JAVA — JAYET
nistratives dans le district de Libourne. Vers 1795, il alla en Amérique, mit sept années à parcourir le Nouveau Monde, revint en France en 1802, et reprit sa profession d’avocat. Un ancien oratorien, qui avait été son maître, le fameux Fouché, lui proposa de lui confier l'éducation de ses trois fils. Jay, voyant là une excellente occasion de venir à Paris où il trouverait à satisfaire ses goûts littéraires, accepta, et accourut immédiatement prendre possession de son emploi. Lors de la disgrâce du duc d’Otrante, Jay le suiviten Illyrie et revint en France avec lui, lorsque le mécontentement de l'empereur se fut calmé et que le ministre suspect eut obtenu permission de résider à Aix en Provence. Jay le quitta alors pour se rapprocher de sa famille. C’est vers ce temps qu’il publia son Tableau historique du dix-huitième siècle, qui remporta le prix proposé par la classe de Littérature française de l’Institut en 1810; deux ans après, son Eloge de Montaigne lui valut un accessit du même corps savant; puis il fut chargé, par le duc de Rovigo, de la traduction raisonnée des journaux anglais, laquelle était mise tous les matins sous les yeux de l’empereur, et enfin il fut choisi pour diriger le Journal de Paris. I fit paraître aussi des essais de littérature et d'histoire sous le titre de Ze Glaneur, et professa l’histoire à l’Athénée.
En 1815, nommé membre de la chambre des représentants des Cent Jours, il eut l'occasion de rendre plusieurs services à des royalistes alors menacés de proscription ; mais il se signala principalement par sa conduite libérale et courageuse dans cette assemblée, par les vœux qu’il formula pour l'établissement d'institutions fixes et conformes aux maximes de liberté, par insistance avec laquelle il réclama des modifications à l'acte additionnel et enfin par la mission difficile dont il fut chargé, lui cinquième, auprès des soldats français campés sous les murs de Paris, mission qui avait pour but de les dissuader de combattre et de les engager à souffrir que l’armée coalisée entrât dans Paris. Peu de temps après, il publia son Histoire du Cardinal de Richelieu. Comme un grand seigneur de ce nom était alors premier ministre en France, quelques critiques soupçonnèrent Jay d’avoir eu l'intention de lui faire sa cour. Mais il prouva que ce livre était fait bien avant qu’on pensât qu'un Richelieu püt être ministre en France. Jay fut aussi un des fondateurs rédacteurs de La Minerve : nous avons dit qu'il fut un des fondateurs, copropriétaires et rédacteurs du Conslitutionnel, journal qui ne brilla jamais d’un plus vif éclat que dans les quinze premières années de sa création, c'està-dire tant que ceux qui en avaient imaginé le plan et entrepris l'exécution le firent servir à former lopinion publique en France. Jay fut un des derniers à abandonner cette feuille. Sa notice biographique sur les frères Faucher, inscrite dans la Nouvelle Biographie des Contemporains , lui attira une condamnation à un mois de prison en 1823. Cette persécution nous valut deux écrits assez spirituels. Les Ermites en prison et Les Ermites en liberté, faits sous les verroux conjointement avec Jouy. Jay a de plus fait en commun avec Jouy le Salon d’Horace Vernet (1822). Jay fravailla à toutes les Biographies qui furent publiées de son temps. I] composa en outre des brochures politiques, des Considérations et des Notices en nombre infini; il écrivit des Voyages, des Souvenirs, des Éloges, édita les œuvres de MM" de Lafayette et Dufrénoy, mit tout enfin à profit, hommes et choses, pour se faire un nom littéraire; et en 1832 l’Académie française le choisit pour remplacer dans son sein l'abbé duc de Montesquiou. Il a laissé la réputation d’un homme delettres laborieux, instruit, consciencieux, d’un citoyen plein de courage et de patriotisme, Déjà même il jouissait de cette réputation dans la retraite où il passa les dernières années de sa vie, quand la mort vint le frapper, le 9 avril 1854, dans son domaine de Chaber= ville, près de Guitre, lieu de sa naissance. Sa fille a épousé M. Dufrénoy, directeur de l'École des Mines,
Charles Nisann.
JAYET, Voyez Jais.