‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 388 sur 522 · JAVA · texte numérisé non relu

JAVA

qui parie vis-à-vis celle qu’elle interpelle. Ainsi le krom

exprime la déférence et le respect; entre égaux, c'est

le mahdjo dont on fait usage ;!en parlant à un homme inrieur, on se sert du nyoko.

L'islamisme est depuis le quatorzième siècle la religion

sminante; la religion chrétienne y est tolérée, et il existe encore à Java beaucoup d’idolâtres. Par suite du développement extrême qu’a pris la culture du sol sous l’influence du système d'administration adopté à l'ésard de ce pays par les Hollandais, qui imposent l'obligation du travail aux populations placées sous leur obéissance, le rendement de la terre est vraiment prodigieux. Les principaux produits sont le café, le sucre, le riz, l’indigo et le tabac. Quant au thé, il est cultivé à Java par les nombreux colons chinois qui sont venus s’y établir, et qui suivent à cet effet la méthode pratiquée en Chine, mais sans pouvoir parvenir à produire un thé d'aussi bonne qualité qu’en Chine. Le sol de Java donne encore une foule de plantes rares et utiles, notamment des épices et des plantes tinctoriales, de même que diverses espèces de plantes vénéneuses, el particulièrement l’arbre qu’on appelle oupas. On y trouve également les espèces animales particulières aux iles d'Asie placées sous les tropiques, ainsi que les fameux nids d'oiseaux comestibles, et dansles montagnes, de l'or, du cuivre, du sel. Il n’y a guère que le tiers de l'île qui obéisse encore à des princes ou des chefs indigènes indépendanis, mais feudataires des Hollandais, qui possèdent tout le reste du territoire, et dont le gouverneur général réside à Batavia.

L'ile entière de Java, en y comprenant le territoire voisin de Madura, est divisée en 24 provinces ou résidences, dont la plus importante est celle de Batavia. Chaque province est gouvernée par un résident, qui a sous ses ordres un résident adjoint et un certain nombre d’inspecteurs appelés contrôleurs. Tous ces fonctionnaires doivent être Hollandais de naïssan ce, et ceux d’entre eux qui occupent le rang le plus élevé sont astreints à passer un examen de capacité au collége de Delft, près Rotterdam. Le résident et ses aides exercent un contrôle absolu sur la province placée sous leurs ordres, non directement tou: tefois, mais par l'intermédiaire d’une vaste hitrarchie de fonctionnaires indigènes, qui reçoivent un traitement fixe ou une prime qui varie selon le rapport des produits du sol. Ce système, mis en vigueur depuis 1832 et introduit par le gouverneur général van den Bosch, mérite d’être connu. D’après les anciens usages de l’île, le sujet doit au seigneur le cinquième de sa récolte, ou, pour employer Vexpression consacrée, le cinquième grain de riz. Le gouvernement hollandais se substitue au seigneur, et applique ce droit de différentes manières. Tantôt il exige que le paysan lui paie le cinquième de sa récolle de riz; tantôt il lui enjoint de consacrer la cinquième partie de son champ à faire venir du café, de l’indigo ou autres produits qu’il achète à un prix convenu ; tantôt il lui prend le cinquième de son temps pour l’employer à des cultures particulières, telles que celles du thé, du tabac, du nopal. Il y a des provinces où la population est affranchie de tout impôt territorial, à la condition de livrer dans les magasins une certaine quantite de produits qui lui sont payés à un prix extrêmement bas, mais bien plus avantageux que celui qu’elle en tirait avec les accapareurs chinois et arabes. Ces combinaisons d'impôt territorial sont habiles. Les Hollandais ont voulu s’effacer, autant que possible, aux yeux du peuple conquis; évitant les relations directes, ils emploient pour intermédiaires les chefs inter. médiaires ou régents. Ceux-ci, chargés de percevoir l’impôt, prélèvent des émoluments considérables, et sont ainsi dévoués à un système dont ils retirent de grands avantages. Quant aux indigènes eux-mêmes, ils sont placés sous une surveillance sévère et maintenus dans l’oblisation du travail; afin de rendre le contrôle plus eflicace, les résidents liennent pour chaque village un re-

gistre où sont inscrits les habitants, avec leurs noms et profession, ainsi que tous les détails qui les concernent. Il n’est permis à aucun d’eux de se déplacer sans y être préalablement autorisé, ni même d'entreprendre le moindre travail.

