COMÉDIE UNIVERSELLE, A
COCU. — Ah Dieu! quelle indécence ! je ne dirai jamais cela... Eh!
Madame , dites-le , et ne le faites pas.
DicrionxatRe Des Cocus. — Lisez la Biographie universelle , ancienne et mo-
. derne. | |
— Un plaisant envoya à son ami l’AI.
manach des vingt-cinq mille adresses , avec ce titre : Dictionnaire des Cocus de la ville et des faubourgs de Paris. Le nom de Pami s'y trouvait; mais celui du plaisant n’y était pas : ce qui fit dire que le livre était incomplet.
COMÉDIE UNIVERSELLE. — Le monde en est le théâtre . et les hommes en sont les acteurs. Les hasards composent la pièce ; la Fortune distribue les
rôles ; les théologiens gouvernent les ma chines, et les philosophes sont les Spectateurs. La pièce a pour titre: L'Homme RECHERCHE L'ERREUR, ET L'ERREUR L’EN- VIRONNE. On paie à la porte une mon
naie qu’on nomine peine, et on reçoit em X. 8 *
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échange un billet marqué inquiétude. Les
riches occupent les loges ; les puissans
l’amphithéâtre ; le parterre est pour les
malheureux. Les femmes portent les ra-
fraichissemens à l'entour, et les disgra- | ciés de la Fortune mouchent les chandelles. Le Temps tire le rideau. La comédie commence par des larmes et des
soupirs ; viennent ensuite les projets
chimériques, et les folies qui composent
lés chœurs. Les insensés applaudissent , et les sages sifilent la pièce. On voit paraitre des géans, qui tout d'un coup deviennent pygmées, et des nains qui . grandissent imperceptiblement, et s’é- J8vent à une hauteur extraordinaire. On aperçoit des gens d'esprit, qui retombent en enfance; des savans qui n'ont jamais rien appris ; des politiques qui ne sa vent pas gouverner leur maison, et qui veulent gouverner l'Etat; de pieuses figures qui prêchent la vertu avec un cœur tout noir de crimes; de petits es-
prits qui font les athées en public, qui
COMPENSATIONS: 6y ont peur des revenans quand ils sont seuls , et qui tremblent au bruit du tonnerre. On entend partout des cris »t des plaintes. Le sang coule; on se bat, on se déchire, on vieillit sans avoir trouvé la paix du cœur; et la Mort baïsse la toile.
Celui qui veut se divertir de ce drame, n’a qu'à se mettre dans quelque petit coin, d’où il puisse commodément voir tout, Sans être vu, et se moquér d’une extravagance qui le mérite si bien (r).
COMPENSATIONS.— Un chercheur d'origines m’aborde : — Savez - vous , me dit-il, de qui nous vient le système des Compensations ? — Eh bien! répon-
dis-je , allez-vous éncore ôter cela à ce pauvre M. Aziïis? — Je n’ôte rien à per sonne, reprit mon savant, Le système des Compensations a été inventé par les Jésuites ; c’est une gloire qu’il faut leur rendre. Voici ce que ditle P, Réginald,
(1) Le comte d’Oxenstirn, Pensées, tome I.