JOMINI — JONAS
Pologne, qui lui valurent le titre de baron. En 1808 à suivit encore Ney en Espagne; mais le maréchal ayant appris que son chef d'état-major s’attribuait tous les succès du corps d'armée placé sotis son commandement, il le fit mettre en disponibilité l’année suivante. En conséquernice, Jomini demanda son congé en 1810, et il était sur le point d'entrer comme général major au service de Rüssie, lorsque Napoléon le promut au grade de général de brigade. .
Nommé ensuite historiographe de l’empereur, il reçut au commencement de la campagne de 1812 la mission d'étrire Phistoire de la grande armée ; toutefois, il fat utilisé d’une autre manière dans le cours même de cette guerre. D'abord gouverneur de Wilna, puis de Smolensk, il déploya la plus grande activité lors de la retraite. Après la bataille de Lutzen , il rentra dans l'état-major du maréchal Ney, et contribua beaucoup à la victoire de Bautzen. Ney le proposa en conséquence pour le grade de général de division ; mais Napoléon le mit en non-activité, en punition de prétendues négligeñces dans le service. Aigri par ce traitement immérité, peu aimé du reste, à cause de ses manières assez rudes ; Jotini, après l'armistice de Plæswitz, quitta secrètement les drapeaux français, et passa du côté des alliés. Pour cette désertion , ün conseil de guerre fran-
çais le condamna à mort; mais l'empereur Alexandre le |
nomma lieutenant général, et se l’attacha comme aide de camp. Jomini ne prit pourtant pas une part active à la guerre contre la France; il garda même , ce que Napoléon reconnut plus tard, le silence sur le plan d'opérations ; qu’il connaissait. En 1815 il accompagna l’empereut Alexandre à Paris, et reçut de Loüis XVIII la croix de Saint-Louis. Par la suite il fut chargé de compléter l’éducation militaire du grand-duc Nicolas, et resta premier aide de camp de ce prince quand il fut monté sur le trône. Il l’accompagna en cette qualité en 1828 dans la campagne de Turquie , et contribua beaucoup à la prise de
Varna. C’est aussi en grande partie à lui qu’est due la fon- | dation de la nouvellé äcadémie militaire de Saint-Péters- |
boure.
Pour se justifier des attaques violentes que lui valut souvent sa défection, il a publié la Correspondance entre Le général Sarrazin et le général Jomini et sur la compagne de 1813 (Paris, 1815), la Correspondance du général Jomini
t à vaut mieux mourir que de prophétiser dés meñsofges. » La voix du ciel réitérant ses ordres, il crüt enfin 58 soustraire par la fuite à l’obligätion qui lui était imposée ; abandonna la terresainte, qu’il habitait, et s’embarqua pour Thaïsis. À peine a-t-on perdu le rivage de vüe qu'un
. vent impétueux soulève les flots, avant-coureur d’une épou-
avec le baron Mouñer (Paris, 1821), et la Lettre du gé. . nent au jeûne, se revêtent de sacs; se couvrent dé cendres ;
néral Jomini à M. Capeñigue (Paris, 1841). IL s’est fait
en outre, parmi les écrivains modernes qui ont traité de
l’art militaire, un nom distingué par les ouvrages suivants :
Histoire critique et militaire des campagnes de la Ré- :
volution (5 vol., Paris, 1806; 3° édition, avec la collaboration du colonel Koch, 15 vol., Paris, 1819-1824) ; Vie politique el militaire de Napoléon , racontée par luimême au tribunal de César, d’Alexañdre et de Frédéric (4 vol., Paris, 1827 ); Tableau analylique des principales combinaisons de la querre et de leurs rapports avec la politique des États (Pétérsbourg , 1830 ; 5° édit., Paris, 1837). En 1855, Jomini obtint du tsar Alexandre [I l'autorisation de résider à l'étranger, et après avoir habité Bruxelles, il se fixa à Paris, Où il est mort, le 22 mars 1869. JONAS, fils d'Amathi, le cinquième des petits prophètes, né à Geth-Opher, dans la tribu de Zabulon, plus de 800 ans avant J.-C., était antérieur à Osée ; le premier des petits prophètes dans l’ordre de ia Bible, car, selon le onzième livre des Rois, il annonçä que le royaume d’Isräel recouvrétait ses anciennes limites, ce qui arriva en effet sous Joroboäm II. Les crimes des Ninivites ayant crié vengeance , la voix du Seigneur se fit entendre à Jotias, et lui ordonna d’aller annoncer à cette ville et à Phiul, son roi, qu’elle allait être détruite en punition de ses impiétés, Le prophète hésita d’abord, épouvanté par la seule pensée d’une telle mission, puis il implora pour les coupables indulgence et pardon : « car, disait-il, la miséricorde sera accordée quand üne bouche aura fait entendre la menace,
