‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etcChapitre 34 sur 93 · CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

CHANT PREMIER

Vous qui, dans une bagatelle, Voyez toujours de quoi trembler; Chez qui l'Etat est en danger,

Dès qu’on vous compte la nouvelle Qu'un ministre vient de changer Un cheval blanc, fait à la selle :

Pour une jument isabelle ;

Ou que la princesse une telle

À réformé son écuyer ;

Où bien que la mort imprévue

Du roi de Maroc ou d’Alger

À fait renchérir Ja morue ;

Oÿez le fait aventureux

D’un noble , Uigne et vaillant bomme, Descendant de nos anciens preux , *

v6 CONSPIRATIONS Li

Par conséquent bon gentilhomme ; Ayant la rondache au grenier, Et le roussin au ratelier , Fidèle au Roi comme à sa dame, (Quoique depuis trente ans sa femme. } Mais ce luron déterminé Fait vertu de nécessité.

La saint Boniface était proche (1).

Pour la célébrer quelque peu, Jean Boniface de Grosjeu Mit lui-même le pot au feu, Avec un lapin à la broche; Régal qui, soit dit sans reproche, N’arrivait pas assez souvent

: Pour qu’on le reçüt tristement, Grosjeu mangea de bonne sorte, Jasa beaucoup, et but d’autant, Quand la dose fui assez forte, 11 dit, d’un ton de vieux vaillant :

« Ma sœur, et vous ma chaste femme, > Je ne crois pas qu'aucune dame > Vous puisse disputer le pas.

» Vous mangez, j’en jure mon âme, » Et buvez comme deux seldats!.., » Ne pensez point que je vous bläme;

mencement de juin 1816, auprès de Chälonsgur-Marne,

(1) Le fait dont il s’agit ici a eu lien au com

CONSPINATION. 77

Car semblable an vôtre est mon cas:

J’avale tont ce que j’entame,

W, vf

J’entame tout sans embarras ; » Etsije ne suis pas plus gras, C’est qu’un tempérament de flamme

> Fait que je ne profite pas.

> Mais pour nous rafraîchir la bile, » Et de peur d’indigestion,

> Nous allons faire, hors la ville, » Une petite excursion. »

On trouva l’avis salutaire ;

Et, s’étant recoiffé un peu

Dans une glace autrefois claire, Au galant messire Grosjeu

La sœur présenta sa main droite, Dont on la dit assez adroite ;

La dame prit l’autre côté,

Qui de tout temps fut réputé

La place la plus délicate,

Se trouvant plus près de la rate.

( Cependant, voyez cet amant, Plein d’une chaleur d’un moment, Se promener dans la campagne, Avec Annette sa compagne :

La main femelle est sur son cœur, Pour entretenir eette ardeur .

Que monseigneur le mariage Eteindra bien à son passage.)

Mais revenons à nos moutons,

Et, sans tant faire de sermons,

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