‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 84 sur 522 · HOMME DE BIEN — HOMOEOPATHIE · texte numérisé non relu

HOMME DE BIEN — HOMOEOPATHIE

| expression latine komo frugi, indique un homme estimable | de tout point, de honnes mœurs, de bonnes inclinations, juste, probe, attaché à sa parole. « On dispute trop, a dit un moraliste, quel est l'homme de bien au lieu de le devenir. » Si vous lisez dans l’épitapüe De Fabrice, qu’il fut toujours Lomme de bien, C'est une faute d'orthographe ; Passant, lisez : omme de rien.

Homme de bien, pris ironiquement, est la plus sanglante injure qui puisse être adressée à quelqu'un. C’est ainsi que dans Tartufe Orgon exhale tout son mépris pour l’hypocrite démasqué.

HOMME DE COULEUR. Voyez MULATRE.

HOMME DE LETTRES. Voyez LETTRES.

HOMME DE LOI. Celui qui fait profession d'interpréter les lois, jurisconsulte. 11 s'emploie aussi quelquefois, surtout au pluriel, pour désigner les gens de justice, les

officiers ministériels près des tribunaux. Sous la première république française, c'était le nom qu'on donnait aux hommes qui occupaient près des tribunaux pour des clients. Ils remplaçaient les avocats etles avoués, dont les priviléges avaient été abolis. Ce terme ne s'emploie plus guère aujourd’hui ; mais le peuple le donne encore à tous ceux qui s'occupent d’affaires judiciaires, qu’ils aient ou qu'ils n’aient

pas qualité. ?

HOMME DES BOIS. Voyez ORANG-OUTANG.

HOMME D'ÉTAT, Voyez Érar.

HOMME D'HONNEUR. Diderot définit l’Aomme d'honneur celui qui suit rigoureusement les lois etles usages de la société. Roubaud le définit avec plus de raison celui qui se fait remarquer par la hauteur, la fermeté et la délicatesse des sentiments incompatibles avec toute idée de bassesse. Homme d'honneur se dit principalement d’un homme attaché à sa parole, fidèle à ses prouesses, incapable de faire une action avilissante. Avouons que souvent l’orgueil, le respect humain, les préjugés ont beaucoup de part aux qualités de l’homme d’honneur.

HOMME DU MONDE. Voyez Monne. M

HOMME GRAND, GRAND HOMME. Voyez GRAND.

HOMME HONNÈTE, HONNÈTE HOMME. Voyez HonxÊtE.

HOMME HONORABLE. ve HONORABLE.

HOMMES MARINS, êtres fabuleux créés par l’imagination des anciens, qui les désignaient encore sous le nom de {ritons, comme ils désignaient des espèces de femmes marines sous le nom de sirènes. Cette fable, que dans son Telliamed De Maillet cherchait encore à accrediter à la fin du dix-septième siècle, tirait sans doute son ori;ine du /amantin et du dugong, mammifères amphibies, auxquels des nageoires en forme de mains, des manuelles pectorales, des pieds à l’aide desquels ils portent leurs petits, un mufle entouré de poils plus ou moïns semblables à une chevelure, donnent une ressemblance plus ou moins éloignée avec l’homme.

HOMOCENTRIQUE (du grec éu6s, semblable, et #évrpov, centre ), C'est-à-dire qui a le même centre. Ce mot est synonyme de concentrique, qui est plus généralement en usage.

HOMOEOPATHIE (du grec éguuoy, semblable, et xéos, souffrance). C’est le nom donné à la nouvelle méthode médicale dout Hahnem annest l’auteur, La médecine a possédé et possède encore bien des systèmes ; mais tandis que ceux-ci reposent sur une hypothèse plus ou moins ingénieuse ou vraisemblable, la méthode d’Hahnenann a la prétention d’être fondée uniquement sur l'expérience; la vérité est qu'un fait expérimental en a été l’origine, que l’expérimentation préside à tous ses procédés, et que, sans l'expérience constamment invoquée par ses partisans, le raisonnement a

: priori tendrait à la faire rejeter comune absurde. D’un autre côté, pourtant, comme nous le montrerons plus loin, l’hom&opatine présente plus d’un trait de ressemblance avec la méthode d’Hippocrate,

