HOLBACH — HOLBEIN
vingt-trois ouvrages du baron d'Holbach, inspirés par sa haine pour la religion : parmi ceux-ci figurent en première ligne son Histoire critique de Jésus-Christ et son fameux 5ystème de la Nature. I a en outre traduit plusieurs œuvres scientifiques, telles que l’'Aré de la Verrerie de Nérie, Mervet et Nanckel ; un Essai d'histoire naturelle des couches de la terre; l'Art des Mines ; un Recueil d'histoire de la chimie et d'histoire naturelle, d'après les travaux des académies d'Upsal et de Stockholm, etc., etc. Ces Livres, vraiment utiles, font regretter qu'un homme doué de talents réels les ait fait servir à un but anti-sociai. Victor BOREA HOLBEIN (Hans), ’afné, peintre de l’école de Suaabe, né vers 1450, vécut principalement à Augsbourg. C'est vers Van 1500 qu'il arriva à l'apogée de son talent et de sa réputation ; ethientôt, avecses fils Ambrosius, Brunoet Hans, qui cultivaient aussi l’art, il se retira à Bâle, oùil mourut en 1526. L'œuvre de Holbein l’ainé porte l'empreinte d’une grande vérité de caractère et de nature, qui n’atteint pas, il est vrai, la beauté et la dignité idéales, mais ne laisse pas d’être pleine de charmes et de grâce, et que rehaussent encore la délicatesse et la fratcheur du coloris. En général, dans ses toiles, les personnages qui représentent le génie du mal, et parmi lesquels revient souvent un homme pâle en costume de chasse vert, avec une plume de coq surmontant sa coiffure, sont outrés. Parmi les tableaux de cet artiste qu'a conservés la galerie d'Augsbourg, le plus important est celui qui représente les principaux événements de la vie de l’apôtre saint Paul, et que l'artiste composa pour l’église Saint-Paul de cette ville. On voit aussi de ses produ@ions dans les galeries de Francfort, de Munich et de Nuremberg. La dernière n’en possède pas moins de vingt, dont dix-sept représentent des scènes de la vie de Jésus-Christ, et ont été lithographiées par Gysin (Bâle, 1848). Prague a de lui aussi deux magnifiques toiles peintes en grisaille ; Bâleenfin, quatre grands tableaux relatifs à la Passion de Jésus-Christ, avec des figures quelque peu maniérées, mais cependant pleines de vie. HOLBEIN (Hans), le jeune, l’un des premiers maîtres de l'art allemand, naquit en 1497, à Grunstadt, comme nous l’apprend son portrait exécuté par lui-même, et dont la découverte est toute récente, et fut l’élève de son père. Dès 1512 ses productions commencèrent à faire sensation. Dans les années suivantes il décora diverses maisons et églises de la ville de Bâle de portraits, de fresques et de tableaux d’autel. Beaucoup de mots plaisants, que la tradition a conservés le représentent comme un joyeux compère, et sa vie est aussi riche en anecdotes que celle de pas un des plus grands peintres italiens. Ainsi on raconte que chargé un jour de peindre à fresque une danse de paysans dans la maison de danse de Bâle, notre artiste, au lieu de presser sa besogne, faisait de longues et fréquentes stations dans un cabaret voisin, situé sur le marché aux poissons. L’individu qui lui avait commandé ce travail témoignant un vif mécontentement de ce qu’il n’allait pas plus vite, Holbeïn imagina de peindre sur la muraille, tout au-dessous de son échafaudage, deux jambes pendantes et d’une ressemblance si parfaite, que lorsque le propriétaire de la maison mettait le nez à la porte de la salle pour surveiller son peintre, il croyait toujours le voir profondément occupé et se retirait bien discrètement, pour ne pas le déranger. Holbein vivait mal avec sa femme; et Érasme, avec qui il était fort lié, fit de vains efforts pour l’arracher au désordre. On raconte qu’espérant ainsi le ramener à une meilleure conduite, il lui adressa un exemplaire de son Éloge de la Folie ; et que Holbein, enchanté des portraits qu'Érasme avait tracés des différents genres de folie, entreprit de les représenter à l’aide de dessins qu’il traça sur les marges mêmes de cet exemplaire qu'il remit à Érasme, et que celui-ci le lui renvoya après avoir écrit le nom de Holbein au-dessous dun sujet dans lequel notre artiste avait représenté un gros Hollandais caressant d’une main sa bouteille et de . Vautre sa mattresse