vantable tempête, au bruit de laquelle il s'endürt profondément au fond de la cale. A lagitation causée par le$ pte-
| miers effets de la tempête succède sür le pont la plus vive
anxiété ; quänd on voit sa violence aügmienter sains ceëse. Bientôt des soüpçons naissent, et on se décide à jeter le sort pour connaître celui que le ciel irrité poursuit ainsi, afin de le sacrifier au salut de tous. Jonss, éveillé par ses compagnons, et aussitôt désigné par là voix du sort, confesse qu’il est Hébreu, qu'il adore le Dieu créateur du ciel et de Ja terre, et assure qu'au inoment où on le jettera à la mer, la tempête cessera. Malgré cette assurance; en dépit du sort, quoique l'orage n'ait rien perdu de son impétuosité, les matelots, saisis d’admiration , refusent de se prêter à son désir. De nouveaux efforts sont tentés pour aborder à une côte voisine, et c’est seulement après avoit épuisé toutes les ressources qu’on se décide , non sans regret, à l’abändonner aux flots.
Il à à peine disparu que le calme le plüs parfait succède au bouleversemient des vagues et aux éclats du tonnerre. Par une multitude de miracles qu’il est plus facile de raconter que d’expliquer naturellement, un énorme poisson dévore le prophète sans lui faire aucun mal, et pour le préserver du naufrage, le conserve trois jours et trois nuits dans ses entrailles sans le consumer ni l’étouffer : il lui sert de vaisseau pour le conduire au port. C’est de ce noir cachot que s'élève vers Dieu le magnifique cantique conservé dans le livre de ses prophéties. Rejeté sur la plage par le monstre qui l’a Sauvé, saisi de nouveau par l’esprit prophétique, impérieusement pressé d'annoncer à Ninive que dans quarante jours elle sera détruite, il marche enfin vers cette ville, éloignée de sept lieues selon Diodore de Sicile, et qui n’en avait pas moins de vingt-cinq de tour, et parcourt successivement tous les quartiers, se montrant sur toutes les pläces publiques, criant partout d’une voix éclatante : Encore quarante jours , el Ninive sera délruite. Cette simple menace, proférée par un inconnu, fait plus d’impression sur les habitants que les merveilles et les prodiges : tous, à l'exemple du roi et d’après ses ordres; se condam-
tous , jusqu'aux animaux, sont soumis à une pénitence si rigoureuse que le Seigneur, satisfait de tait de témoignages de rèpentir, révoque son arrêt, et jure que Ninive pénitente et repentie sera préservée des maux prédits à Ninive criminelle.
Jonas, doué d’un de ces caractères inflexibles qui ne sè laissent pas toucher par les larmes, voyant qu'après les qua-
| rante jours écoulés sa prédiction n’est point accomplie, ne
peut retenir ses murmures : il demande à Dieu de le retirer de ce monde, puisque dès ce moment, sa mission n'ayant plus äucun caractère de vérité, il devient inutile à son service. Dieu daigne lui faire comprendre combien ses reproches sont injustes. Un arbre sert d’abri au prophète contre les rayons du soleil; mais ses feuilles, desséchées, ne les interceptent plus depuis quelques jours. Pendant la nuit ur nouveau feuillage, frais et touffu, remplace l’ancien; puis le lendemain; un ver ayant piqué la racine, tout sèche de nouveau; et l’ardeur du soleil incommode encore l’hofhine de Dieu, qui demande la mort de nouveau, déplorant la perte de l’ombrage qui le garantisseit de la chaleur. « Eh quoi ! lui dit alors le Seigneur, tu murmures de la perte d’un arbre que tu nas pas planté; qui ne t’a coûté aucune peine; qu'une nuit à vu naître, qu’une nuit a vu mourir, et tu aurais voulu que je ne pardonnasse pas à cette grande ville, dont les habitants, revenus à l'innocence ; sont l'ouvrage de mes mains et hnplorent ma bonté? » Ces seuls mots réveillent Jonas conime d’un profend sommeil : il s’humilie ô1.
devant Dieu, avoue sa faute, revient en Israel, y rend publics le repentir de Ninive et la miséricorde du Seigneur, et regarde comme un juste châtiment de sa conduite le spectacle des péchés de son peuple et la connaissance qui lui est donnée des malheurs qui doivent bientôt l’accabler. L'abbé J. Dupressis.
