HOLLANDAISES — HOLLANDE
| on s’y sert aussi du frison, dans lequel a écrit Gysbert Ja- | cobs , né en 1603, à Bolsward, et qui a été l’objet des re- | cherches du professeur Everwyn-Wassenberg. Les Hollan- | dais sont fort attachés à leur idiome , qui en effet est riche, | flexible, et aussi propre à l’expression des pensées qu’à celle de la naïveté et de la grâce. C’est une des langues les mieux faites, différant de l'allemand sous le rapport de la grammaire et sous celui des inversions, riche en synonymes et en nuances délicates. Par son ampleur et son énergie la langue hollandaise semble plutôt convenir à l’histoire, à l’épopée, à l’ode et à la tragédie, qu’à la poésie légère et à la comédie. D’ailleurs, la poésie est populaire en Hollande, et cette nation, qu'on se figure volontiers comme flegmalique et exclusivement occupée du soin de s'enrichir, est, jusque dans les classes les moins élevées, sensible à tout ce qui peut émouvoir l'imagination et remuer le cœur. Au treizième siècle, Melis Stoke écrivit une chronique rimée, contenant en 10 livres l’histoire des comtes de Hollande, depuis Dijrk ou Didier 1°" jusqu'à Guillaume III. A la même | époque nous trouvons encore des fabulistes et des roman-
ciers. Le quatorzième siècle nous présente Guillaume van Hildegaertsberch et, de même que l’âge précédent, des espèces de trouvères, appelés orateurs ou sprekers, qui parcouraient les cours et les châteaux, où ils débitaient des maximes morales en prose et en vers, arrangées, soit par eux-mêmes, soit par d’autres, et auxquelles on donnait alors le nom général de proverbes ou spreuken. Pendant ces époques, et jusqu’à la fin du seizième siècle, la supériorité littéraire semble appartenir à la Belgique; mais la Hollande, ayant conquis son indépendance, l’emporta bientôt sur sa rivale, qui, placée trop longtemps dans des circonstances moins favorables, n’eut rien à opposer aux Vondel, aux Kats, aux Hooft, aux Van Haren, aux Helmers, etc. L’imitalion française, une imitation servile et malentendue, faillit tout perdre, lorsque les écrivains qui illustrèrent le règne de Louis XIV eurent ébloui le reste de l’Europe de leur renommée. Mais enfin, on abandonna cette route périlleuse.
Un des auteurs qui contribuèrent le plus puissamment à ramener la littérature batave à son génie fut Bilderdyk, que ses compatriotes placent sans hésiter à côté de Gœthe
et de Byron. De nos jours, se sont distingués comme poëtes :
Feitbh, Bellamy, Van Alphen, Nieuwland, Élisabeth
Wolf, Agathe Deken, Tollens, etc.; comme prosateurs,
Loosjes, Van Hall, Borger, Van der Palm, etc.
La Hollande est toujours la terre classique de l’érudition, la terre qui donna le jour à Dousa, à Juste Lipse, à Scaliger, à Grotius, à Vossius, à Heinsius, à Gron0Y, à Haverkamp, ct continue cette école philologique fondée par les Hemsterhuys, les Ruhnkenius et les Wyttenbach ; école sage et laborieuse, mais qui peut-être s'attache plus à la forme qu’à l’idée. La Hollande est le seul pays de l’Europe où l’on se pique encore d'écrire en latin avec élégance et pureté. Ses universités, surtout celle de Leyde, récompense d’un grand dévouement patriotique, soutiennent leur ancienne réputation ; et ses écoles moyennes et élémentaires, multipliées jusque dans les plus humbles villages, et où l’on suit d'excellentes méthodes, portent jusque parmi les moins fortunés une tract eubetntielte, prudemment proportionnée au rôle que chacun est appelé à jouer dans le monde, L'association dite Pour l'unité publique (Tot nut van t'algemeen) rend sous ce rapport, comme sous bien d’autres, d’éminents services, qui ne coûtent rien à l’État.
