‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 501 sur 522 · KAMA — KAMTSCHATKA · texte numérisé non relu

KAMA — KAMTSCHATKA

Tschoussowaja et la Bjelaja, et traverse, surtont à partir des limites des gouvernements de Wjætka et d’Orenburg, une contrée d’une remarquable fécondité. De riches bourgs et villages, et une foule de grandes et petites villes, nommément Perm, Ochansk, Ossa, Kama, Sahiegalowo, Sarapoul, Tschistopol et Laïschef, situées sur ses rives, témoignent de son importance commerciale.

KAMBODGE ou KAMBOYE. Voyez CAMBODGE.

KAMENEZ ou KAMINIEC PODOLSK, chef-lieu du gouvernement de Podolie, s'est considérablement accrue depus qu'elle est placée sous le sceptre russe, et compte aujourd’hui 20,699 habitants (1863). On la divise en haute et basse ville, D’agréables promenades, pour la plupart étabhes sur l'emplacement des fortifications , rasées depuis 1812, entourent la ville. C’est seulement dans la ville basse que se trouvent quelques belles rues garnies de maisons bien construites. La ville haute est étroite, tortueuse, et n'a rien qui annonce le chef-lieu d'une province. Kamenez est le siége d’un évêque grec et d’un évêque catholique, et autrefois ily résidait également un évêque arménien. Elle possède un gymnase. Le commerce, qui se borne à peu près au détail, y est en grande partie entre les mains des juifs. La grande distance où cette ville se trouve de Saint-Pétersbourg et de Moscou et le manque de bonnes routes rendent difficiles ses relations, qui se bornent à peu près aux villes de la Russie nouvelle ou méridionale. Kamenez était autrefois la principale forteresse de la Pologne, et elle servait de refuge aux habitants de toute la contrée lors des invasions des Tatares ou des Kosacks.

RAMEOTH , mot hébreu, qui revient souvent dans la cabale et qui signifieamulette.

KRAMICHI, genre d'oiseaux de l’ordre des échassiers, qui ont quelques rapports de mœurs avec les gallinacées ; ce genre renferme deux espèces , qui, en outre de leurs caractères communs, ont leurs ailes armées d’aiguillons ou éperons, qui, dit-on, servent aux mâles d'armes offensives pendant leurs luttes ou combats entre eux à l’époque de la saison des amours. De ces deux espèces, l’une est le kÆamichi cornu (palamedea cornuta, Linné), et l’autre le kamichi chaia (palamedea chavaria, Temmink). Les kamichis se nourrissent de substances végétales et paissent, comme l’oie, l’herbe tendre. Ces oïseaux habitent le Brésil et la Guyane. La chair des jeunes kamichis, quoique noire, est bonne à manger. L. LAURENT.

KRAMIESCH, petit port de la mer Noire, situé en Crimée, à environ 10 kilomèlres au sud de Sébastopol, restera célèbre dans l’histoire de la guerre dont l’Orient est en ce moment le théâtre, parce qu'il servit de point de débarquement et de mouillage, ainsi que de place d'armes, à la flotte française qui prit part au siége de Sébastopol. La flotte anglaise s'était établie à Balaclava. La baie de Kamiesch, qui s'enfonce dans les terres presque parallèlement à celle de Sébastopol, contint à certains moments plus de 300 bâtiments de transport à la fois. Le mouillage des bateaux à vapeur était établi vers le milieu, et à l'entrée étaient ancrésles vaisseaux de guerre à voiles, tandis queles vaisseaux et les frégates à vapeur faisaient sentinelle en dehors, tout le long des côtes et devant Sébastopol. Trois mois après le débarquement de l’armée française sur ce point dela Crimée, l'aspect en était complétement changé. Une route en pierre de 20 kilomètres de longueur reliait le fort de Balaclava à celui de Kamiesch; de toutes parts s’élevaient des constructions nouvelles, et la ville avait pris une physionomie toute francaise. Elle a été entourée de fortifications.

KAMP. Voyez CAMPERDUIN,

KHAMPEN. Voyez CAMPEN.

