IVROGNERIE — IVRY
davantage quand on y est. L'État y gagne peut-être quelque chose, Pivrognerie n’y perd rien. M. Villermé deman=" dait que tout ivrogne incorrigible fût banni des ateliers. Alors qu’en fera-t-on ? 11 faudra le nourrir à rien faire, l’enfermer à l'hôpital ou en prison! Qu’y gagnera la société ? En Amérique, la législature de New-Jersey a mis les ivrognes sur le même pied que les aliénés, et les a déclarés incapables de gérer leurs biens. Belle punition pour des gens qui ordinairement n’on{ pas de pain ; car, ilne faut pas l'oublier, c’est souvent la pénurie, la détresse, qui engendre Pivrognerie! En Suède, l'ivresse est punie d'amende, puis, en cas de récidive, de la perte du droit de voter et d’être élu, du pilori, de la prison correctionnelle avec six mois ou un an de travail forcé. Quiconque pousse à l'ivresse subit aussi une amende, est suspendu ou destitué de ses fonctions sil en occupe. Dans ce pays, l'ivresse n’est jamais acceptée comme excuse, et un homme mort en état d'ivresse n’est pas inhumé dans le cimetière. Tout cela est d’une efficacité douteuse. L’instruction, l’aisance, des institutions d’une philanthropie éclairée, les boissons saines à un prix raisonnable, voilà les vrais remèdes à opposer à l’ivrognerie. Le gouvernement à beaucoup fait contre les cabarets; il s’est donné le droit de les supprimer sans indemnité; il leur a défendu de donner à boire aux mineurs et aux hommes déjà en état d'ivresse; il a augmenté les droits de consommation; enfin il punit de quelques jours de prison, par la loi de janvier 187 3, tout homme en état d'ivresse. L’absence de récolte à fait plus encore pour la répression de l’ivrognerie, qui se répandait même dans les campagnes ; mais quand l'abondance reviendra, les mesures du gouvernement seront-elles suffisantes? L. Louver.
IVRY (Bataille d'). Ivry-la-Bataïlle, bourg de 1,053
hab., (1872), avec des tanneries et des filatures de coton situé sur la rive gauche de l'Eure, dans l'arrondissement d'Evreux, et qu'il ne faut pas confonüre avec le village d’Ivry-sur-Seine, près Paris, et qui est peuplé de 13,165 âmes, était au onzième siècle une place forte, qu'Ordéric Vital désigne sous le nom d’Zbreium. I fut le théâtre d’une entrevue de Louis le Jeune et da Henri II d’Angleterre. Pris d’assaut par Talbot en 1418, il était de nouveau assiégé en 1424, sous Charles VII, par les Anglais; il dut se rendre le 15 août, mais la place fut reprise en 1449 par Dunois, qui là démantela.
Les plaines voisines d’Ivry ont été à leur tour le théâtre d’une des plus célèbres batailles gagnées par Henri 1V sur les ligueurs, le 14 mars 1500. Henri IV assiégeait la ville de Dreux. Mayenne, à qui le duc de Parme avait envoyé un renfort, sort de Paris, à la tête de toutes les forces dont peut disposer la Ligue, afin d’essayer de forcer le roi à lever le siége. Cette armée, composée d'éléments divers, ne complait pas moins de 12 à 13,000 fantassins et 3,000 cavaliers, mais seulement quatre pièces de canon; elle s'élevait à près du double de l’armée royale, En apprenant que Mayenne approche, Henri IV lève le siége, et dans les instructions qu’il donne on trouve cette recommandation nouvelle, devenue depuis un axiome de guerre : Faites avancer les troupes dans l’ordre où elles doivent combattre.