Les Hollandais cultivent les sciencesavec succès; il nous suffira sans doute de rappeler ici pour Za médecine les noms de Van Helmont, de Boerhaave de Vesale, de Swammerdam, de Ruysch, de Camper, de Huyghens, de S'Gravesande, de van Calkan, de Leeuwenhoek,deMuschenbroek,deSpinosa,d'Érasme,
d’Aitzema, etc. Leurs peintres, si nombreux, si estimés, mais.
que Louis XIV n’aimait pas, lui qui n’Clait frappé que d'une grandeur de convention, sont des coloristes incomparables,
moins habiles, toutefois, à rendre les grandes scènes de
| l’histoire qu’à reproduire avec une vérité minutieuse la na-
ture morte et les détails subalternes ou grotesques de la vie domestique. Ils ont déjà été appréciés dans ce livre à l’ar-
| ticle Écoces DE PEINTURE ; nous nous bornerons donc à y ren-
voyer le lecteur. L'architecture , excepté l'architecture hydraulique, ne brille pas chez les Hollandais d’un grand éclat ; leurs édifices modernes manquent en général de dignité et de grâce. Quant à la musique, on cite parmi eux peu de compositeurs dignes d'attention; et c’est à peine si à l'étranger on en pourrait nommer un seul.
DE REIFFENLERG.
HOLLANDE. C’est, dans son acception la plus large, le non qu’on donne souvent à la ci-devant république des sept Provinces-Unies et au royaume actuel des Pays-Bas; mais, dans un sens plus restreint, on entend par là les deux provinces nord-ouest de ce royaume confinant à l’ouest et au nord à la mer d'Allemagne, à l’est au Zuydersée et aux provinces d’Utrecht et de Gueldres, au sud à la province du Brabant septentrional et à la Zélande, et répondant à peu près à l’ancien comté de Hollande. Depuis 1816 ces deux provinces n’en formèrent plus qu’une seule, divisée cependant, sous le rapport administratif, en deux gouvernements : celui de la Hollande septentrionale et celui de la Hollande méridionale ; mais quand, en 1830, la Belgique se sépara des Pays-Bas, on en constitua deux provinces du royaume, complétement distinctes l’une de l’autre. Elles comptent ensemble, sur une superficie de 66 myriamètres carrés, une population de 1,048,438 habitants, et forment la partie la plus peuplée, la plus riche, la plus florissante du royaume, de même qu’autrefois la Hollande constituait le centre et le point d'appui de la république des provinces unies des Pays-Bas. Placée quelquefois au-dessous du niveau de l'Océan, elle offre partout un sol plat, que dominent seulement des dunes qui, avec un coûteux sys: tème de digues, le protègent contre les envahissements de la mer; couvert d’ailleurs de lacs en partie desséchés comme la mer de Harlem), de marais et de tuurbières, d’immenses pâturages, de terres à blé et de jardins ; et traversé par d'innombrables canaux de desséchement et de navigation, par exemple le grand Canal de Hollande, entre Amsterdam et le Hellder , par de petits cours d’eau, et par plusieurs bras du Rhin et de la Meuse à leur embouchure. Le climat est humide, variable et froid, sans être malsain pour les habitants. Le sol, cultivé avec le plus grand soin, produit surtout du seigle. On cultive aussi le chanvre et la garance; on récolte beaucoup de fruits et de légumes. Les graines de jardin, notamment les oignons de jacinthes et de tulipes, donnent même lieu à un commerce d'exportation. Mais l’éducation du bétail, qui a pour annexes la fabrication du beurre et du fromage, constitue, en raison de l’excellence des pâturages , une industrie autrement importante. L'éducation des abeilles et des volailles ne laisse pas non plus que d’être très-productive. Les principales industries consistent dans la fabrication et la blanchisserie des toiles, la filature du coton et du lin, la fabrication des toiles à voiles , des rubans, du sucre, du sel, des sirops, du tabac, des articles en cire, en caoutchouc et en argile, des couleurs, de la céruse et des produits chimiques, la distillerie des eaux-de-vie de grains, la taille des diamants, la fonte du fer et la construction des machines, surtout des vaisseaux. Il faut y ajouter des pêcheries importantes, un vaste cabotage et un commerce aussi actif que productif. C’est en Hollande que sont situés les villes les plus grandes. et les plus riches , les ports les plus sûrs et.les plus fréquentés, les établissements, les collections et les sociétés scientifiques les plus considérables qu'il y ait dans le royaume des PayseBas,. La Hollande septentrionale, désignée aussi autrefois sous le nom de Frise occidentale, présente avec les îles qui en dépendent (Terschelling, Vlieland et Texel dans la mer du Nord, Marken, Wieringen dans le Zuyderzée, elc.) une superficie totale de 2,730 kilom. carrés, avec une populä
tion de 590,454 habitants (1869), et est divisée en arrondissements portant les noms de leurs chefs-lieux : Amsterdam, Harlem, Hoorn et Alkmar.