Quand Holbein s’ennuya de la ville de Bâle et de la via qu'il y menait, Érasme lui donna des lettres de recommandation pour le célèbre chancelier Thomas Morus; et il se rendit alors en Angleterre, en passant par Leyde; du moins la tradition raconte une foule d’anecdotes sur sa renconire avec Lucas de Leyde. Thomas Morus le logea dans sa maison, le fit travailler pendant environ trois années, et invita alors le roi à venir visiter les peintures exécutées par Holbein. Surpris et ravi à leur aspect, Henri VIII s’écria : « L'artiste vit-il encore et peut-on lavoir pour de l'argent? » Aussitôt Thomas Morus de présenter son protégé au monarque, qui prit Holbein à son service et le récompensa magnifiquement, Cette réponse, que fit un jour Henri VIII à un lord qui se plaignait à lui d’avoir été insulté par son peintre : « Sachez que je puis faire sept lords avec sept paysans, mais qu'il me serait impossible de faire un seul Holbein avec sept Lords, » prouve combien il appréciait notre artiste. Holbein vécut dès lors constamment en Angleterre, objet de l’estime et de la considération générales ; il y fit, entre autres, le beau portrait en pied de Henri VII, qu’il a copié plusieurs fois, ceux du prince Édouard, des princesses Marie et Élisabeth, celui d’Anne de Clèves, qui fait aujourd’hui l’ornement du Musée de Paris; etc., etc.; et il mourut en ce pays, de la peste, en 1554.
Sans doute Holbeïin fut surtout et dans maintes périodes de sa vie presque exclusivement peintre de portraits; mais sous ce rapport déjà il égale les plus grands peintres italiens, en même temps qu’il l'emporte sur tous les Allemands contemporains. Il n’y a rien d’idéal dans ses portraits; seulement la nature s’y trouve représentée dans ce qu’elle a de plus vif et de plus ingénieux. Quant à l’exécution, rien de plus riche, de plus parfait sous le rapport du coloris, du dessin, de la disposition des figures et des accessoires. Ce ne sont point des personnalités héroïquemment guindées; ce sont des personnages bien réels, représentés avec autant de chaleur que de vérité : c’est la vie prise sur le fait. Nous citerons pour exemples les portraits de sa femme et de ses enfants qui se trouvent à Bâle, ainsi que ceux de Froben, d’Érasme et d’'Amerbach. C’est aussi à cette première période de sa carrière qu’appartient La Sainte Cène, qui se trouve à Bâle, de même que sa célèbre Danse des Morts, où il a représenté toutes les conditions de la vic; les dessins si comiques qu'il composa pour l’encadrement des marges de l’Éloge de la Folie d'Érasme, et les-deux magnifiques toiles représentant des filles de joie. Autant on en peut dire d’un tableau votif que possède la galerie de Dresde et représentant un bourgmestre de Bâle agenouillé devant la sainte Vierge avec toute sa famille; des nombreux cartons ef esquisses qu’il composa pour des peintres sur verre; de ses fresques, dont la plupart n’existent malheureusement plus ; enfin d’une Adoration des bergers et des rois ornant la cathédrale de Fribourg en Brisgau , et vraisemblablement aussi de la célèbre Passion, en sept compartiments, qui se trouve à Bâle. Dans ses tableaux historiques Holbein se dégage des entraves de la tradition de son école. Dans son coloris, dans son exposition, il est complétement vrai et indépendant. H a cherché et trouvé la poésie à sa manière, non point en sé lançant dans l'idéal comme les Italiens, mais par la conception pure et naïve de la vie. Le coloris des deux Filles de Joie, lordonnancementetles caractères de La Sainte Cène de Bâle, proche parente de celle qui orne la galerie du Louvre, prouvent cependant que Holbein connaissait et avait étudié les œuvres de Léonard de Vinci.
