KEHL
un immense succès. Les autres roles les plus orillants de son répertoire élaient ceux de Richard Il, d'Ofhello, de Macbeth et de Jago; en 1820 et 1821 il parcourut l’Amérique du Nord en y donnant des représentations qui furent extrêémement suivies. Il réussit moins dans une seconde tournée qu’il ÿ entreprit, en 1825; mais l'accueil qui lui fut fait en 1828 à Paris, où pendant une saison d'été une troupe anglaise donna des représentations que la mode prit immédiatement sous son patronage, porta sa réputation à son apogée. Malheureusement il avait fini par s’adonner à l'ivrognerie, et il mourut le 15 mai 1833, à Richmond, dans toute la force de l’âge et du talent. En 1829 il avait joué pendant quelque temps à Covent-Garden, mais pour revenir bientôt après à Drury-Lane.
KEAN (Cuarzes), fils du précédent, s’est aussi fait un nom comme acteur. Il joua d’abord sur le théâtre d’Hay- Market , fit ensuite une tournée sur le continent, et en 1839 s’en alla de l’autre coté de l'Atlantique, où il obtint de grands succè:, surtout dans le rôle de Walter,du Hunchback de Sh. Kiowles. Revenu en Angleterre en 1841, il y épousa la charmante actrice Ellen Tree, avec laquelle il visita de nouveau les États-Unis, ainsi que Paris. Après avoir été directeur du Princess-Theatie, à Londres, il alla faire un dernier voyage en Amérique, et passa ensuite en Australie. Il est mort, le 22 janvier 1868, à Londres.
RECSREMET , le plus grand bourg de la Hongrie, dans le comitat de Pesth, bâti au milieu de la lande du même nom, est, en raison de sa vaste étendue, du dédale de ses ruelles, du peu d’élévation de ses édifices publics, et de ses maisons, isolées et dispersées au hasard, le type de la véritable bourgade magyare. En fait d’édifices publics, les plus remarquables sont l’église catholique avec ses tours hautes et grêles, le collége réformé et le gymnase catholique. La population dépasse le chiffre de 41,000 âmes ; elle est complétement de race magyare, et, sauf quelques catholiques et un petit nombre de juifs, appartient tout entière à la communion réformée. Les habitants se livrent bien à la culture des céréales et de la vigne, autant du moins que le permet la nature sablonneuse de leurs terres, mais leurs principales ressources consistent dans l’élève des moutons, des bœufs, des chevaux et des porcs; et les produits de cette industrie toute spéciale s'écoulent avantageusement au moyen de cinq grandes foires annuelles qui se tiennent à Kecskemét. On vient des contrées les plus lointaines surtout à celle qui a lieu au mois de juin; elle dure quinze jours, et il s’y fait d'immenses affaires en bestiaux. Non moins industrieuse, la partie féminine de la population de Kecskemét fait aussi avec Pesth, qui est à une distance de 70 kilomètres, un commerce des plus actifs en provisions alimentaires
REEPSARE (que l'on prononce kipseck), est un terme récemment emprunté à la langue anglaise; il désigne ces jolis volumes que recommandent, comme présents du jour &e lan, la beauté de leurs gravures et l'exécution soignée de leur typographie, auxquelles se joint, au gré du donateur, le plus ou moins de luxe des reliures. Les deux mots dont on a composé celui de keepsake indiquent que c’est un livre qu’il faut garder (keep) avec affection (sake). Le mot et la chose ont été importés chez nous il y a quelques années. Quant à la dernière, le fait est que nous la possédiong déjà sous d’autres noms. C’est un de nos écrivains roman tiques, Frédéric Soulié , qui publia en France le premier keepsake, sous ce nom britannique, naturalisé depuis parmi nous.
Le landscape (vues de paysages) est une variété du keepsake, également transportée chez nous de l’autre bord de la Manche, et qu’on y a assez bien accueillie, avec moins de faveur toutefois que dans la Grande-Bretagne, où le goût et le séjour de la campagne font partie intégrante des mœurs nationales. OURRY.
