BENÊT
BENÉT. — Dans le sens que nous fui donnons à présent, ce mot est pourtant une impiété. Autrefois benét, ou benoît, ne signifiait que béni, et l’on donnait cette épithète aux dévôts. Plus tard, on trouva que les dévôts étaient souvent des sots, et leur épithète devint le synonyme de niais.
. Bénilier s'appelait aussi benestier ou denoistier, comme on peut le voir dans les anciens auteurs.
Regnier parle, dans sa deuxième saiyre , de gens qui pissent au BENESTIER , afin qu’on parle d'eux. Sauval rapporte (tome IIT, page 24) une épitaphe qui se trouvait à Saint-Jacques de l'Hôpital, et qui commençait par ces mots:
Cy devant, près ce benoistier, Gist le corps du bon Matinet, ete.
Mais voilà comme le temps change la valeur des mots et des choses. Ce qui tait autrefois respectable, est aujourd'hui méprisé. Nos ancêtres se mettalent à genoux devant les amulettes,