HÉMATITE — HÉMIONE
hématite rouge, pour la distinguer de l’'hématile brune ou limonite fibreuse, sous-variété de fer hydroxidé. Cette dernière se rencontre mamelonnée ou en stalactites, à surface brune ou noire, recouverte d’un enduit luisant et irisé. Elle a la propriété, de donner de l'acier de forge, comme le fer spathique, qu’elle accompagne ordinairement. On l’exploite à Rancié, dans l’Ariége, dans les Pyrénées et dans le Dauphiné. |
HÉMATOCELE (du grec alæ, sang, et xñàn, tumeur), tumeur du scrotum causée par du sang extravasé.
HEMATOSE (de alua, aiuaros, sang), nom que l’on donne à l’acte de la sanguification, c’est-à-dire à la conversion en sang artériel du chyle , de la lymphe et du sang veineux, qui se sont mélangés dans la veine sous-clavière gauche, puis ont intimement pénétré, avant d’arriver aux poumons, dans la veine cave supérieure, le cœur droit et l'artère pulmonaire. Quant à l’acte de la sanguiïfication luimême, c’est dans le parenchyme pulmonaire qu'il s'opère, et c’est l'oxygène contenu dans l’air qui en est l’agent essentiel. Quels sont les phénomènes qui se passent alors? L’oxygène s’unit à une certaine portion du carbone contenu dans le sang veineux, et forme avec lui du gaz acide carbonique, dont on constate la présence dans l'air expiré; quant à Fazote , il paraît ne jouer qu’un rôle négatif et tempérer seulement l’action trop vive de l'oxygène sur l'organisme. La quantité d'oxygène employée à vivifer le sang veineux serait, selon les calculs les plus approximatifs, de deux à trois centièmes seulement. C’est à cette combinaison que le sang veineux doit la couleur rutilante qu’il prend dans son passage à travers les poumons ; c’est aussi de ce phénomène que dépend lélévation de température que l’on constate dans ce fluide hématosé. Quant à la vapeur d’eau qui sort des poumons en quantité considérable pendant l'expiration, elle provient du sang veineux, peut-être aussi de la combinaison d’une certaine quantité d'oxygène avec l’hydrogène qui se trouve dans le sang veineux.
Le phénomène de l’hématose a lieu aussi bien chez les animaux qui vivent dans l’eau, que chez ceux qui vivent dans l'air; aussi les premiers sont bientôt asphyxiés dans l’eau privée d’air par la distillation ; de même que les espèces à respiration aérienne succombent promptement dans le vide ou dans tout autre milieu que l'air atmosphérique.
L D" SAUCEROTTE.
HÉMATOSINE, matière colorante du sang, ainsi nommée par M. Chevreul et mélangée dans le sang avec une matière albuminoïde, dite globuline. Elle s’obtienten versant un acide ou une base dans du sang défibriué : la globuline se dépose, et la liqueur, qui est très-brune, contient l'hématosine en dissolution. Cette dernière, à peu près insoluble dans l’eau, est coagulée par l'alcool ou les acides, et dissoute par l’alcool ammoniacal. Elle renferme une assez forte proportion de fer. L'élude de cette matière laisse encore à désirer.
HÉMAT OZOAIRES (deolye, sang, et{üov, animal). On appelle souvent ainsi certains entozoaires, qui, au lieu de vivre dans les intestins d’autres animaux, se développent dans leur sang. On en a trouvé dans le sang du chien, mais pas encore dans celui de l’homme.
HEMATURIE (de olua, sang, et oùpéw, uriner), hémorrhagie des voies urinaires. Elle peut résulter d’une lé- Sion mécanique, et alors c’est une hémorrhagie traumatique, Mais l’hématurie par exhalation, la seule dont nous ayons à nous occuper ici, succède à l'abus des diuréliques trop actifs, des cantharides, de la térébenthine, des purgatifs âcres, à la suppressionde quelque autre flux sanguin naturel et accidentel. Elle est plus commune chez les hommes que chez les femmes, dans l’âge adulte et dans la vieillesse qu'aux autres époques de la vie. Suivant le point où le malade éprouve une douleur plus ou moins intense, on reconnait si le sang expulsé provient des reins, de la vessie ou du canal de l’urètre. Dans les deux preiniers cas, le traitement doit être actif; à cause de l'incon-
vénient qu'il y aurait à laisser séjourner dans la vessieun liquide susceptible de former des caillots qui pourraient amener le noyau de calculs urinaires, Du reste, il est toujours avantageux de recourir avec promptitude aux saignées locales et générales, aux bains et aux applications réfrigérantes.
HÉMÉRALOPE, HÉMÉRALOPIE (de fuépæ, jour, et &xroue, voir). L'héméralopie est une affection des yeux, consistant en ce que les héméralopes , c'est-à-dire ceux qui en sont affectés, ne distinguent plus les objets vers le soir, quoiqu’ils les aperçoivent bien en plein jour (voyez AMAUROSE, CATARACTE).
HÉMÉROCALLE (de fuépe, jour, etx&)0ç, beauté), genre de plantes de la famille des liliacées-asphodélées selon Jussieu, Elles méritent la dénomination qui les distingue par la beauté de leurs fleurs, et parce qu’elles s’épanouissent durant le jour; mais d’autres plantes, particulièrement la belle de jour, ont reçu le même nom, et on pourrait l'appliquer à un bien plus grand nombre.