Les deux armées se rencontrent entre l'Eure et l’Ithon. Grâce à son ordre de marche, celle du roi est la première en bataille ; elle compte 8,000 fantassins, 2,300 cavaliers, y compris 700 gentilshommes , amenés par le duc d'Humières au commencement de l’action, et six pièces de canon. Le roi la range en ligne droite, en faisant alterner les bataillons et les escadrons; le maréchal d’Aumont commande l'aile gauche, ayant à ses côtés le duc de Montpensier; Henri, à la tête de la gendarmerie française, se réserve le commandement de l’aile droite. En avant de l'aile gauche s’échelonnent une partie des enfants perdus, quelques escadrons de cavalerie légère, et l’artillerie aux ordres du comte de Guiche; l'aile droite est précédée et flanquée par 300 reîtres Le roi, par une sage disposition, à laquelle il dut la victoire, et qui est devenue la règle fondamentale
de la tactique moderne, forma en arrière du centreune réserve d'infanterie et de cavalerie, dont il confia le commandement au maréchal de Biron.
Le matin de la battaille, Henri IV, parcourant le front de son armée, adresse aux troupes cette courte allocution militaire ,que nous a conservée d’Aubigné : « Mes compagnons, Dieu est pour nous; voilà ses ennemis et les nôtres! Voici votre roi. Tombons sur eux ! Si vous perdez vos enseignes, cornettes et guidons, ne perdez point de vue mon panache blanc! Vous le trouverez toujours sur le chemin de l’honneur et de la victoire. » L’armée lui répond par des cris de vive le roi!
Mayenne régla son ordre d'attaque sur celui de Henri, en ometlant toutefois de se ménager comme lui une retraite; il plaça sur sa gauche, vis-à-vis du roi, ses meilleures troupes et les lances espagnoles et flamandes du comte d’Egmont ; au centre, les ducs de Nemours et d’Aumale ; à l'aile droite, le baron de Rosne. Entre dix et onze heures du matin, le roi ordonnait au comte de Guiche de commencer le feu de son artillerie qui, grâce à l’avantage de sa position et à l'habileté de ses pointeurs, donnait en plein dans les rangs des ligueurs, tandis que celle de l'ennemi, mal servie et mal dirigée, tirait souvent sans atteindre, et causait peu de dommage.
kKosne envoie une partie de sa cavalerie contre elle : cette attaque est repoussée par le maréchal d’Aumont. Une seconde, dirigée avec plus d'ensemble et de vigueur, va avoir un plein succès, quand Biron accourt avec la réserve, tient tète aux ligueurs, et les met en fuite. Mayenne tombe en personne sur l'aile droite, où le roi se distingue au premier rang ;-les reîtres de la Ligue, déjà ébranlés par le feu de l'artillerie royale, se battant d’ailleurs avec moliesse contre un protestant comme eux, font volte face. L’impatience s'empare du jeune comte d’Egmont, qui les suit avec ses bandes wallonnes et espagnoles ; sans attendre la troisième décharge, il s’élance sur les batteries ; là, par une folle bravade, il tourne contre la gueule des canons lacroupe de son cheval, et donne à ses hommes l’exemple de cette bizarre insulte à une arme qu'il déclare être celle des hérétiques et des lâches. Biron, le maréchal d’Aumont et le grand prieur, ont aisément bon marché de cette cavalerie en désordre; d’Egmont est tué, et les ligueurs fléchissent.
