SUPERSTITIONS. 1YE
France de pareilles histoires , quand même on ferait des miracles pour les appuyer, parce qu'aujourd'hui la France a du bon sens ; mais des maléfices comme ceux de Paite-Rousse, de ces histoires où le diable agit obscurément ; sans vigueur, et par la seule magie se crête, comme il y a encore de la superé® tion, de tels maléfices auront leur effet dans les campagnes : et nous le répéions, le Gouvernement mettrait le sceau à la gloire qu’il s’est acquise en étouffant Pesclavage , s’il pouvait aussi étouffer la superstition. L
I] y a toutefois, en Europe , des pays où lPhistoire du magicien de Magdebourg ferait sensation. M. Comte, le physicien, a été regardé, par les sde Comme un /sorcier insigne , en SEE Commerce avec le diable; et, si on l’en croit, les bonnes gens des cantons helvétiques auraient cru faire une œuvre pie en le faisant rôtir dans un four, <omme un gigot.
172 | SUPERSTITIONS S. VII. De l’Alchymie.
L'ulchymie est Part de fabriquer , par des moyens naturels , mais jusqu'ici inconnus, une précieuse liqueur, qui se nommera l’elixir de vie, parce qu’elle empêchera de mourir ; un onguent salutaire, qui se nommera le beaume universel, parce qu'il guérira toutes les blessures en un clin-d’œil; une poudre merveilleuse , qui se nommera la pierre philosophalé , qui changera tous les métaux en. or pur, et qui fera des millionnaires de tous ceux qui auront le bonheur de la posséder, |
— On ne compterait pas si aisément qu’on le croit les fous qui se sont ruinés à la recherche de la pierre philosophale, car cette recherche exige de grandes dépenses , et le roi d’Espagne Philippe II y perdit des sommes énormes.
Mais quoique la masse de la nation soit maintenant revenue de ses vieilles | erreurs, la liste de ceux Fe alambi-
SUPERSTITIONS« 179 quent encore, pour trouver la pierre philosophale, des racines de choux, des ongles de taupes, des pla té8 d’oseilles, des champignons , la sueur du soleil , le crachat de la lune, des poils de chat, des yeux de crapaud , la crème de Fétain , etc., cette liste, pour fa France seulement, ferait un volume plus gros que les dictionnaires de M. Noël.
— Voici la définition quan auteur moderne a donnée de l’alchymie: « C’est » un art riche en espérance, libéral em » promesses , ingénieux pour la peine et » pour la fatigue, dont le commence- » ment est de mentir, le milieu de tra- » vailler, la fin de demander l’aumône ».
S. VIIT. Des Almanachs.
— Les animaux immondes se vauirent sur les perles , et les élèves des ignorantins préférent leurs vieux préju=gés aux lumières de la philosophie.
Une foule de grands hommes ont usé
leur vie, à instruire ‘les peuples ; lés
374 SUPERSTITIONS, fastes du monde ne présentent aucune époque, aucunê nation aussi éclairée que la Fran@@ au dix-neuvième siècle ; les journaux du parti de l'éteignoir nous reprochent tous les jours, en amertume de cœur , qu’on s'occupe trop de l’éducation des pauvres gens ; et un seul im= primeur de Paris À vendu , dans une semaine de 1819, cent mille esemplaires d’un almamach de Liége ministériel.
Ou peut donner de lesprit au vulgaire, mais non du jugement : on peut extirper la soitise, mais non les préjugés. Vous trouverez des matérialistes qui chercheront à vous prouver qu'ils n'ont pas ylus d'âme que la brute ; et quand leurs absurdes raisonnemens vous auront bien surpris, que vous les croirez de parfaits incrédules, ils vous expliqueront les prophéties politiques de Michel Nostradamus.
Vous rencontrerez un dévot qui se dira éclairé par le catéchisme de son diocèse et l'entière connaissance des
TAXES DES PARTIÉS CASUELLES. 179 dogmes de sa religion; il vous expli= quera en conséquence ce que signifient les rêves les plus obscurs ; il pousscra même la complaisance jusqu'àgous tirer les cartes. :
Asservissement, superstition, préjugés , faiblesses d’esprit, triomphez !
vous aurez toujours des esclaves. Et vous, nobles hibous, ennemis des lumières, dignes partisans des siècles de sorcellerie et de féodalité, cessez vos lamentations ; vous trouverez toujours sur la terre quelques coins ténébreux,, peuplés de serfs et de malheureux in sensés, qui tremblent devant la supers-
titiOn.,
TAXESDES PARTIES CASUELLES DE LA BOUTIQUE DU PAPE , Ou Tarif des absolutions et des dispenses. — Celui qui commet un inceste avec sa mére ou avec sa sœur, est absous pour 40 sous, — Celui qui déflore une vierge, paie 48 sous. — Un confesseur qui révéle les