L’ABBÉ
Ne dites point , ultras, que j’ai mal défendu
Un parti malheureux, que vous avez perdu.
Les nobles n’auront rien : ils ont trop prétendu...
( Symphonie. )
Comment un peuple doux songe-t-il à la gloire ?.., Les Français sont changés par vingt ans de victoire, is ont conquis l’Europe ; ils mourront mille fois Avant de retomber sous ces antiques lois : Qui distinguaientle sang, qui rendaient la noblesse Du sort des roturiers , l'arbitre et la maîtresse. Prêtres ! puissans seigneurs! versez des pleurs amers » -L’audacieux vilain a su briser ses fers ;
11 est libre ; il respire ; et son cœur transporté
Ne bat que pour l’honneur et pour la liberté...
Nous ne reyerrons plus la féodalité !....
( Symphonie. ) :
La Charte s’affermit ; les lois sont plus humaines,
Le dernier des Français.ne porte plus de chaines.
La fière égalité ne connaît plus de rangs...
Avec de la vertu tous les Français sont grands... Plus de droits féodaux ; hélas ! plus de corvée! Et l’église estsans dot !... La dime est réprouvée !... Priviléges si doux, nous ne vous verrons plus... Prêtres ! nobles ! cessez des regrets superflus ; Et vous, mes dignes sœurs, vous, mes généreux frères, €Conformez-vous au siècle, en voyant nos misères. Qu’on me couche...
( On reprend la Symphonie, pendant qu’on
porte l’ablé sur un lit de repos. Il s’agite
et continue sa prophétie. )
Un nuage est sur mon ciel de lit..….
La liberté ! la Charte! Ah ! ma face en pâlit..…. Je suis environné d’un peuple magnanime.…… Du pacte féodal l’édifice s’abime..… Egaux, libres, unis, tous les Français heureux Ont iousles mémesdroits, fonttous Les mêmes vœux. J'entends bévir partout la liberté chérie ; Le bonheur et la paix consolent la patrie ; | Les partis sont tombés; et, pour comble de maux, Hélas ! tous Les Français deviennent libéraux... Je meurs...
LA VICOMTESSE, Il va mourir!
LE VICOMTEs
Il est mort!