LEZ
, HENRI DE MISNIE. Voyez FRAUENLOB.
HENRI DETRANSTAMARE. Voyez Her II de Castille.
HENRI LE NAVIGATEUR, infant de Portugal, quatrième fils du roi Jean 1°", né en 1394, avait commencé par se couvrir de gloire à la prise de Ceua (1415). Le Portugal jouissait alors d’une heureuse tranquillité ; la nation était active et entreprenante, et dans toutes les classes de la société dominait l'esprit de conquêtes et de découvertes. Plus que personne l’infant partageait ces idées. Les sciences, et sur- | tout les mathématiques, l'astronomie, la nas igation, avaier.t
DiT. DE LA CONVERS, — %. XI.
à ses yeux encore plus d’attraits que la gloire des armes. A la mort de son père, il choisit pour séjour la ville de Sagres, dans l’Algarve, non loin du cap Saint-Vincent, et con. tinua vigoureusement la guerre contre les Maures. Il inquiétait continuellement leurs côtes, et par suite de ces expéditions ses marins s’aventurèrent dans des parages de l'Océan que les navigateurs dece temps-là avaient pendant longtemps regardés comme impénétrables. Ce qu'il avait surtout en vue, c'était de découvrir des pays encore inconnus. Versé dans la connaissance de la géographie, il ne négligea pendant ses diverses campagnes en Afrique aucune occasion de tirer des Maures le plus de renseignements possible sur les contrées limitrophes de l'Égypte, et de s’informer s’il y avait possibilité, en faisant le tour de la côte occidentale de l’Afrique, de trouver un chemin conduisant aux trésors de l’Inde: 11 construisit à Sagres un observatoire, auquel il adjoignit un établissement dans lequel on initiait dé jeunes gentilshommes à toutes les connaissances nécessaires pour faire un bon navigateur ; et plus tard il envoya les élèves sortis de cette école faire des voyages de découvertes sur les côtes des Berbères et sur celles de la Guinée. Toutefois, ces diverses expéditions restèrent sans résultats bien importants, jusqu'à ce que Juan Gonzalez Jarco et Tristan Vaz, battus par des tempêtes, découvrirent l'île de Puerto-Santo et, en 1418, Madère. Dès lors les côtes de la Guinée, si riches en poudre d’or, fixèrent toute son attention; mais il ne fallut pas moins que son courage et sa constance à toute épreuve pour triompher des difficultés d’une telle entreprise. Sans se soucier des railleries et des critiques dont ses plans si hardis étaient l’objet de la part des hommes à vue courte, il fit partir, en 1433, Gilianez, l'un de ses marins, avec mission d'aller doubler le Cap Noun, regardé alors comme l’extrémité du monde ; celui-ci doubla sans encombre le cap Bojador et prit possession de ce pays au nom du Portugal. Un navire plus grand, expédié l'année suivante par Henri, poussa encore 20 inyriamètres plus loin que le cap Bojador ; et le succès qui avait couronné ces deux entreprises imposa silence à toutes les critiques. Le frère de Henri, Pedro, qui gouvernait pendant la minorité d’Alphonse V, non-seulement lui confirma la donation des îles Puerto-Santo et Madère, mais encore lui accorda l'assistance la plus active. Le pape Marlin V confirma également la donation des deux îles, et concéda en outre en toute propriété aux Portugais les terres qu'ils découvriraient le long de la côte d'Afrique jusqu'aux Indes. En 1440, Antonio Gonzalez et Nuno Tristan étant parvenus jusqu’à la hauteur du cap Blanc, de jeunes et hardis aventriers accoururent de toutes parts pour participer à ces entreprises et à ces découvertes. Jusque alors l’infant Henri en avait seul fait tous les frais ; mais à ce moment il se forma des associations qui, sous sa direction, se livrèrent aux mêmes entreprises; et la pensée qui pendant longtemps n'avait préoccupé que ce prince, devint bientôt l'affaire de la nation tout entière. Henri n’en déploya que plus d’ardeur encore pour la réalisation de ses plans. En 1446, Nuño Tristan doubla le cap Vert, et en 1448 Gonzalez Vallo découvrit trois des îles Açores. L'infant Henri de Portugal mourut en 1463, après avoir encore eu la satisfaction d'apprendre la découverte de la côte de Sierra-Leone. et HENRI, prince de Prusse , troisième fils de Frédéric- Guillaume I°', roi de Prusse, naquit à Berlin, le 18 Janvier 1726, et fut toujours le favori de son père, soit à cause de l'amabilité de son caractère, soit parce que la haine que ressentent ordinairement les rois contre leurs successeurs augmente leur amour pour leurs autres enfants. I] fit ses premières armes à seize ans, el assista, comme colonel, à la bataille de Czaslau (17 mai 1742). A Hohen-Friedberg (3 juin 1745) il était aide de camp général du roi, qui pour récompenser sa bonne conduite le nomma généralmajor. La conquète de la Silésie et lPalliance de Frédéric avec l'Angleterre amenèrent, en 1756, la guerre généralement connne sous le nom âe guerre de sept ans. Le prince
