HISTOIRE NATURELLE — HISTORIQUES
et l’on y verra que les ordres du roi, la maison de Bourbon; l’Académie d’Architecture, l’ordre de Saint-Lazare, la ville de Paris, etc., avaient aussi leurs historiographes : Blin de Sainmore, Desormeaux, Leroy, Gautier de Sibert
Ameilhon, fous académiciens, jouissaient de ce titre, qui avait entièrement disparu, lorsque l’avénement du second empire le fit un instant revivre en faveur de M. Grün, ancien rédacteur en chef du Moniteur, ensuite archiviste de la couronne. Charles Du Rozom.
HISTORIQUES (Sociétés). Les académies et sociétés historiques et archéologiques doivent leur origine à l’ardeur avec laquelle on s’est livré de plus en plus dans tous les pays à l'étude de l'histoire de la contrée, des manuscrits, documents, chartes, monuments, médailles qui peuvent l'éclairer. La première académie de ce genre qu’ait possédée la France est l’Académie des Inscriptions; fondée par Colbert, en 1663, sous la protection de Louis XIV,
En 1805 une société de savants et d'hommes zélés pour l'archéologie se forma à Paris, sous le titre d’Académie Celtique, à l'effet de se livrer à la recherche et à l’explication des antiquités gauloises. En 1813 elle prit le titre de Sociélé des Antiquaires de France, La Société de l'Histoire de France date de 1833; elle a été instituée pour la publication des documents originaux de notre histoire. L'Institut Historique fut fondé à Paris la même année. Les départements comptent une foule de sociétés historiques. Le co mité de la langue, de l’histoire et des arts, institué près du ministère de l’instruction publique, peut aussi être regardé comme une société historique. Il est en correspondance avec des commissions et des archéologues des départements. Enfin, l’histoire tient son rang dans les réunions d’érudits qu’on nomme congrès scientifiques.
Au nombre des académies et sociétés historiques étrangères, nous devons citer en première ligne l’Académie royale d'Histoire portugaise de Lisbonne, créée en 1720, par le roi dom Jean V, et l’Académie royale d'Histoire de Madrid, confirmée en 1738 par Philippe V; l’Académie d'Histoire de Souabe, à Tubingue ; l’Académie Archéologique de Cortone, en Italie, instituée en 1727 pour l'étude des antiquités étrusques ; celle d’Upsal (Suède), fondée en 1710 pour l'étude des langues du Nord ct des monuments scandinaves; les deux Znstiluts Historiques de la même ville et de Stockholm ; la Société Historique et Archéologique de Moscou , fondée en 1836; deux académies du même genre établies à Rome par Paul II et Léon X ; l’Académie d’Herculanum, pour larecherche et l'explication des monuments, d'Herculanum et de Pompéi, fondée en 1775, à Naples , par le ministre Tanucci ; l'Académie d'Histoire et d'Antiquités, dans la même ville, créée en 1807 par Napoléon ; l’Académie fondée, la mème anuée, à Florence pour l'exploration des antiquités toscanes ; la Société des Archéologues de Londres qui date de 1751; celle des Antiquuires de la même ville, et la Société Historique anglaise, qui y a été fondée en 1836 pour l'étude et la publication des documents relatifs à l’histoire dela Grande-Bretagne jusqu’au règne de Henri VIT; celle de Rome, de 1725; celle de Batavia, de 1778; celle de Calcutta, de 1784; celle de Vermont, de Boston et de Philadelphie, de 1769 ; enfin, la plus nouvelle de toutes, l’Institut Historique et Géographique du Brésil, fondé en 1837, à Rio-de-Janeiro, et qui a déjà publié d'importants travaux sur les peuplades indigènes de l'Amérique du Sud.