La Hollande méridionale, en y comprenant les îles d’Ysselmonde, de Voorne, de Beïjerland et d’Overflakke, situées entre les embouchures de la Meuse, présente une superficie de 2,991 kilom. carrés, avec une population de 703,213 habitants (1869), et forme les arrondissements de la Haye, Leyde, Rolterdam, Dordrecht, Gorcum et Brielle.
Dans les temps les plus anciens , la Hollande était habitée au sud var les Bataves et au nord par les Frisons. Les premiers furent soumis par les Francs dès le cinquième, les
seconds seulement au huitième siècle, et encore conservèrent-ils toujours une cértaineindépendance. Le pays, qui à l’origine dépendait de la Lorraine, était gouverné par des comtes, parmi lesquels ceux de Wlaardingen acquirent toujours plus d'importance, de même qu’ils agrandirent continuellement leurs possessions, surtout dans la Hollande septentrionale, habitée par des Frisons, et finirent par se rendre souverains héréditaires de toute la Hollande et par être reconnus comme princes immédiats de l’Empire. Dijrk 1°, mort en 903, fut, dit-on, le premier qui obtint de Charles le Simple la Hollande à titre de fief héréditaire. Toutefois, leschartes ne men: tionnent pour la première fois le nom du comté de Hollande que sous Dijrk V. Avec le temps ces comtes acquirent aussi la Zélande et une partie de la Frise orientale. Leur race s’éteignit en 1299. Le pays échut alors en héritage à Jean IX d’Avesnes, comte de Hainaut. Au milieu du quatorzième siècle de grands troubles intérieurs surgirent, provoqués par la querelle survenue entre Marguerite, épouse de l’empereur Louis de Bavière (à qui le pays était échu en héritage, par suite de la mort de son frère, le comte Guillaume IV), et son fils Guillaume V. I] se forma alors deux factions, celle des Hoëeks et celle des Cabillau ds, dont les luttes ne cessèrent que lorsque le pays échut, en 1430, à Philippe le Bon de Bourgogne, après le détrônement de la dernière héritière et souveraine, la comtesse Jacobée. Dès lors la Hol- ’ande partagea les destinées de la Bourgogne (voyez Bour- GocnE et Pays-Bas). En ce qui touche l’organisation politique
du pays, la constitution de la Hollande était celle des États |
voisins. Aux douzième et treizième siècles, les villes devinrent puissantes et florissantes ; le commerce y était des plus actifs ; etelles comptaient déjà d'importantes manufactures de draps. Les comtes de Hollande avaient une flotte considérable ; les habitants des côtes étaient tenus d'y servir pendant un certain temps.
HOLLANDE (Fromage de). Voyez FROMAGE.
HOLLANDE (Nouvelle). Voyez NouvELLE-HOLLANDE,
HOLLAR ( WencesLaAs), spirituel graveur sur cuivre, né en 1607, à Prague, fut l'élève de Matthieu Mérian de Francfort. Dès 1625 il donna ses deux premières planches, une Vierge à l'enfant etun Ecce Homo; puis il parcourut l'Allemagne, et grava des vues de ses principales villes, telles que Strasbourg, Francfort, Cologne, Mayence, etc., qui excitèrent l’admiration générale, A Cologne, il rencontra, en 1636, lord Arundel, envoyé par l'Angleterre en qualité d'ambassadeur à Vienne. Lord Arundel, qui aimait les arts, le prit à son service. A Londres, Hollar grava d’abord quelques planches d’après des tableaux de la galerie d’Arundel ; en 1638, à l’äccasion de la visite de Marie de Médicis en Angleterre, différents portraits de la famille royale et celui du comte d’Arundel à cheval; en 1639, les vingthuit planches si admirées de l’Ornatus muliebris anglicanus, qu'il fit suivre, de 1642 à 1644, des costumes de femmes chez les différents peuples de l’Europe. La guerre civile vint interrompre ses travaux ; mis en prison, en 1645, comme royaliste, il suivit, après sa mise en liberté, le comte d’Arundel, qui s'était sauvé à Anvers avec sa collection. Il resta plusieurs années dans celte ville, et y grava d'abord quelques morceaux de la galerie du comte; mais la santé de celui-ci l'ayant forcé d’aller en Italie, Hollar fut obligé pour gagner sa vie de recourir à des travaux commandés
HOLLANDE — HOLOTHURIDES
