‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 416 sur 522 · JEUNE PREMIER — JEUX · texte numérisé non relu

JEUNE PREMIER — JEUX

leur plénitude avec une vivacité, une énergie merveilleuses, L’alacrité, la santé, la joie, éclàtent dans les fonctions, rayonnent sur les visages,

La jeunesse est ainsi l'ivresse de la vie; tout ce-qui réchauffe, comme le vin, les substances diffusibles, rajeunit de même pour un moment. Toutes les facultés ouvrant avec expansion de sensibilité, c’est par cette dilatation vitale que la jeunesse se montre ambitieuse de tous les genres de conquête et de renommée, portée à l’émulation, d'autant plus présomptueuse que linexpérience et lPexaltation des forces poussent aux actes les plus hasardeux; les crimes audacieux lui appartiennent plus qu’à tout autre âge, En effet, le jeune homme, tout volontaire, ennemi de la dissimulation et du mensonge , est extrême dans le mal comme dans le bien; impatient du frein, il ne supporte pas le sacrifice d’humiliation de son amour-propre; toujours il préfère ses paisions au vil calcul de l'intérêt et la gloire au lucre. lncapable, dans sa noble candeur, des machinations de la fourberie , ignorant l’adversité, il marché dans sa simplesse. Riche du long avenir qui dore toutes ses espérances, il prodigue sa fortune. Plein de lui-même, il croit tout savoir, et, faite d’un jugement assez éprouvé, prend facilement le ton tranchant et affirmatif, l'air insolemment avantageux, devant ses adversaires. S'il se porte avec élan et par impétuosité à des violences, personne n’est plus accessible à la pité, ou ne s'intéresse plus ardemment à la jnstice. Aussi ses amitiés sont-elles chaleureuses et promptes; nées des

| simples rapports de l’âge, elles s’entretiennent par les mêmes

goûls et les mêmes plaisirs, plutôt que pourun commerce dufilité, qui est toujours la dernière de ses réflexions.

Il suit de cette ardente sensibilité que la jeunesse se plonge évidement dans toutes les jouissances et les trouve d’autant plus délicieuses qu’elles sont nouvelles: Mais bientôt œtte fièvre dévorante s’épuise, car la violence des sensations s’oppose à leur durée; de là naît l’inconstance. Pour la jeunesse, la fatigue, la guerre, la misère même, deviennent des auxiliaires, d’utiles diversions, que la nature inspire à cet âge d’insouciance , de folâtres plaisirs , aiguisés de privations et de difficultés, piquants assaisonnements, vives délices que n'ont jamais éprouvées ces êtres indolents toujours bercés dans les langueurs des voluptés. La jeunesse esi aussi l'époque des beaux-arts, la plus sensible aux charmés de l’éloquence et de la poésie : heureuse si elle sait préparer à son âge mûr des jouissances solides et dura- : bles; si, économisant sa santé et sa vie, elle conserve son sang floride el chaud pour supporter avec vigueur les glaces ce la vieillesse, pour maintenir son âme toujours ferme et magnanime au milieu des peines de l’existence.

J.-J. Viry.

JEUNESSE DORÉE DE FRÉRON. Après la chute de Robespierre, Fréron et la faction dantoniste prirent ls nom de {hermidoriens, quittèrent la Montagne , et allèrent s’asseoir au côté droit. Là, Fréron, aussi ardent, aussi sanguinaire que dans son premier parti, devint l’apôtre de la réaction , et poursuivit avec un cruel acharnement ses anciens amis. En lui voyant faire la motion de raser l’hotel de ville et le club des Jacobins, on reconnait en lui le proconsul de Toulon fumant et de Marseille saccagée. 11 publia de nouveau son Orateur du Peuple avec une égale frénésie d'expressions, quoique dans des principes diffé rents, et s mit à la tête d’une troupe de jeunes gens qui sous le nom de jéunesse dorée de Fréron, devinrent et quelque sorte les faubouriens de la contre-révolution. Er habits élégants, coiffés en cadenettes, et la tête pondrée celte milice nouvelle insultait et massacrait les patriotes au chant du Réveil du peuple, comme peu de temps auparavanf les anciens amis de Fréron, parés de l’ignoble tarmagnole, accomplissaient leurs épouvantables assassinats au chant de Za Marseillaise. ,

JEUX, sortes de spectacles qui avaient une grande importance dans la vie publique des Grecs et des Romains. La religion les consacra de bonne heure. H n'y en avait point

Page 1