‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etc (volume 2)Chapitre 59 sur 72 · CO, - SUPERSTITIONS · texte numérisé non relu

CO, - SUPERSTITIONS

‘léfices et la magie , que la magie et les maléfices sont ordinairement la suite des désordres de l'imagination , et que les gens'qui se disent sorciers ou magitiens; ne sont que des vauriens, des voleurs, des impudiques, des impies, etc., qui prenneht un masque imposant pour duper les simples d'esprit... (1).

— « On sait que les sorciers d’a-pré- ‘5 sent ne Sont pas des agens surnaturels, > êt que ladémonomanie ( quoique selon “» l'Ecriture le démon soit un être très

» réel) ‘est un effet de la superstition , » ou d’un cerveau troublé... (1) ».

6e EV. Prophétie.

e À ÿ a vingt-six années, Où cim » » lustres et douze lunes, dans le style

» du’ métier , qu'une devineresse , fa-

(1) Fe sur les “Ayaerton, chape 53.

(2) Lettres du He CLÉMENT XIF.

Lettre 22°,

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“» meuse dans Paris, a prédit et pro-

> phétisé que la mère de ma femme

“» n’aurait point de progéniture, et mour- 5 rait stérile. L'enfant est là, pour dire

-» à la devineresse qu’elle én a menti; et

»il nous est venu deux beaux-fréres » qui, conjointement avec leur sœur, » traitent la sorcière de triple menteuse,

» à leur grande joie et profit (tr) ».

S. V. Aventure d’une Sybille du jour.

« Mademoiselle Marie-Anne le Normand alla au congrés d’Aix-la-Chapelle,

où se rendaient de toutes parts les

grands personnages de l'Europe. Lors-

qu’elle arriva au bureau des douanes d’Hertain, en Belgique , les douaniers visitérent sa voiture. On découvritqu'elle avalt avec elle neuf caisses non déclarées , lesquelles recélaient plusieurs ob-

jets de prix : par exemple, un cache

(1) Communiqué par le R, P, Croquelardon, capucin défroqué,

206 SUPERSTITIONS, mire estimé 700 florins, etc. Ces trou vailles donnèrent des soupçons. Une demoiselle fut chargée de visiter mademoiselle le Normand. Elle portait sur elle deux tabatières d’or à carillon , deux cachets précieux et deux montres d'or à répétition. On lui demanda alors qui elle était : elle déclina ses nom et prénoms, sa qualité de Sybille française, et déclara qu’elle allait à Aiïix-la-Chapelle, pour tirer l’horoscope des souverains.

Le vérificateur des douanes l’interrompit là-dessus : — Si vous lisiez dans Vavenir, lui dit-il, vous auriez prévu ce qui arrive en ce moment, et yous auriez déclaré tous ces objets... Ces paroles embarrassèrent la Sybille française ; elle jeta un regard foudroyant sur le vérificateur, et ce fut toute sa ré— ponse. Nous la plaignîimes bien sincèrement, dit le voyageur qui rapporte ce fait, parce qu’elle est femme et magi-

SUPERSTITIONSe 167 cienne, et qu’elle s’est trouvée en défaut (r).

Quant à moi, je ne la trouve pas à plaindre. Les faibles humains peuvent se tromper quelquefois dans les arts sublimes de la divination. Une fois n’est pas coutume , comme dit le proverbe ; et puisque les plus fameux magiciens , astrologues , nécromanciens , képhaléono -manciens , cosquinomanciens, MéÉtOPOs- -copistes etchiromanciens sesonttrompés dix fois sur onze, il est bien excusable à une humble tireuse de cartes et d’'horoscopes de se tromper une fois sur dix.

D'ailleurs, mademoiselle Marie-Anne Le Normand a prédit, dans sa réplique, ‘à l'indiscret voyageur, qu’elle vivrait ‘vingt-trois lustres ou cent quinze ans (2); et avec l'aide de ses cartes, de son marc -de café, et de ses blanes d'œuis , elle pourra réparer aisément la petite tache que la malignité à faite à sa réputation

(1—2) Journaux des 9, 10, 11 octobre 1818.

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de devineresse. (C’est le souhait que forment tous les gens d'esprit, pour l'honneur de notre siècle.

6. VI. AVENTURE MAGIQUE, traduite de Jean TWierius. (De Preæst., lib. IF, Cap, 7 ):

« On a vu tant de fois des sorciers et des saints voyager en plein air, par une puissance. surnaturelle , que ces prodiges ne doivent pas paraître incroyables. C’est ainsi qu’ A pollonius de Thyane ‘fut transporté, en un instant , de Smyrne à Ephèse; c’est ainsique saint Ambroise célébrait les saints offices à Milan, et assistait en même-temps, à Tours, aux obsèques de saint Martin ; e’est encore ainsi que Jean le Teutonique , prêtre et :

magicien fameux, chanta à-la-fois, et dans des lieux différens , trois messes de minuit : la première, à Halberstadt; la seconde , à Mayence, et la troisième, à Cologne. |

» Le trait qui va suivre n'est pas

moins surprenant, Un magicien de Magdebourg gagnait sa vie en faisant des tours de son métier, des enchantemens, des fascinations et des prestiges, sur un:

théâtre public. Or, un jour qu'il monirait, pour quelque monnaie, un petit cheval à qui il faisait exécuter, par la force de sa magie, des choses vraiment nuraculeuses, après qu’il eut fini son jeu, il s’écria qu'il gagnait trop peu d’argent avec les hommes, et qu'il allait monter au ciel...

» Aussitôt , ayant jeté son fouet en l'air, ce fouet commença de s’enlever. Le petit cheval ayant saisi, avec sa mâchoire ; Pextrémité du fouet, s’enleva pareille ment. L’enchanteur , comme sil eût voulu retenir son bidet, le prit par la queue , et fut emporté de même. La femme de cet habile magicien empoi-

gna , à son tour, les jambes de son mari {

qu’elle suivit : enfin , la servante s’ace

crocha aux pieds de sa maîtresse, le va

let aux jupons de la servante ; et bientôt II. ô

170 SUPERSTITIONSe

le fouet, le petit cheval , le sorcier, sa femme, la cuisinière, le laquais, toute la famille , arrangée comme une troupe de grues, ou comme des grains de chapelet, s’éleva si haut, ‘qu'on ne les vit plus.

» Pendant que tous les assistans de meuraient tout stupéfaits d’une admira< tion bien naturelle pour un semblable prodige, il survint un homme qui leur demanda pourquoi ils bällaient aux corneilles ? Et quand il le sut : —Soyez en paix, leur dit-il; votre sorcier n’est pas perdu ; je viens de le voir à l’autre bout de la ville, qui descendait à son auberge avec tout son monde. — Il.

faut convenir, après cela, que le diable fait pour ses amis des facéties bien ex traordinaires ! »

— Lorsque Wierius écrivit ce conte bleu, quoiqu'il ne dit ni où il avait pris , ni dans quel temps il s'était passé, il eut le plus grand crédit. Aujourd’hui, :

Je pape lui-même ne ferait pas croire en

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