JONATHAN. Voyez JoNATHAS.
JONATHAN ou plutôt FRÈRE JONATHAN, sobriquet devenu la personnification du peuple américain, comme Jon Bull est celle du peuple anglais. Quelques personnes le font dériver d’un certain Jonathan Trombull, gouverneur du Connecticut à l’époque de la guerre de l'indépendance, et qu’on désignait familièrement de la sorte; mais il paraît que ce sont es Anglais qui s’en servirent les premiers, vraisemblablement parce que c'était là un nom de baptême extrêmement cemmun dans la puritaine Nouvelle-Angleterre, où l’on affectionnait de préférence les noms empruntés à l'Ancien Testament. Frère Jonathan est un gaillard rusé, actif, éveillé, quelque peu vantard, ne manquant ni d'humour ni de bonté de caractère, ayant de commun avec John Bull l'amour de la liberté, l'indépendance de caractère et l’orgueil de la nationalité, mais aussi bavard que l’autre est généralement taciturne , d’ailleurs sachant bien mieux que lui se plier aux opinions et aux manières d’autrui.
JONATHAS ou JONATHAN, fils de Saül, roi d’Israel, se rendit célèbre par sa valeur, et surtout par l'amitié constante qui l’unissait à David, rival de son père. Il eut la gloire de battre deux fois les Philistins ; mais ayant enfreint un ordre de son père par lequel il était défendu , sous peine de mort, de manger avant le coucher du soleil, il se vit, malgré l’importante victoire qu’il venait de remporter, menacé d’être immolé par Saül. Cependant, tout le crime du jeune prince, d’après le texte de l’Écriture, consistait à avoir mangé un peu de miel au bout de sa baguette, en poursuivant les Philistins. Heureusement, le peuple, touché de l’éclat de ses services, l’arracha des mains de son père, et lui sauva la vie. Quelque temps après, la guerre s'étant rallumée entre les Hébreux et les Philistins , Saül et Jonathas assirent leur camp sur le mont Gelboé; mais ils y furent forcés , et leurs troupes taillées en pièces. Jonathas fut tué dans cette action , l’an 1055 avant J.-C. En apprenant cette nouvelle, David, qui avait tant de fois éprouvé le généreux dévouement du jeune prince, composa un cantique funèbre en son honneur, CHAMPAGNAG.
JONATHAS, nommé Apphus, fils de Mathathias et frère de Judas Machabée, fut lun des plus habiles généraux des Juifs, Il força Bacchide, commandant des troupes syriennes, à accepter la paix , l'an 161 avant J.-C. Son alliance fut recherchée par Alexandre Bala, prétendant au trône de Syrie, qui lui conféra la souveraine sacrificature. Cette faveur se maintinf quelque temps sous Démétrius, successeur de Bala, auquel il fut d’un grand secours pour soumettre Antioche, qui s'était révoltée; mais ce prince ne le récompensa de ce service que par la plus noire ingratitude. Plus tard, Diodote Tryphon, voulant enlever la couronne au jeune Antiochus , fils de Bala, résolut d’abord de se défaire de Jonathas, 11 l'attira traîtreusement à Ptolémaïde, le fit charger de chaînes, et, après lui avoir extorqué une somme considérable pour sa rançon, eut la perfidie d’ordonner sa mort. C'était l'an 144 avant J.-C. Simon, frère de Jonathas, lui succéda dans la grande sacrificature.
CHAMPAGNAC
JONC. Le genre juncus, tel qu’il est aujourd’hui établi parmi les botanistes, a pour caractères essentiels : un calice à six sépales, ovales, lancéolés, écailleux, égaux, persistants ; une corolle nulle; des étamines au nombre de six égales au calice, et opposées à ses divisions; un ovaire supère, surmonté d’un style simple terminé par trois stigmates filiformes et velus, Ainsi définis, les joncs sont des plantes herbacées à veines fibreuses, à feuilles cylindriques et un peu comprimées , naissant tantôt au collet de la racine, et tantôt garnissant les tiges elles-mêmes, les fleurs sont gé-