: KAMTSCHADALES ou ITELMEN, comme ils s’appellent eux-mêmes, c'est-à-dire les habitants. C’est le nom qu’on donne au petit nombre d'habitants du Kamtschatka et d’une partie des îlesKouriles, qui ont survécu aux luttes sanglantes contre les Russes, aux ravages de la petite vérole et à l’usage immodéré de l’eau-de-vic. Ces populations,

qu'on évaluait ily a un siècle à près de 100,000 âmes, présentent à peine aujourd’hui un effectif de 20,000 âmes. Ce sont de celles dont on peut dire qu’on les soumet par le sabre, qu’on les baptise dans le sang, qu'on retient constarnment dans les liens de l'esclavage, et qui n’ont gagné à changer de maitres que l'esprit de révolte, des maladies qui leur étaient jusque alors inconnues, et avec la religion nouvelle qu’on leur a imposée, ou des discordes religieuses ou de l'hypocrisie. Aujourd’hui encore la plupart des Kamtschadales penchent pour le culte de Schamän, 11s sont bons et hospitaliers, quoique presque constamment dans un élat. d'irritation ou de fièvre. La chasse et la pêche constituent leurs principales occupations, et en hiver ils se renferment dans leurs jurtes souterraines, où habitent d'ordinaire cinq ou six familles. Ils se vêtissent de peaux de renne, se nourrissent de gibier salé, de graisse de chien marin, de pain d’écorce d’arbre, entretenant constamment de grands feux, s’égayant par des danses et des sortiléges, et ne se souciant guère de la neige, qui souvent couvre leur hutte jusqu’au tuyau de la cheminée. Leurs habitations d'été sont soutenues en l’air par des poteaux de bois, et on n’y parvient qu’en grimpant. Les femmes seules s'occupent des soins du ménage et des travaux de culture, qui ont pour objet les pommes de terre, les choux et les raves. Leur été qui est court, mais brûlant, permet à l’orge et même aux concombres de mürir.

Les Kamtschadales n’ont point d'animaux domestiques. Depuis 1820 on a bien introduit parmi eux quelques cochons et quelques poules ; maïs le chien, qui leur sert en hiver à traîner leurs traîneaux, et qui en été erre çà et là et doit pourvoir lui-même à sa subsistance, est toujours à leurs yeux l’animal par excellence.

RAMTSCHATRKA, presqu'ile d’origine volcanique et

“traversée par de hautes montagnes, située à l'extrémité nord-

est de l’Asie, que les Kosacks soumirentetrendirent tributaire de la couronne de Russie; ce qui amera de sanglantes luttes entre les populations aborigènes, fort attachées à leur indépendance, les Kamtschadales, et les dominateurs étrangers. Son étendue est de 2,800 myriamètres carrés, sa longueur de 126 myriamètres ; sa largeur moyenne de 35 myriamètres ; et elle est entourée à l’est par la mer du Kamtschatka et une partie de la mer de Bebring, à l’ouest par la mer d’Ochotsk. Au sud elle se continue dans les îles Kouriles, qui à leur tour se rattachent au Japon et à la Corée, de sorte qu’on peut admettre que la mer d’Ochotsk et la mer du Japon étaient autrefois une terre qui tenait au continent asiatique avec les iles que nous venons de nommer. La presqu'ile est presque entièrement couverte par une chaîne de montagnes connues sous le nom de Montagnes du Kamtschatka. La côte orientale est entourée d’une double rangée de volcans en activité, commençant non loin du Cap Lopatka, qui en forme l'extrémité sud, et se prolongeant presque jusqu’au 57° de latitude nord. Parmi les 21 cônes volcaniques qu’on y compte, l’Awatscha atteint une altitude de 2,733 mètres et le Klioutschi ou Kamtschatskaja-Scopa 4,934 mètres. Beaucoup d’autres ont de 2,000 à 3,300 mètres, et il en est peu qui restent au-dessous des limites des neiges éternelles, lesquelles ici varient entre 1,600 et 1,800 mètres. A peu près vers son centre la péninsule est traversée par une troisième chaîne parallèle, qui se compose en grande partie de volcans éteints, et n’a en général que la hauteur moyenne des montagnes, bien que ses sommets atteignent aussi ici la limite des neiges. Le côté occidental de la presqu’ile est plus plat, et traversé seulement par une suite de collines et de montagnes peu élevées. La situation favorable du Kamtschatka entre les possessions russes de l’Asie et de l'Amérique du Nord y a provoqué la création d’un grand nombre d'établissements et de colonies, parmi lesquels il faut citer les ports de Penschinsk, de Tigilsk, et de Bolscheretsk, sur la côte occidentale de la baie d'Awatscha, mais surtout celui de Nischnei-Kamtschatsk ou Petropawlosk, sur la côte orientale de la même baie, principal entrepôt de la

société de commerce russo-américaine , admirablement organisé par Krusenstern.

