‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 359 sur 522 · JACOB · texte numérisé non relu

JACOB

P'Union , et même pour sa durée, C’est au milieu de cette crise redoutable que Jackson fut élu président pour la se-

voir user dans l'exercice de son commandement lui valu- | conde fois. A la Caroline, qui pour ir la $ essi > Qui pour obtenir la suppression

rent des poursuites judiciaires, par suite desquelles il fut condamné à une forte amende, De 1817 à 1818, Andrew Jackson, reprenant son ancien métier de chasseur d’Indiens, se distingua dans une guerre d’extermination que l'Union déclara alors aux tribus Seminoles; mais le sansgêne avec lequel il fit fusiller deux marchands anglais, accusés d’avoir excité les Indiens à prendre les armes, fut encore pour lui la source de nombreux désagréments.

L'incorporation de la Floride aux États-Unis était à ce moment la pensée qui préoccupait toute la population de Union, comme de nos jours elle convoite et rêve la conquête et l'annexion de l’île de Cuba. Andrew Jackson devint plus que jamais homme de la démocratie, en flattant ses goûts et ses passions. La démocratie américaine trouvait la Floride à sa convenance ; Jackson s’arrangea de facon à la lui faire avoir, bon gré mal gré. Le gouvernement fédéral se prêta d’ailleurs hypocritement à une petite comédie diplomatique, désavoua bien haut les procédés de Jackson, mais le laissa faire. Jackson put donc envahir librement les Florides de la même façon que procédaient autrefois les flibustiers, et, sans que les autorités espagnoles eussent fourni à l’Union le moindre prétexte d’hostilités, il planta successivement le drapeau américain sur les différentes places fortes que l'Espagne possédait dans cette contrée. La Floride une fois conquise de fait, le cabinet de Madrid, déjà bien assez embarrassé de la lutte qu'il lui fallait soutenir à ce moment contre ses colonies insurgées, dut se résigner à la céder aux États-Unis (1821).

En 1823 Andrew Jackson fut de nouveau élu sénateur par le Tennessee. L'année suivante l'assemblée législative

et il obtint, surtout dans le sud, un nombre considérable de voix. Les élections n'ayant pas donné la majorité voulue, ce fut, aux termes de la constitution, à la chambre des représentants qu’échut la mission de désigner le nouveau président ; et cette assemblée élut Adams. Toutefois, aux élections suivantes, le parti démocratique auquel appartenait Jackson obtint une majorité considérable; et le 4 mars

1829 il fut appelé à s'asseoir sur le siége présidentiel. ”

On doit lui rendre cette justice que dans l'administration intérieure il apporta plus de modération qu'on n’était en droit d’en attendre de lui, et qu’à l’extérieur, tout en sachant faire respecter les droits des États-Unis, il s’efforça en général de maintenir la paix avec les puissances étrangères et d'étendre le commerce de l’Union américaine, en adoptant une politique libérale. Le gouvernement de Louis-Philippe, placé entre une guerre avec les États-Unis et la nécessité de liquider une vieille dette plus ou moins fondée, réclamée par Jackson avec une fermeté qui imposa au cabinet des Tuileries, trancha la difficulté en payant les 25 millions qu'on lui demandait. Sans doute, en agissant de la sorte,

les conseillers de Louis-Philippe pensaient que la France :

élait assez riche pour payer la paix, qui après tout est le plus grand bien. Ne devait-on pas quelques années plus tard proclamer que la France est bien assez riche pour payer sa gloire! Les 25 millions d’indemnité payés par la France, sur les réclamations aussi hautaines que provoquantes du général Jackson, demeurèrent un des plus puisgants griefs de l'opinion contre l'élu des barricades. L'oppositiou évita de lutter dans le congrès contre le pré. sident ; et ce ne fut qu’en 1831 qu'éclata de nouveau la lutte des partis provoquée par les importantes questions du renouvellement du privilége constitué en faveur de la Banque des États-Unis et du tarifdes douanes, et par les querelles avec les Indiens que depuis 1830, d’après les plans de Jackson, on s’était ris à refouler toujours de plus en plus sur la rive ite du Mississipi. Dans l'été de 1832, ja résistance au tarif des douanes prit dans la Caroline du Sud une énergie telle, qu'on put un moment tout craindre pour la tranquillite de DiCT, DE LA GUNILIiGe — Le de

