CHAMPIGNONS
donnait à entendre , par cet emblème, qu'il fallait, dans ces jours de démence, faire toutes ses folies et purger son âme de tout ce qu’elle avait de mauyais pour étre sages ensuite (1). Ces usages rians ne peuvent appartenir qu'a une religion-pleine de tolérance , et sous des dieux quiexcusent les faiblesses humaines. Nos prêtres, plus austères , s'opposent depuis long-temps aux plaisirs du carnaval. Qu’y gagnent-ils ? Dans les pays les plus catholiques, le carnaval estexagéré. Chez nous, depuis qu'on aun peu de liberté etde philosophie , les farces des jours gras tombent d’elles-mêmes :
elles se releveront dans toute leur gloire, lorsque l’on s’avisera de les gêner. |
CHAMPIGNONS. — Les flatteurs ressemblent aux champignons, prince, ils viennent partout : ceux qui ne font point de mal ne font point de bien; mais
) Ælexandri ab Alex. Genialium dier, $ lib, NI, cap.1g
CILANSON. ; 63
vous en trouverez qui vous empoisonneront.
CHANOINES. — Gens que l’église engraisse pour figurer au chœur, et pour soutenir la voix des chantres quand. on Célèbre les saints offices dans le désert.
CHANSON. — Les Anglais font des hymnes ; les Allemands des romances ; les Espagnols des cantiques ; les Italiens des airs; les Français des chansons et des vaudevilles.
— De bonnes Chansons suffisent pour conduire à limmortalité. Anacréon ne doit sa gloire qu’à ses chansons, qui ne Sont pourtant pas les meilleures qu’on ait faites.
« Anacréon est immortel, dit Sabaz » üer de Castres, Pour quelques cou- » plets qui sont venus jusqu’à nous. Par
> respect pour le préjugé, nous ne com
» parerons pas maïtre Adam à ÆAnacréon:
» Rous nous contentons d'observer. que » le hasard influe beaucoup:sur les ré»
Gi CITANSON,
» putations. Nous ignorons souvent le » nom de tel de nos poëtes, dont Îles » chansons , que nous savons par cœur, » valent autant, et peut-être mieux, que » celles du poète grec (1) ».
— On peut dire encore que les Chansons n’ont jamais été si perfectionnées que dans notre siècle, J'aimerais mieux avoir fait certaines chansons de Béranger, que les soixante-dix volumes de tel
écrivain fameux. Les partisans exclusifs de l'antiquité crieront sans doute au sacrilége; mais une postérité, plus reculée que la nôtre, rendra aux poètes français la justice que le siècle ne leur accorde qu'à moitié,
— Quand nos descendans liront la chanson de Béranger sur le champ d'a sile, ils se demanderont, selon l’expression de Benjamin-Constant, si cette chanson n’est pas une ode ?
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Gi) Les Trois Siècles de la Littérature frans