La victoire va se déclarer pour l’armée royale, mais un mouvement d’hésitation s’y manifeste : un jeune seigneur, qui se retire, accompagnant la cornette du roi, grièvement blessé, porte un panache blanc comme Henri [V : on le prend pour lui. Le Béarnais s'aperçoit de l’erreur, et se met à parcourir au galop les rangs de sa petite armée aux cris mille fois répétés de vive le roi! Par bonheur, en ce moment un autre incident vient jeter le désordre parmi les reîtres de la Ligue : on laissait d’ordinaire à ces escadrons irréguliers un espace entre les lignes de l'infanterie , pour qu'ils pussent s’y reformer après chaque charge. Cet espace leur manque tout à coup, par suite d’un mouvement mal combiné du vicomte de Tavannes, et ils vont donner en plein, de toute la force d’impulsion de leurs chevaux, contre les lanciers de Mayenne. Vainement celui-ci s'efforce de rétablir l’ordre. Le roi, qui vient d’être si bien accueilli par ses troupes, profite du trouble des escadrons ennemis pour les charger, à la tête de sa noblesse; et chefs et soldats ne savent plus que fuir. L’infanterie tient encore bon, dans la plaine, exposée seule à tous les coups de l’armée royale; mais les Suisses, au nombre de 4,000, livrent leurs armes : on les reçoit à merci. Les lansquenets veulent en faire autant ; le roi est forcé de les abandonner à la vengeance de ses soldats, qui n’ont pas oublié leur trahison: tout ce qu'il peut faire, c’est de leur crier : « Mes compagnons, sauvez les Français ! Main basse sur l'étranger ! » Au reste, ce qu’il prescrit aux autres, il l’exécute lui-même avec tant d’acharnement, qu’il tue de sa main l’écuyer du comte d'Esmont, et que sans le prompt secours que lui porte le comte d'Auvergne , il était pris par les cavaliers wallons.
Cinq mille Hgueurs restèrent sur le champ de bataille ; beauroup se noyèrent dans l’Eure. Mayenne rallia tout au plus le tiers de ses forces; l’armée royale n’avait perdu, dit-on, que 500 hommes. Cette belle victoire fut consacrée par une pyramide, que détruisit la révolution de 1793, mais que Bonaparte, consul, ordonna de relever, le 29 octobre 1802, et sur laquelle il fit graver, entre autres inscriptions, ces lignes significatives : « Toute famille, tout parti, qui appelle les puissances étrangères à. son secours a mérité ou mériera la malédiction du peuple français. » La poésie a souvent célébré ce triomphe; et Voltaire, dans sa Henriade, lui a consacré un de ses plus brillants épisodes.
IWAN. Voyez 1van.
IWEIN est le nom du héros d’une légende bretonne appartenant au cycle des légendes du roi Arthur, que Chrétien de Troyes, trouvère du nord de la France, qui florissait au douzième siècle, traita sous le titre de Ze Chevalier au lion, et qui fournit au poëte allemand Hartmann von Aue le sujet du meilleur de ses poèmes, Zwein. Un conte gallois La Femme de la Fontaine, contenant la légende d’Iwein, mais qui n’est pourtant pas la source du poëme français, a été publié d’après un manuscrit du quatorzième siècie en langue gaélique par lady Charlotte Guest, dans la première partie de son Mabinogion (Londres, 1838). M. Th. de la Villemarqué la traduit en français, d’après un manuscrit du treizième siècle, dans ses Contes populaires des anciens Bretons (2 vol.; Paris, 1842). Lady Charlette Guest a publié aussi pour la première fois, dans le même recueil, le poëme entier de Chrétien de Troyes, qu’on ne connaissait encore en Angleterre que par des extraits insuffisants du français et par la vieille traduction anglaise que Ritson en avait donnée dans ses Ancient English metrical Romances (Londres, 1802), d’après un manuscrit de Paris. Keller en a publié, d’après un manuscrit de la Bibliothèque
IVRY — IZEDS
du Vatican, des fragments considérables, dans Zi Roman dou Chevalier au leon (Tubingue, 1841) et dans son R6mart (Manheim, 1544).