En Allemagne, dans ces derniers temps, une nouvelle impulsion a été donnée à ces études par la Socié{é de l'Histoire ancienne de l'Allemagne, qu'a fondée, le 20 janvier 1819, à Francfort-sur-le-Main, le ministre prussien de Stein, laquelle s'est imposé pour tâche une édition générale, critique, des sources de l'histoire d'Allemagne au moyen âge. Les Monumenta Germaniæ historica de Pertz ont été le principal témoignage de son activité. L'exemple a été suivi, les sociétés historiques se sont multipliées dans toutes les provinces, et l'on en a compté plus de quarante dans les États Germaniques. Quelques-unes ne se sont pas bornées à
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l'histoire et à l'archéologie; elles ont embrassé dans leurs recherches la langue, la littérature, les arts, etc. Paul Wigand a cherché à leur donner un centre commun, par la publication des Annales des Sociétés historiques et archéologiques (Lemgo, 1831-1832). On compte en Prusse quinze sociétés historiques, qui tiennent leurs séances à Berlin, Bonn, Breslau, Gœrlitz, Halle, Kœnigsberg, Minden, Munster, Paderborn, Saarbrück, Saltzwedel, Stettin,, Trèves, Wetzlar. Toutes ont publié et publient d’utiles travaux relatifs à l’histoire générale ou particulière du pays. Il en est de même en Bavière, où elles sont spécialement encouragées par le rai; et, à l’exception de la Société de Nuremberg, elles sont en rapport avec l’Académie royale des Sciences. Elles ont leur siége à Anspach, Augsbourg, Baireuth, Bamberg, Munich , Nuremberg, Passau, Ratisbonne, Spire et Würtzbourg.
Le royaume de Saxe compte deux sociétés historiques, l'une à Dresde, l’autre à Leipzig. La première a été fondée en 1824, ef a successivement étendu le cercle de ses opérations dans les années suivantes. La seconde est la Société allemande pour l'étude de la langue et des antiquités nationales , fondée à Leipzig, en 1697, sous le titre de Collége Poétique, renouvelée en 1727 par Gottsched, sous le titre de Société des Progrès de la Langue Allemande ; elle s’est étendue, en 1827, par l'accession de plusieurs membres de sociétés archéologiques de Saxe et de Thuringe. En 1834 la Société Historique de la Basse-Saxe a été fondée à Hanovre. Dans le Wurtemberg, outre la Société de l'Histoire nationale, créée par le roi, en 1822, comme établissement public, on compte celles de Rottweil, fondée en 1822, et d'Ulm, qui a publié son premier compte-rendu en 1843, et celle de Stuttgard, établie en 1844. Cette dernière a publié des travaux importants. La Hesse-Électorale avait eu dès 1777, à Cassel, une Société Archéologique; il s'y constitua une nouvelle association du même genre, en 1834. Le grand-duché de Hesse-Darmstadt a deux Anstituts Hisdoriques, à Darmstadt même et à Mayence, Il y en a également deux dans le grand-duché de Bade, à Baden-Baden et à Sinsheim. Le Mecklembourg, le Schleswig, Nassau, Saxe- Altenbourg, Saxe-Meiningen, la principauté de Reuss, Francfort-sur-le-Mein, Lubeck, Hambourg, ne sont pas restés en arrière dans cette voie de progrès. L’Autriche n’a point de sociétés historiques dans le sens convenu de ce mot, bien que dans ce pays on ait fondé des musées provinciaux. La Suisse a plusieurs institutions de ce genre, à Bâle, Fribourg , Genève, dans le pays des Grisons et dans les cantons de Vaud, Zurich, Lucerne, Uri, Schwytz, Unterwalden et Zug ; enfin, la plus importante de toutes , celle de Berne, qui tient tous les deux ans un congrès historique. Les provinces russes de la mer Baltique ont les Sociétés Esthienne, de Dorpat, Courlandaise, de Riga. Le Danemark est fier de sa Société des Antiquaires du Nord, qui a publié entre autres les Antiquilates Americanæ. Copenhague a depuis 1840, son Inslilut Historique ; enfin, il existe pour la Fionie une société spéciale.
HISTOTOMIE. Voyez HISTOGÉNIE.
HISTRION. En l’année 391 de la fondation de Rome, une horrible peste venait de désoler cette ville. Les politiques du temps pensèrent que pour dissiper les lugubres impressions qu’elle avait laissées dans les esprits il fallait procurer au peuple un spectacle plus gai que les exercices du Cirque, seul amusement jusque là de la grande cité. Dans l'Étrurie se trouvait une troupe de baladins et de danseurs, qu’on engagea pour venir donner des représentations à Rome. En langage étrusque, un bouffon se nommait hister ; dans la langue latine, on en fit istrio. Bientôt ces mêmes grotesques devinrent des acteurs parlants. Ils commencèrent par débiter quelques mauvais vers improvisés au milieu de leurs danses; ils finirent par jouer de petites pièces assez informes , intitulées Salires, et pour lesquelles on composait une musique exécutée par des flûtes. Tel fut le théâtre romain jusqu'en l’an 514, où Livius Andronicus fit, le premier représenter des pièces plus régulières, pour les-
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quelles on abandonna les Histrions. Le nom ne fut pluolors qu'un terme de mépris, et c’est dans cette acception qu’il est devenu un mot de notre langue. Longtemps des esprits moroses, de trop sévères moralistes, l’appliquèrent avec injustice à la classe badine des comédiens ; l’épuration du théâtre, les progrès de la raison publique, ont réduit ce terme à ce qu'il devait être : une flétrissure individuelle et exceptionnelle. Ourny.
