ITURBIDE
éclaté en 1820 au Mexique, le vice-roi Apodaca lui confia le commandement supérieur des troupes royales. Mais Iturbide se rapprocha bientôt du parti des insurgés, et fin parse mettre à leur tête. Après d’inutiles négociations suivies avec le vice-roi pour le déterminer à donner au pays une constitution particulière , il vint le bloquer dans la capitale même, qui lui ouvrit ses portes, le 24 août 1821, en vertu d’une convention signée à Cordova, laquelle, tout en réservant le sceptre du Mexique aux Bourbons d'Espagne, prononçait la séparation définitive du pays d’avec la mère patrie. Le général y prenait le titre de chef de l’armée mexicaine des érois garanties, garanties stipulées dans un acte connu sous le nom plan d’Iguala, à savoir : l'indépendance, la religion, et l'union.
Odieux au parti républicain, Iturbide fit son entrée à Mexico le 17 septembre 1821, et installa le jour même une junte de régence. Aussitôt une lutte s’engagea entre ce pouvoir, dont l’esprit était démocratique, et Iturbide. Celui-ci avant destitué trois membres de la junte, en raison de Popposition violente qu’ils lui faisaient, la junte prépara une loi qui devait établir en principe lincompatibilité des fonctions civiles et militaires. Menacé dans sa position politique, | Iturbide songea à parodier de l’autre côté de l’Atlantique le 18 brumaire. Lui, il eut son 18 mai (1822); journée dans laquelle la garnison et la populace de Mexico le pro-
clamèrent empereur, sous le nom d'Awgustin Ier. Il parut … hésiter d'abord à accepter une couronne; puis il feignit de se laisser vaincre, et se présenta le lendemain au congrès. Sur 184 membres dont se composait cette assemblée, 94 seulement étaient présents; 77 votèrent par peur l’établissement de l'empire; 15 se retirèrent et déclarèrent qu'ils en référeraient à leurs commettants. Iturbide convoqua alors un nouveau congrès, qui cette fois consacra par un vote rendu à l’unanimité, le 22 juin, la dignité impériale en faveur d’Iturbide, et déclara la couronne héréditaire dans sa famille. : Le 21 juillet suivant Iturbide se faisait, en conséquence, sa- * crer en grande pompe empereur du Mexique. Mais les coffres du trésor public s’étant trouvés complétement vides à quelque temps de là, les partis qui existaient au sein du congrès se coalisèrent pour faire de l'opposition à l’empereur. Iurbide n’était point de taille à faire face aux nécessités de sa position, à tenir les factions en bride, à faire régner l’ordre dans l'administration et à pourvoir aux modifications urgentes que réclamait la législation. Plusieurs des généraux les plus influents conspirèrent sa chute, et une insurrection éclata contre lui. Neuf mois après la proclamation du nouvel empire, le 20 mars 1823, Iturbide était réduit à abdiquer et à déposer ses pouvoirs entre les mains du congrès. Cette assemblée accorda à lui et à sa famille une pension de 25,000 piastres, à la condition qu'il irait se fixer en Italie ; et en conséquence il fut conduit à Livourne.
Quoique indignement calomnié par la haine des partis, Iturbide, à qui on ne pouvait reprocher aucun acte de despotisme ni de rapacité , ne laissait pas que d’avoir toujours d'assez nombreux partisans au Mexique. Instruit d’une conspiration qu’ils avaient tramée en sa faveur, il quitta Pltalie, et se rendit à Londres au commencement de l’année 1824, avec Pintention de gagner de là quelque port de la côte du Mexique. Mais tenu au courant de ses projets, le congrès mexicain le déclara hors de la loi par un décret rendu le 24 avril 1824, et qui ordonnait de le faire fusiller aussitôt qu’il mettrait le pied sur le territoire mexicain. L’ex-empereur, après s'être embarqué ä Southampton le 11 mai, sous un travestissement, était le 8 juillet en vue de Solo de Marina, où commandait le général Gazza. Le 16, entraîné par son ardeur de ressaisir sa couronne et par les nouvelles favorables que de secrets émissaires lui font passer de l’intérieur du pays, il se jette sur la plage. Mais arrêté par le général Garza, il n’essaya point de résister, et fut dirigé de Solo de Marina sur Padilla, où le 19 juillet on le passait par les armes. Le congrès se monfra encore généreux à l’égard de la veuve et des enfants que laissait Itur-
DICT. DE LA CONVENS. — T, XI
— IVAN 529 bide. Il leur vota une pension de 8,000 piastres, à la condition de résider désormais dans la partie du territoire de la Colombie qui leur serait désignée. Onze ans plus tard, en (835, le congrès accorda même aux héritiers d’Iturbi e une indemnité d’un million de piastres, et, levant les lois de proscription qui pesaient sur eux depuis 1823, leur acccrdæ en outre, à titre de propriété particulière, une étendue de terrain de 14 myriamètres carrés. On a d’Iturbide une autobiographie, traduite et publiée en Anglais par Quin (S4atement of some of he principal events in he public life of Augustin de Iturbide [ Londres, 1824 ]).
