‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 52 sur 522 · HIPPOLYTE — HIPPOPOTAME · texte numérisé non relu

HIPPOLYTE — HIPPOPOTAME

sespéré; les dernières paroles qu’il lui adresse sont des consolations pleines d'amour et de respect, jusque à ce qu'il lui dise : « O mon pèrel voilez -moi promptement la tête! » Et il expire. Il avait peur que le visage d’un mort ne souillât et son père et son roi, qu’il avait si tendrement aimé et respecté durant son innocente vie.

Tel est le sujet du drame d’Euripide intitulé : Hippolyte. Dans Sénèque le tragique, la helle et heureuse scène de l'épée du jeune prince, restée, comme preuve de conviction, aux mains de Phèdre, est un triomphe, mais le seul, du poëte latin sur le poête grec. La Bible avait laissé un modèle de cette scène dans le manteau de Joseph, abandonné par le

chaste fils de Jacob sur la couche même de l’adultère épouse |

de Putiphar. Racine, dans sa Phèdre, a imité Sénèque et la Bible. Une vie pure, si tôt moissonnée, une mort si triste et «si sanglante, valurent à Hippolyte des autels et des temples dans la Grèce. Diomède lui en éleva un : il y consacra un prêtre particulier et des fêtes annuelles. Avant de se marier, les jeunes filles lui faisaient l’offrande de leur chevelure, sans doute pour avoir la force de garder la foi conjugale. Ce fils d'Amazone eut aussi sa place dans les cieux : il avait donné son nom à la constellation du Cocher. Sous le règne de Numa, les prêtres barbares de Diane, dans la mystérieuse forêt d’Aricie, près de Rome, eurent l’artifice de ressusciter Hippolyte sous le nom de Virbius, ou deux fois homme. Esculape, disaient-ils, lui avait rendu la vie, à la prière de Diane, et le jeune prince, toujours modeste, toujours amant de la solitude, alors divinité champêtre, se serait tenu caché jusqu’au règne de Numa, dans le bois de Diane, sous la forme d’un homme d’âge mûr.

DENNE-BARON

HIPPOLYTE (Saint), évêque, martyr et docteur de YÉglise. On ne sait point quelle église il gouvernait, ni en quel temps il répandit son sang pour l'Évangile. Quelques savants prétendent cependant qu’il était évêque, non de Rome, mais à Rome, pour soulager le pape dans ses fonctions ; peut-être serait-ce alors le confondre à tort avec un autre Hippolyte dont parle Prudence. Une autre opinion fait de saint Hippolyte un évêque d’Aden en Arabie, qu’on appelait anciennement le Porté Romain. En tout cas, on pense qu'il vivait vers l’an 230, sous Alexandre Sévère. Des nombreux ouvrages qu'il avait composés la plupart sont perdus. Parmi ses œuvres, On remarque son Canon Paschalis, table qui servait à déterminer le jour de Pâques par le moyen d’un cycle de seizeans; (cette table estantérieure à celle d’Eusèbe, et Joseph Scaliger ja publia le premier, en 1583); son travail sur lPAnte-Christ ; celui sur Susanne et Daniel; une démonstration contre les Juifs ; un livre De Deotrino et uno, et de mysteriis Incarnationis, contrà hæresim Noeli; et des fragments d'un Commentaire sur la Genèse. Fabri cius a recueilli et publié les œuvres de saint Hippolyle (Hambourg, 1716-1718, 2 vol. in-fol.). On découvrit en 1551, dans des fouilles faites près de Tivoli, la statue en marbre d'un évêque assis, qu’on jugea être celui dont nous parlons, le Canon Paschalis étant reproduit aux deux côtés de la chaise. Ce monument est conservé dans une salle du Vatican. ,

Dans ses recherches au couvent du mont Athos, M. Mynoïde Mynas découvrit un manuscrit du quatorzième siècle, sur papier de coton , de médiocre apparence, mutilé, sans nom d'auteur, intitulé Réfutation de toutes Les hérésies, ouvrage que M. Müller attribue à Origène et que M. Bunsen restitue à saint Hippolyte. L'idée de ce livre est que toutes les hérésies sont simplement d'anciennes philosophies, faisant invasion dans le christianisme et le dénaturant pour se l’approprier, Valentin, selon l’auteur, veut plier l'Évangile aux idées de Pythagore et de’ Platon ;'Basilide est un disciple d’Aristote; Marcion renouYelledEmpédocle, et Cérinthe n’est qu’un initié des mystères égyptiens. L'écrivain expose franchement les théories de ses adversaires, et ne dédaigne pas de raisonner avec eux. Viennent ensuite comme des mémolres secrets sur l’intérieur de l’Église romaine,

une accusation terrible portée contre le pape Calixte et des détails nouveaux sur la protection que Marcia, concubine de Commode, accordait aux chrétiens proscrits.