IXION, roi de Thessalie et, suivant l'opinion la plus commune, fils de Phlégias, épousa Dia, Glle de Déionée, et fut le premier qui se rendit coupable d’un meurtre dans sa famille, en faisant périr dans une fosse ardente son beaupère, lorsqu'il vint le trouver pour recevoir son présent de noces. Ixion, il est vrai, s’en repentit plus tard, et alla chercher dans les mystères la réparation de son crime ; mais elle lui fut refusée. Il devint alors furieux. Jupiter, plus indulgent que les prêtres de l'initiation, lui pardonna, et l’ayant absous, le reçut dans l’Olympe, où il fut admis au festin des dieux. Mais, se sentant épris d'amour pour Ju non, il chercha à satisfaire sa passion; et Jupiter, pour prévenir un crime inconnu dans l’Olympe, donna la forme de son épouse à une nuée : Ixion en eut un monstre connu sous le nom de Centaure, et le maître des dieux, irrité de tant d’arrogance, le punit en le précipitant dans le Tartare, où il fut attaché à une roue, qui tourne continuellement avec la plus grande vitesse. La fable ajoute que lorsque Proserpine fit son entrée aux enfers , il fut délié pour la première fois. Ici l'astronomie apparaît facilement, car on peut considérer la roue d’Ixion comme le zodiaque, sur lequel le soleil tourne sans s’arrêter: maïs lorsque la constellation de la Vierge, qui prend le nom de Proserpine , monte à l’orient de l’horizon, elle entraîne à sa suite Ophichus, ou le Serpentaire, et le Centaure, sur lesquels le soleil passe four à four. Virgile suppose que les accords mélodieux d’Orphée suspendirent la roue à laquelle était attaché Ixion. Ch‘ Alexandre LENOIR.
IZEDS. Dans la religion de Zoroastre, ce sont des génies bienfaisants, opposés aux Dews, ou génies du mal. Créés par Ormuzd, ils sont au nombre de vingt-huit.
‘3, la dixième lettre de l'alphabet français et la septième des consonnes. Sa fonction particulière étant de représenter l'articulation sifflante qui se fait sentir au commencement des mots jactance, jaillir, jalousie, etc., on a cru devoir donner à ce caractère d’abord le nom de jé, puis, avec les grammairiens de Port-Royal, celui de je, en le prononçant comme dans le pronom de la première personne. La lettre j est une consonne linguale, sifflante, et faible comparativement à l'articulation forte du ch dans les mots Chactas, chailletie, chaland, etc. Il y a dans Palphabet -grec et dans l’alphabet hébreu une lettre que les premiers rendent par A, et les seconds par #, et qui se prononce comme une espèce de 3 aspirée. C’est cette lettre que nous avons remplacée par j. Le j peut être regardé comme propre à l’alphabet français ; car aucune des langues anciennes n’employait l'articulation dont elle est le signe représentatif, et parmi les langues modernes qui en font usage, il est à remarquer qu’elles la représentent par des signes différents du nôtre. Ainsi, en italien, pour dire jamais, jardins, jonc, on écrit giamma, giardini, giunco. Les Espagnols, tout en l’adoptant, la prononcent d'une manière particulière, qui lui donne presque la valeur d’un x tiré du fond de la gorge, et proféré en tournant le bout de la langue vers le haut du palais. Dans la prononciation du français les Allemands confondent souvent j'ose et chose, et les Italiens substituent le ze au je.
Autrefois, on donnait à la lettre ÿ le nom d’i consonne ; mais cette dénomination n’était point fondée. En effet, le j n’a rien de commun avec l’#, ni la forme, ni le son, ni l'emploi. Il est donc inexact de revêtir ces deux lettres de la même dénomination, et surtout de les confondre ensemble dans les nomenclatures par ordre alphabétique, comme l'ont fait longtemps tous les dictionnaires. Le j a été appelé à d’ Hollande par les imprimeurs, parce que ce furent les Hollandais qui introduisirent les premiers ce caractère dans l'impression. Chez quelques auteurs, c'était ur signe numéral qui signifiait cent. Il figure comme abréviation dans J.-C., Jésus-Christ. CHAMPAGNAC,
JABIRU. Voyez Cicocxe.
JABLONOWSKI. Voyez IABLONOWSKI.
JABOT, dilatation de l’œsophage, qui dans la plupart des oiseaux , particulièrement chez les granivores , semble tenir lieu de premier estomac. Les aliments y séjournent quelque temps avant de descendre dans le gosier, et s’y imbibent d’un fluide analogue à la salive (voyez Gésier).
Jabot se dit aussi de la mousseline plissée qu’on attache comme ornement à l'ouverture d’une chemise, au devant de l'estomac. Faire jabot, au figuré, c’est se rengorger, se donner de grands airs.