Quoique l’homæopathie compte déjà plus de soixante ans d'existence, elle n’est connue en France que depuis lPépidémie cholérique de 1832; mais, il faut l’avouer, elle à fait dans notre pays, comme dans toutes les régions civilisées de l'Europe et del’Amérique, de rapides progrès ; et elle a su se concilier lopinion d'une minorité importante, malgré l'opposition que n’ont cessé de lui faire les corps savants, gardiens naturels des saines traditions de la science. Témoin impartial de l'intérêt qui s'attache depuis quelques années à la question de l’homæopathie, et désireux d’exposer sans inexactitude une doctrine à laquelle nous sommes resté étrangur, nous avons dû emprunter quelques documents essentiels à un confrère instruit, disciple zélé et fort convaincu d'Hahnemann, au D' Escaller, déjà connu par plusieurs travaux judicieux de médecine homæopathique.

C’est en traduisant Particle Quinquina dans la Malière médicale de Cullen qu'Hahnemann, peu satisfait des explications diverses sur l’action thérapeutique de cette substance, voulut en essayer sur lui les effets; grande fut sa surprise quand il se sentit pris de froid, puis de chaleur, puis d’une sueur abondante, en un mot d’une suite d’effets analogues à un accès de fièvre intermittente. Cette expérience fut pour lui un trait de lumière : il pensa que puisque le quinquina, remède spécifique dela fièvre intermittente, était susceptible de produire un accès analogue à cette fièvre, tout médicament capable engendrer un certain ordre de phénomènes morbides dans l’économie serait peut être destiné à guérir la maladie présentant un ensemble de symptômes analogues. Cette vue, qui n’était encore qu’une hypothèse, luipersuada d'entreprendre une suite d'études à la fois physiologiques et cliniques sur un certain nombre de médicaments, et cene fut qu'après plusieurs années de ces expérimentations diversifiées sur des individus de tout âge et de toute condition, qu'Hahnemann se crut le droit de présenter la théorie des semblables comme l'unique loi de la thérapeutique. Cette loi peut se formuler ainsi : Tout vrai remède doit susciter dans un homme jouissant de sa santé une maladie analogue à celle que le remède doit guérir, et réciproquement.

Du reste, des recherches multipliées, que sa vaste érudition facilitait, lui permirent de corroborer ses expériences personnelles par des fait nombrables empruntés alapratique des auteurs ses devanciers et souvent mêrne à la {hérapeutique la plus routinière : en voici quelques exemples : la rhubarbe,

| qui à haute dose détermine la diarrhée, à petite dose l’ar-

rête. Boulduc l'avait observé. Le séné engendre ou guérit des coliques, selon les cunjonctures et selon la dose, remarque Détharding. Peu de tabac fait éternuer, beaucoup de tabac arrête l’éternuement. L’eau-de vie et les épices , qui réchauffent momentanément un corps refroidi, arrêtent pourtant la sueur chez un homine échauffé. A haute dose, la poinme épineuse et la jusquiame produisent le délire, ct cependant les mêmes substances ont plus d’une fois guéri la manie : consultez Stærck et Fothergill! Le mercure, ce spécifique de la syphilis, a plus d’une fois fait renaître ou aggravé cette maladie en ceux à qui on lavait administré à contretemps. L'euphraise et la rose produisent la rougeur des yeux, s'ils n’y remédient : Lober et Murray l’attestent. Leseaux sulfureuses calment ou guérissent certaines maladies de la peau, et pourtant les hommes sains qui sy plongent leur doivent souvent une éruption comparable à la gale des ouvriers en laine ( la poussée). Les eaux acidules gazeuses déterminent fréquemment de vives douleurs vers la vessie et verslesreins, souffrances analogues à celles de la gravelle; et pourtant ces mêmes eaux sont conseillées dans la gravelle et la pierre. Ce sont là des faits dont nous affirmons l'exactitude. Quoi. que la foudre ait souvent ôté le mouvement et la parole à

