KABYLES — KAÏMAKAN
partie de ses manuscrits, riches en observations d'un haute importance, sont demeurés inédits, et se trouvent au Muséum britannique.
KAFAL. Voyez BALSAMIER.
KAFERISTÂN. Voyez Hinpouxoux.
KAFETAN. Voyez CAFTAN.
KRAFFA ou FÉODOSIA (en tatar Keffé), port franc et chef-lieu de cercle dans le gouvernement russe de la Tauride, sur la côte sud-est de la presqu'ile de Crimée , au fond d’un golfe de la mer Noire et sur le versant d’une montagne, est une belle ville, très-régulièrement construite, où l’on trouve une église grecque et une église catholique, deux synagogues , deux mosquées, une direction de douanes et un établissement de quarantaine, une blibliothèque publique, un musée renfermant les antiquités qu'on a pu recueillir dans les environs, un jardin botanique, un collége, un théâtre grec, quelques fabriques et de 7 à 8,000 habitants. Le port est très-spacieux et profond, et à l'abri de tous les vents , à l'exception de ceux de l’est. La ville de Kaffa était autrefois le centre du commerce que faisaient dans cette contrée les Génois. On y voyait le sel de la Crimée, les pelleteries du Nord, dont elle était alors l’un des grands marchés, les étofles de soie el de coton fabriquées en Perse, les denrées de l’Inde, qui y parvenaïent par Astrakan, et les marchandises de l’Europe, Alors grande et superbe, elle comptait plus 100,000 âmes, et les habitants des ces régions, dans leur admiration, lui donnaient le nom de Xrim-Stamboul ou la Constantinople de Crimée, épithète que sa décadence n’a pas pu faire tout à fait oublier.
Le nom de Feodosia, que lui donnent les Russes, a été emprunté par eux à la grande et célèbre ville de commerce que les Grecs anciens désignaient sous le nom de Theodosia ou Theudosia, colonie milétaine, qui entretenait les relations commerciales les plus suivies avec Athènes, où elle expédiait des grains, des esclaves, du bois de construction, des peaux et du miel, Toutefois, la Théodosia des anciens n’occupait point l'emplacement actuel de Feodosia, et était située un peu plus loin à l’ouest, là où se trouve aujourd’hui le bourg d’Eski ou Starakrim (Vieille Crimée). Cette Théodosia ayant été détruite vers le milieu du deuxième siècle de l'ère chrétienne, fut remplacée par l’ancienne Capha, au voisinage de laquelle s'éleva, en 1266, la nouvelle Capha ou la Caffa des Génois. Elle ne tarda point à devenir un grand et important centre d'activité commerciale, et fut entourée par eux de redoutables travaux de défense ; mais le 4 juin 1465 la trahison la fit tomber au pouvoir du sultan Mahomet II. En 1770 elle fut prise d'assaut par le général russe Dolgoroucki; et en 1774 le gouvernement russe la céda au khan des Tatars, qui y établit sa résidence. Cependant, dès 1783, ce khan était contraint de la rétrocéder avec tous ses États à la Russie, que la paix conclue à Jassy en 1792 en déclara définitivement propriétaire, Depuis lors la décadence de cette ville, déjà commencée sous la domination turque, a toujours été croissant, quoique son port ait été déclaré port franc. Dans ces derniers années elle s'était quelque peu relevée, mais sans ponvoir lutter contre Ker£sc h, qui l'avoisine; et Pinterruption de fout commerce maritime dont la guerre actuelle a été la conséquence immédiate pour les provinces méridionales de la Russie n'aura pu que lui porter un coup fatal,
On appelait autrefois Détroit de Kaffa ou de Feodosia le détroit par lequel la mer Noire communique avec la mer d’Azof, le Bosphore cimmérien des anciens, Mais depuis longtemps on ne le désigne plus que sous le nom de Détroit de Kertsch, à cause de cette ville, autrement popweuse et importante, qui est située sur ses rives, ou encore Détroit de Iénikalé, du nom de la forteresse qui l'avoisine.
KRAFILAH. Voyez CARAVANE.
KAÏMAKAN,KAIM MEKAN, mot arabe, synonyme de fonctionnaire en général, qui est le titre spécial de deux hauts fonctionnaires turcs, le gouverneur de Constanti-
KAÏMAKAN — KALEIDOSCOPE
nople et le lieutenant du grand-vizir, qui l’acccompagne partout afin de pouvoir , en cas d’empêchement , le remplacer.
KAINARDAJT. Voyez Kourcaouk-KAINARDIT.
KRAÏOUR. Voyez Dinemz-KHANIDES.