par des marchands d'objets d'art. En 1652, il recourna, Il est vrai, en Angleterre; mais il ne réussit pas à s’y faire une position meilleure, et malgré son infatigable ardeur au travail, il tomba dans la plus profonde misère. Les dernières années de sa vie s’écoulèrent de la manière la plus triste, et l’on raconte que peu de temps avant sa mort ses créanciers voulurent, pour se payer, faire vendre la seule chose qu'il possédat encore, son lit. Il mourut le 28 mars 1677. Ses gravures sur cuivre, soit d’après des maîtres anciens ou contemporains, comme Holbein et Van Dyck, soit d’après ses propres dessins, montrent de l’esprit, de la finesse et une vérité de nature obtenue avec peu de mo vens. Un catalogue de ses ouvrages a paru à Londres en 1818. HOLM. En Danemark et en Suède, c’est le nom qu’on donne en général aux petites îles : mais à Copenhague et à Stockholm on désigne généralement par ce mot des ilots : sur lesquels sont établis des chantiers de construction. HOLMAN (Jawes), le célèbre voyageur aveugle, fut d’abord lieutenant dans la marine britannique, et exécuta déjà pendant les guerres contre la France de grands voyages par mer, surtout dans les mers d'Amérique. Devenu aveugle, il n’en continua pas moins ses pérégrinations et tout seul. C’est ainsi que, de 1819 à 1821, il parcourut la France, l'Italie, la Suisse et la Hollande; et il rendit compte de ses excursions dans son Narrative of a Journey, etc. (Londres, 1822). Peu de temps après il se remit en route pour la Russie; mais, par suite des obstacles que lui suscita le gouvernement russe, il n’alla pas plus loin que les provinces méridionales, et dut revenir sur ses pas. Alors il s’en alla faire le tour de l’Afrique, et se rendit, en passant par l’île Maurice, dans l’Inde, parcourut plusieurs parties de la péninsule, pénétra en Chine aussi loin qu’on le lui permit, visita au retour Ceylan, Madagascar, puis l'Australie, et, dans l’été de 1831, le continent américain; ilne revint dans sa patrie qu’en 1832, après une absence de cinq ans, et publia alors de Nouvelles Observations faites dans ses voyages. En 1843 il visita encore la Dalmatie, Montenegro, la Bosnie et la Servie, et se rendit en 1844 par la Moldavie dans la Transylvanie. Il mourut en 1857, âgé de 70 ans. HOLOCAUSTE (du grec é)6xavatov, formé de 6)0s, tout, et xæiw, jebrûle), sorte de sacrifice dans lequel la victime était entièrement consumée par le feu. Chez les Juifs deux agneaux étaient tous les jours offerts en holocauste sur l’autel d’airain : un le matin, avant les autres sacrifices , et l’autre le soir, après tous ceux de la journée. On offrait en outre des holocaustes dans différentes cérémonies publiques ou particulières. Dans les sacrifices que les Grecs avaient coutume de faire aux Dieux infernaux, on n’offrait que des holocaustes, L’hostie était réduite en cendres sur l’autel, parce qu’il était défendu de manger rien de ce qui avait été immolé pour les morts. Dans un sens plus étendu , Aolocauste s'entend de toute espèce de sacrifice.
HOLOPHERNE. Voyez Junrrs.
HOLOTHURIDES. Blainville désigne sous ce nom son ordre premier de sa première classe des animaux rayonnés ou actinozoaires ou des échinodermaires. Cet ordre est divisé par lui en cinq sections, auxquelles il n’assigne ni le rang des familles ni celui des genres. Voici les caractères de l’ordre des holothurides et des @inq sections qu'il renferme : Corps plus ou moins allongé, quelquefois vermiforme, mou ou flexible dans tous ses points, pourvu de suçoirs tentaculiformes, souvent nombreux, très-extensi; bles, complétement rétractiles , et percés d’un grand orifice à chaque extrémité ; bouche antérieure au fond d’une sorte d’entonnoir ou de cavité prébuccale, soutenue dans sa circon: férence par un cercle de pièces fibro-calcaires et pourvue d’un cercle d’appendices arbuseulaires plus ou moins ramifiés; anus se terminant dans une sorte de cloaque, s’ou: vrant à l'extérieur par un grand orifice terminal ; organes de la génération se terminant par un orifice unique, médian, à peu dedistance de l'extrémité antérieure et presque mar» ginal.
