H. GAULTIER DE CLAUBRY
Le kaléidoscope, inventé en 1817 par l’Écossais Brewster, fit fureur à Paris : pendant trois ou quatre ans, tout le monde avait son kaléidoscope ; on en portait à la promenade! Cet engouement cessa pourtant. Mais le kaléidoscope n’est pas simplement un jouet d’enfant : les dessinateurs en broderies, toiles imprimées, en font usage comme d’un producteur de figures modèles qu'ils peuvent varier à Pinfini.
TEYSSÈDRE
KRALENDER. Voyez CALENDER.
KRALEVALA, c’est-à-dire Pays de Kaleva, la Finlande. Tel est le titre de lagrande-épopée nationale des Finnois. Elle comprend un grand nombre de chants (runes), composés chacun de 200 à 700 vers de huit syllabes. Ces runes, conservés uniquement en Karélie pendant des siècles par la tradition orale du peuple finnois et de ses poëtes, avaient déjà paru par fragements au siècle dernier et au commencement de celui-ci; mais ils ne furent réunis et complétement mis en ordre qu’en {835 par Lœnnrot, qui leur donna le premier le titre général de Kalevala, et qui en a fait paraître, en{849, une seconde édition, contenant 22,800 vers en 50 runes. Nous en avons une traduction française par M. Léouzon- Leduc, Cette épopée, riche en épisodes de la nature la plus diverse, a pour sujet les guerres des habitants du pays de Kaleva et des Pohjolas, c’est-à-dire des Finnois et des La-
ons.
+ KALIDASAS, le plus distingué des poëtes de l'Inde, vivait, dit-on, vers la fin du premier siècle de l’èrechrétienne, à la cour du roi Vikramädija. Le plus remarquable de ses poëmes est son drame Sakountala, qui le place au rang des plus grands poëtes de tous les temps. Il a été traduit en anglais par Jones (Calcutta, 1789) et publié en français, avec le texte sanscrit en regard, par Chézy. Indépendamment de ce chef-d'œuvre, nous possédons encore de Kalidasas deux pièces de théâtre : Vikramorvsi, ouvrage riche en beautés poétiques, et une comédie d’intrigue Malavika et Agnimitra. Les deux poëmes épiques Raghou-vansa, histoire mythique des ansiens souverains d’Ayodhya (publiée par Stenzler, Londres, 1838), et Koumahra-Sambahva (la Naissance du dieu de la guerre), malgrétoutes leurs beautés de détail, sont au total fades et froids. Parmi ses poésies purement lyriques on distingue plus particulièrement Megha-duta, c'est-à-dire le Messager des nuages, plainte d’un amant éconduit, œuvre pleine de sensibilité et de douces descriptions de la nature (traduit librement en anglais, par Wilson, Calcutta, 1813),