‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 510 sur 522 · KEITH — KELLERMANN · texte numérisé non relu

KEITH — KELLERMANN

tille française réunie à Boulogne. En 1805 on le nomma | que 10,000 hommes à leur opposer : il parvint cependant,

amiral du pavillon blanc, et en 1814 il fut créé vicomte. En sa qualité de commandant de la flotte du canal, ce fut à lui qu'échut la mission d’escorter Napoléon jusqu’à Sainte-Hélène. II mourut le 10 mars 1823, à Tullialanhouse.

RELLER (JEan-Bazrnazar), dont le nom restera toujours lié au souvenir des magnificences de Versailles, était né à Zurich, en 1638. Il commença par être orfèvre, et déjà il devenait habile dans cet art, lorsqu'il fut appelé à Paris par son frère Jean-Jacques KeLLer, homme industrieux qui était alors fondeur de canons. Les deux frères Keller ne tardèrent pas à s’associer : ils travaillèrent longtemps ensemble. Balthazar parait cependant s'être plus spécialement occupé de la fonte des statues et des ouvrages d’art. Lorsque Louis XIV entreprit la décoration des jardins de Versailles, c'est lui qui fut chargé de couler en bronze les figures les plus importantes : c’est ainsi qu’il a successivement fondu, d’après l'antique, l’'Antinots, V'Apollon, le Bacchus et le Silène qui ornent le grand perron du château. Les statues couchées des fleuves et des rivières qui décorent le parterre d’eau, sont aussi sorties des ateliers de Keller ; maïs les groupes d’enfants qui entourent les bassins sont de Roger et d’Aubry. On doit encore à Keller les animaux de la fontaine de Diane et du Point-du- Jour, dont les modèles lui avaient été fournis par Raon, Vanclève et Houzeau. A Paris, Keller avait fondu, sous la direction de Girardon, et d’un seul jet, la statue équestre de Louis XIV qu'on voyait à la place Vendôme avant 1792. Enfin, tout le monde a admiré dans le jardin des Tuileries Le Rémouleur (1688), et la Vénus accroupie, œuvres de l’exécution la plus savante et la plus parfaite. Balthazar Keller fut nommé, en 1697, commissaire général des fontes de l'artillerie de France et inspecteur de l'arsenal. Il mourut à Paris, en 1702. Le portrait de Keller a été peint, en 1693, par Rigaux et gravé par P. Drevet. On en conserve l'original au musée de Versailles. Malgré les progrès de l’industrie moderne , l’art français gardera pieusement le souvenir de cet artiste, qui dans un temps où les procédés matériels de la fonte étaient mal connus a su obtenir des résultats dont la pureté est difficilement surpassée aujourd'hui. Paul MANTz.

RELLERMANN (François -'CgrisToOPHE), duc DE VALMY, pair et maréchal de France, appartenait à une famille nobiliaire d’origine saxonne, qui, dans le seizième siècle, vint à s'établir à Strasbourg, alors ville impériale libre. Son bisaïeul avait été président de la chambre des Treize et prévôt des marchands de cette cité. Le maréchal y naquit, le 25 mai 1735. Après quelques études préliminaires, il entra au service, en 1750, en qualité de cadet, dans le régiment de Lowendahl, et trois ans après il passa enseigne au régiment de royal-Bavière. En 1756 il obtint une lieutenance dans les volontaires d'Alsace, et fit avec ce corps la guerre de sept ans. Sa brillante conduite et ses talents militaires lui valurent, en 1758, le grade de capitaine dans un régiment de dragons. Il se signala durant les campagnes de 1760 à 1762, notamment à la bataille de Friedberg. Enfin, en 1765 et 1766, Louis XV lui confia une mission particulière en Pologne. Des troubles s'étant manifestés dans ce pays, Kellermann fut chargé, en 1771, d'organiser la cavalerie qui devait faire partie des troupes envoyées dans le palatinat de Cracovie, sous les ordres du général Viomesnil. Nommé lieutenant-colonel à son retour en France , il fut successivement promu au grade de colonel en 1784, et à celui de maréchal de camp en 1788.

