‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etc (volume 2)Chapitre 2 sur 72 · DE LA GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

DE LA GRAMMAIRE

La pensée s'exprime et se communique par des mots et des phrases. Ces mots et ces phrases forment les langues.

L'art de bien parler, de bien écrire, et

LANGUE. Ky

de connaître une langue , est ce qu’on appelle la GRAMMATRE.

11 y a dans la langue française , neuf sortes de mots : Le nom, l'adjectif, V'article, le pronom , le verbe , l'adverbe, la préposilion, l'interjection et Îa conjonction. :

II°. pu nom.

Le nou est le mot qui sert à nommer une personne, un être ou une chose. — « J.-J, Rousseau dit avec raison, dans son discours sur l’origine et les fondemens de l'inégalité parmi les hommes , que le peuple méprise les lois qu'il voit changer tous les jours. Mais les hommes d’élat ne reconnaissent la vérité de cette maxime , qu'aprés l'avoir bravée à leurs

périls. » — Voila des noms.

On divise les noms en deux classes principales : les noms communs et les noms propres. — « Otez aux hommes l’opinion d’un Dieu rémunérateur et vengeur (dit Volfaire), Sylla et Marius

se baignent alors, avec délice, dans le sang de leurs concitoyens; Auguste, Anioine et Lépide , surpassent les fureurs de Sylla ; Néron ordonne de sang-froid le meurtre de sa mère : il est certain que la doctrine d’un Dieu vengeur était alors éteinte chez les Romains. »

De Paris au Pérou, du Japon jusqu’à Rome ;, Le plus sot animal , à mon avis, c’est l’homme, BoiLeau.

— « Aprés tant de siècles d’esclavage, la France enfin s’est affranchie. La liberté règne aux bords de la Seine. Sachons la conserver, cette liberté si chère; parce que, dans l'état où nous sommes , il faut vivre libres, ou retomber dans un esclavage pire que celui de nos pères, que celui de ces Grecs et de ces Romains , si grands autrefois, si setits depuis leur décadence. » |

— Voilà des noms propres, puisqu'ils anpatiennent proprement aux person- Des , Aux êtres et aux choses, :

LANCUTe 5 Les autres noms, convenant également à tous les individus d'une espèce sont des noms communs. En voici des exemples: — « On a donné le nom d'éteignoirs à ces hommes qui veulent étouf= fer les /umières dans notre belle parrie, parce qu'ils reugissent d'être plus ignorans que leurs valels, parce qu'ils désespèrent d’asservir désormais un peuple éclairé. »

Ill. Des nombres.

Tlya deux zombres. Lorsqu'on a eu l'honneur de renconter M. de M... , on dit:

— Je viensde voir ignorantin. — C'est le singulier,

Lorsqu'on a vu, dans quelque réduit obscur , les rédacteurs attroupés des journaux du côté droit, on dit généralement : Je viens de me trouver avec des moines, avec des inquisiteurs, avec des hommes féo-

daux, — C'est le pluriel,

I y a des noms qui m'ont pas de plu

riel , comme Por, l'argent, le fer, l’orgueil, la colère , la faim, la soif, etCe D’autres n'ont pas de singulier, comme les funérailles, les obsèques, les téne- &res, etc. Toutes ces choses s’apprennent par l'usage ; et chezles 2g2orantins, par une routine de dix ou quinze ans,

IV, Des genres,

Il y a deux genres , fondés sur la diffé.

rence des sexes : le r2asculin et le fémizin, — « Je veux croire, dit Saint- F'oix.qu’une maîtresse dit à un roz des vérités qu'aucun Lomme , dans son royaume, noserait lui dire; mais les rois trouvent-ils souvent des Agnès Sorel ? »

— « Dans le neuvième szécle , dit ailleurs le même écrivain, les rnoines héritaient de leurs parens; et leurs parens laïcs n’héritaient point d’eux. Lorsque, dans Ja suite, on Ôta aux moines le droit d'hériter , ils s’en rétcrvèrent le £alente » —

Voila le masculin.

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