JABOTER. Voyez CAQUET.
JACASSER, onomatopée du cri de la pie, dont on fait un fréquent usage à Paris, dans son acception fisurée, et qui signifie babiller comme une pie. Ce mot vient d’agasse ou agace, l'un des noms de ce volatile.
JACÉE. Voyez CENTAURÉE.
JACHEÈRE (du latin jacere, être couché). On désigne par ce mot l’état de repos dans lequel on laisse une terre
labourable qui vient de produire. L'usage des jachères se perd dans la nuit des temps; mais dans le principe c'était plutôt au défaut de bras pour cultiver les terres et à l’étendue de celles qui étaient échues en partage à chacun qu’il faut l’attribuer : c’est ainsi que de nos jours encore la plupart des peuplades sauvages ou nomades, après avoir ensemencé un champ plus ou moins vaste et recueilli ses produits, vont plus loin défricher un champ inculte, auquel ils demandent des productions que ne leur refuserait point cependant celui qu’elles abandonnent. Plus tard, un préjugé a fait passer en habitude ce qui tenait peut-être plutôt au caractère des agriculteurs ou aux circonstances où ils se trouvaient. « La terre, disait-on, s’épuiserait à produire trop long temps de suite; le repos lui est donc nécessaire pour réparer la déperdition de forces qu’elle éprouve par une exploitation continue. » Et ce premier point une fois posé, le seul moyen qui se présentât à l’esprit consistait à laisser en friche et improductif le champ que l’on regardait comme épuisé par les récoltes qu’on en avait obtenues. Les cultivateurs anciens laissèrent reposer leurs terres pendant des époques plus ou moins longues, tant qu’ils jugeaient qu’elles n’avaient point récupéré leurs forces productives et leur fécondité primitive. ù
La durée des jachères a dû être excessivement variable, selon les circonstances, le climat et la nature du sol; cet état d’'improduction à deux modes bien distincts : il est absolu et complet, ou relatif et incomplet. La jachère absolue et complète est celle qui dure une ou plusieurs années, pendant lesquelles la terre ne reçoit aucune espèce d’ensemencement. La jachère incomplète et relative est celle qui ne dure qu’une partie plus ou moins courte de l’année, selon les circonstances : ainsi, les jachères d'hiver, nécessitées par la préparation des terres à de nouveaux produits et par d’autres opérations aratoires, non moins que par la position et l’accès difficile de certains champs, et les jachères d'été, nécessitées, immédiatement après la récolte, par la chaleur brûlante des climats méridionaux , ou même par l’incurie des propriétaires, qui ont laissé envahir leurs champs par un gazon épais, et des plantes vivaces et peu aisées à extirper, rentrent dans cette dernière catégorie, et sont presque toujours utiles, quelquefois même indispensables. Mais nous sommes beaucoup moins disposés à nous faire les apologistes de la jachère absolue. On peut considérer celle-ci comme annuelle, bisannuelle, et pérenne, d’après la distinction établie par le savant M. Yvart : annuelle lorsque la terre est soumise durant une année à des travaux et à des opérations aratoires destinées à la préparer à la récolte suivante; bisannuelle lorsaue la terre, après un repos d’un: année, est soumise durant Ja seconde à ces mêmes opérations, et pérenne lorsqu'on l’'abandonne entièrement à la nature, qui répare, après un temps plus ou moins long, les maux qu’une culture avide et barbare a causés.
Mais pour reconnaître comme juste et raisonnable le système des jachères, pouvons-nous admettre que la terre
“épuise ses forces et qu’elles ont besoin d’être renouvelées ?