La révolätion de 1789 allait lui ouvrir une carrière plus brillante. Chargé en 1790 et 1791 du commandement des départements du Haut et du Bas-Rhin, il en mit toutes les places fortes en état de défense. Il avait reçu le cordon rouge en 1790 ; il fut promu au grade de général de division en 1792, et reçut le commandement en chef des troupes du camp de Neukirch, sur la Sarre. 36,000 Autrichiens

par d’habiles manœuvres, à couvrir l'Alsace et à préserver cette frontière de toute invasion, Du commandement en chef de l’armée de la Sarre et du Rhin, il passa à celui de l'armée du centre, releva les lignes de Wissembourg, fit restaurer les places de Metz et de Thionville, et arrêta la marche des alliés, qui venaient de pénétrer dans la Champagne, sous les ordres du duc de Brunswick. J1 n'avait que 22,000 hommes à opposer à l’armée ennemie, forte de 124,000. 11 trompa sa vigilance, couvrit Chälons-sur- Marne et Paris, et alla attendre son adversaire sur les hauteurs de Valmy, qu’il devait illustrer.

Malgré le brillant succès de cette journée, le général francais, qui a compris qu’il importe à sa sûreté de devancer l'ennerni sur les hauteurs de Dampierre et de Voilmont, ne laisse que deux heures de repos à ses troupes, se dirige vers ces mamelons, et y prend position. C’est en vaiu que les Prussiens cherchent à s’en emparer, ils sont repoussés et forcés de rentrer dans leurs retranchements. Cette habile manœuvre eut pour résultats, d’abord une suspension d’armes entre les deux armées, puis l'évacuation du territoire français. Après cette campagne, il reçut le commardement en chef de l’armée des Alpes, et s’occupa avec Ja plus grande activité de mettre cette partie de nos frontières en état de défense. Chargé en même temps de la direction de son armée et du siége de Lyon, il se transportait avec rapidité d’un lieu à l’autre, et sa présence était toujours signalée par un succès. C’est ainsi que le 13 septembre 1793, avec 8,000 hommes de troupes de ligne et de gardes nationales, il reprit l’offensive contre 35,000 Austro-Sardes, les chassa de leurs positions et leur fit éprouver des pertes considérables, ce qui ne l’empêcha pas d’être, en 1793 et 1794, dénoncé à la Convention. Sa perte même eût été certaine sans la journée du 9 thermidor.

Il prit en 1795 le commandement des armées des Alpes et d'Italie, et soutint pendant toute la campagne, avec 47,000 combattants, les attaques multipliées de l’armée ennemie, quien comptait 150,000 : obligé de se replier devant des forces aussi supérieures, il livra quarante combats, dans lesquels ses troupes eurent presque toujours l'avantage, et il conserva sa position jusqu’à l’arrivée de Schérer, à qui le gouvernement venait de confier le commandement de l’armée d'Italie. En 1796, Bonaparte ayant remplacé Schérer, Kellermann concourut aux succès du nouveau général, par la promptitude de ses manœuvres. L'armée des Alpes ayant été réunie à celle de Bonaparte , il fut nommé inspecteur général de la cavalerie de l’armée d’Angleterre, et alla bientôt remplir les mêmes fonctions à l’armée de Hollande. Il devint membre du sénat en 1800, grand-cordon et membre du conseil de la Légion d'Honneur er 1802, et maréchal d’empire en 1804. A cette date, l'empereur lui conféra la sénatorerie de Colmar. Nommé commandant en chef du troisième corps de réserve établi sur le Rhin, en 1805, et chargé dela ligne de défense entre Bâle et Landau, il s'acquitta de ces deux missions avec son zèle et son habileté ordinaires. L’empereur lui confia en 1806 et 1807 le commandement en chef de l’armée de réserve du Rhin, qui s’étendait depuis Bâle jusqu’à Nimègue. Il fut en même temps chargé de protéger les États de la Confédération du Rhin, et reçut pour récompense en dotation le fameux domaine de Johannisberg, qui aujourd’hui appartient à M. de Metternich. En 1808 il eut le commandement de l’armée de réserve d'Espagne; en 1809, celui des camps d’observation de l’Elbe et de la Meuse inférieure. Lors de la guerre de Russie, il reprit le commandement en chef de l’armée de réserve du Rhin, qu'il conserva jusqu’à la fin de 1813 : il eut à cette époque celui de la deuxième et de la troisième division militaire.

