OPTIMISME
s'en laissent séduire : quelquefois aussi elle conduit à l'insouciance ; et de l'insouciance au fatalisme , il n'y a qu’un pas.
— On parle d’une secte de philoso… phes optimistes, qui existaient jadis dans JArabie, et qui employaient toutes les forces de leur esprit à ne rien trouver de mal en ce monde. Un docteur de cette secte avait une femme acaritre, qu'il supporta long-temps, mais qu'enfin il étrangla de son mieux, et il trouva, comme à son ordinaire, que tout était bien. Le calife, instruit de ce crime, fit empaler le coupable , qui souffrit, sans se plaindre, ce cruel genre de mort.
Comme les assistans s’étonraient de sa tranquillité : — Tout est bien, leur ditil, et je n'ai pas sujet de me plaindre. :
Ne suis-je pas bien empalé ?
On a fait aussi ce conte : Le D able emportait, pour quelques grieïs, un philosophe de la méme secte; et celuici se laissait emporter sans se plaindre
ORAÏSON FUNÉBREe 115 du voyage , sans s'inquiéter du gîte- — Il faut bien que nous arrivions quelque part, disait-il; et ailleurs comme ici, tout est pour le mieux.
— Il y a cela de bon, dans l'opuimisme , que c'est une doctrine qui ne fait guère d’athées.
ORAISON FUNÈBRE. — Chacun est libre de répandre des fleurs et des larmes, sur la tombe de l’objet qu’il regrette. Il faudrait seulement que le deuil fût toujours naturel. Je trouve moins ridicule cette jeune Dame qui éléve un petit mausolée à son chien qu'elle ido- Ritrait, que ce nouveau riche qui construit, de mauvaise grâce, un tombeau à
l'oncle dont la mort l’a tant réjoui.
On a fait tant d’oraisons funébres pour des gens qui n'en valaient pas la peine, qu'on nous excusera sans doute de mettre ici une petite homélie, com-
posée, il y a six ans, sur la mort d'un
* Le
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char. Cette pièce a déjà été publiée
en 1815.