HITTORFE (Jean-Jacques), architecte, est né à Cologne, en 1792. ]1 vint très-jeune à Paris, où il eut pour maîtres Percier et Bellanger. Esprit studieux el préoccupé de honne heure de l’histoire de l’art antique, M. Hiltorif appartient à cette famille d’architectes qui se sont rendus célèbres plutôt par les livres qu’ils ont publiés que par le nombre et la beauté des édifices qu’ils ont construits. On sait pourtant qu'il a suivi sous Bellanger les travaux de l’abattoir de ia rue Rochechouart et l'exécution de la coupole en fer de la Halle aux Blés. Associé plus tard à Joseph Lecointe, il a bâti avec lui le théâtre de lAmbigu-Comique et a restauré la salle Favart. Parmi les dessins qu’il a mis au jour, celui d’un monument à élever au duc de Berry et les projets de restauration de l’église de Saint-Remy, à Reims, furent les plus remarqués. C’est aussi de concert avec Lecointe que M. Hittorff organisa les grandes cérémo: nies funèbres qu’on célébra en l'honneur du prince de Condé, du duc de Berry et de Louis XVIII. Les fêtes brillantes auxquelles donnèrent lieu le baptême du duc de Bordeaux et le sacre de Charles X furent également dirigées par ces deux architectes. On trouvera dans l’ouvrage qu’ils publièrent ensemble (in-folio, 12 planches), le souvenir des solennités du baptême. Un des dessins de ce recueil a figuré au salon de 1822. Nommé chevalier dela Légion d'Honneur dès 1825, M. Hittorff obtint successivement plusieurs médailles aux expositions du Louvre, où l’on a vu de sa main divers projets de constructions nouvelles ou de resfaurations d’anciens monuments (1831 ), le plan de l’église de Saint-Vincent-de-Paul (1833), et cinq dessins d’après la rotonde du panorama élevé aux Champs-Élysées (1841 ). Sur ces entrefaites, M. Hittorff avait été adjoint à M. Lepère, à la famille duquel il s’était allié par un mariage; et dès lors il conduisit avec lui les travaux de Saint-Vincentde-Paul. Cette église, commencée en 1824, n'a été terminée qu'en 1844, après des lenteurs de toutes sortes et des difficultés administratives qui presque au début de l'entreprise interrompirent les travaux pendant huit ans. Nous n'avons pas à décrire ici celte basilique, œuvre étrange, dont le plan primitif appartient à l'initiative de M. Lepère, édifice bâtard, où tous les styles sont confondus, triste et remarquable exemple de l'inquiétude moderne et du déplorable éclectisme de nos artistes. Les deux campañnilles qui surmontent le portail paraîtront toujours sans liaison aucune avec le reste de la construction; et d’ailleurs, quelle pauvreté de forme et quelle absence de caractère! Si l’on excepte les deux escaliers qui conduisent au porche, Saint-Vincent-de-Paul n’a rien de grand, rien de religieux. La décoration intérieure n’est pas moins mesquine et moins dépourvue de gravité. Et cependant M. Hittorff est un architecte érudit, un homme de goût et de science. Il doit à ses ouvrages historiques une bonne partie de sa célébrilé et son titre de membre de lInstitut. Sans rappeler ici les nombreux mémoires qu'il a publiés dans les journaux sur des questions spéciaies , son Curieux travail sur les Arabesques, imprimé dans l’Artiste du mois de mai 1844, et les articles Architecture el Histoire de l'Architecture qu’il a publiés dans l’un de nos recueils encyclopédiques, on doit à M. Hittorff les livres suivants : Architecture antique de la Sicile, 3 vol. in-fol., avec 180 planches ; Architecture moderne de la Sicile, inolio, 74 planch.; les Anliquilés inédiles de l'Attique , in-fotio, avec 60 planches (1832). Ce dernier recueil est une traduction de l’anglais. Enfin, M. Hittorff a depuis longtemps entrepris la publication d’un grand ouvrage sur l'Architec-
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ture polychrome chez les Grecs, savant travail, d’une exécution aussi soignée que remarquable, et qui doit jeter de vives lumières sur une des questions les plus négligées et les plus curieuses que puisse soulever l’histoire de l’art monumental dans l’antiquité. P. Manrz.