HOLOTHURIDES — HOLSTEIN
Les holothurides sont des animaux marins qu'on trouve
aans toutes les mers, dont ils habitent en général le fond. On les treave cependant quelquefois sur les rivages, parmi les fucus. On connaît très-peu leurs mœurs, surtout ce qui est relatif à leur génération. On sait qu'ils se nourrissent en général du détritus des substances végétales et animales mêées au sable plus ou moins vaseux qu'ils avalent et qu’on trouve en abondance dans leurs intestins, La première section des holothurides renferme les espèces dont le corps est aplati avec suçoirs en dessous, qui forment le genre cuvieria de Péron. La deuxième ne comprend que les esèces du genre holothurie, c’est-à-dire celles dont Je corps subprismatique est pourvu de suçoirs inférieurs. ‘Un troisième groupe d'espèces à corps fusiforme et à suçoirs épars constitue le genre {hione , qui forme la troisième section. La quatrième ou le genre Jistularia ne contient que les espèces à corps vermiforme, à tentacules pinnés. Enfin, sa cinquième section ou le genre cucumaria est le groupe des espèces à corps subpentagonal à suçoirs ambulacriformes. L. LAURENT.
HOLOTHURIE (de 6)0ç, entier, et 66prov, petit trou), genre d'animaux rayonnés, de l’ordre des holothurides, dont il constitue la deuxième section. La caractéristique de ce genre, institué par Linné, est, en outre de la forme subprismatique de son corps et de ses suçoirs épars situés sur le ventre seulement, la position subinfère de la bouche, ce qui le distingue du genre cuvieria, dont les deux orifices {bouche et anus) sont plus ou moins supérieurs; en outre, ce genre offre des appendices buccaux peu ramifiés, en quoi il diffère des autres genres thione, fistulaires et cucumaria ou concombres de mer, Il renferme un assez grand nombre d'espèces, dont six ont été observées et décrites par M. Delle Chiaje comme habitant le golfe de Naples. L. LAURENT.
Parmi les espèces de ce genre, citons l’Aolofhurie trépang (Aoloturia edulis), dont la substance, quoique assez coriace, est recherchée comme aliment dans quelques localités. « Célèbre depuis longtemps dans le commerce de l’Inde sous le nom de {répang, que lui ont consacré les Malais, ou de priape marin, que lui donnent les Européens, cette holothurie, dit M. Lesson , est l’objet d’un immense commerce de toutes les îles indiennes de la Malaisie avec la Chine, le Camboge et la Cochinchine. Des milliers de jonques malaises sont armées chaque année pour la pêche de ce zoophyte, et des navires anglais ou américains se livrent eux-mêmes à la vente de cette denrée, généralement estimée chez tous les peuples polygames, qui lui accordent les propriétés
aparodisiaques les plus énergiques. Les pauvres habitants des côtes de Naples mangent aussi des holothuries. HOLSTEIN , ancien duché du nord de l’Allemagne, formant depuis 1866, avec le Schleswig, une province prussienne, borné au nord par le Schleswig, dont le séparent l’Eider et le canal de Schleswig-Holstein, et par la Baltique; à l'est, par la Baltique, le territoire de Lubeck et le duché de Lauenbourg; au sud-ouest, par le territoire de Hambourg et par le Hanovre, dont le sépare l’Elbe. à l’ouest, par la mer du Nord. Il renferme en grande partie la principauté de Lubeck, qui y forme une enelave appartenant à POldenbourg, et, sans ce territoire, comprend une surface de 8,525 kilom. carrés, avec une po= pulation de (1867) 578,763 habit,, de source germanique: En raison de la nature diverse de son sol, on le divise en Marschland (Pays de Marches) et Gestland (Pays de landes). Sous la première de ces dénominations on comprend l'étendue de territoire, formée par alluvion, que des digues protègent contre les empiétements de la mer du Nord et de l'Elbe ; pays qui commence un peu au-dessous de Hambourg, se prolonge tout le long de la frontière occidentale du duché jusqu'au Schleswig, et presente à son puint | extrême de largeur une profondeur de 15 kilomètres environ. La seconde est employée pour désigner la partie du | pays la plus élevée, qui forme une plaine onduleuse, inter- ! rompue par de petites collines, traversée à son centre, dans |
