‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etc (volume 2)Chapitre 49 sur 72 · IL. à · texte numérisé non relu

IL. à

123 POLYTHÉESME,

poétiques; à Mercure le bonheur dans le commerce et l’industrie; à Neptune les vents favorables ; etc. |

Le polythéisme, une fois adopté par le peuple, se conserva dans les petites têtes ; mais les sages ouvrirent bientôt les yeux; ils reconnurent , dans l’union de lanature , l'unité d’un Dieu , à qui seul ils demandèrent la sagesse, la vertu et le bonheur.

11 y a, dans notre religion , quel que chose qui ressemble assez au polythéisme ; chacun de nos saints a ses qualités particulières. Sainte Apolline guérit du mal de dents; saint Antoine de Padoue fait retrouver les choses perdues ; saint Roch préserve de la peste;

sainte Barbe et saint Jean garantissent

du tonnerre ; saint Nicolas donne des enfans aux femmes qui veulent en faire :

gaint Vincent est le patron des jardi nierss; sainte Claire guérit es maux d'yeux ; saint Hubert est le patron des chasseurs; saint Luc le patron des pein-

PRINCES IMBÉCILLES 123 tres: sainte Cécile la patronne des musiciens ; saint Pierre le patron des pêcheurs ; saint Joseph le patron des menuisiersz saint Eloi le patron des forgerons ; saint Crépin le patron des cordonniers; saint Clair le patron des tailleurs ; etc. etc. etc. É

Le vulgaire n’invoque que les saintss mais les sages (car il y en a sans deute encore, ) ne s’adressent qu’au grand Dieu, qui réunit , en lui seul, la clémence, la justice, la bonté, les verius, et les atiributs éternels de la toute-puissance.

PRESENT. — Le présent est pourles sots toujours pire que le passé; et l’avenir sera pire encore que le présent.

PRINCES IMBÉCILLES. — Un prin.

ce imbéille est plus funeste à son pays, dans une année de règne, que dix ansde tyrannie, Il amène le désordre dans tous les rangs, dissipe la fortune publique,

récompense le vice, punit les gens de

194 PRINCES IMBÉCILLES, bien , perd ses états, et précipite la décadence de la république.

— L'empereur Honorius avait une poule, à qui il avait donné le nom de Rome. Quand cette ville fut prise par Alaric, roi des Goths, le courrier qui :

en apporta la nouvelle , s’écria, en entrant : Rome est perdue ! — Cela ne se peut pas, répondit l'Empereur; car je viens de jouer avec elle... Et commeon lui eut fait entendre que ce n'était pas de sa poule , mais de la ville de Rome qu'on lui parlait; que cette ville était prise, etque sa sœur Placidie était prisonnière, il répliqua : — Ah ! c’est autre chose; je tremblais qu’on ne m'eüt volé ma poule !..…

— Alhamin, roi de Perse, grand amateur de la pêche, s’occupant un jour de cet amusement, avec son favori Cute-

rus, on vint lui apporter la nouvelle de la défaite de son armée et de là mort de

‘on général. -— À quoi bon me venir.

rompre la tête de ces bagätelles ! répon.

FRODIGES. 125 dit-il, Cuterus a déjà pris deux poissons, et moi pas un seul.

— J'ai entendu dire à un grand seigneur d’un certain pays, ajoute le comte d'Oxenstirn, qu'un des rois qui en avait porté la couronne , étant à l'article de la mort, parut inquiet de la mauvaise conduite de son règne; et que son confesseur lui dit, pour le consoler : = « Sire, » Dieu ne demande rien à l'homme, » qu'en raison des talens qu’il lui a don- » nés. Or, comme il n’en a donné aucun » à votre majesté pour bien régner, il » ne vous en demandera aussi aucun » compte. » Cette consolation agit si puissamment sur l’esprit de ce pauvre prince, qu’il se tranquillisa et mourut

paisiblement.

. PRODIGES. — Chez un peuple ignorant, les miracles, les prodiges, les merveilles de tout genre sont ce qu'il y a de plus commun. Rien n’est naturel, si le

cours ordinaire des choses est quelque

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