ceux qu’elle avait frappés, néanmoins l'électricité a plus

d’une fois remédié à la paralysie et aux rhumatismes, La

clématite a guéri des ulcères, bien que les gueux de Tolède

et de Séville se servent du suc de cette plante pour exco-

rier la peau et simuler des plaies. Enfin l'opium constipe,

et pourtant il remédie à la colique des peintres, laquelle consiste surtout dans une extrême constipation... Et mille autres faits de même nature, dont la liste serait fastidieuse. De tous ces faits, entre eux si contrastants, Hahnemann aurait pu inférer que la prescription des médicaments réclame une extrême circonspection et de longues études; il aima mieux y voir la preuve de l'excellence de sa doctrine. Toutefois, l'adoption de ses idées rencontra de grands obstacles. Au milieu de voyages et de tourments, Hahnemann n’en poursuivit pas moins ses travaux. Aidé d’un petit nombre d'élèves dont le noyau se grossit peu à peu, il fit marcher de front l'édification de la matière médicale, c’est-àdire lexpérimentation physiologique, la pratique de la médecine, l’enseignement théorique et clinique, comme aussi la rédaction d'ouvrages et de mémoires considérables. Sesélèves ont formé des disciples à leur tour, maïs sous la hautedirection d’Hahnemann lui-même, tant qu’il a vécu. L'Allemagne s'est bientôt trouvée comme inondée d'homæopathes : de là le flot s’estrépandu en Suisse, en Russie, en Italie,en France, en Angleterre, en Espagne, aux États-Unis, au Brésil, au Mexique. A Vienne, à Augsbourg, à Londres, des hôpitaux ont été et sont exclusivement consacrés autraitement homœæopathique. Une chaire d’'homæopathie a été créée à la Faculté de Vienne par ordre de lempereur ; le roi de Prusse et l’empereur du Brésil ne se sont pas montrés moins favorables à cette doctrine, En France même, où la tolérance n’a été escortée d'aucun encouragement, l’homœæopathie néanmoins grandit chaque jour dans l'opinion. ; L'exposition qui suit donnera une idée suffisante de la doctrine homæopathique. Étant posé ce principe expérimental : 11 faut combattre une maladie avec la substance quibest susceptible de produire chez une personne en bonne santé les phénomènes les plus analogues aux symptômes de ce maladie, il en découle pour le médecin l'obligation consciencieuse d’entreprendre les opérations suivantes : 1° expérimenter sur des personnes jouissant de la santé les diverses sub stances de la matière médicale; 2° lorsque se présente un malade, noter avec soin les divers symptômes de son affection, et chercher dans la matière médicale quelle est la substance dont les effets physiologiques représententle plus exac- * tement les symptômes notés arr et “ le médicament qui a été choisi ne plus convenable pour le complet développement de son action thérapeutique. La substance médicamenteuse doit être choisie dans son état de pureté et d’intégrité le plus parfait : en poudre, si la substance est insoluble; en teinture mère, si la substance est soluble. Cette teinture est le résultat d’un mélange à parties égales d’alcool avec le corps médicamenteux : ici se rangent tous les sucs végétaux, qui doivent autant que possible être extraits de la plante fraîche et sur place. Jainais ces médicaments ne sont mélangés; ils peuvent être pris quelquefois d’une manière alternative. Il est rare quela substance mère soit ainsi administrée; presque toujours les homæopathes Jui font subir avant de l’employer la préparation décrite par un de nos collaborateurs à l’article GLoBue, s’il s’agit d’une poudre. S'il s’agit d’un suc ou d’une teinture, on délaye une goutte successizement dans plusieurs fois cent gouttes d’eau distillée; et tous les mélanges successifs, nommés dilutions, amoindrissent la dose du remède : au bout de trois opérations, la différence est d’un million de parcelles. Dans ce cas, l'agitation de la liqueur dans son flacon remplit le même effet que la trituration de la poudre; et même Hahnemann recommande de ne pas trop remuer la dilution, dans la crainte que les billionièmes ou les décillionièmes de grain du remède ne deviennent , dit-il, trop actifs! Quant à l'administration des remèdes homæopathi- “ques, elle a lieu sous la forme de poudre, de mixture aqueuse ou de globules ayant la ténuité des graines de pavot, Cette partie de la doctrine d'Habhnemann ou de sa pharmacologie, les doses dites infinitésimales, ont attiré sur la méthode elle-même le plus d'attaques sérieuses et aussi de quolibets, Que voulez-vous, disent les hommes les plus sensés,

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