TRADITIONS POPULAIRES
TRADITIONS POPULAIRES. —… Historre DE CARON , TIRÉE DU sEcoND VoyaAGE DE Pauz Lucas.
Le lac de Kern, autrefois Acherusia, en Egypte, était, dit-on, dans les temps reculés , beaucoup plus grand qu'il n’est aujourd’hui. Alors les Pharaons avaient près de là une grande ville ) Où ils fais saient ordinairement leur résidence, Une femme de cette ville, se promenant un jour sur les bords du lac, y vit une vache qui venait de mettre bas son veau. Cette femme n'avait point d’enfans. La réflexion qu’elle fit sur la sté… rilité dont elle était affligée , pendant
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la boutique du pape, rédigées par Jean XXII, el publiées par Léon X, avec la Fleur des cas de conscience décidés par les Jésuites, etc., in-8°., publié par M, Julien de Saint-Achel. — 1820. On attribue cet ouvrage à M. Jules Garinet, qui s'était déjà essayé par son Histoire de la Magie en France; et par une brochure estimée sur le Concordat de 1817.
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que tant de brutes faisaient tous les jours des petits, l’entraina dans une espèce de fureur : elle éclata en injures contre la vache, qui ne s'en inquiéta point, et contre les dieux, à qui elle reprochait de ne savoir pas discerner la.
juste valeur des choses.
Aussitôt, elle entendit une voix forte comme un tonnerre, qui semblait partir des nuages. Cette voix lui. annonçait qu'elle aurait un fils, qu'il s'appeller ait Caron, et qu'il deviendrait même Phas raon d'Egypte. |
À ce prodige, l'imprudente femme rentra en elle-même, moitié désespérée d’avoir outragé les dieux, moitié consolée paï l'espoir de voir un jour ses vœux exaucés.
Au bout de neuf mois, elle mit au monde un fils, qu’elle nomma Caron.
T1 croissait à vue d'œil; mais la malice de son esprit surpassait infiniment la force de son corps.
Dès qu’il fut grand, ses mauvaises
Free) TRADITIONS POPULAIRES, inclinations le Portèrent aux crimes les plus affreux; sa méchanceté naturelle lui inspira les plus perüicieux projets :
enfin, voyant qu’on ne fait rien dans le monde sans argent, et résolu de toûùt entreprendre pour s'en procurer, 1l s’avisa de camper sur les bords du lac, à l'endroit où l’on passait les morts, pour les ensevelir dans les grottes destinées aux momies. Lä, pour chaque mort qui venait traverser le lac , il exigeait, bon.
gré mal-gré , une somme assez considérable; et afin qu'on ne lui fit point de résistance ; il publiait qu'il était chargé par le roi de recueillir cet impôt.
À mesure qu’il gagna, il prit avec lui d’autres brigands , pour le soutenir dans la collecte de la taxe qu’il avait imaginée (1). |
(1) C'était une taxe sur les enterremens » Comme il y en à à Paris de si énormes. — Dans notre dervière révolution, on proposa d'établir un im pôt sur les cercueils. L'auteur de cette motion pensait qu’au moins cet impôt ne ferait pas crier seux qui useraient de Pobjet taxé,
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Ti fit ce métier plusieurs années, sans qu'on l'en empêchât; mais enfin, le fils du roi étant mort, soit que Caron le prit simplement pour le fils de quelque seigneur, soit que les richesses qu’il avait acquises enflassent son audace, il arrêta le prince comme les autres, prétendit avoir son droit ; et, sé moquant de toutes les raisons qu’on put lui alléguer, il jura que le fils du roi ne passerait pas le lac , s’il ne payait pas.
Les officiers qui accompagnaient le corps mort, persuadés que le fils du roi devait être exempt de toutes sortes d’impôts, et d’ailleurs irrités par Pimpudence d’un homme qu'ils traitaient de valet subalterne , coururent porter leurs plaintes au Pharaon. Ils lui représentèrent que , depuis qu’il faisait lever un tribut sur les morts, quoiqu'il semblât que leurs corps , n'étant plus de ce monde, ne devaient pas causer la misère de ceux qui y restaient , cependant aucun Egyptien n'avait refusé de