KAIRE ou CAIRE, la capitale actuelle de l'Égypte, en arabe Masr el Kahirah (la capitale victorieuse). Ce nom de Masr est un terme générique, qui a servi de tout temps à qualifier les capitales égyptiennes. Ainsi, Thèbes et Memphis le portèrent tour à tour, et quand le musulman Amrou, lieutenant d'Omar , eut créé Fostat (la tente), cette ville, improprement appelée le vieux Kaire, fut nommée dans l’origine, Masr-Fostat. La capitale actuelle est à lorient de celle qu'Amrou fondasur la rive droite du Nil; elle se déroule au pied du mont Mokattam, à { kilomètre du fleuve, et sur sa rive gauche. Le sultan ayoubite Saladin, célèbre dans l’histoire de nos croisades, la peupla de monuments et la ceignit de murailles. Ce fut lui qui , en 1166 , fit élever au pied du Mokattam la citadelle qui domine tout le Kaire. Cette citadelle a trois kilomètres de circonférence, et on y monte par deux rampes faillées dans le roc. Là se trouvent une foule de monuments qu'y élevèrent les souverains de PÉgypte, et entre autres le divan des janissaires , le divan et le puits de Joseph (prénom de Salah-ed-Dyn). Le divan de Joseph est une vaste salle où les ayoubites rendaient la justice ; trente-deux colonnes de granit en décorent l’enceinte. Le puits de Joseph, l’un des plus merveilleux de cette époque, sert à pourvoir d’eau la citadelle. Taillé dans le roc vif, sa profondeur est de 83 mètres et sa circonférence de 20. Des bœufs, établis en dehors et dans un plan intérieur , élèvent les eaux au moyen d’une double roue à pots.
Le Kaïre compte 30,000 maisons et 256,700 habitants {1862), dont 175,000 professant l'islamisme, 60, 000 coptes, 4,000 juifs 8,500 Francs et Grecs, et 4,500 coptes, Grecs et Arméniens réunis à la communion romaine ; il a 53 quartiers, 71 portes, 300 mosquées, 45 maisons de bains, des palais, des jardins , des gymnases publics et des bibliothèques. Méhémet-Ali y a créé plusieurs établissements à l’européenne , entre autres des écoles pour la médecine et l’art militaire.
De toutes les mosquées qui décorent la ville, les plus belles sans contredit étaient celles du sultan Hassan, et celle de El-Azar ( des fleurs). Ornées à l’intérieur de sentences tirées du Koran, sculptées et dorées, elles étaient remarquables par la hardiesse de leurs coupoles et l’élévation de leurs minarets. Les minarets sont couronnés de galeries, et c’est de là qu'aux heures de la prière, les mouezzins ou crieurs , rappellent aux pieux musulmans leurs devoirs religieux.
Quoique les rues du Kaire soient en général étroites et tortueuses, on y trouve des places immenses, et avant toutes celle de l’Esbekéih , dont la superficie est à peu près égale à l’intérieur du Champ-de-Mars. Lors de la conquête de l'Égypte par nos armées, c'était sur cette place que Bonaparte avait établi son quartier général. Au mois de sep-
tembre, quand la crue du Nil arrive à son plus haut période, celte place est inondée : on la traverse alors en barque.
Les faubourgs du Kaire sont nombreux et bien peuplés. Les ports de Boulac et du vieux Kaire servent d’entrepôts et de magasins aux marchandises. Douze cents okels, ou enceintes couvertes, sont affectés à cette destination. C’est là que se ne TenE les produits du Delta et de l’Europe, de la Nubie et du Saïd. L’ofel des Francs est le centre d’un beau mouvement commercial.
Les environs du Kaire et surtout les bords du Nil offrent des sites ravissants. Le petit bourg de Gizeh, résidence des anciens beys mamlouks, est une oasis délicieuse, ceinte de vergers et coupée de ruisseaux. L’ile de Roudeh, située en face du vieux Kaire, est remarquable par son mékyrs ou nilomètre, qui sert à mesurer officiellement chaque année la hauteur de {a crue du Nil. Aux environs du Kaire, et à 12 kilom. de distance, sur la rive droite du Nil, se
DICT, DE LA CONVERS, — T, Xl;
groupent les célèbres pyramides d'Égypte, créations colossales et mystérieuses. D'après les observations précises de l’astronome Nouet, le Kaire est situé par 30° 2 21” de latitude nord, et 28° 58 30" de longitude est. Le climat y est peu variable; l'hiver s’y fait à peine sentir : les pluies y sont rares. La température moyenne en été est de 22°, 4 en deg. centigrades. La ville a près de 24,000 mètres de circonférence. C’est l’un des grands centres de la science et de l’art arabes, le rendez-vous des nations et des races les plus diverses, et peut-être la ville la plus remarquable de tout l'Orient. Louis ReyBAu», de l’Institut.