ITYS. Voyez PHiLOMÈLE:
ITZSTEIN (JEAN-Apam D’), célèbre membre de lopposition libérale dans la chambre des députés de Bade, où il entra dès 1822, est né à Mayence, le 18 septembre 1775, et appartenait à l’orüre judiciaire quand la confiance des électeurs l’investit de fonctions légistatives. A la mort de Rotteck, c’est à lui qu'échut la tâche de continuer et de diriger l'agitation libérale dans le parlement, rôle auquel le rendait éminemment propre un talent d’orateur des plus distingués. Mais sa capacité comme homme politique ne répondait pas complétement à ce que pouvait faire espérer de lui une parole toujours facile et élégante. En 1848 une
| partie de ses anciens amis politiques se séparèrent de lui, ‘parce queses tendances devinrent alors républicaines. Nommé
membre de l'assemblée nationale de Francfort, à y prit place à l’extrême gauche ; mais son nom n’y fut remarqué que lorsque la gauche le présenta comme candidat à la dignité de vicaire de l’Empire. M. d’Itzstein ne prit aucune part aux mouvements révolutionnaires dont le grand-duché de Bade fut le théâtre en 1849 : des chefs plus ardents et professant des idées encore plus avancées l’avaient supplanté dans les faveurs de la foule. Il n’en crut pas moins prudent de les accompagner dans leur retraite sur le territoire étranger, quand l'insurrection eut été comprimée par les Prussiens. Poursuivi alors par coutumace (1850), il n’en a pas moins obtenu depuis la pension de retraite à laquelle lui donnaient droit ses services dans l'ordre judiciaire ; et complétement étranger aux affaires politiques, il se retira
dans son domaine de Hallgarten, où il mourut en 1855.
IÜTERBOECR (Bataille de). Voyez Dexxewirz ( Ba. taille de).
IVAN ou IWAN, nom de plusieurs grands-princes ef tsars de Russie.
IVAN 1°", surnommé Xalita, grand-prince de Moscou (1328-1340), chercha, tout en se trouvant sous la dépendance des Tatars, à s'élever au-des$us des autres dynastes russes et à faire de Moscou la capitale de la Russie; tentative qui lui réussit en partie, puisque cette ville devint sous son règne le siége du métropotitain au lieu de Vladimir.
IVAN II (1353-1359), fils d'Ivan I", n'avait point les qualités qui lui eussent été nécessaires pour lutter contre les autres grands-princes de Russie et pour repousser les invasions des Lithuaniens, qui lui enlevèrent des portions considérables de territoire sur les bords du Dniepr.
IVAN JIL et comme tsar Ivan °° WVASsILIÉVITCH (1462-1505) est regardé comme le fondateur de l'empire russe. Il réunit successivement à la grande-principauté de Moscou les autres principautés de la Russie, telles que Tver, Moshaïsk et Wologda, s’empara, en 1478, de la puissante Novogorod, où les marchands appartenant à la hanse furent pour la plupart égorgés, et s’affranchit complétement de la domination des Tatars en profitant habilement de l’affaiblissement qui avait été pour le khan du Kaptchak le résultat des partages des khanats et des conquêtes de Timour. En 1479, il épousa Zoé, fille de Thomas Paléologue, frère du dernier empereur de Byzance, qui introduisit en Russie les mœurs européennes. C’est par suite de ce mariage que l'aigle à deux têtes, insigne des empereurs de Byzance, figure dans les armoiries russes, Ivan érigea le premier en loi fondamentale de l'État l'unité et l'indivisibilité du territoire russe, et le premier aussi il prit le titre de tsar de la Grande-Russie.
IVAN IL WassiLiÉviren, surnommé le Terrible (1533- 1584), parce que jamais souverain si cruel n’avait encore régné sur la Russie, contribua cependant plus que tous ses prédécesseurs à propager quelques germes de civilisation parmi ses sujets, alors encore à moitié sauvages. Il attira en Russie des ouvriers, des artistes et des lettrés allemands, introduisit les premières imprimeries, créa le commerce extérieur en contractant une convention commerciale avec la reine d’Angleterre Élisabeth, quand les Anglais eurent découvert la route de mer conduisant à Arkangel; et, en 1545, il fonda une armée permanente, les strélitz. En 1552 il s’'empara de Kasan, et en 1554 d’Astracan. Mais ayant voulu enlever la Livonie aux chevaliers de l’ordre Teutonique, les Polo-