du tarif menaçait de se séparer de V’Union, il adressa une proclamation où l'esprit de conciliation n’excluait ni lénergie ni la dignité, en même Lemps qu'il fit des préparatifs Militaires pour que force restât à la loi. L’abaissement du tarif eut à peine détourné ce péril, que la suestion du privilége de la Banque en provoqua d’autres. Jackson opposa son velo au renouvellement du privilége de cette institution , parce qu'il y voyait un monopole constitué uniquement en faveur de l’aristocratie des écus ; et il retira même des coffres de la banque les fonds appartenant à l'État. 11 en résulla entre le président et les hommes d’argent une lutte d'autant plus générale et plus vive, que dans de telles circonstances la banque se vit nécessairement forcée de restreindre les facilités et les avantages qu’elle avait faits jusque alors au commerce, La banque finit par succomber ; mais sa défaite porta un rude coup à la prospérité du commerce de l’Union. Quoi qu’il en soit, Jackson avait atteint son but : imposer des entraves aux spéculations exagérées des hommes d’argent , et mettre la démocratie et ses institutions à l’abri des envahissements et des usurpations de la ploutocratie. Cette politique donnalieu aux contradictions et aux attaques les plus vives ; mais elle obtint au plus

. haut degré l’assentiment des masses, comme le prouva bien

en 1836 l’élection de Martin Van Buren à la présidence, faite sur la présentation de ce candidat par Jackson lui-même. Au mois de mars 1837, le général Andrew Jackson se retira dans le domaine qu’il possédait dans le Tennessee, où il resta désormais témoin, sinon actif, du moins sympathique des événements. Membre zélé de l’Église presbyté-

< 1 tienne, il fit aussi preuve, dans les dernières années de sa de cet État le présenta comme candidat à la présidence,

vie, d’un grand esprit de religiosité, qui lui aida à supporter patiemment de rudes épreuves, telles que de graves infirmités physiques et la perte d’une notable partie de sa fortune. Après une longue mala die, il mourut dans son domaine de l’Hermilage, près Nashville, le 8 juiu 1845. JSCERSON (Tuowas-JoNATHAN), général confédéré, naquit, le 21 janvier 1824 , à Clarksburg (Virginie). Élève de l’école militaire de Westpoint, il entra dans l'artillerie et prit part à la campagne du Mexique, où sa brillante valeur lui fit donner les grades de capitaine et de major sur le champ de bataille. En 1852 il quilia le service pour enseigner les mathématiques à l’université de Lexington. Lorsque la guerre civile éclata aux États-Unis, il hésita longtemps à prendre la cause du Sud; puis à la tête d’un corps franc il opéra dans les montagnes Bleues et y défendit une position diflicile avec tant de ténacité qu’on lui donna le surnom de S{onewail (mur de pierre). Nommé général il combattit à Bull-Run, surprit à Front-Royal une brigade de l’armée de Banks et poussa une pointe

. hardie jusqu’à quelques milles de Washinglon. D'une ac- , tivité infaligable , d’une audace inouïe, il saisit tous les

moments favorables de harceler l'ennemi, de tailler ea pièces ses colonnes isolées, de l’attiquer sans relâche, de reproduire sur les camps ou les villes éloignées ses hardis coups de main. Ce chef de partisans, devenu populaire dans le Sud non moins par la bizarrerie de son caractère et de ses sentiments religieux que par un courage à toute épreuve, mourut le 10 mai 1863, des suites des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Chancellorsville.

JACO, nom commun du perroquet cendré, un des types les plus conmuns de l’espèce, Ce perrouuel, suivant Buffon, est celui qui se fait le plus aimer en Europe tant par la douceur de ses mœurs que par son talent et sa docilité, en quoi il égale au moins le perroquet vert sans avoir ses cris désagréables. La plupart de ces perroquets nous viennent de la Guinée. On cn trouve aussi au Congo et sur la côte d’Angola.