KRAIRE (Révolte du). Le 20 tnars 1800, une révolte dans la ville de Boulac éclata au moment où les Français combattaient contre les Ottomans à Hélicpolis Les habitants sortirent spontanément de leurs murs, munis d'armes qu'ils avaient cachées, et attaquèrent avec fureur le fort Camin, qui m'avait qu’une poignée de braves. Le commandant fit canonner les assaillants qui, malgré leur nombre, furent bientôt dissipés. Cependant, de quelque côté que les Français se présentassent pour entrer dans la ville, les habitants les recevaient à coups de fusil. Des beys et presque tous les chefs de l’ancien gouvernement entraient en même temps au Kaire, et venaient répandre parmi le peuple le faux bruit de l’entière destruction des Français. Le général Kléber, partout victorieux, instruit des mouvements séditieux qu’ils étaient parvenus à susciter, et voulant arrêter à leur principe ces troubles naïssants, envoya successivement les généraux Lagrange et Friant pour reconnaître et contenir les rebelles. Les Français durent d’abord temporiser pour achever la conquête du pays. Enfin, Boulac fut sommé de se rendre le 14 avril : les habitants répondirent qu’ils se défendraient jusqu’à la mort. Le lendemaio, à la pointe du jour, Boulac fut cerné par le général Friant. Avant de livrer la ville au désordre d’une place prise d’assaut, on la bombarda à outrance pour essayer immédiatement après d’une seconde sommation. Les habitants de Boulac répondirent par un feu très-vif, lancé des mai: sons et des créneaux des barricades qui fermaient toutes les issues. Pour vaincre cette obstination, le canon battit en brèche, et la charge se fit entendre. La plupart des retranchements furent emportés à la fois et d'assaut : quelquesuns résistaient encore, et l'ennemi s’y défendait avec la plus grande opiniâtreté. On combattait de maison en maison. Les soldats français, ne voyant d'autre moyen de les réduire que l’incendie, embrasent toutes celles qu’ils ne peuvent soumetire. Des cris de fureur et de désespoir se font entendre de toutes parts. Le général français profite de cet état de désolation pour offrir encore un pardon, qui est repoussé ; le sang coule de nouveau, le sac recommence, et une grande partie de cette populeuse cité est livrée aux flammes. C’est au moment ou elle n’offre presque plus qu’un monceau de cendres que les vaincus se décident enfin à venir implorer les vainqueurs : les chefs, admis en présence du général Friant, lui font leur soumission. Au même instant les désordres sont arrêtés, les hostilités ont cessé, le pardon est proclamé, et la seule punition imposée à leur révolte est une contribution de 12 millions, à prendre dans les coffres des riches négociants du Kaire et de Boulac.
KRAISARIEH. Voyez CÉSARÉE.
KAKATOËS. Voyez CacAroës.
RARERLAC (Entomologie). Voyez BLATTE.
RARERLARS (Zlhnographie). Voyez ALBiNos.
KRAKRHETH ou KACHETH. Voyez GÉORGIE.
RALAMATA. Voyez CALAMATA.
RALAVRYTA. Voyez CALAVRYTA.
KALÉIDOSCOPE (de x«6ç, beau; io, forme :
oxotéw , je regarde), instrument fondé sur la théorie de la réflexion de la lumière. Dans le kaléidoscope, deux lames de verre couvertes d’un vernis noir à leur seconde surface forment ensemble un angle d'environ 45 degrés, et sont maintenues fixément dans cette position. Pour éviter toute réflexion inutile de luæière, qui diminuerait l'effet
cherché, les glaces sont renfermées dans un cylindre opaque, noirci intérieurement. A l’une des extrémités se trouve un obturateur percé à son centre d’une ouverture d’un petit diamètre servant d’oculaire ; à l’autre, une capacité fermée à l'intérieur par une lame de verre transparente , et à l’extérieur par une lame de verre dépoli, destinée à répandre uniformément la lumière, Dans cette capacité, on place divers objets, comme de petits fragments de verres colorés, de petites feuilles de végétaux, de petits morceaux de dentelles, etc. Quand on place linstrument dans une direction oresque horizontale, en tournant l'extrémité du côté de la lumière, et qu’on regarde par l’oculaire, quelques-uns des objets renfermés dans la capacité extrême viennent peindre une image sur l’un des miroirs : cette image, réfléchie sur le second, y peint une image semblable, qui vient à son {our produire une troisième sur le premier verre, et ainsi de suite, de sorte que l’on aperçoit huit ou dix images du même objet, qui représentent divers dessins; comme la plus petite agitation de l'instrument déplace les objets renfermés dans la caisse vitrée, la multiplicité et la variété des dessins n’a pour ainsi dire aucune limite, mais aussi on peut à peine espérer de reproduire l’un quelconque de ceux que l’on a obtenus.
On a cherché à modifier le kaléidoscope de manière à Ini donner la propriété de reproduire des images données, mais l'instrument a peu gagné sous le rapport de l'agrément, et perdu au contraire sous celui de la simplicité.