KAUNITZ
unediscrétion qui le rendait impénétrable. Pendant longtemps on le considéra comme l’oracle de la diplomatie, et il exerçait une telle influence sur la direction générale des affaires qu’on l'avait surnommé par plaisanterie Le cocher de l'Europe. Cependant , malgré toute sa finesse et toute sa supériorité, sa politique était quelquefois par trop subtile, et manquait son but. Ilne voyait que l'intérêt de la maison d’Auwiche, et oubliait trop que la politique d’un empereur d’AIlemagne devait être une politique allemande. 1 avait pour la Prusse la même aversion que Marie-Thérèse, aversion fondée un peu sur des rancunes personnelles, provenant de ce que, en prenant possession de la Frise orientale, Frédéric L avait repoussé les prétentions qu’il élevait comme héritier de quelques domaines situés dans cette province ; quant aux affaires d'Allemagne , il les traitait par dessous jambes, en vrai diplomate de l’école française, jouant un jeu double et souvent ridicule, par exemple lorsqu'il cherchait à s’appuyer sur l'intérêt religieux. C’est très-certainement lui qui eut la première idée du partage de la Pologne. Il prit aussi une part des plus actives aux essais de réforme religieuse de Joseph IX : à Rome, on en fit même peser uniquement sur lui la responsabilité ; aussi ne l’y désignait-on jamais que sous le nom de il ministro eretico. Lors de son séjour à Vienne, Pie VI, pour lui témoigner combien il l'avait en estime particulière, Jui ayant présenté à baiser non pas le revers, mais la paume de sa main, Kaunitz refusa de se plier à cette exigence de Vétiquette, et se contenta de presser la main du souverain pontife à la bonne franquette, comme on dit vulgairement. Son amour-propre et sa vanité étaient extrêmes, et sa formule ordinaire, quand il voulait louer quelqu’un sans réserve, était : Mon Dieu, je n’aurais pas mieux fait moi-même! Il redoutait à l’excès le grand air, et ne s’y exposait jamais. Il portait constamment les uns par-dessus les autres six vêtements différents, dont l'épaisseur était savamment calculée d’après la température au milieu de laquelle il se trouvait. C’est uniquement de Paris qu’il faisait venir tous ses objets de toilette, son linge, ses habits, ses montres, ses meubles, ses équipages, etc. Il parlait avec une grande facilité les langues française, italienne, latine et anglaise, et se montrait le protecteur généreux des sciences, des arts et des lettres. Autant il était cérémonieux et roide avec les hommes de son rang, autant il était affable et bienveillant avec ses inférieurs.
Un général autrichien du nom de Kaunilz commandait un corps d'armée à la bataille de Fleurus en 1794.
KA WI ou KAVI. Voyez INDIENNES (Langues ) et Java.
RAZAN. Voyez Kasan. -
RCHATRYAS. Voyez CHATRIAS.
REAN (Epmono), après Garrick et Kemble le comédien le plus distingué qu'’ait eu l'Angleterre , né en 1787, à Zondres, était fils d’Aaron Kean, frère du fameux ventri- Joque Moïse Kean et de la fille de Georges Carey, qui a laissé une certaine réputation comme poëte. Cependant, il se prétendait issu d’un mariage de la main gauche conclu par le duc de Norfolk (mort en 1815). Quoique petit et contrefait, il parut avec succès comme figurant, dès l’âge de cinq ans, Sur le théâtre de Drury-Lane, Plus tard il s’enfuit de chez sa mère, puis s’engagea comme mousse à bord d'un bâtiment faisant voile pour Madère. Quand cette nouvelle carrière cessa d’avoir des charmes pour lui, il parvint à rompre son engagement en simulant une surdité toujours croissante. Revenu à Londres, il fut engagé pour jouer le rôle d’un singe à la foire de la Saint-Barthélemy, puis dans un théâtre de faubourg, où il s’acquitta avec bonheur du rôle de Rolla, dans le Pizarro de Sheridan ; ensuite sous le nom de Carey, il fit partie d’une troupe qui exploitait le Yorkshire , et quoique âgé seulement de treize ans, il s’y fit remarquer dans les rôles d’Hamlet et dans celui de Caton. En 1801, le docteur Drury le placa au collége d’Eton. Mais habitué à la vie nomade et indépendante, il ne resta que trois ans dans cette école, et courut ensuite les provinces comme comédien ambulant jusqu’en 1814, époque où il débuta dans le rôle de Shylock, sur la scène de Londres, avec