‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etcChapitre 22 sur 93 · BIEN · texte numérisé non relu

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recevaient dévotement les bulles du pape, tremblaient au mot d'excommunication , et faisaient le signe de la croix, en lisant les mandemens du chapitre métropolitain , ou de l’évêque de Paris.

— Autrefois on entendait seulement par éfeignoir, un instrument creux en forme d'entonnoir, propre à éteindre une bougie. Aujourd'hui ce mot signifie aussi une pauyre machine, destinée à l'extinction des lumières philosophiques, mais tellement frèle et desséchée, qu'elle se brûlera au feu qu’elle veut étoufier, comme le papillon se biüle à Ilachandelle,

BIEN. — Il y a autant de sentimens que de personnes , touchant le souverain bien ; car chacun le trouve dans ce qui fait l'objet de ses affections. — Eschine le plaça dans le sommeil ; les Espagnols, flegmatiques et paresseux comme lui, out adopté son système, du moins en pratique. — Zénon mit le souverain bien dans les coups de poing et les jeux de

.* BIENFAITS. 4 crocheteur : la populace anglaise à pensé comme Zénon. — Epicure plaça le sou

.verain bien dans les plaisirs : il a chez nous bon nombre de partisans. — Aris- 10fe enfin ,qui avait de l’Âme cette noble idée que doit s’en faire un sage, trouva ‘18 souverain-bien dans la sagesse et la vértu…. IL a eu peu de sectateurs.

L’orgueilleux ne soupire qu'aprés les honneurs. Tout est bien pour l’avare, s'il se voit entouré de monceaux d'or.

La coquette ne voit de souverain bien qu'une foule d’adorateurs soumis. Un homme de lettres se console de la misère , en méchant du laurier, comme disait Dufrésny ; et un véritable ami de la patrie est heureux, an sein de l'indi=

geuce , s'il voit son pays florissant.

BIENFAITS. __ Voici l’épitaphe d'un homme qui avait fait du bien : — C2 que j'ai dépensé, je l'ai perdu ; ce que je possSédais , je l’ai laissé à d’autres ; Mais ce ue j'ai donné est encore & moi.

Aa / CAPITOLATION.

CAPITULATION. — Une ville ét une femme attaquées doivent ‘sé dëfendre. Prises de force, elles doivent'se tuer comme JLucrèce , ou se lbrüäler À " it comme Mcscou. — Cette maxime €st peut-être un peu rude; mais on ne Ca-

pitule point avec le déshonneur.'

CAPRICES DES FEMMES. — Entreactes souvent bien ennuyeux, mais qui réveillent le plaisir pour les scènes amoureuses qui suivront. /

11 y a néanmoins des maris qui ne les aiment point, parce que les. caprices “leur semblent, ou des momens d’aliénation , ou de petites supercheries. C’est

aux femmes à étudier le caractère

des hommes qu'elles veulent enchaïîner,

Pierre aimera davantage, et Paul aimera beaucoup moins , après un Caprice.

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CARNAVALS 43 CARNAVAL. — Sgcrion Le. Æssai

sur le Carnaval (x).

Les fêtesles plus burlesques, comme les fêtes les plus graves, ont été établies par des motifs politiques ou par des motifs religieux. Dans les siècles de barbarie, où la terre n'était peuplée que de tyrans et d'esclaves , un reste d'humanité institua les Saturnales, qui, pendant quelques jours , faisaient oublier aux esclaves leurs longues misères. Les religions concoururent à ces réjouissances , soit pour délasser le peuple des austérités ordinaires , soit pour honorer des dieux que l'on croyait amis des plaisirs.

Le carnaval et les fêtes de ce genre ont toujours été ardemment célébrés par les peuples esclaves, par les peuples SÉ— rieux , et par les nations superstitieuses, L'esprit humain est trop faible pour demeurer toujours tendu ; et les hommes

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(1) Cette section a été publiée dans ?’Zndépens dant, du 13 février 1820.

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