Henri y prit part, à la tête de sa brigade. A Rossbach (5 novembre 1757 ), ce furent les six bataillons du prince Henri qui, prenant la colonne française en flanc, fournirent au général Seidlitz un appui qui fit réussir sa charge. Un peu de jalousie a porté Frédéric IL à taire cette circonstance dans ses Mémoires. Le prince Henri fut blessé à cette affaire, et ne put revenir à l'armée qu’au mois de février 1758. Il fut alors chargé du commandement d’un corps d'environ 18,000 hommes , destiné à appuyer les opérations du prince Ferdinand de Brunswick en Hanovre et en Westphalie. Pendant la campagne de 1759, il fut encore chargé des opérations défensives en Saxe. Dans la campagne de 1760, il eut le commandement d’un corps de 35,000 hommes, opposé aux Russes, et qui fut chargé d'observer tout le cours de lOder, depuis Glogau jusqu’à la mer. Dans ces diverses campagnes, le prince Henri, par toutes ses manœuvres, sut conserver la haute opinion qu’on avait de sa capacité. Cependant, à la fin dn mois d'août, soit ressentiment de la jalousie que lui témoïgnait son frère, soit dissentiment d'opinion sur les opérations , il quitta l’armée, et refusa toute espèce de commandement.
En 1761 le prince Henri fut chargé de défendre la Saxe et d'observer l’armée autrichienne de Daun, qui s’était placée devant Dresde. Les grandes opérations de cette campagne eurent lieu en Silésie , de sorte qu'il n’y eut en Saxe qu’une guerre défensive de manœuvres, où l'indécision de Daun facilita singulièrement le rôle du prince Henri. En 1762 il fut encore chargé du commandement de l’armée de Saxe et de la défense de ce pays contre l’armée autrichienne et l’armée des Cercles. La première partie de cette campagne fut signalée par la défaite de l’armée des Cercles, qui fut obligée d’évacuer la partie de la Saxe où elle avait pénétré. Le gain de la bataille de Freyberg (29 octobre), qui fut la dernière opération importante de cette guerre, couronna la gloire militaire du prince Henri.
Immédiatement après la paix de Hubertsbourg (15 février 1763), le prince Henri se retira à son château de Rheinsberg, pour y jouir du repos, loin du tumulte des affaires, et se livrer sans distraction à ses occupations favorites. Son genre de vie était simple et régulier. Sa table était le modèle de la sobriété; chacune de ses occupations avait ses heures fixes. Il aimait et cultivait de préférence la langue et la littérature françaises. On a même de lui quelques pièces de vers dansnotre langue, et un essai lyrique sur la tragédie d’Azire, dont il voulait faire un opéra. L'amour n’a trouvé place dans aucune de ses poésies; mais l’amitié y est peinte avec enthousiasme, Contre l'habitude des généraux, et surtout de ceux qui ont acquis une réputation militaire, la guerre n’était jamais le sujet de ses entretiens; il n’était pas même permis de paraître chez lui en uniforme. Il n’était cependant pas inaccessible à la gloire qu’on peut acquérir comme défénseur de la patrie : le monument élevé par ses ordres à Rheinsberg, à la mémoire des militaires prussiens qui se sont le plus distingués, est la preuve du contraire. IL n’aimait pas beaucoup son frère, et ne le comptait pas au nombre de ceux qui ont fait le bonheur de l'humanité. Peut-être cet éloignement fut-il produit ou augmenté par la circonstance que Frédéric le Grand s’opposa à la demande que firent les Polonais du prince Henri pour régner sur eux , après la mort de Frédéric-Auguste,
Le prince Henri ne fut point ennemi de la révolution fran: çaise ; il était plntôt, et cela par une conséquence naturelle de l'esprit d'ordre, d'humanité et de justice qui dominait dans son caractère, partisan des constitutions et de la liberté qu’elles assurent aux peuples. 11 ne craignit même pas de sexprimor bauntement à ce sujet, sans égard pour les clabauderies qui amenèrent la guerre que la Prusse nous fit en 1792, ni pour les opinions du roi son neveu. Une circonstance remarquable de la vie du prince Henri est la correspondance littéraire qui eut lieu entre lui le et général Moreau, au sujet des campagnes de ce dernier, Le prince professait la plus haute estime pour le général Bonaparte, et admirait
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