PENDANT PLUS DE DEUX CENTS ANS
Tirée du Répertoire du P. Jean Molleton.
— En l’an quatorze éent et huit, nagquit à Nantes, sous le règne du roi
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NOBLESSE, êg Charles VI, un fils d’un père anonyme et d'une cardeuse de matelats, lequel fils se nomma Jérôme. |
Quoique bâtard, il grandit et se fortifia d’une manière peu commune; mais ilne voulut jamais apprendre sa croyance, et fit dire de lui qu'il serait pendu, ou emporté par le diable, qui, en ce tempslà, n’y allait pas de main morte (sitant est que le diable ait une main)
Comme il ne savait aucun métier, quand Jérôme eut vingt ans , il s'enrôla dans une troupe de vauriens, qui, à la faveur de la guerre, pillaient les willages, détroussaient les voyageurs, et vidaient les brocs des paysans.
Le chef de cette bande étant mort À Jérôme, qui passait pour un brave, fut élu capitaine , et emplit ses poches de iout ce qu'il put trouver à prendre,
L'appétit vient en mangeant, Jérôme, qui avait trouvé quelque profit à commander sa troupe de vingt-trois
- hommes , sentit bientôt dans son âme la IL, 4
‘96 NOBLESSÉ, noble ambition de gouverner une plus grande armée. Il employa donc tout son savoir-faire à débaucher des gens, et se -vit, en 1433, à la tête de soixante-dix :combattans. É Peu de temps après, Jérôme rencontra un détachement de soixante douze Anglais, de la suite du duc de Betfort, qui fuyaient devant les troupes françaises, chargés de quelque butin.
Quoique in érieur de deux hommes, Jérôme battit complétement et pilla les ennemis de la France.
Comme on n'a pas l’idée de se ca- *cher après un pareil exploit , Jérôme se présenta hardiment ,et demanda quelque récompense au roi Charles VII, dit le Viciorieux ; qui venait d'abandonner -loyalement son ami Latrimouille , et de laisser brûler Jeanne d'Arc, à qui il devait sa couronne,
Le roi Charles VIT se montra plus généreux envers Jérôme ; il compléta sa troupe , et le fit capitaine de cent ” bhommés. '
ROBLESSE. * 9
Jérôme mourut de vilaine maladie (x), laissant un fils qu'il avait eu d’une fille dont le nom n’a pas été conservé.
Celui-ci, qu’on nommait Mathieu , n'ayant point de fortune , entra au service d'un fermier du Jiyonnais, et se mit à piocher la terre, comme faisait Adam notre premier père à tous, tant gentilshoinmes que roturiers.
Mathieu épousa, en 1460, la fille de ‘basse-cour de sa ferme, et se fit caba= retier de village, à sept lieues et demie au couchant de la ville de ne Ce F4 là qu'il se rendit illustre.
Pendant la guerre du bien public , en J’an 1465, Mathieu tua, avec sa roquille, et à l’aide de son garçon de cave, deux conspirateurs qui débauchaient les “partisans du roi, et les attiraient dans le parti des Bourguignons.