HOLSTEIN
de Danemark (mort en 1559), et le duc Adolphe (mort en 1586), devinrent les fondateurs des deux principales lignes de la maison de Holstein : la ligne royale, avec ses branches collatérales de Holstein-Sonderburg-Augustenburg et Holstein-Sonderburg-Beck (depuis 1826 cette dernièreest dite Holstein-Sonderbourg-G lu c ksbour g);et la Ligne ducale ou ligne de Holstein-Gottorp, souche commune de la maison impériale actuelle de Russie et de la maison ducale d'Oldenbourg (voyez OLnensourc). Une foule de discordes furent le résultat de ces partages ; elles ne cessèrent qu'en 1773, lorsque le grand-duc Paul de Russie, devenu plus tard empereur sous le nom de Paul I“, eut cédé sa part du Holstein à la maison royale de Danemark en échange des comtés d’Oldenbourg et de Delmenhorst, érigés alors en duché d’Oldenburg, et que Paul aban; donna à la branche cadette de la maison de Holstein-Gottorp. La ligne de Holstein-Sonderburg-Augustenburg est aujourd’hui représentée par le due Chris ti a n-Charles-Frédéric- Auguste, né en 1798; et la ligne de Holstein-Sonderburg- Beck, par le duc Charles, né le 30 septembre 1813.
La partie royale du Holstein, et à partir de 1773 le duché tout entier, à l'exception de la principauté de Lubeck, partagèrent complétement les destinées du Danemark; il nous faut seulement faire remarquer que le servage y fut aboli en 1804. Quand la création de la Confédération du Rhin mit fin à l’Empire d'Allemagne, le roi de Danemark, par une ordonnance en date du 6 septembre 1806, réunit le Holstein au Danemark; et à cette occasion il supprima arbitrairement l'antique constitution d’états dont jouissait ce duché. Dans la grande guerre de 1813, le Danemark étant resté jusqu’au dernier moment fidèle à Napoléon, le Holstein fut occupé par les troupes des coalisés, jusqu’à ce que la paix conclue à Kiel, le 14 janvier 1814, mit fin aux hostilités. L'acte du congrès de Vienne déclara ensuite que le Holstein faisait avec le Lauenbourg partie de la Confédération germanique. Dès cette époque, par suite des préjudices nombreux qui résultaient pour le Holstein de son union avec le Danemark, particulièrement en ce qui concernait l'administration de la justice et les finances, il se manifesta dans le duché une tendance bien prononcée à s’affranchir d’une union devenue une lourde charge ; tendance qui explique les événements politiques dont ce pays a été le théâtre dans ces dernières années. Cette tendance se manifesta d’abord par les efforts faits par l’ordre équestre pour remettre en vigueur l'antique constitution, illégalement supprimée en 1806, après avoir été maintes fois confirmée et solennellement garantie. Ces efforts, il est vrai, demeurèrent inutiles, parce que la diète germanique, dont l’ordre équestre invoqua l'appui pour la défense de ses droits contestés et mis à néant par le Danemark, déclara ses réclamations mal fondées, attendu que l'ancienne constitution n’existait plus en réalité; mais la crise de 1830 eut pour résultat de donner encore plus de force aux tendances que nous venons de signaler. La conséquence de l'agitation que ces événements produisirent en Holstein, comme dans le reste des États du roi de Danemark, fut la loi du 15 mai 1834, qui accorda au pays une constitution d'états provinciaux, Dans toutes les assemblées qui eurent lieu depuis lors, la lutte eut pour but de défendre les droits du Holstein contre les usurpations du gouvernement danois; et l'indépendance à rendre à leur pays devint la pensée dominante des populations. Les institutions semi - représentatives octroyées au Danemark eurent aussi pour résultat d'y provoquer et d'y sur-exciter le sentiment de la nationalité ; mais, par contre, la nationalité germanique se réveilla avec un redoublement d'énergie parmi les populations du Holstein et du
Schleswig à l’effet de repousser les projets d'absorption du
Danemark et de défendre leur indépendance,
La mort du roi Frédéric VI (1839), l'avénement au trône de Christian VII, qui n'avait qu’un fils resté sans enfants (le roi aujourd’hui régnant Frédérie VII), donnès rent pour a première fois à cet antagonisme sa véritable sis