‹ Dictionnaire de la folie et de la raison. Parsemé de petits romans ... d'anecdotes ... de recherches curieuses et d'aperçus variés sur les superstitions et la philosophie, sur la littérature et les moeurs ... etcChapitre 92 sur 93 · ER · texte numérisé non relu

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JÉSUITES 223 ques Pappelleraient hautement sans-cu-

loite et coupeur de téle.

Secrion V. Les Jésuites et les Régicides de 1793. |

On connaît assez les discours et les jugemens de la Convention, pour qu'il soit inutile de les exposer ici. Nous remarquerons seulement que, si l'on veut parcourir avec quelque attention les écrits des jésu tes , on y trouvera, comtr Henri III et Henri IV, des atrocités, bien plus révoltantes que tout ce qu’on a diten 1793 contre l’infortuné LouisX VI on y verra des principes plus anti-monarchiques que ceux de la Convention ; on y rencontrera l’apologie du régicide & que des jésuites seuls ont eu Paudace d'admirer sous un gouvernement royal,

Nous rapporterons quelques fragmens jésuitiques , à l’appui de ce que nous venons d'avancer:

Ces pères pieux ont commencé par

dire que le pape, étant au-dessus des rois, comme ‘le soleil est au - dessus de la lune, pouvait les déposer par toutes sortes de moyens , et employer contre eux la puissance des armes temporelles (1) : or, comme les jésuitessont les bataillons les plus fidèles de la milice sacrée, ils se sont naturellement resardés comme les exécuteurs de la destitution des rois.

En enseignant que Je pape pouvait chasser un roide son royaume ( ce que les papes savent depuis long-temps ), ils ont appris aux peuples que les rois pouvalent être chasses. |

Salmeron s’est avancé plus loin. Il a dit que le grand-prêtre Joad ou J oyada avait fait, massacrer Athalie tout exprès Four nous monirer qu’un souyerain ponue est maître de la vie des rois (2)...

. (1) Molina, de justitié et jure. tract 2, disp. 29.

(2) Salmeron. Tom. 4, pars. 3.

JÉSUITÉS. 227 » Après avoir si heureusement débrté, les jésuites ne gardèrent plus de ménagemens; ils soutinrent même que l'Etat avait droit de juger son prince et de le condamner. On peut tuer un tyran lésitime , dit Valentia; mais auparavant , il

faut que la nation le’ condamne. Quant

au tyran d'usurpation, le premier venu peut le tuer (r). Resterait à définir le mot #yran. Mariana appelle tyran Île souverain qui abuse de son autorité (2) ; et le même Väalentia prétend qu'un tyran légitime devient tyran d’asurpation , du moment où il ne s'accorde pas avec le pape. |

‘Mariana fait l'apologie de tout particulier qui expose généreusement sa vie pour le salut de la république : il présente le meurtre d'ün tyran comme une action glorieuse, héroïque, digne de.

(+) Falentia. Tom. 3, disp. 5. Emmanuel,

Sa F’erbo tyrannus.

@ De Rege et Regis institut, Lib. : FRpe 6.

220 JÉSUITES, toutes louanges ; il gérait beaucoup de ce qu'on n’a pas tué assez de tyrans; .cé qui aurait. forcé les rois à bien gouverner (1) : et Mariana exige tant de vertus dans un roi, pour qu’il ne soit pas tyran, que , selon l'opinion de plusieurs savans , Sila monstrueuse doctrine de ce jésuite était admise , il n’y aurait peutêtre pas un souverain qui püt vivre une heure en sûreté.

Scribanius, recteur des jésuites d'Anvers , dans un livre intitulé : Amphithéâtre d'honneur, a bien osé faire plusieurs fois cette exclamation"anarchique :

« Quoi ! un roi deviendra tyran, il op-

» primera Ja liberté, et personne ne

» s’armera contre cette bête féroce ? »

Fex tyrannus, oppressor libertatis , nullus tamen in hanc belluam homo miles erit (2)? .

QG) De Rege et Regis institut, Lib. 1, cap: 5, Amretc, ut à (2) .Æmphith. Honoris. Lib, 1 , cap. 12,

JÉSUITES, can : 1 Lorsque le père Commolet prêchait à Saint-Barthélemi (1) contre Henri IV, il ne prenait point de détours pour exciter-au meurtre-de ce grand roi: « Il nous faut un Aod., criaitil, füt-il » moine, füt-il soldat, füt-il berger » n'importe ; il nous faut un Aod : il » faut tuer le tyran ».

En mêmeé-temps, d'autres jésuites encourageaient les factieux par Papologie de Jacques (Clément, qu'ils mettaient aû, fang des saints mattyrs. Mariana ‘a

Gest que; pr le meurtre de Henri IIE,

‘Jacques Cléimient s'est’ acquis un nom

immortel ; que ce jeune moine sera éternellément la gloire de la France; etc: (2).

Lorsqu'on visita es papiers du pére Guignard , on ÿ Saisit des lLibelles

atroces que ce père s’amusait à com-

RAR LEA (@) Eglise de Paris, en la Cité, convertie,

dans la révolution, en salle de spectacle , et : maintenant en Lalle ‘qe danse,

(2) Ubi supra. Lib. 1, cap. 6.

230 TÉSUTTES.

poser contre Henri IV. On trouva; dans un de ses cahiers, que le Béarnaïs serait traité plus doucement qu'il ne méritait À si on lui donnait: la couronne monachale, dans quelque couvent bien 1réformé. « Si on ne peut le déposer sans » guerre | ajoutait le père Guignardk, » qu'on guerroie ;.et. si on ne: peut lui » faire la guerre, qu'on le.tue (1)... ».

Clarüs Bonarscius appelle Henri IV un Manès , un Arius, un Valens, un Mahomet, un Phalaris , et il ajoute :

» Rome, vois ce charretier qui conduit » la France, cet .antropophage, ce » monstre qui se baigne dans le sang...

» Ne se trouvera-t:il personne qui prenne » les armes contre cette bête féroce, qui

» a rempli ses entrailles de la chair des

» catholiques ? N’aurons-nous pas un

» pape qui emploie sa hache au salut de

» la France (2)?....n. | (:) Chronologie novennaire , page 436." (2) Cité dans la Chronologie novennaire.

| nésurres, 231

Je le demande : les anarchistes de

1798 ont-ils rien dit. d'aussi horrible contre Louis XVI ?

Le lecteur observera aussi qu'avant

l'établissement des jésuites , on n'avait

jamais ättenté À la vie d’un roi de France,

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