JACOB, second fils d’Isaac, fut le dernier des pa-

iviarenes et la souche des Israélites ou Juifs. Moyennant un plat de lentilles, il amena son frère aîné, Ésa ü, à Jui céder son droit de primogéniture; plus tard encore, à l'instigation de sa mère, il surprit à son père la bénédiction à laquelle se rattachaïit Vaccomplissement de la promesse faite à Abraham. Redoutant la vengeance du frère qu'il avait si gravement offensé, Jacob se réfugia en Mésopotamie, auprès de son parent Laban, qu’il servit pendant quatorze ans pour obtenir de lui ses deux files, Lia et Rachel, en mariage, et encore pendant six ans de plus pour acquérir aussi la propriété d’un troupeau. Il s’enfuit ensuite de chez Laban, avec ses femmes, ses enfants el ce qui lui appartenait; poursuivi dans sa fuite par son beau-père, il se raccommoda avec lui par une*transaction amiable. Jacob revint alors dans la terre de Canaan, et après s’être réconcilié avec son frère, il y mena la vie de pasteur Il eut la douleur d’y perdre sa bien-aimée Rachel, et le fils d’un prince des Hévites viola sa fille Dina.

Jacob eut douze fils, dont six de Lia : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar et Zebulon; deux de Rachel : Joseph et Benjamin; deux de sa concubine Bilha : Dan et Nephtali; deux d’une autre concubine, Silpa : Gad et Aser. Son favori Joseph fut vendu par ses frères à des Ismaélites, qui l’emmenèrent avec eux en Egypte. C’est là que son père le retrouva comblé d’honneurs et de dignités; et à sa sollicitation, Jacob vint s'établir dans le pays de Gosen, riche en pâturages, où il mourut, à l’âge de cent quarante-septans. On ne saurait nier que le caractère de Jacob, surtout dans les premières années de sa vie, est loin d’être à l’abri de tout reproche, au point de vue de la morale, et bien au-dessous de la candeur et de la loyauté de son aîné Ésaït.

JACOBI. Foyez IacoBr.

JACOBIN (Histoire naturelle). On désigne sous ce nom, en ornithologie, plusieurs espèces d'oiseaux, d’après leur plumage. Une de ces espèces appartient au genre corbeau, Pautre au genre grèbe. Ce nom est encore synonyme de morillon, espèce de canard. La femelle de l’édolie, espèce de coucou, a été appelée jacobin huppé.

JACOBINS. C’est ainsi qu'on appelait autrefois en France les dominicains. Sept moines de cet ordre s’établirent en 1219 à Paris, dans une maison destinée aux pèlerins, près de laquelle était une chapelle dédiée à saint Jacques, qui donna son nom à la rue où elle était située et d’où ses nouveaux desservants reçurent celui de Jacobins. En 1221 is reconnurent l’université pour dame et patronne. Les jacobins étaient des moines mendiants, très à la mode comme directeurs de conscience; ils se livraient à la prédication, et sous la Ligue ils se signalèrent par leur fanatisme entre tous les ordres religieux. Jacques Clémen t était un jacobin. A la révolution, les jacobins possédaient à Paris trois maisons, celle de la rue Saint-Jacques, qui s’étendait jusqu’à la rue des Grès, celle de la rue Saint-Honoré, qui servit plus tard au célèbre club des jacobins; enfin, celle de larue Saint-Dominique, aujourd'hui église Saint-Thomas d'Aquin, musée et dépôt d’artillerie,

JACOBINS ( Club des). Cette société fameuse fut ainsi

nommée parce qu’elle siégeait dans l’ancien couvent des |

Jacobins, converti depuis en marché public, sous le nom de-Marché-Saint-Honoré. Parmi les diverses sociétés, conférences ou cercles politiques qui se formèrent à Versailles, en 1789, dès l'ouverture des états généraux, on remarqua tout d’abord la réunion des députés de la Bretagne connue sous le nom Club breton, et composé exclusivement, dans le principe, des représentants de cette province ; mais bientôt s’y affilièrent successivement d'autres députés, et quelques hommes influents de l'époque, qui n'appartenaient à aucune députation. C'est dans cette société que fut faite la proposition de constituer les états généraux en assemblée nationale, proposition qui fut décrétée par cette assem-

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