la direction du nord au sud, par un petit plateau sablonneux et couvert de bruyères, puis s’abaissant à partir de ce plateau dans la direction de l’est à l'ouest. Le sol, sauf un petit nombre de bruyères et de parties sablonneuses, est fertile, à l’ouest surtout, et d’une luxuriante fécondité dans les Marches. 11 est arrosé par divers cours d’eau et par de charmants lacs , notamment à l’est. Nous citerons parmi les premiers l’Eider et l’Elbe, qui lui servent tous deux de lignes de démarcation, l’Alster, la Siœr, Ja Braine, qui se jettent dans l’Elbe, et la Trave, qui a son embouchure dans la Baltique. Les lacs les plus remarquables sont ceux de Plœn, de Salent, d’Eutin et de Westen. Sur la frontière
! nord, le canal de Schleswig-Holstein met la Baltique en
communication avec l’Eider, qui se jette dans la mer du
. Nord. Le climat et les conditions physiques du pays, tant
dans le Marsckland que dans le Geestland, sont les mêmes que dans les autres contrées du nord de l'Allemagne situées sous la même latitude. Le duché fournit du sel et de la chaux, mais pas d’autres minéraux. On trouve de l’ambre sur les bords de la Baltique, et beaucoup de tourbe dans l'intérieur. Il produit en abondance des céréales de toutes espèces ; il s’y trouve aussi de belles forêts, notamment à l’est, et le hêtre en est l'essence dominante. Il y a de même abondance de chevaux et de bêtes à cornes; et les cours d’eau et lacs sont très-poissonneux. L'industrie manufacturière est peu importante; en revanche, l’agriculture et l'élève du bétail y sont parvenues à un haut degré de perfection, et leurs produits constituent les articles les plus importants d’un grand mouvement d'exportation. Le commerce qui en résulte a pris un assez large développement, de même que dans les ports le cabotage. Les travaux entrepris dans ces trente dernières années pour l’amélioration des voies de communication n’ont pas peu contribué à l’accroissement des relations commerciales, qu’a encore favorisé la construction du chemin de fer qui s’étend aujourd’hui d’Altona jusqu’à Flensbourg, en Schleswig, avec embranchements sur Gluckstadt et sur Kiel.
Pendant plusieurs siècles et jusqu’en 1866, le Holstein forma avec le Schleswig une unité administrative et politique; mais quoique réuni politiquement, etsous certains rapports administrativement, au Danemark par la com:munauté de souverains, il ne constitua jamais, à bien dire, un même Etat avec ce royaume, puisque l’ouverture d’un droit de succession à la couronne autre qu’en Danemark pouvait l’en séparer. En outre, le Holstein faisait partie, avec le duché de L auenbourg, de la Confédération germanique. Le gouvernement du pays était monarchique et limité seulement par une assemblée consultative d’élats provinciaux. Cette assemblée se composait d’une voix virile appartenant au majorat constitué par la famille de Hesse, de deux appartenant au clergé, d’une appartenant à l’université du pays, et de quatre exercées par des membres de l’ordre équestre à la nomination du roi, plus de neuf députés de l’ordre équestre, de seize députés des villes et de seize députés de l’ordre des paysans, qui se réunissaient tous les ans à Itzehoë, et avaient le droit de proposition, de supplique et de répartition des impôts. Toutes les lois générales , ayant pour but d'apporter des modifications aux droits des personnes et aux droits de propriété, ou relatives aux impôts et aux caisses publiques, devaient être soumi ses à leurs délibérations. Leurs séances n'étaient pas publiques , mais la presse les portail à Ja connaissance générale. 11 y avait pour le Holstein et ls Lauenbourg un ministre d'État, responsable envers le roi seul etmembre du ministère danois, sous l'autorité duquel fut provisoirement placé le gouverneur, qui résidail à Kiel.
