JUNON — JUPITER
en outre toutes les femmes qui obtenaient les faveurs de Jupiter, par exemple Latone, 10, Sémélé, Europeet Alcmène, de mème que les enfants qu’il eut d'elles, comme Hercule et Bacchus. Il n’y avail point jusqu'aux Thébains qu’elle ne hait, parce qu'Hercule était né au milieu d'eux ; et elle en voulait mortellement à Athamos et à sa famille, parce que c'était lui qui avait élevé Bacchus. Sa vengeance atteignait aussi tous ceux qui lui préféraient d’autres déesses. Elle avait ce genre de beauté sublime et majestueuse qui inspire le respect. Lors de la guerre de Troie, elle fut la déesse protectrice des Grecs, en faveur de qui elle prit souvent part elle-même aux combats. Les enfants qu'elle donna à Jupiter furent Hébé, Ilithyie, Marset Vulcain; elle mit au monde ce dernier sans le concours de Jupiter, et pour le narguer d’avoir fait sortir un jour Minerve de son cerveau. Suivant quelques auteurs, elle fut aussi la mère du monstre Typhon. k
Hérê était adorée sur tous les points de la Grèce, mais plus particulièrement à Argos , au voisinage de laquelle se trouvait son fameux temple Héræon, et à Samos , lieu de sa naissance et de son mariage ; aussi dans la multitude des surnoms qu’on lui donnait voit-on figurer celui de Samia. Vénérable et pourtant assez peu chaste matrone, Junon était la déesse du mariage; et c’est à ce titre que Rome lui avait voué un culle particulier. Les monuments antiques nous la représentent comme vierge, comme fiancée et comme épouse , mais toujours sous les formes les plus nobles. Son visage montre les traits d’une éternelle jeunesse avec la maturité de la beauté; il est doucement arrondi sans être trop plein, et commande le respect sans avoir rien de rude. Le front, entouré de cheveux qui sont arrêtés obliquement en arrière, forme un triangle doucement arrondi; les yeux, arrondis et ouverts, regardent droit en avant. La taille est florissante, complétement développée et sans le moindre défaut. Le costume de la déesse consiste en un chiton, qui ne
. découvre que le cou et les bras, et un kimation, placé vers le milieu de la taille. Dans les statues de l'art arrivé à sa perfection, le voile est généralement rejeté sur le derrière de la tête, ou bien manque tout à fait. Le voile était en effet depuis les temps les plus reculés le principal attribut de Hérê. La statue colossale de Polyclète, qui en tout cas servit de modèle au plus grand nombre des images de cette déesse, était surmontée d’une espèce de couronne, appelée stephanos, avec les figures en relief des Heures etdes Grâces, et tenait d’une main une grenade et de l’autre un sceptre, à l’une des extrémités duquel était perché un coucou. A Rome, les premiers jours de chaque mois et le mois de juin tout entier lui étaient consacrés.
A Rome, selon les occasions où l’on implorait son assis. tance, on la nommaït Regina, Matrona, Caprotina, Domiduca, ou Moneta; quand elle présidaif au mariage, on lui donnait le nom de Pronuba; pendant les douleurs de Vaccouchement, on l’invoquait sous celui de Zucina, et dans ce dernier cas le pavot lui était consacré : comme Junon, c'était le dictame de Crète. On ja révérait particulièrement dans l'ile de Samos, où elle avait un temple superbe , que Cicéron reprocha à Verrès d’avoir pillé en revenant d'Asie. Les fêtes instituées en l'honneur de cette déesse étaient appelées Junonies ; les femmes lui faisaient de fréquents sacrifices.
JUNON (Astronomie), Yune des quatre petites planètes auxquelles Herschel donnait le nom d’asféroides. Découverte le 12° septembre 1804 par Harding, à Lilienfbal, Junon a l’apparence d’une étoile de huitième grandeur. La ‘durée de sa révolution sidérale est de 1,592 jours 17 heures 40 minutes, Sa distance solaire moyenne est 2,67, celle de la Terre étant prise pour unité. L'’excentricilé de son orbite est considérauie (0,256); son inclinaison est de 13° 3'17". Schræter attribue à Junon un diamètre d'environ 2,282 kilomètres.
JUNOT. Voyez ABRANTÈS.
