ACADÉMIE FRANÇAISE
de la manger. Le Roi, surpris de ne plus entendre parler de l’orateur, demanda de ses nouvelles. — Sire, lui répondit-on, quand la poule est grasse, elle ne chante plus.
Si l’on entendait bien les intérêts de la littérature, on ne donnerait le fauteuil académique qu’aux gens de lettres invalides , puisque nos académiciens se reposent sur leurs lauriers, du moment qu’ ils ont franchi le seuil de l’Institut. IL est vrai qu'aujourd'hui quelques-uns se font censeurs. | — Il y a en France une foule d'écrivains qui visent aux honneurs de l’Académie; et mille fauteuils ne combleraient pas tous les vœux qui s’exhalent vers le palais de l’Institut. Les auteurs, qui ne peuvent faire mieux, louent au moins, à perte de vue, les académiciens, pour les obliger à quelque peu de reconnaissance : on dit même à ces Messieurs des fadeurs qui feraient “rougir une femme un peu modeste. Croirait-on
ACADÉMIE FRANÇAISE. ) que , lors de la très-indigne inscription que l’Académie composa pour le piédestal de Henri IV, le Journal des Dé bats disait, le ro octobre 1818, à pro= pos des critiques que tous les gens d’esprit faisaient de ce latin de cuisine :
— « Attendons la défense de l’Académie » des inscriptions , si toutefois ce corps » savant juge convenable à sa dignité de » se défendre!» Voila comme parlerait au pape celui qui briguerait le chapeau de cardinal. On nous apprendra bientôt que nos académiciens sont infaillibles.
— Ce qui rend quelquefois PAcadémie ridicule, c’est qu'on y a reçu hier un homme qui n’est que pédant, et qui sait mieux les langues mortes que la langue de son pays; c’est qu'on y admet aujourd’hui un écrivain qui aura fait une espèce de mélodrame ; c’est qu’on y recevra demain le traducteur d’un classique latin ou grec, déjà vingt fois tra= duit et commenté.
— De sept açcadémiciens , le premier