C'est encore à M. Hittorff que l’on doit la décoration de ta place de la Concorde et des Champs-Élysées , ainsi que le Diorama, le Cirque, et les autres monuments municipaux qui s’y trouvent. On peut leur reprocher une certaine apparence de colifichet, une surcharge d’ornements et de couleurs peu en rapport avec la matière mise à la disposition de l’architecte. Cet artiste est mort à Paris en 1867.
HIVER. Voyez Susons. Pour l’énumération des hivers rigoureux, voyez FRoIp.
HIVER (Quartier d’). Voyez QuarTieR D'Hiver.
HIVERNAGE, HIVERNER. Les régions équinoxiales n’ont pas des saisons aussi tranchées que les nôtres : la durée: des jours y varie peu, les frimats y sont inconnus ; cependant , le ciel n’y a pas le même caractère à toutes les époques de l'année : pendant quelques mois il se couvre d’épais nuages, de fréquentes tempêtes bouleversent l’atmosphère, ordinairement si pure, et à chaque instant il tombe des torrents de pluie. C’est la saison pluvieuse qu’on a nommée hivernage; c'est aussi la saison des maladies : le climat alors devient meurtrier pour les Européens. Bien que l’hivernage n'arrive pas en même temps dans tous les pays voisins de l’équateur, il ne varie guère qu'entre les mois de mai et d'octobre, précisément pendant le printemps et l'été de l'Europe. Le marin craint de se risquer à la mer en temps d’hivernage ; le séjour même des rades ne le rassure pas : mille souvenirs sinistres lui en font un épouvantail. Combien de navires ont disparu au milieu des {ornados âu Sénégal, des ouragans des Antilles, des pamperos du Brésil! Sile bâtiment est pris entre les tropiques pendant cette saison , il se réfugie au port, enlève ses voiles, déparse ses mâts, se couvre d’une tente, laisse passer les tourbillons, ‘et attend pour reparaître le retour des fraiches brises de la mer : voilà ce que l’on nomme hiverner. La vie devient pénible à bord, au sein de cet air chaud et humide; les poumons travaillent à vide, et l’on se sent vieillir avec rapidité : aussi les puissances maritimes de l’Europe évitent-elles de laisser hiverner leurs escadres sous les tropiques , car les maladies déciment promptement les équipages. Nos gouvernements ont astreint le commerce à de sévères règlements pour les garantir des dangers de l'hivernage : on fixe l’époque où il commence, et à partir de ce moment tous les navires marchands doivent abandonner les colonies. Ainsi, à la Martinique le 21 juin est désigné comme le premier jour de l’hivernage ; le commandant de Ja station française tire le coup de canon de partance, et nul bâtiment de commerce ne peut rester plus longtemps sur la rade de Saint-Pierre ou sur tout autre point de l’île. Ce jour-là porte avec lui un caractère de tristesse : le mouvement des affaires cesse tout à coup d'animer Pile, les négociants se retirent à la campagne , les bords de la mer deviennent déserts ; chacun se précautionne contre la mauvaise saison, qui déjà s’annonce menaçante, car de sombres nuages couvrent souvent une partie de Pile.
Théogène PAGE, vice-amiral ,
HIVERNANTS (Animaux ). Les naturalistes désignent sous ce nom quelques espèces animales qui vers la fin de l'automne tombent dans un état de léthargie plus ou moins complète, état qui persiste pendant toute la durée de l'hiver, et qui se dissipe peu à peu aux premières chaleurs du printemps. L’hibernation s'observe également chez des animaux à sang chaud, chez des animaux à sang froid et chez des animaux dépourvus de toute circulation sanguine.
Parmi les animaux à sang chaud, l’hibernation a été constatée plus spécialement chez leloir, le lérot, le muscardin, la chauve-souris, lehérisson, la marmotte, le hamster et le dipus canadensis, quelques espèces d'ours, quelques blaireau x, le tenrec, espèce