Nul doute, c’est là un de ces préjugés si nombreux chez
les hommes qui s'occupent d'agriculture , contre lesquels il west pas besoin d’entrer dans de longs raisonnements : la verdure éternelle des forêts, des prairies, etc., est une réponse vivante que la nature fait elle-même à ceux qui l’accusent ainsi de ne produire que forcée par nous, et qui, l'assimilant à leur propre faiblesse, la supposent incapable de produire longtemps sans avoir besoin, comme nous, d’un repos réparateur d'assez longue durée, ou, si nous pouvons rappeler ici cette expression pittoresque d’un paysan, de faire elle aussi son dimanche. Au lieu d’adopter un système dont personne ne méconnaît les innombrables inconvénients , il eût été plus logique d’examiner si le principe sur lequel il était fondé était vrai. On eût été conduit à reconnaitre, par l’observation, que la diminution dans Ja production provient non de l’épaisement des forces de la terre, mais des suites de son encrassement autant que de la succession des cultures épuisantes qu’on lui demande : on eût alors été amené, en dernière analyse, à dire qu'il fallait non point la laisser en jachère, mais la corriger par des engrais, des amendements, des ameublissements ; par la culture de plantes améliorantes et réparatrices, qui la nettoyent en même temps, et remplacer la jachère par un assolement ou rotation de culture sagement combiné : l'expérience d’un grand nombre de propriétaires qui ont agi ainsi à été concluante contre les jachères.
JAUINTHE, De toutes les plantes cultivées pour l’ornement des jardins, la jacinthe orientale (hyacinthus orienlalis. L.) est une des plus répandues et des plus recherchées pour la beauté de ses fleurs, aux couleurs les plus vives et au parfum le plus suave. En hiver, elle embaume l'air des appartements et des serres, où elle fleurit aussi bien qu’en pleine terre, soit dans des vases remplis d’eau, soit dans des pots, des jardinières ou des caisses, Au milieu des jardins, dès le premier printemps, la ja- “inthe élève une tige de 0,30 à 0,50 de hauteur, chargée de fleurons des couleurs les plus variées, et dont le diainètre dépasse souvent cinq centimètres. Elle présente un zrand nombre de variétés, soit à fleurs simples, soit à fleurs doubles, toutes fort recherchées des amateurs. On en compte jusqu’à deux mille bien distinctes , cultivées dans les collections de France et de Hollande. Les variétés à fleurs simples portent le nom de passe-tout, et se multiplient par leurs bulbes et quelquefois aussi par leurs semences, qui donnent naissance à des variétés nouvelles et précieuses.
Outre la jacinthe orientale et ses innombrables variétés, on cultive un grand nombre d’autres espèces de jacinthes, qui toutes sont remarquables par leur port et leur parfum ; ce sont : la jacinthe des prés (hyacinthus pratensis ), aux fleurs bleues et nombreuses, qu’on mêle avec goût aux crocus, aux colchiques et aux perce-neige , dans les gazons d'agrément, où elle se’multiplie très-bien; la jacinthe penchée (hyacinthus cernuus), à fleurs roses; la jacinthe à fleurs vertes (hyacinthus viridis); la jacinthe à fleurs pâles (hyacinthus serotinus) ; la jacinthe à fleurs roulées (hyacinthus revolutus ), à fleurs campanulées verdâtres et d’un effet très-remarquable ; la jacinthe d'Italie ou jacinthe romaine (hyacinthus romanus), à fleurs blanchâtres et d’un arome très-prononcé ; la jacinthe paniculée (hyacinthus monstruosus ), qui porte les noms de muscari monstrueux et de lilas de terre, à fleurs bleuâtres et groupées autour de la
hampe , l’une des plus cultivées; la jacinthe à fleurs en”
tête, jacinthe à toupet (hyacinthus comosus, muscari
comosum ), à fleurs bleues formant une tête au sommet
de la hampe, d’où lui vient son nom; la jacinthe améthiste (hyacinthus amethystinus), aux fleurs bleues et l'une des plus élégantes ; la jacinthe botride (hyacinthus botryoides), à fleurs violettes et nombreuses; la jacint
à feuilles de jonc (hyacinthus racemosus), à fleurs bleu
et très-odorantes ; la jacinthe élevée ( hyacinthus elatus), à fleurs verdâtres en dehors, blanches en dedans ; et enfin