JUNTE, c’est-à-dire assemblée. Ainsi s'appelle en Es-
pagne toute assemblée législative ou administrative, qui se réunit d'elle-même ou que l’on convoque pour traiter d'intérêts politiques ou d’affaires publiques. Dans le moyen âge on donnait le nom de junte générale aux assemblées des représentants du peuple qui se réunissaient sans l’appel du monarque ; plus tard on appela ainsi les cortès elles-mémes. Charles LI nomma une grande junte, composée d'hommes d'État, pour déterminer la compétence de linquisition ; c’est ainsi qu’on à dit les juntes générales de Burgos, de Carrion, de Cuellar. 11 y eut ensuite une junte genérale du commerce et des mines, une autre de la régie des tabacs. Napoléon J°' ressuscita l’ancienne signification de ce mot en convoquant, en 1808, à Bayonne, sous le titre de junte, une assemblée de 150 représentants de la nation espagnoie, par lesquels il fit adopter les bases de la constitution qu’il voulait imposer à l'Espagne. Lors de l’insurrection des diverses provinces de ce royaume contre les envahisseurs étrangers, il se forma dans la plupart des villes des juntes, qui finirent par s’absorber dans une junte centrale de quarante-quatre membres, dirigeant la défense commune, ou qui du moins lui restèrent subordonnées. Dans les révolutions subséquentes, qui se sont renouvelées tant de fois au sein de ce malheureux pays, on a vu surgir souvent encore des juntes provinciales à la suite des pronunciamientos. C’est ce qui arrive non moins fréquemment dans les républiques américaines de souche espagnole. JUNTES (Les), imprimeurs célèbres. Voyez Giunri. JUPITER, appelé par les Grecs Zeus, fils de Saturne ou Cronos (d’où le nom de Cronion ou de Cronides, sous lequel il est aussi désigné) et de Rhé a, frère de Vesta, de Cérès, de Junon, de Neptune et de Pluton, fut à diverses époques différemment compris en Grèce. Dès la plus haute antiquité, les Pelasges honorèrent en lui le symbole de la nature, et son oracle était situé à Dodone; aussi l’appelait-on le roi de Dodone ou encore des Pelasges. Dans le mythe orphéen, il est le symbole de la couche supérieure de l'air, de l’éther ; en conséquence on faisait de Hérê ou Junon, comme symbole de la couche inférieure de l'air, sa sœur et son épouse. Dans une conception plus élevée , il passait pour le père des dieux el des hommes, qualification qui lui est déjà donnée par Homère; mais il n’y avait là nullement l’idée d’un être suprême et créateur du monde, idée qui ne se développa que plus tard. Comme Zeus Herkeios, il était le protecteur du foyer domestique, de la famille et de la propriété, quelquelois aussi d’une certaine contrée et même d’une nation tout entière. En outre, c’est lui qui gouvernait et dirigeait les destinées humaines ; et il tenait à la main une balance avec laquelle il pesait le bien et le mal. On voyait dans son palais deux cornes ; l’une contenant le mal, et l’autre le bien, et il les dispensait aux mortels à son gré. Cependant, il semble que lui-même il ait été soumis au Fatum (destin), être inconnu, se cachant dans l'obscurité. Jupiter était le plus sage des dienx et des hommes ; Athéné ou Minerve était toujours assise à ses côtés. Il prenait ses résolutions sans consulter personne ; et elles demeuraient impénétrables pour celui à qui il ne les révélait point. Il venait en aide aux mortels avec ses conseils ; il écoutait les serments des hommes qui juraient par son nom; ef, comme Zeus Horkios, il tirait des par» jures la vengeance la plus terrible. Il abhorrait l'injustice et la cruauté, Zeus Hikelesios punissait celui qui ne pardonnait pas au coupable implorant son pardon ( Hiketés ). Bon et généreux, il voulait que les hommes se montrassent tels les uns envers les autres; de là son surnom de Zeus Xenios, protecteur des étrangers. Ces idées sur Zeus, qu’on trouve déjà dans Homère et les poëtes de son époque, quoique limitées à certaines localités, furent par la suite de plus en plus développées, lorsque la culture philosophique des Grecs progréssa. C’est alors qu’on y rattacha la tradition historique. Suivant cette tradition, Zeus naquit et fut élevé dans l’île de Crète, sur le mont Ida. Un oracle d’Uranus et de Gæa avait en effet conseillé à Rhéa de mettre
