‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 476 sur 522 · JUNIUS — JUNON · texte numérisé non relu

JUNIUS — JUNON

| sants pour servir de base à une accusation civile ou eriminelle contre Francis. Cependant de très-fortes objections ont aussi été faites contre celte supposition. Dans sou livre inlitulé History of Junius and his Works (Londres, 1844), John Jacques désigne comme le véritable auteur des Zettres de Junius lord Georges Sackville, connu par sa participation à la guerre de sept ans, et corrobore de motifs assez concluants, cette hypothèse, dejà émise avant lui. D’autres, au contraire, veulent que le véritable auteur ne soit autre que Horne Took, parce qu’on prétend qu'à sa mort on trouva dans sa bibliothèque et le manuscrit original des lettres entièrement de son écriture, et les trois exemplaires en question, seuls honoraires que l’auteur ait jamais reçus pour son œuvre. Sir David Brewster croyait avoir découvert le véritable auteur dans un certain Laughn Maclian, Irlando-Écossais, qui fut élu membre du parlement en 1768 dans le comté d’Arundel, puis nommé en 1773 commissaire général des guerres, et qui périt en 1777, dans un naufrage, à son retour des grandes Indes. Cette opinion n’a pas fait fortune; et dans le livre qu’il a tout récemment publié sous le titre de Some facts as Lo the autorship of the Letters of Junius (1850), sir Fortunatus Dwarris a apporté de nouveaux arguments à l'appui de l'opinion de ceax qui en attribuent la paternité à Philipp Francis. Mentionnons ex: te, à titre de simple curiosité, que dans son Junius and ln Works (1851), W. Cramp désigne comme l’auteur des Letires le célèbre lord Chesterfield, qui n’avait pas moins de soixante-quinze ans quand parut la première ; et que tout récemment le Quarterly Review a voulu que ce fût lord Thomas Lyttleton, si fameux par ses prodigalités, qui termina par le suicide, en 1779, une vie passée dans les excès de tous les genres. On voit par tout ce que nous venons de dire que le problème est encore loin aujourd’hui d’être résolu, et que l’é-

| pigraphe latine donnéeraux Lettres de Junius se trouve par- | faitement justifiée : S£at nominis umbra. ‘

JUNON, appelée chez les Grecs Héré, avec Jupiter la plus puissante divinité des Grecs et des Romains, était fille de Saturne (Cronos) et de Rhéa, sœur de Jupiteret en même temps son épouse. L’Arcadie, Argos et Samos se vantaient de lui avoir donné le jour. Suivant Homère, Héré fut élevée par l'Océan et Téthys, suivant d’autres par les Heures. Tous les dieux assistèrent à son mariage avec Jupiter, qui eut lieu dans l'ile de Crète. Au rapport d’Homère, Jupiter l’épousa sans l’aveu de ses parents; des poètes postérieurs disent que ce fut la ruse qui la miten son pouvoir, et que leur mariage eut pour théâtre l’île de Samos. Après lavoir aimée déjà depuis longtemps sans être payé de retour , Jupiter l’aperçutiun jour, comme elle se promenait separée de ses suivantes, et venait de s'asseoir. Aussitôt il envoya un orage pendant lequel il se précipita à ses pieds sous la forme d’un coucou, tout ruisselant de pluie et tremblant de froid. Hérè, compatissante, le recueillit dans son manteau, et alors Jupiter, reprenant sa véritable forme pour jouir de ses embrassements, lui promit le mariage; mais leur union ne fut point heureuse. L’orgueilleuse et jalouse Hérèê ne pouvait s’accommoder des fréquentes infidélités de son époux, qui d’ailleurs la traitait avec une dureté extrême, Un jour qu’il lui était arrivé de précipiter dans l'ile de Cos Hercule , le favori de son époux, Jupiter entra dans une telle colère, qu’il la pendit sur l’Olympe, avec les mains liées et les pieds allourdis par deux enclumes. Lors de la guerre de Troie, comme elle avait endormi Jupiter afin de pouvoir pen: dant ce temps-là procurer la victoire aux Grecs, elle n'échappa pas sans peine à la grêle de coups que, à son reveil, il voulut faire pleuvoir sur elle.

Dans les poëmes les plus anciens, Héré est représentée comme une déesse ennemie d’Hercule , qui dès sa naissance lui voulut du mal, et qui plus tard le contraria dans toutes ses entreprises. Homère généralisa davantage cette idéel, et il fit de Héré une déesse hainense, apparaissant toujours quand il s’agit de faire avorter un dessein, Héré parsécutalt

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