L'administration supérieure de Java et le pouvoir exécutif sont réunis entre les mains d’un gouverneur général, qui a en même temps sous son autorité toutes les Indes hollandaises. IL est assisté d’un conseil composé de cinq membres, avec voix consultalive seulement Le gouverneur général exerce donc le pouvoir absolu, faisant seul et sous sa propre responsabilité les lois et les réglements, commandant l’armée et la flotte.

Les revenus de Java sont considérables : ils consistent dans les impôts fonciers, les patentes, les droits de douane, la vente des biens domaniaux, les monopoles du sel et de l’opium, et dans une foule de contributions indirectes. Depuis 1861 les recettes de l’île ont toujours été en croissant; celles de 1872 étaient estimées à 249 mil« lions 496,525 fr., et les dépenses à 227,790,100 fr. Mais le revenu ne figure ici que pour un tiers de la somme to= tale; les deux autres tiers proviennent de la vente des produits coloniaux, laquelle s’effectue exclusivement sur les marchés de J’Europe, par l'intermédiaire de la Société commerciale des Pays-Bas (Nederlandsche Handel Maatschappij). Cette société fut fondée en 1824 à Amsterdam , sous le patronage du roi Guillaume Ier, avec un capital de 75 millions de fr., réduit plus tard d’un tiers. Le roi avança 40 millions, et il garantit aux actionnaires un minimum d'intérêt de 4 1/2 pour 100. Les dividendes ont fréquemment été fixés de 10 à 18 pour 100 par an, preuve incontestable de prospérité : le prix des actions a plus que doublé. Obligation est imposée à la compagnie d'employer exclusivement dans ses opérations des navires construits en Hollande, et de donner pour ses envois aux Indes toute préférence aux produits des fabriques bataves; les retours, répartis entre les principaux ports des Pays- Bas, dans une proportion fixée à l’avance, sont livrés à des ventes publiques. Les navires employés chaque année par la compagnie à ce commerce représentent plus de 500,000 tonneaux de jaugeage. En 1868 l’ensemble des échanges des îles de Java et de Madura, tant avec la métropole qu'avec l'étranger, a donné le chiffre de 366,719,000 fr. Ce résultat comprend les opérations faites à la fois pour le compte du gouvernement hollandais et pour celui des particuliers; il se décompose ainsi : à l'importation, 131 millions 900,000 fr., et à l'exportation, 234,819,000 fr. Pendant la n ême année il était entré dans les ports de Java et de Madura 3,250 navires, de 437,322 tonneaux ; et il en était sorti 3,436, de 618,518 tonneaux.

Le système particulier de gouvernement adopté pour Java exige l'entretien d'une armée assez considérable, s’élevant en moyenne à 30,000 hommes, recrutée moitié parmi les Javanais, moitié parmi les Européens, et commandée par des officiers hollandais. La flotte militaire se compose de 2 frégates à hélice, de 3 corvettes et de 25 petits vapeurs.

Java reçut, à une époque reculée, sa civilisation del’Inde, en même temps que la religion de Brahma s’y introduisait. Des débris de temples, d’idoles et de tombeaux, de même que les chants populaires conservés par la tradition

orale, témoignent de cette antique civilisation. Divers empires indigènes avaient déjà fleuri à Java, puis avaient fini par n’en plus former qu'un seul, appelé Madjapahit, quand, en 1406, les Arabes abordèrent dans l’île, y introduisirent l’islamisime et fondèrent les empires de Bantam et de Mataram, que des partages et d’autres circonstances partagèrent et modifièrent à diverses reprises, de telle sorte qu’à la fin du seizième siècle on y comptait quatre empires : Mataram, Djakatra, Bantam et Cheribon. Vers 1579 les Portugais arrivèrent à Java, et s’y établirent; mais dès 1594 ils en furent expulsés par les Hollandais, qui y formè-