au monde son fils sur cette montagne, afin qu'il ne fût point dévoré par Cronos. D’autres traditions le: faisaient naître à Messène, à Thèbes , à Olénos en Étolie, à Égée en Achaie, à Lyctos en Crète, ou encore sur le mont Lycée en Arcadie. Suivant Homère, il fut élevé par Gæa, qui pendant la nuit le cachait dans une caverne de la montagne boisée Argæus, où des colombes lui apportaient de l’ambroisie. Suivant une autre version, sa mère le confia aux Curètes, qui le firent soigner par les nymphes Ida et Adrastée, et qui en enire-choquant sans cesse leurs boucliers faisaient un tel bruit que Cronos ne l’entendait point crier, et au lieu de lui, ce dien avait avalé une pierre enduite de miel et roulée dans une peau de chèvre. D'après une autre tradition , il avait été élevé par les filles du roi de Crète Mélissus, Amalthée et Mélissa, qui le nourrirent du lait de la chèvre Amalthée. 11 grandit rapidement, et dès l’âge d’un an, il était en état de concourir à l'exécution d'un plan conçu par sa mère contre son père. La déesse de la Prudence lui fournit un vomitif, qu’il présenta à Cronos ; et alors celui-ci vomit tous ses enfants, qu’il avait jusque alors avalés, et même la pierre qu’on lui avait fait avaler en dernier lieu, et qu’en souvenir on déposa près de Pytho, au pied du Parnasse. Zeus délivra alors les fils aînés d’Uranus et de Gæa, les Centimanes, quiétaient enchainés dansle Tartare, dont l’entrée était gardée par un énorme dragon, qu’il tua d’après le conseil de Gæa. Armé par leur reconnaissance de la foudre, qui jusque alors était demeurée cachée dans les entrailles de la terre, il détrôna son père, Saturne, qu'il mutila avec le même couteau dont celui-ci s'était servi autrefois pour mutiler Uranus. Mais les Titans ne furent point contents de ce changement de règne, et il surgit alors une guerre de dix ans entre eux et les Cronides et les Centimanes. L'Olympe et l’Othrys furent le théâtre de la lutte. Les Titans Combattaient du haut de la première de ces montagnes, et les nouveaux dieux du haut de la seconde. Ces derniers l’emportèrent enfin , et les Titans furent précipités dans le Tartare.
Devenu ainsi en possession complète dela souveraineté, Zeus partagea par la voie du sort l'empire de son père avec ses frères. Il eut pour lot le ciel et la terre, Neptune l’empire des mers, Pluton le monde souterrain. Mais d’horribles monstres menacèrent encore les nouveaux dieux de leur ruine. Irritée de ce que ses enfants, les Titans, demeurassent plongés dans les ténèbres du lartare, Gæa enfanta des géants qui se révoltèrent contre les nouveaux dieux. Mais, eux aussi, ils furent vaincus avec le concours d’Hercule. De plus en plus courroucée, Gæa enfanta avec le Tartare Typhon, le plus effroyable des monstres, que Jupiter ne vainquit point sans de grandes difficultés. Les dieux lui déférèrent alors solennellement la souveraineté et le reconnurent pour leur roi. Comme souverain de la terre, le genre humain était l’objet de sa sollicitude toute particulière; et il l’extermina complétement, quand il eut reconnu qu’il était devenu corrompu et vicieux. Les Heures et Mercure étaient constamment à ses ordres; Ganyimède lui servait d’échanson ainsi qu'aux autres dieux, après que Hébé eut perdu cette charge. Son palais était situé sur lOlympe. Thémis était assise près de son trône. Il épousa Métis, la plus sage de toutes les déesses. Mais Uranus ef Gæa lui ayant prédit qu’elle mettrait au monde un enfant qui le détrônerait un jour, il la dévora pendant qu’elle était grosse, et enfanta alors de son cerveau Minerve. Sa seconde épouse fut Thémis, de laquelle il eut les Heures et les Parques; et sa trosième, Junon. Ii añma en outre la déesse Dioné, qui le rendit père d’Aphrodite ou Vénus; puis Mnémosyne, de laquelle il eut les neuf Muses, en passant avec elle neuf nuits; Cérès, sa sœur, qu'il rendit mère de Proserpine; Eurynome,la mère des Grâces;Latone, mère d’Apollon et de Diane. Il eut pour mailresses, parmi les mortelles, Danaé, mère de Persée; Niobé, la première mortelle qu'il ait aimée et de laquelle il eut Argus; Maïa, mère de Mercure, et ses sœurs : Taygète, de laquelle il eut Lacédémon, et Électre, qui lui donna Dar-