Petr opawlosk, appelé aussi Peterpaulshafen ou encore Awatscha, peut être considéré comme le chef-lieu du Kamts chatska. On y compte près de 4,000 habitants. Une attaque dirigée contre cette place en août 1854 par une escadre anglo-française échoua, et le seul dommage qui en résulta pour les Russes fut la perte de quelques bâtiments incen diés par les bombes de l'ennemi; mais le 30 mai 1855 des vaisseaux alliés s’étant représentés devant cette ville, ils la trouvèrent complétement abandonnée. Le contre-amiral <ruce fit détruire les batteries ainsi qu'un baleinier russe qui

3e trouvait dans le port. Consultez les Voyages de Krusensiern, de Kotzebue, de Chamisso, d’Erman, de Dobbell, etc.

RANARIS (Coxsranrin), célèbre marin grec, né en 1790 dans l’île d’Ipsara. Simple capitaine d’un pelil na-vire marchand au moment où éclata l'insurrection des Grecs, il avait dès 1822 rendu son nom européen par l’intrépidité avec laquelle, dans la nuit du 18 au 19 juin, il était parvenu à incendier une partie de la flotte turque dans les eaux du canal de Chios, et le 19 novembre dans la rade d2 Ténédos. En 1824 il brûla en vue de Simos une frégate, et au mois d'octobre de la même année une corvettedansle port de Métylène. Il servit ensuite, comme conducteur de brûlots et avec le grade de capitaine, sous les ordresde Miaulis. En 1825 il conçut l’audacieux projet d’aller incendier dans le port même d'Alexandrie la flotte égyptienne, qui se disposait à prendre les troupes que Méhémet-Ali envoyait en Morée. Mais cette tentative, qui ut lieu le 4 août, échoua , parce qu'un vent contraire repoussa les brûlots lancés par Kanaris contre la flotte légyplienne, de sorte qu’ils brûlèrent en pleine mer sans ‘faire aucun mal à l'ennemi. L'année suivante il futchargé du commandement de la frégate lHellus, et en 1827 il représenta Ispara à l'assemblée nationale grecque. Après son arrivéeen Grèce, Ca po d'IstrianommaKanariscommandant de Monembasia, etillui confia plus tard le commandement d’une flotte de guerre. Fidèle partisan de Capo d’Istria, Kanaris, quand celui-ci eut périviciimed'unassas. sinat, se retira des affaires, et vint s'établir à Syra; mais plus tard il rentra au service de sa patrie avec le grade de capitaine de vaisseau. De 1848 à 1849 il remplit les fonctions de ministre de la marine, el fut président du conseil. Redevenu ministre de la marine le 26 mai 1854, il donna sa démission au mois de mai 1855. Dès lors il fut regardé conme le chef de l'opposition. Après avoir refusé, en 1861, une pens on de 12,000 fr. qui avait été votée par les chambres, ainsi que le grade de vice-amiral, il fut appelé à composer un nouveau cabinet (janvier 1862), et ne parvint pas à le faire agréer au roi Othon. Ce futlà un des motifs de l'insurrection populaire qui amena l’expulsion de ce prince. Plus influent que jamais, Kanaris fit part e du gouvernement provisoire , et sous le nouveau rèune il présida le conseil des ministres (1864), puis occupa le ministère de la marine en 1865.

KANDAHAR , khanat de l'Afghanistan, borné au sud par le Beloudschistan, à l’ouest par le désert de l'Iran intérieur, au nord et à l’est par le Kaboulistan , n’est fertile que dans les vallées de sa moitié orientale, contrée montagneuse, mais bien arrosée. Le plus grand nombre et les plus importants de ses cours d’eau, l'Hilmend avec ses affluents, le Kaschroud, l’Arghandab, le Tarnak et la Lora, tarissent quand ils arrivent dans sa moitié occidentale , pays plat , au total extrêmement aride et sablonneux, et finissant par n'être plus qu'un désert, Indépendamment des habilants aborigènes, les Tadjiks, et des conquérants, les Afghans, on y trouve aussi des Beloutches et des Kissilbasches. Le Kandahar, autrefois siége principal des Durânis, continue loujours à former un royaume, plus ou moins indépendant du Kaboul, et gouverné par des princes indigènes depuis que les Anglais l'ont également.évacué.

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