Dans sa seconde période, le travail devient un peu plus superficiel, et son coloris n’est point tout à fait exempt de la manière des peintres flamands qui se sont formés .em Italie, et dont il se peut qu’il ait vu les œuvres pendant son voyage pour se rendre en Angleterre. De magnifiques ef ingénieux portraits, appartenant à celte seconde période, orneht la galerie du Louvre, le musée de Berlin et surtout les galeries du château de Longford, près de Salisbury, et du chäteau de Windsor. Il existe de lui, dessinés à la main,
quatre-vingt-sept portraits de personnages de la cour de | Henri VII ; la plus grande partie en fut retrouvée dans le chà- | eau de Kensington et a été gravée par Bartolozzi. Dansle Bar- | ber’s Hall à Londres, on voit un beau tableau de cérémonie | qui réprésente Henri VIII donnant de nouveaux statuts à la corporation des chirurgiens et barbiers, dont les chefs sont agenouillés devant lui. Notre musée du Louvre possède aussi un des plus beaux tableaux de Holbein, réprésentant Jésus descendu de la croix : au bas est une frise figurant la Cène, dont la composition, les gestes et l'expression des figures ont beaucoup d’analogie avec le magnifique tableau de Léonard de Vinci qui est à Milan.
Pendant longtemps Holbein a aussi passé pour un des plus grands graveurs sur bois. Sa Danse des Morts, des figures pour l’Ancien Testament, trois alphabets d’initiales et d’autres travaux encore lui assigneraient ce rang s’il les avait non seulement composés, mais encore gravés lui-même. Mais cette opinion a été combatlue, et non sans une grande apparence de raison. On croit donc que Holbein n’a que peu gravé ou même pas du tout; que sa Danse des Morts fut gravée par Hans Lutzelburger, dont le monogramme se retrouve également sur le portrait de la Duchesse. Toutefois c’est là une question encore controversée, et qui a donné lieu à une polémique assez animée de la part de quelques critiques allemands, comme Rumohr, Sotzemann, etc.
HOLBERG (Louis, baron pe), le créateur de la littérature danoise moderne, né le 6 novembre 1684, à Bergen, en Norvège, étudia d’abord la théologie à Copenhague et fut ensuite précepteur particulier. Son père, qui de simple soldat était devenu colonel, mourut ainsi que sa mère pendant qu’il était encore sur les bancs de l’université; et ce double malheur le réduisit à une gêne cruelle. En donnant des leçons particulières, il fit cependant des économies suffisantes pour pouvoir visiter la Hoilande, l'Allemagne, la France et l’Angleterre. De retour à Copenhague, Holberg y vécut encore quelques années en enseignant les langues étrangères, puis il fut nommé professeur agrégé d’abord, et plus tard professeur en titre à l’université. C’est alors qu’il commença à s'exercer dans la satire. Il écrivit ensuite en jambes le poëme hérvï-comique de Peder Paars (1719-1720), qui lui eut bientôt fait une grande répuloticn. Cet ouvrage fut suivi de Hans Mikkelsens fire Skjemledigte (1722), et et plus tard de Hans Mikkelsens Metamorphosis eller Forvandlinger (1726). Le hasard l’amena à travailler pour le théâtre, où son talent trouva enfin le véritable terrain qui ‘ui convenait, Il composa, à des intervalles très-rapprochés, un grand nombre de comédies, publiées sous le titre de Hans Mikkelsens Comedier (7 vol., 1723-1754), qui ne tar- Aèrent pas à être traduites en allemand et même en français : toutes eurent un grand succès. Il fut, à proprement par!er, le fondateur du théâtre comique des Danois. La vivacité de sa verve, la finesse de sa plaisanterie, l’originalité de ses caractères lui assurent une des places les plus honorables parmi les auteurs comiques modernes. Bien que beaucoup de traits ne se rapportent qu’à son temps et au degré de civilisation où se trouvait alors sa nation, on les voit et on les lit toujours avec plaisir, Tout récemment son Polier d’élain a eu les honneurs d’une double traduction en français.
Son Voyage souterrain de Niels Klim, roman satirique en latin, qui dès son apparition fut traduit en plusieurs langues, ajouta encore à sa réputation. On a aussi de lui une Histoire de Danemark, une Histoire générale de l'Église, une Histoire des Juifs, et des Biographies comparées de Héros el d'Héroïnes célèbres, à la manière de Plutarque, des Epitres et des Fables; mais on voit tout de suite en les lisant qu’il n’était point né fabuliste. 11 fut créé baron du royaume, en 1747, Anglais par le caractère, Français par le goût et la politesse, il vécut célibataire, et mourut le 17 janvier 1754, léguant la majeure partie de sa fortune au collége noble de Soræ.
HOLETRES (de &os, tout, et frpov, ventre). Voyez ARACHNIDES, t, 1, p. 729.