HIPPONACTIQUE (Vers), Voyez CuOLIAMBE.

HIPPONAX, d'Éphèse, poite ïambique, célèbre par son caractère satirique, vécut Vers l’an 530 avant J.-C. La crainte que leur inspirait sa mordante ironie détermina les tyrans de sa ville natale à le chasser. 11 se rendit à Clazomène, où, pour se venger du mépris que lui attirait sa difformité physique, il‘flagella du fouet de la satire tous ceux qui lui déplaisaient, et principalement les femmes. Il inventa pour ses poëmes satiriques une forme particulière d'iambe, le choliambe, qui de son nom fut appelé vers Lipponactique ; il écrivit également en vers hexamètres et dans le style épique des parodies dont il nous à été conservé un fragment, qui concerne un glouton. Les fragments d'Hipponax ont été publiés de la manière la plus complète par de Bergk, dans ses Poetæ lyrici græci (Leipzig, 1843).

HIPPONE. Voyez Hrppo.

HIPPONICE (de tnroc, cheval, et x@ÿs, pied), genre de mollusques gastéropodes, de l’ordre ibn es famille dés capuloides, et qui se distinguent des cabochons, dont ils sont voisins , au support calcaire sur lequel ils reposent, et qui paraît transsuder du pied de l'animal. On n’en connaît qu'une espèce vivante et plusieurs espèces fossiles.

HIPPONOUS. Voyez BELLÉROPHON.

HIPPOPHAGES, c’est-à-dire mangeurs de chevaux

C'était, selon les relations d’anciens géographes, le nom d’une peuplade scythique, qui habitait au nord-est de la mer Caspienne, où de nos jours encore les hordes de Kalmouks, conservant toutes les habitudes des anciens Scyhes, sont comme eux nomades et friands de la chair des chevaux. Dans plusieurs pays de l’Europe on a aussi tenté à plusieurs reprises, par des motifs d'économie politique, de faire de la chair du cheval un aliment ordinaire; et à cet effet il s’est constitué des sociétés hiphophages, par exemple en 1842 dans le Wurtemberg. Depuis 1855 des boucheries de cheval se sont ouvertes librement dan: tous les États de l'Allemagne. En France les progrès de l’hippophagie furent très-lents; ce n’est qu’en 1865 qu’on débita dans deux ou trois étaux particuliers de la viande de cheval. L'usage de cet aliment fut répandu surtout à Paris durant le siège de 1870, où presque tous les chevaux disponibles servirent à nourrir la population. Cependant on revint avec Ja paix à la viande de bœuf, et la vente de celle de cheval n’augmenta que de quelques milliers de ki- Jogrammes en 1872 sur celle qui s'était faite en 1868.

HIPPOPOTAME (de tnroc, cheval, et moraux, rivière), nom d’un énorme quadrupède qui dispute au

| rhinocèros le premier rang après l'éléphant, et occupe le

second sans aucune contestalion. Quelques-uns de ces animaux pèsent plus de deux mille kilogrammes, et atteignent la longueur de cinq mètres depuis le bout du museau jusqu’à l’origine de la queue. Une tête énorme, une gueule fendue presque jusqu'aux épaules, des yeux à peine visibles da ys cette tête si massive, un corps arrondi, porté sur des jambes extrêmement courtes, un ventre dont l’ampleur surcharge encore cette lourde masse, tout cet ensemble n’est pas propre à donner une bonne opinion des facultés de ce prétendu cheval, et l’on est porté d’abord à demander comment on peut justifier le nom.qu’il porte. Ses oreilles courtes, pointues et roides, n’ajoutent rien à sa physionomie, et Ja couleur noirâtre de sa peau, non moins dégarnie de poils que celle de l'éléphant, ne contribue pas à l’embellir. On n’a donc pas à regretter que ce colosse, d’une forme aussi déplaisante, suit confiné dans les régions chaudes de Pancien continent. Comme on ne l’a jamais vu que près des grandes rivières ou plongé dans leurs eaux, on est fondé à croire qu’il n’est pas plus amphibie que le castor ou la loutre ; ses pieds ne sont pas même pourvus de membranes entre les doigts pour l'aider à nager, en sorte qu'il ne semble destiné qu'à marcher sur la {erre, Comme les végétaux font une par-

tie de sa nourriture, il vient pattre sur le bord des fleuves, et c'est là que les chasseurs l’attendent,

