‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etcChapitre 27 sur 93 · UP. CS PPS ER OS · texte numérisé non relu

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Lis

CARNAVAL, 54 le célèbre par des feux de joie. Dans quelques pays, comme à Gand, on jette en l'air des torches allumées : dans d’autres, on se contente de brûler des bottes de paille,

Il faut remarquer qu'il n’y eut point de carnaval sous le règne de la terreur ; et la raison en est simple. Dans les ty rannies ordinaires, on tremble, mais pas assez pour rejeter des plaisirs qui peuvent étourdir un instant: sous la tyrannie de 93, l'effroi était trop général pour que l’on songeit à s'en distraire. D’ail-

————— la porte de ceux qui ont des garcons ou deg filles à marier. Dans plusieurs parties de la Cham pagne , le soir du dimanche des brandons, les énfans brülent dans les rues des flambeaux de paille : s’ils ne faisaient pas ces cérémonies, Les PaySans ne seraient pas tranquilles sur le sort de leurs arbres et de leurs moissons Il n’est pas inutile de connaître .ces usages, puisqu'ils servent de date à d’anciens titres : Le lundi d’après les brandons, etc. (Nouvelles recherches sur

da France, Paris, 1766; tome Ier, , pag, 856.)

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leurs , le carnaval était aboli par le nouveau calendrier ; et l'autorité qui pesait sur la France n'avait pas même le couyage de souffrir les Saturnales.

Quand le culte catholique fut rétabli, le carnaval reparut. Il brille aujourd’hui d'un éclat assez faible ; et tout faible qu'il est, après que l’église l'a toléré si long-temp$s, nos missionnaires veulent achever de le détruire. Dans le bon temps d'autrefois, les prêtres se mas= quaient sans scrupule. De nos jours, on a vu un curé poursuivre les masques avec un fusil à deux coups, pendant qu'un autre les exorcisait et ordonnait de leur COULIE SUS..es

Loin de proscrire de pareilles fêtes, le père Henriquez nous assure, dans son livre, des occupations des saints dans le ciel, que les amusemens du carnaval ne seront pas défendus aux bienheureux ; qu'on s'y réjouira en ballets et festins ; que les anges se déguiseront en femmes,

avec des chemises de mousseline et des

CARNAVALe 53 juppes à vertugadins ; enfin que les bienheureux feront des mascarades.…..

N'empêchons point ici-bas des plaisirs permis dans le ciel; car personne ne met en doute ce que le père Henriquez nous apprend avec tant d’exactitude, sur les occupations des saints.

SECTION II, Des Mascarades , etc.

— Les masques ne figuraient pas seu lement dans les Bacchanales et dans les Saturnales ; on en faisait usage dans la plupart des fêtes, et chez les peuples les plus anciens. Dans les cérémonies publiques , les rois d'Egypte ne se montraient point, sans avoir sur leurs têtes des figures de lion, de léopard ; ou de loup. Les officiers, que l'on chargeait de donner la nourriture aux anirnaux sacrés, avaient des masques, à là res.

semblance de :ces animaux (r). Les a annee af emmener hauertenmemenonet,

(:) Diodore de Sicile, liv. I

SÆ CARNAVAT,

prêtres d'Osiris chez les Egyptiens, et

les prêtres d’Isis chez les Romains, portaient habituellement des masqués.

Durant les proscriptions des triumvirs , l’édile Volusius, sachant que sa tête venait d'être mise à prix, demanda à un de ses amis , qui était prêtre d’Isis, sa longue robe, et son masque à tête de chien. On sait que les masques antiques

enveloppaient la tête entière. Dans cet

équipage , Volusius sortit de Rome , en

plein jour, et par les chemins ordinai-

res (1). Si les yeux n’avaient pas été ac-

coutumés à voir souvent ces sortés de

masques, rien n'était plus propre à faire remarquer le proscrit fugitif.

: On se servait encore de masques dans les triomphes et dans les festins, Athé= née rapporte qu'Alexandre-le-Grand se:

présentäit quelquefois aux repas d’ap= pareil , tantôt déguisé en J upiter-A m=

mon, tantôcen Hercule, tantôt en Mer-

(1) Falère-Mazxime , liv. VIE, chap. 4. :

ès»

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