Les hémérocalles servent à décorer nos jardins, eton en compte diverses espèces : la jaune (lis asphodèle ou lis jonquille), originaire du Piémont; la fauve (lis orange) croit spontanément en Provence; la blanche est originaire du Japon et de la Chine : ses nombreuses fleurs, d’un blanc pur, répandent la plus suave odeur; la bleue provient aussi d'Orient et on la cultive en pleine terre.
Le genre hemerocallis a été démembré par Sprengel, qui en a retiré cinq ou six espèces, entre autres les deux dernières que nous avons citées, pour en former le genre funkia.
HÉMICRANIE ( du grec fous, moitié, et xpæyov, crâne). Voyez MIGRAINE.
HÉMICYCLE (de fous, demi, et xüxloc, cercle). Cette expression, qui peut s’appliquer à tout ce qui est en forme de demi-cercle, est surtout employée en architecture pour désigner une salle demi-circulaire. Tel est l’hémicycle de l'École des Beaux-Arts à Paris.
Les anciens nommaient hémicycles ces chaïres dont le dos formait un demi-cercle. Ils donnaient le même nom à une machine de théâtre destinée à représenter les lointains, mais sur laquelle nous n’avons que quelques vagues ren- seignements de Pollux.
HÉMIONE (de fuusw, demi, et ävos, âne) ou DZIG- GETAI, espèce du genre cheval, qui justifie ‘son nom par la ressemblance qu’elle offre à la fois avec le cheval proprement dit par les parties me du tronc, avec l'âne par les postérieures. La tête présente lemême mélange; par sa grosseur elle rappelle celle de l’âne, et par sa forme celle du cheval. Enfin les oreilles, un peu moins longues que celles de l'âne, sont plantées comme celles du cheval. Mais un trait particulier de l’hémione (equus hemionus, Pallas), c'est la forme de ses narines , dont les ouvertures simulent deux croissants ayant la convexité tournée en dehors.
« Le pelage de l’hémione, dit M. de Quatrefages, est formé d’un poil ras et lustré. La couleur en est presque uniformément blanche pour les parties inférieurés et internes, isabelle pour les portions externes et supérieures; Ces deux couleurs se fondent insensiblement l’une dans l’autre. À la face externe des membres, on observe de longues barres transversales d’une teinte isabelle pâle. La crinière, qui commence un peu en avant des oreilles, s'étend jusqu’au garrot en diminuant insensiblement de longueur; les poils qui la composent sont noirâtres. Elle semble se continuer en une bande de même couleur qui règne tout le long de la ligne dorsale, s’élargit d’arrière en avant, se rétrécit assez brusquement après avoir dépassé les hanches , et vient se terminer en pointe sur le haut de la queue. Celleci, dans sa plus grande étendue, est couverte de poils aussi ras que le reste du corps, et l’on trouve seulement à l'extrémité un bouquet de crins noirâtres. »
Les hémiones se trouvent en grand nombre dans le pays de Cutch, au nord de Guzzarate. On ne peut les prendre
HEMIONE — HÉMITRITÉE e
qu'avec den piéges, leur course étant plus rapide que celle des méllleurs chevaux arabes, On les apprivoie avec a06z de facilité, et dans l'Hindoustan on les emploie aux travaux agricoles, Depuis plusieurs années M, I, Geoffroy- Saint-Hilaire a tenté l'acclimatation et la domestication de l'hémione , résultats qu'il ne désespéré pas d'atteindre,
HÉMIOPSIE (du grec pouce, derni, et &youes, voir),
nom que l’on donne à l'amaurose lorsque l'individu qui
garde,
HÉMIPLÉGIE où HÉMIPLEXIE ( de fuacuc, moitié, ét mao, je frappe ), paralysie qui n'affecte qu'une des moitiés latérales du corps.
HÉMIPTÈRES (du grec Auwsauc, demi, et wrépov, aile), Comme dans le plus grand nombre des insectes, le corps chez les hémiptères est séparé par deux étranglements en
moitié, quelle que soit la direction du plan de seclion passant par le centre, est un hémisphéroide, Quant aux €spaces célestes, on ne peut leur appliquer la notion de sphére, ni rien de ce qui en dérive; car on ne peut y concevoir ni limites ni forme,
En géographie, l'équateur sépare les deux hérmisphéres boréal et austral, Pour chaque lieu le méridien partage
. le globe en deux hérisphéres, oriental et occidental, €t en est atteint ne voit que la moitié de chaque objet qu'il re- |
le grand cercle parallële à l'horizon établit une autre division entre l'hérnisphère du lieu dont il s’agit et celui de se6 antipodes, C'est dans ce sens que le mot hémisphire est le plus fréquerament d'usage en littérature, ét surtout en poé
| sie : ainsi, par exemple, pour exprimer combien on vou-
trois parties distinctes : la tête, le tronc, Pabdomen, La tête |
supporte un bec de conformation curieuse, et sur laquelle il nous faut insister, parce qu'elle fournit presque tous les
caractères distinctifs de l'ordre, Exclusivement destiné à |
entamer le réseau vasculaire des plantes où des animaux,
ce bec n'offre ni mandibules, ni mâchoires, rmais bien une
pièce tubulaire , articulée, cylindrique ou conique, et forée par un canal qui renferme trois soies écailleuses, très-aigués, et recouvertes à leur base par une languelte : ces goies constituent un véritable sucoir semblable à un aiguillon, ét
drait être éloigné d’une personne que l’on hait, on peut dire que l’on regrette d’habiter le même hémisphire.