En passant sous le régime de la Prusse, le Holstein a conservé provisoirement l’organisation qu'il devait au Danemark. Sous le rapport administratif, il est divisé en villes et en districts. Les villes sont adninistrées par un bourgmestre et des conseillers municipaux; Altona est
de plus placée sous l'autorité d’un président supérieur. Quant aux districts, il y en a 16, qui ont à leur tête autant de préfets. En outre, certains domaines seigneuriaux ou ecclésiastiques relèvent d’autorités particulières. Sous le rapport judiciaire, le Holstein dépend de la cour suprême siégeant à Kiel , et des dicasteries établies à Gluckstadt. Enfin sous le rapport religieux il se divise en 12 prévôtés. administrées par un surintendant général qui porte le titre d’évéque et réside à Altona. L'université est à Kiel; on compte une école normale à Segeberg, 6 gymnases et environ un millier d'écoles élémentaires. Il y avait à Izehoë, à Preetz et à Uetersen des cloitres nobles, institutions hospitalières pour les filles nobles qui ne se marient point.
Les revenus publics du duché de Holstein s'élevaient, à l’époque de l’annexion, à 5 millions de fr. environ. En 1855 le chiffre de ses importations était de 42 millions et demi, et celui de ses exportations à 40 millions ; il a augmenté depuis.
A l’époque la plus reculée le Holstein fut complétement seuplé par des habitants allemands, de race saxonne. Plus {ard des Slaves s’établirent en Wagrie, contrée formant l'extrémité orientale du Holstein depuis le golfe de Kiel jusqu’à la Trave. Les Saxons du Holstein participèrent à la défaite complète que Charlemagne fit essuyer à leur nation, qu'il subjugua ; et le Stormarn ainsi que le Dithmarschen (le Holstein proprement dit), qu’ils habitaient, constituèrent la principale partie de la Nordalbingie, qui fit d’abord partie comme Marche particulière du duché de Saxe, mais qui dès l'an 1106 fut érigée par l’empereur Lothaire en fiefde l'Empire en faveur du comte Adolphe de Schaumbourg, à l'exception du Dithmarschen. Dès le dixième siècle les Slaves de la Wagrie avaient été subjugués ; et ils furent germanisés de bonne heure par des colons flamands et saxons. Au douzième siècle, le comte Adolphe IL ayant conquis leur territoire, le réunit au Holstein et au Stormarn.
Les comtes de Holstein eurent de nombreuses guerres à soutenir contre les Danois et les Slaves ; mais de ces deux peuples les Danois étaient l'ennemi dont ils avaient le plus à redouter. Dans les premières années du trezièmesiècle, commandés par leur roi Waldemar, ceux-ci s'étaient déjà emparés de tout le Holstein ; maïs la bataille de Bornhæved, 22 juillet 1227, eut pour résultat de l’affranchir d’une manière durable de la domination danoise; et même le Holstein à partir de ce moment exerça toujours plus d'influence sur le Danemark. Le comte Gerhard IV, fils de Henri de Fer, se fit octroyer, en 1385, par la reine Marguerite de Danemark à titre de fief le duché de Schleswig, qui depuis lors fut toujours considéré comme un pays à part, complétement séparé du Danemark, et qui effectivement demeura tel, malgré
les longues et sanglantes guerres qui en résultèrent. "La famille de Schaumbourg s’éteignit en 1459, en la personne du comte Adolphe VIII. Les états du pays élurent alors pour duc, en 1460, le fils de la sœur du défunt, le comte Christian d’Oldenbourg, qui, en 1448, avait déjà été élu roi de Danemark. Celui-ci reconnut le droit de libre élection des états de Schlesvig-Holstein; droit que ceux-ci continuèrent effectivement d'exercer jusqu’à la fin du seizième siècle. En outre, les droits et priviléges des duchés furent solennellement garantis dans une capitulation bien expresse et bien précise. Précédemment Christian avait déjà promis que le Schleswig ne pourrait jamais être réuni au Danemark. De même il fut bien stipulé que le Holstein et le Schleswig resteraient à toujours unis et indivisibles (07e SCHLESWIG- HOLSTEIN ).
En 1474 l'empereur Frédéric LIT érigea le Holstein et le Stormarn en duché, et y réunit le Dithmarschen, qui d’ailleurs ne put être soumis que beaucoup plus tard. En 1481 le roi de Danemark, Jean 1°", octroya le Schleswig et le Holstein à son frère Frédéric 1°", qui lui suu/da sur le trône de Danemark, en 1523. Le système des partages continua également sous ce prince. Ses fils, le roi Christian III