‹ Dictionnaire de la conversation et de la leture. Seconde edition. v.11Chapitre 85 sur 522 · HOMOEOPATHIE · texte numérisé non relu

HOMOEOPATHIE

habitués à prescrire les médicaments à grandes doses n.assi ves, et quiont reconnu dans ces doses uneactivité proportionnelle à leur élévation, que voulez-vous que produisent des quantités inappréciables de substance médicamenteuse, Et même ces prétendues dilutions renferment-elles en réalité quelques parties dela substance? On trouve dans l'Organon les réponses faites d'avance par Hahnemann aux objections qui peuvent lui être adressées; d’ailleurs l'expérience clnique est là qui, si elle est bien établie, prévaut contre tous les raisonnements. D’un autre côté, des études physiques et physiologiques sont venues apporter des secours à la pharmacologie homæopatique. Mayerhofer a trouvé au microscope des molécules de platine dans la dixième dilution, d’or dans la onzième, d’argent dans la douzième, de mercure dans la neuvième, de fer dans la huitième, d’étain dans la quatorzième ; ayant démontré que les parcelles de métal se divisent de plus en plus, il en a indiqué la proportion par des chiffres. Spallanzani, en appliquant avec la pointe dune aiguille une goutte de cinquantième de ligne d’un mélange de 18 onces d’eau et de 3 grains de sperme sur des œufs de grenouille, a fécondé ces œufs aussi promptement qu'avec du sperme pur. Arnold, renouvelant ces expériences, a pu produire la fécondation avec une troisième dilution, c’està-dire avec une liqueur renferment ”wn millionième de ‘sperme ; il aégalement produit deux pustules vaccinales bien caractérisées par l’inoculation d’un mélange d’une partie de vaccin avec cent parties d’eau. M. Bouchardat n’a-{-il pas dit à l’Académie des Sciences : « Les préparations arsénicales, à la dilution d’un millième,empoisonnent les végétaux; les poissons éprouvent de même l’action toxique de ces substances... Un milligramme d’iodure de mercure, dissous dans 20 litres d’eau, a suffi pour tuer en quelques secondes les poissons que l’on a plongés dans cette me a ; cette proportion est tellement faible, un millionième , qu’elle échappe aux réactifs chimiques les plus sensibles. Les poissons sont comme foudroyés dans de Peau contenant un millième d'essence de moutarde... ? » Les médecins homæopathes peuvent c dire avec quelque raison que si les doses infinitésimales ont produit des effets toxiques , elles peuvent aussi bien produire des effets médicamenteux. J’ajouterai ici que l’on comprend a priorisla nécessité d’une dose plus faible pour une médication qui agit dans Le sens même de la maladie ; en poussant en quelque sorte la maladie dans le sens où elle marche, le médecin doit craindre de l'aggraver.

Quel mots sur le régime homœæopathique, à propos duquel il est bon de dire que les disciples se sont un peu relàches de la sévérité du maître. Comme les médicaments homoœopathiques sont toujours adininistrés à doses très-faibles, Hahnemann prive ses malades de toutes les substances pouvant exercer sur eux une influence médicinale plus puissante que celle du réemède administré, En conséquence il leur défend le thé, le café, la bière, les aromates, le punch, le chocolat, les parfums, les bouquets de fleurs, les préparations dentifrices, les sachets odorants, les pâtisseries, les glaces sapides et les épices, les légumes herbacés, les viandes faisandées, le fromage fait, les aliments aïigres, les viandes de porc, d’oie, de canard, et le veau trop jeune, Le sucre et le sel sont aussi prohibés, de même que les vêtements de flanelle, le grand feu, et toutes les voluptés ainsi que les passions. « Car, dit Hahnemann, les doux sons de la flûte qui, de loin et dans le silence de la nuit, disposent un cœur tendre à l'enthousiasme, en vain frappent l'air quand ils sont accompagnés de cris et de bruits discordants. »

Pour être complet , j’ajouterai qu'Hahnemann, abandonnant le terrain de l’expérience pour rentrer dans celui de Phypothèse, qu'il reproche à ses devanciers, met la série des maladies chroniques sous la dépendance de {rois virus : la syphilis; la sycose, ou principe des tumeurs végétantes ou des fics; et la psore, principe de la gale ; la région des deux premiers virus étant fort circonscrite , on voit quelle part considérable d'influence a été donnée à la psore par le père de l’homæopathie, Mais cette théorie, oui est en dehors

Page 1