En astronomie, le plan de l'orbite terrestre partage l'es pace en deux héraisphères , lun arctique et l’autre anturctique. On ne pouvait employer l'équateur pour celle division , parce que la position de son plan n’est pas fixe dans les espaces célestes, Vennr.
HÉMISPHÈRES DE MAGDEBOURG. On dési-
gne sous ce nor un appareil imaginé par Otto Guericke,
. bourgmestre de Magdebourg, pour démontrer la puissance
engainé dans l'appareil tubulaire que nous avons décrit. A ces caractères distinctifs de la tête des hémiptères, il faut :
ajouter deux antennes, de forme, de position et de dimension variables dans les différentes espèces ; deux antennes sétacées ou filiformes, ou subulées, ou articulées; et deux
de la pression de l'air. En effet, il construisit en cuivre et en laiton deux hémisphères d’une assez vaste capacité et g’ermboîtant fort exactement l’un sur l’autre. L'on de ces hémisphères était garni d’un tuyau et d’une soupape, afin de pouvoir en retirer V'air au moyen de la machine pneuma tique, quand on les aurait superposés l’un à l’autre. A tous
. deux étaient attachés des anneaux pour y passer des cordes
yeux à réseau situés à la partie supérieure de la tête. Le tronc donne attache à deux paires d'ailes : assez souvent les ailes supérieures, crustacées dans leur portion adhérente, :
sont membraneuses à leur extrémité libre; quelquefois aussi les quatre ailes sont mermbraneuses et transparentes ; par-
fois encore elles sont furfuracées et semi-laiteuses ; quelques |
hémiptères enfin sont aptères. Leurs pattes ne les différencient pas des autres hexapodes, si ce n’est que dans de
nombreux genres les tarses antérieurs, composés d’une |
seule pièce, sont fléchis sur la jambe, en faisant avec celle. ci une espèce de genou. L'abdomen n'offre pas non plus de caractères particuliers; seulement, chez les cigales, il présente une petite tarière cachée dans les écailles, et qui sert à déposer des œufs.
Les hémiptères ne subissent pas de véritables métamorphoses : ce sont bien plutôt des mues, dans lesquelles Pinsecte demeure torpide pendant quelques heures; car dans leurs trois états prétendus distincts, de larve, de nymphe et d’insecte parfait, ils offrent mêmes formes et mêmes habitudes : leurs ailes s’allongent et leur corps se développe ; ils ne subissent pas d’autres changements. Quelques hémiptères habitent l'eau (L4ydrocorises), et souvent on les admire dardant à sa surface avecune merveilleuse rapidité : d’autres s’attachent uniquement aux plantes qui leur servent de nourriture (phytadelges ou plantisugues) ; d’autres encore se fixent exclusivement sur des animaux (zoadelges où sanguisuques ).
Dans la classification proposée par M. Duméril les hémi. ptères forment le cinquième ordre de la classe des insectes, ils forment le troisième ordre de la classe des insectes et de 4 division des suceurs dans la méthode de Lamarck ; enfin, dans la distribution de Latréille, ils constituent le septième ordre de cette même classe : du reste, les Aémiplères des “aturalistes correspondent exactement aux rhyngotes de Fabricius. À BELFIELD-LEFÈVRE.
HEMISPHÈRE (du grec fpiogaiguoy, formé de fpiovs, demi, et opaïga, sphère). Le sens de ce mot est conforme à son étymologie : dans le discours ordinaire comme dans les sciences, il signifie demi-sphère. En astronomie et en géographie, son emploi n’est pas sans quelque inexactitude. Puisque la terre est un sphéroïde aplati vers les pôles, sa
| auxquelles on püt attacher des chevaux. Une fois le vide
opéré à l’intérieur des deux hémisphères exactement superposés, il fallut la force réunie de plus de trente chevaux pour les disjoindre. |
HEMISPHÈRES DU CERVEAU. Voyez CERvEAL.
HÉMISTICHE, mot d'origine grecque, formé de otiros, ligne, vers, avec fuious, semi, moitié, c’est-à-dire moitié de vers, demni-vers, repos au milieu du vers, Cerepos à la moitié du vers n’est proprement indispensable que dans nos vers héroïques ou alexandrins, C'est-à-dire dans ceux qui se composent de douze syllabes. Boileau a dit
Que toujours dans vos vers le sens , coupant les mots, Suspende l’hévwistiche, en marque le repos.
Ces deux vers contiennent le précepte et l'exemple. L’hémis tiche doit couper le vers en deux parties égales. Mais, pour éviter la monotonie que la loi de l’hémistiche semble entrainer avec elle, tout en observant fidèlement le repos qu’elle prescrit, il importe de le cacher avec beaucoup d’art. C’est ce principe de bon goût qui a dicté à Voltaire les vers suivants :
Observez l’hémistiche, et redoutez l'ennui Qu'un repos uniforme attache auprès de Jui ; Que votre phrase, heureuse et clairement rendue, Soit tantôt terminée et tantôt suspendue ;
C’est le secret de l’art.
