de la Cilicie, sur le golfe du mème nom, probablement l’Ajazzo actuel, dans l’Anatolie, est célèbre par la seconde victoire qu’Alexandre y remporta sur Darius, en 333 av. J.-C., et qui fit tomber en son pouvoir tout le camp des Perses avec la famille de Darius.

ISSY , commune du département de la Seine, à 6 kil. sud de Paris, avec 7,775 âmes (1872), n’est à proprement parler qu'un grand village. Il n’y a de remarquable que Pancien château du prince de Conti, l'hôpital Devillas, l’hospice des Petits-Ménages et la mairie. On y a fait dans les derniers temps de grandes améliorations. Issy possède des fabriques importantes de poteries, d'acide sulfurique et de gaz portalif. Déjà fort maltraité par le bombardement des Prussiens en 1870, il a été le théâtre de Que acharnés entre les fédérés et les troupes de Versailles.

IST ÆVONS, nom d’une des trois grandes peuplades dont se composait la nation germaine, Goths, Gépides, Burgondes.

ISTAMBOUL, Voyez CONSrANTINOPLE.

ISTHME (du grec io0y6c), partie de terre resserrée entre deux masses d’eau, qui établit la jonction d’une presqu’ile à un continent ou à une île. Les principaux isthmes sont ceux de Panama, de Suez, de Corinthe, etc. On a cherché à plusieurs reprises à percer ces trois isthmes, pour abréger la navigation ; le percement du second a été terminé en 1869.

ISTHMIQUES (Jeux). Ainsi nommés de l’isthme de Corinthe, où ils se tenaient. Ces jeux grecs avaient été institués par Sisyphe, dans le quatorzième siècle avant J.-C., pour honorer la mémoire de Mélicerte, qui pour échapper àla fureur d’Athamase s’était précipité dans la mer avec I no. lis avaient lieu tous les cinq ans, selon certains auteurs ; d’antres ont prétendu qu’on les célébrait de trois ans en trois ans. Ils tombèrent en désuétude, et furent même interrompus jusqu’à Thésée, qui leur donna une nouvelle organisation, en l'honneur de Neptune. Cypsèle, fils d’Aétion et de Labda, qui exerça pendant trente ans l'autorité souveraine à Corinthe, les laissa déchoir une seconde fois ; mais ils se relevèrent quelques années après la mort de ce prince, durèrent plusieurs siècles avec splendeur et magni ficence, et survécurent même à la ruine de Corinthe ; mais jusqu’au rétablissement de cette ville, les Romains contérèrent aux Sicyoniens le droit exclusif d'y siéger cornme juges. Outre les combats pour le prix de la lutte, de la course,

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