rent également des établissements et parvinrent aussi à en chasser les Anglais, qui étaient venus sur leurs brisées et avaient essayé d’y créer une colonie. A partir de ce moment l'histoire de Java n’est plus que le tableau des progrès incessants de la puissance hollandaise dans l’île, Par leurs guerres continuelles contre les indigènes, les Hollandais réussirent à subjuguer ou à anéantir l’un après l’autre les divers empires qui s’y trouvaient, et finirent par ne plus y avoir que des vassaux. En 1811 les Anglais s’emparèrent de Java, où l'administration aussi active qu'intelligente de sir Stamford Raffles indroduisit de grandes améliorations ; et cette colonie était dans l’état le plus florissant quand ils Ja restituèrent, en 1816, aux Hollandais: Pendant longtemps ceux-ci, par suite de l’impéritie des gouverneurs qu'ils y envoyèrent, arrêtèrent l’essor de la prospérité qu’y avaient fait naître les Anglais; mais l’adininistration éclairée des ‘ gouverneurs Van der Capellen et Jan Van den Bosch, par les encouragements qu’elle donna à l’agriculture et par d’autres mesures encore, porta la prospérité de cette colonie au plus haut degré de splendeur. Toutefois, il fallut encore beaucoup de temps et d'efforts pour que les Hollandais se trouvassent de nouveau paisibles possesseurs de l’île et pour qu’ils eussent contraint les indigènes à reconnaitre leur souveraineté. ls eurent à lutter contre de nombreuses insurrections, dont la plus dangereuse fut celle de Diépo Negoro, vers 1825; et aujourd’hui même le mécontentement secret des populations, au sein desquelles existe toujours le sentiment de la nationalité, fait encore de temps à autre explosion. Consultez Raffles, History of Java (2 vol. Londres, 1817 ; nouvelle édition, 1830 ); Roorda van Eïijssinga , Jels over nederlands India (4 vol.; Kampen, 1836-1850); Itier, Voyage à Java (Paris, 1853); Money, Java (Londres, 1861, 2 vol.); Goeverueur, Nederlandsch Indiè (Leyde, 1870, in-8); et les Mémoire: de la Sociélé de Batavia.

JAVELINE , espèce de demi-pique en usage chez les anciens. Elle avait près de deux mètres de longueur, et son fer était à trois faces, terminé en pointe. On s’en servait à pied et à cheval. Les Arabes emploient encore cette sorte de lance; mais ils en ont allongé le manche et le fer.

JAVELLE. En agriculture, on donne ce nom à plusieurs poignées de blé coupé, qui demeurent couchées sur le sillon jusqu’à ce qu’on en fasse des gerbes ( voyez Moisson).

On appelle aussi javelle de petits faisceaux de sarment que l’on brûle ordinairement.

Le même nom a été appliqué à un courant d’eau entre une île et une rivière ; de là vint la dénomination de moulin de javelle donnée à quelques établissements de Grenelle sur les bords de la Seine. C’est là que fut inventée et fabriquée d’abord l’eau chargée de chlore qui sert au blanchissage et qui a gardé le nom d’eau de Javelle,

JAVELOT ( du latin jaculum), espèce de dard, dont se servaient les anciens, et particulièrement les vélites ou troupes légères des Romains. Il avait pour l'ordinaire un mètre de long. La pointe était si amenuisée, dit Polybe, qu’au premier coup elle se faussait; ce qui empêchait les ennemis de la renvoyer. Plus court que la javeline, le javelot se lançait sans le secours de l'arc et par la seule force du bras.

Chez les Grecs l'envoi du javelot contre un but était un des jeux du Pentathle.

JAVELOT (E£rpétologie), nom d'une espèce de ser pent du genre éryx, ainsi appelé à cause de sa forme déliée. Les éryx sont des serpents innocents, qui vivent d'insectes et de très-petits animaux. Ils habitent des lieux sec, et arides, et se cachent dans le sable sans s’y enfoncer profondément. L, LAURENT.

JAXARTES, Voyez IAxARTES.

JAY (Anroine), un des fondateurs du journal Le Constitutionnel, naquit près de Guitre (Gironde), le 20 octobre 1770. 11 étudia d’abord chez les oratoriens de Niort, puis au grand collége de Toulouse; il fitson droit ensuite, fut reçu avucat, etexer ça momentanément des fonctions admi-

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