Il ne fau pas confondre l’hémistiche avec la césure. Dans les vers de cinq pieds ou de dix syllabes, il n}y a point d'hémistiche, mais seulement des césures. La consonnance d’un bémistiche avec l’hémistiche du vers suivant est un défaut ; cette sorte de consonnance se rencontre rarement dans les vers de Racine et de Boileau. Les Grecs et les Latins n’avaient point d'hémistiches dans leurs vers hexamètres. Les vers allemands ont un hémistiche; mais, chez les Italiens, les Espagnols, les Portugais et les Anglais, la poésie est affranchie de cette gène. CuaAsPAGxAc.
HEMITRITÉE (Fièvre), de fuiouc, demi, et vofros, trois. On a donné le nom de fièvre hémitritée à une variété de fièvre intermittente caractérisée par deux sortes d’accès, les uns revenant chaque jour, et les autres tous les deux jours, Cette distinction n’est plus en uz2ge aujourd'hui.
Gaïlien nomme fièvre hémitritée la gastro-entérites
HEMLING , peintre flamand. Voyez MEmLinc.
HÉMOMANCIE (du grec lux, sang, et mavteiæ, divination), espèce de divination par l'inspection du sang. Il y avait la grande et la petite hémomancie : la première, qui était la plus puissante , s’effectuait au moyen d’une palette de ce liquide, obtenue par une saignée pratiquée au bras droit, et jamais, sous aucun prétexte, au bras gauche, qui était toujours réputé de mauvais augure. La petite hémomancie se pratiquait sur le produit d’une effusion naturelle de ce liquide par le nez, les hémorroïdes ou les menstrues : il ne pouvait en résulter que des pronostics d'un ordre inférieur et d’une certitude contestable. Dans l’un et l’autre cas , la divination se basait, ou sur la couleur du sang, ou sur son plus ou moins d’abondance, ou sur son plus ou moins de limpidité : un sang noir annonçait du malheur ; un sang rose &u rouge, une bonne chance ; un sang abondant, des tribulations; un sang rare, des espérances; un sang épais, la mort ; un sang limpide, une longue existence, Les Perses et les Assyriens ajoutaient une grande foi à l'Aémomancie.
HÉMOPTYSIE (du œua, sans , #t mrue. /, cracher). C’est le nom qu’on donne à l’hémorrhagie des poumons, connue encore sous la dénomination vulgaire de crachement de sang. Cette hémorrhagie consiste dans une expectoration sanguine , écumeuse, variable d’ailleurs par sa quantité, sa couleur , sa consistance , etc. Il y a deux espèces principales d'hémoptysie : l’une qu’on pourrait appeler essentielie, par exhalation et par fluxion; l’autre symptomatique, dépendant d’une lésion organique des poumons (le plus souvent tuberculeuse)ou de quelque altération profonde du cœur et des gros vaisseaux sanguins. Sous le point de vue pratique, ces deux genres pourraient, comme les hémorrhagies considérées en général, se subdiviser en Aémoptysie constitulionnelle, ou identifiée à la constitution; Aémoptysie accidentelle, déterminée par une circonstance fortuite; kémoptysie succédanée, ou supplémentaire, de quelque autre fluxion sanguine, normale ou habituelle; Aémoptysie critique, où annonçant la solution heureuse d’une maladie aiguë quelconque.
L'hémoptysie est une maladie frès-fréquente, à raison de l’action permanente de l’organe qui en est le siége ; elle se développe sous l'influence d’un grand nombre de causes prédisposantes et déterminantes : telles sont, pour les premières, une constitution pléthorique, menacée de phthisie, une grande susceptibilité nerveuse, cataines professions , comme celles de tailleur, de tisserand, de rémouleur , de crieur public, de joueur d'instruments à vent, ete. On admet au nombre des causes déterminantes du crachement de sang la suppression de certains écoulements sanguins
: habituels, d'anciennes éruptions cutanées, les métastases goutteuses, rhumatismales, les coups, les chutes sur la poitrine, les chagrins profonds, et presque toutes les autres émotions de l’âme, etc.
Les malades menacés d’une attaque d’hémoptysie ont de ia tension, de la pesanteur dans l’intérieur de la poitrine ; leurs pouls est plein et dur, leurs veines distendues , leurs pommmettes rouges; il y a souvent des tintements d’oreilles, des vertiges, un refroidissement des extrémités, des lassitudes générales, et quelquefois un goût de sang dans la bouche. Ces symptômes précurseurs sont faibles ou n’existent pas quand l’hémoptysie est ancienne et passive ; alors, la face est quelquefois pâle et le pouls déprimé, Au moment où le sang fait irruption, le malade palit, éprouve des horripilations, un refroidissement des extrémités, un sentiment de picotement et de bouillonnement dans le trajet de la trachée-artère et des bronches, une sensation de chaleur qui précède la toux et l'expulsion d’un sang en général très-rouge, et plus ou moins mêlé de mucosités, etc. L'accès d'hémoptysie affecte souvent une sorte de périodicité plus ou moins régulière ; sa durée est variable el relative à une multitude
HÉMITRITÉE — HÉMORRHAGIE
de causes accidentelles : la forme qu’il affecte et sa gravité diffèrent, selon qu’il appartient à l’une des variétés dont nous avons parlé plus haut.