REHL, ville située dans le cercle central du Rhin (grand-duché de Bade), au confluent de la Kinzig dans le
Rhin, qu'on y traverse sur un pont conduisant à Strasbourg, situé à 2 kilomètres de là, était jadis une place forte importante, et compte encore (en 1864) près de 1,400 ct méme 4,524 habitants, en y comprenant un bourg de même nom, qu'on peut considérer comme en étant le faubourg. Bätie vers la fin du dix-septième siècle, par les Français, pour servir de point d'appui aux conquêtes que Louis XIV médiait sur la rive droite du Rhin, la paix de Ryswick lattribua en 1697 au margrave de Bade, sous la réserve, en faveur de l’empereur et de l'Empire, d’y entretenir garnison. Démantelée vers le milieu du dix-huitième siècle, Kehl est devenue une ville manufacturière et commerçante d’une certaine importance. Beaumarchais y établit une imprimerie, des presses de laquelle sortit une édition complète des œuvres de Voltaire, longtemps célèbre, et quelques autres ouvrages de luxe.
Kehl depuis cette époque a été assiégée à plusieurs reprises, et notamment en 1796. Trois fois elle a été détruite par des incendies, et elle a successivement appartenu à l'Allemagne et à la France. En 1808 Napoléon la comprit dans le département du Bas-Rhin; mais en 1814 la coalition la restitua au grand-duché de Bade, et l’année suivante ses for-
tifications furent rasées. Lors du siége de Strasbourg par l’armée allemande (1870), elle eut beaucoup à souffrir du tir de la place,
KREITH (Grorces), né en 1685, à Kinkardine, en Écosse, et ordinairement désigné sous le nom de mylord Maréchal, parce que la dignité de grand-maréchal du royaume d'Écosse étant héréditaire dans sa famille, il ajoutait, comme chef de sa maison, cette qualification à son titre de lord de Kinkardine et d’Altree, se consacra très-jeune encore à l’état militaire, et servit dès l’année 1712 sous les ordres de Marlborough avec le grade de premier brigadier. A la mort de la reine Anne, il se déclara en faveur du prétendant , s’efforça de le faire proclamer roi à Londres, et obtint pour lui, en 1715 , l’appui de la France et de l’Espagne. Après la bataille de Preston, il fut mis hors la loi, et condamné à mort par le parlement comme jacobite. 11 erra alors pendant six mois dans les montagnes de l'Écosse, parvint à s'échapper sur le continent, et alla servir le roi d’Espagne. Plus tard, il résida longtemps à Rome auprès du prétendant, qui l’employa dans une foule de négociations, dont par la suite il détruisit toutes traces en livrant au feu les diverses pièces qui y avaient trait. Après être allé encore à deux reprises en Espagne, il revint se fixer à Berlin auprès de son frère. Frédéric le Grand le nomma gouverneur de Neufchâtel, et plus tard son ambassadeur à Madrid. Mais , fatigué des agitations de la vie publique, il revint de nouveau à Berlin, où il continua de résider jusqu’au moment où, grâce aux bons offices du roi, il obtint du gouvernement anglais la restitution de ses biens et dignités. Il ne fit toutefois qu’un court séjour en Écosse, revint encore en Prusse, et mourut près de Potsdam, le 25 mai 1778. On consultera avec fruit l’Éloge de mylord Maréchal, par D’Alembert (Berlin, 1779 ).
KEITH (James), feld-maréchal prussien, frère du précédent, né en 169€, à Freteressa, manoir de sa famille situé dans le comté de Kinkardine, était destiné à la carrière de la magistrature ; mais il mit à profit les troubles jacobites qui éclatèrent en Écosse en 1715 et 1716 pour s'engager comme protestant dans les troupes de Georges 1°". Victime de quelques passe-droits, à cause de ses opinions tories, il se jeta de dépit dans le parti du prétendant, et fut blessé à la bataille de Sherifmuir, Quand la cause du prétendant fut perdue sans ressources, James Keith, dont les terres avaient été confisquées, se retira en France, où, sous la direction de Maupertuis, il se livra avec tant de succès à l'étude des mathématiques, que l’Académie des Sciences l’admit au nombre de ses membres, Toujours dévoué à la cause des Stuarts, il consentit à se rendre en Espagne pour prendre part aux entreprises audacieuses méditées par Alberoni en faveur du prétendant. Toutefois , il ne fut point d’a-