L’épaisseur et la dureté de sa peau repoussent les balles sur ane grande partie de son corps; il n’est vulnérable qu’au ventre et entre les cuisses. Outre ces armes défensives, cette cuirasse, sous laquelle son dos et sa croupe sont en sûreté contre les projectiles ordinaires et les ongles du lion et du tigre, sa redoutable gueule oppose à ses ennemis de longues et fortes dents canines, les plus dures que l’on connaisse. Rien ne peut résister aux puissantes mâchoires de cet animal : les canots sont chavirés ou déchirés, de fortes barres de fer pliées, etc. ILest rare que le fort abuse des avantages que sa force peut lui donner aux dépens du faible : on a pourtant à faire ce reproche à l’hippopotame, et dans des circonstances où la gravité qui semble convenir si bien à sa masse et à sa forme fut très-négligée. Un individu de cette espèce avait choisi pour station habituelle l'embouchure d’un fleuve d'Afrique; des colons établis sur les deux rives communfquaient fréquemment entre eux ; le malin quadrupède eut la fantaisie de chavirer leurs canots chaque fois qu’il les reneontrail, san$ autre but apparent que de voir les passagers à la nage. Cette mauvaise plaisanterie fut tolérée pendant quelque temps; mais il fallut y mettre un terme, et une chasse bien organisée délivra ces parages d’un habitant devenu très-incommode. Mais on ne cite que ce fait où Phippopotame n’ail pas évité l'approche des hommes. Cet animal w’est pas plus offensif qu'aucun des herbivores, et ne fait la guerre qu'aux poissons, sur lesquels il fonde une partie de sa subsistance. En le considérant par rapport à l’usage que l’on peut en faire, on vante l'excellence de sa chair, l'abondance, la bonté, la salubrité de son lard, moins altérable et moins indigeste que celui du cochon, la blancheur et la dureté de ses dents canines (défenses), qualités qui font préférer cette matière à toutes les autres pour faire des dents artificielles. Les Africains font avec la peau du dos et des reins des boucliers. On dit aussi que le lait dés femelles n'est pas moins savoureux que le meilleur lait de vache.

A l’époque de la splendeur de l'empire romain, des animaux de ce genre ajoutaient l'intérêt de la curiosité à la magnificence et à la variété des jeux du cirque. On savait donc les prendre vivants, les transporter à Rome et les y nourrir.

On a cru reconnaître l’hippopotame aans le Béhémoth de l’histoire de Job ; mais on ne peut appliquer à aucun animal existant une description aussi poétique. Si elle n’était qu’un tableau dont tous les traits fussent agrandis, on pourrait espérer de voir un jour, dans les prairies des pays chauds, le gigantesque hippopotame paître tranquillement près des troupeaux domestiques, et même se méler à leurs jeux. Quoi qu’il en soit, il paraît certain, d’après cette histoire, que l’hippopotame habita jadis des pays qu’il a quittés, que des marais et des ruisseaux Jui offraient des retraites et des lieux de repos, où il se plaisait à se livrer au sommeil, On ne le trouve plus aujourd’hui sur les rivières peu profondes, oùil ne pourrait échapper à ses ennemis en plongeant sous les eaux ; les grands fleuves de l'Inde et de l’Afrique le conservent encore, mais on n’en voit point sur la côte orientale de l'Asie. Le temps approche où il aura totalement évacué l'Égypte, quoique le Nil fût autrefois l’une de ses stations favorites. FERRY.

Depuis les exhibitions du Cirque à Rome l'Europe n’avait peut-être pas vu d’hippopotame vivant, lorsqu’en 1849 un jeune individu de cette espèce, pris dans Pile Obaïsch du Nil 3lanc fut amené en Angleterre, Nourri d’abord de lait de vache et de mais moulu, ilen est arrivé à consommer par jour environ 50 kilogrammes de foin, de paille, de blé, de racines et d'herbes. En 1854 un hippopotame femelle fut encore amené à Londres, Au mois de mai 1853, un hippopotame arriva à Paris. 11 avait alors onze mois, et il consommait 30 litres de lait par jour; petit à petit on le sevra, et on composa sa nourriture de pain bis, de carottes, de pommes de terre et de fruits. En dix-huit mois il doubla de grosseur, et à la fin de 1854 il avait 1,20 de hauteur, 2",70 de lon-

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