Le diagnostic de l’hémoptysie n’est pas toujours facile : on la confond souvent avec le *romissement de sang et diverses autres hémorrhagies de la bouche ou de la gorge, surtout quand elle est abondante et subite. Le pronastic de cette maladie doit être grave quand elle reconnaît pour cause une affection tuherculeuse des poumons, ou une hypertrophie du cœur. L’affection dont il s’agit est, au contraire, presque toujours bénigne lorsqu'elle est essentielle ou le produit de la suspension de quelque fluxion sanguine, normale, babituelle, susceptible de se rétablir, ou de causes accidentelles passagères. Les archives de l'art renferment des preuves multipliées qu’un grand nombre d'hommes livrés aux sciences et aux arts sont parvenus à un âge avancé avec des hémoptysies périodiques et presque habituelles. Grétry, qui a parcouru une assez longue carrière, avait une hémoptysie toutes les fois qu'il composait un opéra. Il guérissait par le repos de corps et d'esprit.
Le traitement de l’hémoptysie doit généralement être basé sur le caractère fondamental de la maladie ; il varie nécessairement selon que l’expectoration sanguine peut être rap. portée à l’une des variétés dont nous avons parlé, et selon qu’elle est active, passive , symptomatique, etc. Le crachement de sang est-il récent, modéré, accidentel , des boiïssons mucilagineuses , délayantes , ou légèrement acidulées, telles que l’eau d'orge, de groseilles, le petit-lait nitré, les émulsions, le repos absolu , la position horizontale, suffisent pour le faire disparaitre. Si l’'hémorrhagie pulmonaire est plus intense, on aura recours à la saignée du bras, à l’application de sangsues à l'anus ou à la vulve (s’il y avait quelque suppression hémorrhoïdale ou menstruelle à combattre ). 11 ne faut pas répéter les saignées sans nécessité ; car, selon la remarque de Grétry, elles affaiblissent les vaisseaux et préparent à de nouvelles hémorrhagies. Il y a moins d’inconvénient à user des dérivatifs sur la peau des extrémités, comme les sinapismes , les vésicatoires volants, les pédiluves irritants; l’eau froide, les boissons glacées, conviennent également quand la chaleur morbide et l'irritation hémorrhagique sont calmées. On doit recourir aussi aux astringents, aux styptiques, quand le crachement de sang résiste aux moyens déjà indiqués, et menace la vie du sujet ; ils conviennent également quand la maladie est passive et ancienne, aussi bien que les toniques, les eaux minérales ferrugineuses. 6
L’hémoptysie qui est un symptôme de laphthisie pulmonaire réclame un traitement spécial, dont il sera question en traitant de cette maladie, D' BRICHETEAU
HÉMORRHAGIE où HÉMORRAGIE (de œluæ, sang, et ééyvuu, rompre). On appelle hémorrhagie toute effu sion notable de sang, soit qu’elle aït lieu par la blessure ou la rupture de quelques vaisseaux, soit qu’elle s'effectue par exhalation. Les pertes de sang qui sont du ressort de la chirurgie sont connues sous le nom d’hémorrhagies traumaliques. Celles qui sont du domaine de la médecine se divisent en actives et en passives ; les unes et les autres peuvent être subdivisées en constitutionnelles, accidentelles, supplémentaires, critiques etsymplomatiques. Les hémor« rhagies actives coïncident ordinairement avec un état pléthorique, et dépendent souvent d’un excès de force ; elles s'observent par conséquent aux époques de la vie où ces deux états prédominent, la jeunesse et l’âge adulte; les sujets faibles, d’une grande sensibilité, amis de la bonne chère, disposés à la colère, y sont pareillement très-exposés, Les causes accidentelles des hémorrhagies actives sont très-mul : tipliées : telles sont la suppression de certains écoulements naturels, l'abus des aliments irritants, des alcooliques, l’omission d’une saignée habituelle, les exercices violents, la compression des différentes parties du corps, la chaleur excessive, la raréfaction de l'air, etc. Elles sont ordinaireiment précédées de chatouillement, de pesanteur, de chaieur,
HÉMORRHAGIE — HÉMORRHOIDES 5
de battements dans la partie où le sang afflue, et de refroidissement des extrémités, etc. ; le pouls est plein, irrégulier, sautillant, dicrote , la face rouge, la peau chaude, etc. Les symptômes varient d'ailleurs en raison de la partie qui est le siége du mal et de l’intensité de la maladie,
Les hémorrhagies passives surviennent chez les individus radicalement faibles ou exténués par une longue maladie, un régime débilitant, des veilles prolongées, des évacuations excessives, etc, Les causes directes qui peuvent les produire sont des hémorrhagies actives précédentes, le scorbut et autres affections organiques qui jettent les vaisseaux capillaires dans un état d’atonie. Ces fluxions sanguines ne sont précédées d'aucune excitation, d'aucun signe de congestion locale : elles sont accompagnées de pâleur de la face. de faiblesse du pouls, de lipothymies, etc. Elles affectent plus particulièrement le système muqueux ; l’estomac, les poumons et surtout la vessie, en sont fréquemment atteints.
Quand les hémorrhagies ont lieu par exhalation, elles laissent généralement peu de traces de leur passage dans les organes qui en sont atteints, comme les membranes muqueuses, séreuses, synoviales ; on y rencontre quelquefois de la rougeur, un peu d’épaississement et d’engorgement dans les vaisseaux voisins. Si, au contraire, l’effusion sanguine est due à la section ou à la rupture d’un vaisseau veineux et artériel, en cherchant avec soin, on peut remonter à la source d’où jaillit le sang et en assigner la cause physique, soit pendant la vie, soit après la mort.