A la première restauration, le duc de Valmy fut nommé commissaire extraordinaire du roi dans la troisième division militaire, et reçut, avec Je grand-cordon de Saint-Louis,

venaient de passer le Rhin près de Spire ; Kellermann n'avait ! la dignité de pair de France, Resté sans fonctions pendant les

Cent Jours, il reprit sa place à la chambre des pairs, où il vota constamment en faveur de nos libertés publiques ; ce qui explique l’inaction dans laquelle on le lassa jusqu’à sa mort, arrivée à Paris le 12 septembre 1820,

KELLERMANN ( FRANÇOIS-ÉTIENNE DE), marquis , puis duc pe VALMY, fils du précédent, général de division, grand-croix de la Légion d'Honneur, naquit à Metz, en 1770. Il fit ses premières armes sous les yeux de son père et suivit Bonaparte dans son immortelle campagne d'Italie. C’est Jui qui décida la victoire de Marengo, par une brillante charge de cavalerie, Nommé alors général de division, il prit part à la victoire d’Austerlitz, et fut un des principaux lieutenants de Junot dans la campagne de Portugal. En 1313 il fut envoyé en Allemagne, etse distingua à Bautzen, puis à Nangis et à Provins. A la première restauration, il fut nommé chevalier de Saint-Louis et inspecteur général de cavalerie; mais élevé à la pairie par l’empereur durant les Cent Jours , il en fut éliminé à la seconde restauration jusqu’à la mort de son père, et resta en disponibilité jusqu’à la révolution de 1830. Dans le procès de Charles X, il fut un des cinq pairs qui votèrent pour la peine de mort, ce.qui ne l’empêcha pas de rester sans emploi, comme auparavant, jusqu’à sa mort, arrivée le 2 juin 1835.

[KELLERMANN (FrRançois-CHrisTOPHE-EDMOND DE ), duc DE VALM Y, fils du précédent, naquit à Paris, le 9 avril 1802, et remplit quelques fonctions diplomatiques en Orient et en Grèce sous la Restauration. La révolution de 1830 le ramena en France, Le maréchal Maison le nomma chef du cabinet du ministère des affaires étrangères. Envoyé en Suisse comme premier secrétaire d’ambassade, il y devint bientôt chargé d’affaires. Sa fidélité à la branche aînée des Bourbons l'ayant cependant emporté chez lui sur toute autre considération, il donna sa démission le 5 février 1833, et se fit rédacteur du Rénovateur. Les électeurs de Toulouse lui confèrent leur mandat à la mort du duc de Fitz-James. Toujours réélu jusqu’en 1846, époque à laquelle il céda la place à l’abbé de Genoude, il parla contre l’abaissement de la France, sur les affaires d'Orient, attaqua l'alliance anglaise, le droit de visite, etc. L'un des flétris par ses collègues pour sa visite au comte de Chambord à Belgrave-S quare, il fut réélu à une plus forte majorité. En 1840 il publia une brochure intitulée Question d'Orient ; quelque temps après il fit paraître une autre brochure, sous ce titre : Coup d'œil sur les rapports de la France avec l’Europe. En 1849 il donna dans /a Patrie un articlesurles Moyens de combattre le socialisme ; en 1851 il imprima Du nouveau système de tarif sur les houilles et sur les sucres ; enfin, en 1854, il fit paraître une Histoire de la Campagne de 1800, d’après des Mémoires de son père. Il mourut, en 1868, à Paris. L. Louver.

KREMBLE (Cuarces), célèbre comédien anglais, qui n'eut |

pourrivaux queKeanetMacready,né en 1775, à Preston, dans le comté de Lancastre, était fils d’un comédien, et frère de la célèbre mistress S i dd ons. Il obtint d’abord un emploi dans l'administration des postes; mais sa passion pour l’art dramatique le détermina à monter sur les planches en 1799, à Sheffield , puis sur le théâtre de Drury-Lane. Plus tard il s’associa avec son beau-frère, et à sa mort prit la direction du théâtre de Covent-Garden, qu’il administra d'une manière admirable. Une tournée qu'il entreprit, en 1826, en Allemagne et en France, eut pour résultat d’enrichir la scène anglaise de plusieurs opéras qu'il traduisit de l’allemand, En 1832 il parcourut avec sa famille les États-Unis, et en 1840 il renonça complétemeut à la scène. Il mourut en novembre 1854,.à Londres, Sa femme, Maria-Theresa DE Cawp, était née à Vienne, en 1774, et la fille d’un musi= cien. D'abord figurante, puis danseuse dans les ballets de Noverre , elle débuta plus tard à Londres ,et y obtint de grands succès sur les théâtres de Drury-Lane , de Covent-Garden et de Hay-Market. On a aussi d’elle deux comédies remarquables par la finesse des aperçus : The jirst Faulls (1799) et The Day after the Wedding (1808). Elle mourut en 1838.

KEMBLE (Fnrances-Anna), fille du précédent, débuta

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