Le sang qui est le produit d’une hémorrhagie par exhalation est ordinairement rouge et artériel ; celui, au contraire, qui provient de la rupture des vaisseaux sanguins est plus communément veineux et d’une couleur noire; il est bon de faire observer, toutefois, que le sang artériel épanché qui a séjourné dans les organes creux, comme l'estomac, Pintestin, prend une teinte noire, susceptible d’en imposer sur son origine. La quantité de sang que l’homme peut perdre dans une hémorrhagie est singulièrement variable : au rapport des auteurs, cette quantité est quelquefois énorme et au-dessus de toute probabilité. Tissot cite le cas d’une femme qui affirmait par serment avoir perdu dans une seule année 206 kilogrammes de sang. Haller mentionne dans son grand ouvrage sur la physiologie un homme qui dans cinq aftaques rapprochées d'hématémèse rendit 7, 13, 15, 12et9 kilogrammes de sang. Sans garantir des faits si extraordinaires, qui n’ont peut-être pas été constatés d’une manière assez rigoureuse, on est autorisé à dire que le sang, se reproduisant avec une grande promptitude, peut, par suite de cette condition, fournir un aliment à de nombreuses
et fortes hémorrhagies. Chaque âge a pour ainsi dire ses
hémorrhagies : dans l'enfance et la jeunesse, ce sont des hémorrhagies nasales; dans l’adolescence, le sang se porte en abondance et fait irruption dans la poitrine, d’où des hémoptysies fréquentes chez ceux qui avaient eu précédemment desépistaxis. Chez les adultes, les congestions sanguines s'effectuent du côté du ventre, et ont particulièrement leur siége dans les vaisseaux hémorrhoïdaux. Cette période de la vie est aussi exposée aux vomissements de sang, aux bématuries, etc. Enfin, dans la vieillesse , c'est le cerveau qui est le plus exposé aux fluxions sanguines , et lapoplexie, à laquelle les vieïlards sont si exposés, est une véritable hémorrhagie.
Tant qu’une hémorrhagie active est modérée, on peut l’abandonner à elle-même; elle remédie souvent à la pléthore et débarrasse de congestions incommodes ; mais quand elle est trop forte, trop fréquente, il faut lui opposer des saignées révulsives, des irritants dérivatifs, la diète, le repos, des boissons froides, acidulées, etc. La connaissance des causes peut aussi indiquer des moyens spéciaux, comme le rétablissement d’un exuloire, d’une éruption ancienne, etc. Quant aux hémorrhagies passives, elles réclament surtout l'emploi des toniques, des styptiques, des analeptiques, des hoissons et applications froides : la ligature et la com-
pression sont les principaux moyens applicables à la eure des hémorrhagies traumatiques ou chirurgicales.
E D' BRICHETEAU.
HEMORRHAGIE NASALE. Voyez Épistaxis.
HÉMORRHAGIE UTÉRINE. Cette sorte d’hé-
morrhagie est ainsi qualifiée parce que l'écoulement du sang s'effectue par Putérus : c’est celle qu'on nomme vulgairement perte de sang, ou simplement perte, Quelques auteurs la divisent en ménorrhagie (de vec, les règles, et éyvuus, je romps), et en métrorrhagie (de wétpæ matrice) : le premier nom s’applique quand l’hémorrhagié se manifeste aux époques menstruelles par un écoulement dont la mesure excède la quantité normale ; le second, dans toule autre circonstance. Néanmoins les symptômes et le traitemuat n’offrent pas de différence sensible.
Les causes de l'hémorrbagie utérine sont nombreuses ; on peut regarder comme telles toutes celles qui agissent d’une manière plus ou moins directe sur l’appareïl génital, l'abus des stimulants, l'emploi des emménagogues, les excès vénériens, etc. Cette hémorrhagie, qui a la plus grande tendance à se renouveler et a se perpétuer sous forme périodique, devient une cause d’épuisement si on n’y porte un prompt remède. IL faut d’abord reconnaître si elle n’est pas symptomatique de quelque affection de la matrice, et, dans
| le cas affirmatif, concentrer sur cette dernière tous les efforts
de la thérapeutique. En est-il autrement, une saignée au bras, des boissons froides acidulées, une diète sévère, une atmosphère fraîche, suffisent ordinairement pour éviter de nouvelles apparitions de l'écoulement sanguin anormal.
Il faut cependant établir une distinction pour l’hémorrhagie utérine à laquelle sont sujettes les nouvelles accouchées. Elle provient de ce qu'après le décollement partiel ou complet du placenta, l'utérus, ne revenant pas sur luimême , laisse béants les orifices vasculaires qui communiquaient avec les cotylédons placentaires. La vie s’échapperait avec le sang si l’on ne s’empressait de solliciter les contractions utérines, après avoir débarrassé l'utérus des corps étrangers qui pourraient empêcher son retour sur luimême, et de comprimer l'aorte ventrale sur la saillie sacrovertébrale pour arrêter l’afflux du sang vers le bassin. On doit d'autant plus se prémunir contre la possibilité de cette hémorrhagie, qu'elle peut avoir lieu dans la cavité même de l'utérus, son orifice se trouvant fermé et rien ne s’écoulant au dehors. Dans ce cas de perte interne, on devra agir comme nous venons de l'indiquer pour les pertes externes. 7
HÉMORRHOÏDES (de «lux, sang, et féw, je coule). Ce mot signifie écoulement de sang; aussi a-t-il été longtemps synonyme d’hémorr kagie; aujourd’hui l’usage a prévalu sur l’étymologie, et sous le nom d’Aémorrhoïdes on ne désigne qu’un écoulement de sang par les vaisseaux du rectum, ou même des tumeurs situées vers l'extrémité de cet intestin, et sans aucune hémorrhagie.
Cette maladie est une des plus fréquentes, et souvent une des plus incommodes, quoique ordinairement sans danger. Elle consiste essentiellement dans l’afflux d’une trop grande quantité de sang vers le rectum; et les symptômes variés qu’elle présente ne sont que la suite et la conséquence de cette fluxion. Deux causes principales peuvent donc produire les hémorrhoïdes : la pléthore sanguine, et tout ce qui tend à attirer le sang vers le bassin. Cette affection est quelquefois héréditaire, mais bien rarement elle se muntre dans la jeunesse et avant l’époque où le corps a pris tout son accroissement; jusque là, le superflu des matériaux nutri. tifs, s’il en existe, trouve son emploi, et la nature n’a pas besoin de chercher un moyen de s’en débarrasser. Par une cause analogue, les femmes, pendant tout le temps de la menstruation, sont peu sujettes aux hémorrhoïdes ; elles n'en sont atteintes ordinairement qu'à leur âge critique. Il n'est pas rare pourtant de voir les hémorrhoïdes survenir pendant la grossesse, ou à la suite d’un accouchement laborieux. Les hémorrhcides, comme la goutte, sont une ma-
ladie des gens riches et bien nourris; ceux qui ne mangent que pour vivre en sont rarement atteints. Enfin, les lavements irritants, la constipation opiniâtre ou toute autre cause qui tend à attirer ou retenir le sang vers le rectum, peuvent déterminer les hémorrhoïdes chez ceux qui sont disposés à cette maladie. L’usage habituel des siéges percés à leur centre est aussi une cause déterminante de cette affection.
Le premier symptôme des hémorrhoïdes est un sentiment de pesanteur douloureuse vers l'anus, quelquefois accompagné de frisson et de fièvre. Si la fluxion est légère, elle cesse bientôt d’elle-même, ou elle se termine par un écoulement de sang par l’anus; cette hémorrhagie est plus ou moins abondante, avec ou sans douleur ; parfois le malade ne perd que quelques gouttes de sang, quelquefois il en perd plusieurs livres ; tantôt ces crises se renouvellent tous les quinze jours, tantôt seulement au bout de plusieurs mois, ou même de plusieurs années.
L’afflux habituel du sang vers le rectum produit d’autres effets : les veines de cette partie se gonflent, se distendent, et forment des tumeurs, soit à l’intérieur de l'intestin , soit à l'extérieur et au pourtour de l'anus. On a donné aussi à ces tumeurs le nom d’hémorrhoïdes. Que la maladie soit caractérisée par ces tumeurs seules ou par une hémorrhagie, si elle est récente et accidentelle, on peut tenter de la guérir. Mais si la fluxion sanguine est devenue habituelle, surtout s’il s’est établi un écoulement périodique de sang, il faut presque toujours le respecter; c’est un effort salutaire de la nature, qui tend à rétablir l'équilibre de l'économie. Il en est de même si l'apparition des hémorrhoïdes coïncide avec la suppression d’une maladie grave : on doit bien se garder de troubler cet échange favorable. Pour le traitement des hémorrhoïdes, la principale indication est d’éloigner la cause de cette maladie : ainsi, un régime frugal, peu nourrissant, un exercice modéré, sont les moyens généraux à employer; quant aux moyens propres à combattre les symptômes, les bains frais, les lavements tièdes, sont les plus convenables. Mais il peut survenir des accidents qui nécessitent un traitement plus énergique. Il est rare que l’hémorrhagie devienne assez abondante pour compromettre la vie du malade; mais dans ce cas il faut avoir recours à tous les moyens convenables pour l'arrêter, tels que les topiques, les boissons froides, ou même la saignée. Si l’hémorrhagie dépend de l’érosion d’une ou de plusieurs tumeurs hémorrhoïdales , il faut les enlever, soit avec l'instrument tranchant, soit par la ligature. On pratique la même opération. pour débarrasser les malades de tumeurs génantes par leur volume ou leur position.
Un accident plus commun, c’est l’inflammation des hémorrhoïdes : la première indication dans ce cas est de faire rentrer les tumeurs internes qui font saillie au dehors, surtout si elles sont étranglées par le sphincter de l'anus. On combat ensuite l’inflammation au moyen du repos, des bains de siége et des bains entiers, des lavements froids, de la saignée; les sangsues peuvent aussi être employées, mais il ne faut pas les appliquer sur les tumeurs mêmes. Quelquefois les hémorrhoïdes sont le siége de douleurs extrémement vives, sans inflammation : on les combat alors par lapplication de substances froides ou calmantes , Comme la glace, ou les sucs de laïtue, de jusquiame, de morelie, ete. Ces divers accidents doivent être combattus dans le cas même où on juge nécessaire de ne pas guérir les hémorrhoïdes, et seulement pour les ramener à leur état de simplicité; de même, les personnes atteintes d’hémorrhoïdes constitutionnelles doivent éviter toutes les causes qui pourraient aggraver leur maladie et donner lieu à ces accidents, S'il est nécessaire de rappeler les hémorrhoïdes supprimées mal à propos, on le fait au moyen de lavements irritants, de va-
HÉMORRHOÏÎDES — HÉNAULT
rêter) , se dit des remèdes propres à arrêter les hémorrhagies.
HEMS ou HOMS. Voyez Éuèse.
HEMSTERHUYS (Tméxius), célèbre philologue hollandais, né en 1685 à Groningue, d’un père médecin distingué, fut nommé en 1704 professeur de mathématiques et de philosophie à Amsterdam. Appelé en 1717 à la chaire de langue grecque de l’université de Francker, il ne vint l'occuper qu’en 1720. En 1740 il fut nommé professeur de languegrecque et d'histoire à Leyde, et mourut en cette ville, le 7 avril 1760. On le considère à bon droit comme le modèle le plus achevé du véritable humaniste. Il fit faire de notables progrès à l'étude de la langue grecque, en lui donnant le premier une base scientifique et en fondant une école particuliere, dont Ruhncken et Valckenaër furent les élèves les plus distingués. Ses principaux travaux furent ses éditions de l’'Onomasticon de Pollux (Amsterdam, 1706), des Dialogues choisis de Lucien (1708) et du Plutus d’Aristophane (1744). Ruhncken, dans son Æ/ogium Hemsterhusii (Leyde 1768), a résumé avec autant de vérité que de talent la vie de cetestimable savant etles importants services rendus par lui à la littérature ancienne. On a aussi de Géel des Anecdota Hemsterhusiana (Leipzig, 1825), tirés des œuvres manuscrites de Hemsterhuys qu’on conserve dans la bibliothèque de Leyde.
[ HEMSTERHUYS (François ), fils du précédent, né à Groningue,en 1720, remplissait à La Haye les fonctions de premier commis de la chancellerie d’État de la république des Provinces-unies des Pays-Bas lorsqu'il mourut, dans cette ville, en 1790. Il est le plus éminent, et à peu près le seul connu des écrivains hollandais qui se sont occupés de la philosophie morale. Il est le seul de son pays qui ait pris rang dans cette grande école de vrais philosophes remontant à Socrate et à Platon, et inspirant dans les deux derniers siècles Fénelon, J.-J. Rousseau et Bernardin de Saint-Pierre. A l'exemple de ces grands hommes , Hemsterhbuys, par ses qualités et ses vertus, se montra l’homme de ses livres. Sa philosophie fut pratique, ainsi que l’est toujours plus ou moins celle qui part de l’âme, Toutes ses doctrines prenaient leur source, comme les enseignements de Platon, dans le sentiment de la Divinité et dans l’amour de ses semblables. Ses théories sur les arts, dont il avait le goût, sont toujours éclairées par ses principes philosophiques. Voici les écrits par lesquels Hemsterbuys a révélé la tendance et le but de ses méditations : 1° Lettresur la sculpture (1766); 2° Lettre sur les désirs; 3° Lettre sur l’homme et ses rapports (1773); 4° et 5° Sophyclus, ou la philosophie; Aristée, ou de la Divinité, dialogues (1778 et 1779); 6° Alexis, ou de l'âge d'or, (Riga, 1787 ); 7° Simon, ou des’ facultés de l'âme, imprimé après sa mort. L’auteur, dans ces quatre dialogues, a adopté la méthode d’exposition de Socrate et imité la manière de Platon. La Lettre de Dioclès à Diotime sur l’athéisme ne parut aussi qu'après sa mort. L'originalité, une raison aussi déliée que profonde, la noblesse et la chaleur de l’âme caractérisent la philosophie et le talent de l’auteur, 11 a fait à notre langue l'honneur de la choisir pour
interprète de ses pensées. Il fut lié par l'amitié au philo-
peurs irritantes dirigées vers l'anus, de pédiluves, et de : sangsues posées en pelit nombre à la fois, et à plusieurs re- !
prises À l'extrémité du rectum.
HEMORRHOIÏDES (Herbe aux). Voyez ÉcLaine.
HÉMOSTATIQUE (de aux, sang, et foraua, s'ar-
sophe allemand Jacobi. Jansen donna en 1792 une édition complète des œuvres de Hemsterhuys ; les vignettes qui ornent cette édition sont pour la plupart de Hemsterhuys lui même. M. Sylvain Van de Weyer a réimprimé une édition de ses œuvres philosophiques (2 vol, ; Louvain, 1825-1827). AUBERT DE VITRY. ]
HÉMUS ou HŒMUS. Voyez BALkAN.
RENAULT (CnaAnLEs-JEAN- FRANÇOIS ), né à Paris, en 1685. mort en 1770, était fils d’un fermier général. Entré dans l2 congrégation de l'Oratoire, il y perfectionna ses éludes littéraires, et fut encouragé par Massillon. 11 s’adonna spécialement à la poésie légère, et, rentré dans le
, monde, concourut pour le prix de poésie. Sonœuvre L'Homme
inulile fut couronné par l’Académie Française, en 1707.