‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 103 sur 389 · II. — k · texte numérisé non relu

II. — k

LIT

cruelle Vient de vider le berceau, Qui tomba de la mamelle Au lit glacé du tombeau, lamart. Itarm. II, I. Il Mourirau litd'honneur.voy. HONNEUR, n°<. H'iO- Lit de justice, tr<5no sur lequel s'asseoit un roi rendant la justice. Il y avait au milieu de la galerie un parquet où était son lit de justice, saci, Bible, Rois, lu, vu, 8. || Dans le moyen âge, Ut de justice, ou lit de parement, lit» ornés d'une façon particulière, qui étaient dans la chambre à coucher du roi ; car c'était là que le roi faisait ses réceptions solennelles. || Particulièrement. Trûne sur lequel le roi s'asseyait dans le parlement de Paris, lorsqu'il y tenait une séance solennelle. || La séance même. Charles V tint un lit de justice en f374, pour faire enregistrer la loi qui fixe la majorité des rois à quatorze ans, volt. Dict. phil. Parlement de France. \\ 11° Fig. Union conjugale. Les enfants du premier, du second lit. Et moi, comme à son lit je me vis destinée, cobn. Poly. I, S. Celle qu'un lien honnête Fait entrer au lit d'autrui. Doit se mettre dans la tête. Malgré le train d'aujourd'hui. Que l'homme qui la prend ne la prend que pour lui, MOL. Éc. des femmes, m, 2. Une loi moins sévère Mit Claude dans mon lit et Rome à mes genoux, RAC. Bric. IV, 2. Et vous croiriez pouvoir, sans blesser nos regards, Faire entrer une reine au lit de nos Césars, lu. Birén. ii, 2. Les Parques à ma mère, il est vrai, l'ont prédit. Lorsqu'un époux mortel fut reçu dans son lit, id. Iphig. i, 2. Ai-je dû mettre au jour l'opprobre de son lit? w. Phèdre, v, t. Le lit de son prochain était pour lui inviolable, MASS. Carême, Riche. Je suis né de Claude, duc de Saint-Simon, et de sa seconde femme, Charlotte de l'Aubespine, unique de ce lit, st-siu. i, i». Un père iltier que seul l'intérêt touche. Vous a jetée au lit d'un vieil époux, békang. Canlhar. \\ Terme d'ancienne jurisprudence. Le lit entier, le mari et la femme. Frère, sœur de lit entier, enfants nés du même père et de la même mère, par opposition i frère, sœur de demi-lit, qui se disait pour consanguin et utérin. || Lit brisé, mariage dissous. || 12° Canal par où coule une rivière, par comparaison du fond sur lequel est la rivière avec le lit où l'homme 8'étend. Le lit des ruisseaux sera sec à sa source même, saci, Bible, Isàie, xix, 7. Comme je hais cette rivière [la Durance], il me semble qu'elle me hait aussi ; la dernière fois que je l'ai vue, elle était hors de son lit comme une furie déchaînée, sév. 47 avr. 4680. Une rivière [l'Eure] qui est détournée de son chemin par une armée de quarante mille hommes ; il n'en faut pas moins pour lui faire un lit [on voulait l'amener à Versailles], id. 4 3 déo. 1684. Un pont sur de telles rivières n'est guère possible, parce qu'elles changent de lit sans cesse et s'élèvent bien au-dessus du niveau de la plaine, stael, Corinne, ux, «. || On dit aussi • le lit de la mer, de l'Océan. L'autre opinion qui prétend que, dans la période de deux millions d'années, l'axe de la terre, se relevant continuellement et tournant sur luimême, a forcé l'Océan de changer son lit, n'est pas moins contraire à la physique, volt. Physique, changements du globe. Les eaux soudain s'écoulèrent Dans le lit creusé des mers, lauart. Médit. I, 30. Il 13° Terme de marine. Le lit de la marée ou d'un courant, le lieu où la marée, le courant ont plus de force et de vitesse. || Le lit du vent, synonyme de direction du vent, rumb ou aire (Nieut écrit lis du vent, et M. Jal y voit l'abrégé de lisière). C'est là que, croisant sous voiles et voyant sans être vus, ils ont toujours l'avantage du vent «ur les bâtiments auxquels la force et le lit con stant des vents ne permettent pas de passer au-des sus de l'Ile, baïnal, llist. phil. ziii, 38. || Tenir le lit du vent, aller à six quarts de vent près du rumb d'où il souflle. || 14* Lit de pierre, masse de pierre étendue comme un lit dans le sein de la terre. Sur la montagne de Castravan il y a un lit de pierre blanche, mince comme de l'ardoise, dont cfiaque feuille contient un grand nombre et une grande diversité de poissons, buff. Hist. nal. Preuv. théor. $eTT. (Kuv. t. I, p. 40». Dans tous les vallons étroits où Ton découvre de» rochers, on verra que les même» lits de pierre ou de marbre se trouvent des leux calés k la même hauteur, lo. l'b. p. 3«7. jj Le lit d'une pierre, la situation où la nature l'a placée dans la carrière. Les pierres ont deux lits : celui de dessus qui s'appelle ht tendre, et celui de dessous aui s'appelle lit dur. || Lit brut, celui qui n'est pas ébousinè. |{ 16° Terme de maçonnerie. Faces par lesquelles de» pierres sont superposées, tandis qu'on appelle joints les faces par lesquelles elles sont contiguês latéralement. || Lit d'une asiiso dans une construction de pierre, le dc.us ci le dessous d'une assise.

LIT

Il 16° Couche d'une chose quelconque qui est étendue sur une autre. L'édifice résiste et dure en son entier: Après un lit de bois est un lit de mortier; Chaque castor agit; commune en est la tâche, la FONT. Fahl. X, I. Il se rencontre dans les onyx diverses couleurs qui sont par lit les unes au-dessus des autres, rollin, Ilisl. ane. OEuv. t. xi, ('• part, p. 78, dans pouGENs. Il 17° Terme militaire. Lit de pont, se dit du plancher ou fascinage sur lequel passent les voitures, les chevaux et les piétons. Il 18° Terme de vénerie. Au lit, au lit, chiens, exclamations pour faire quêter les chiens, lorsqu'on veut lancer un lièvre. || Proverbes. Comme on fait son lit, on se couche, c'est-à-dire on a du bien ou du mal suivant qu'on a eu prévoyance et précaution. Il Le lit est une bonne chose; si l'on n'y dort, l'on y repose. || Le lit est l'écharpe de la jambe, quand on a mal à la jambe, il faut se tenir au lit.

— REM. X plat de lit, gisant dans le lit, locution qui parait être genevoise; du moins J. J. Rousseau s'en est servi : 11 n'y avait que l'e-xcuse d'être à plat de lit qui put me dispenser de courir à son premier mot, dans le Dict. de bescherelle.

— HIST. xii* s. E iceles qui estoient es Hz de lor mariz ploroient, Uachab. i, 4 . E li Hz saint Thomas esteit apareiUez, Desus un chaelit qui tut esteit quiriez [garni de cuir]. D'une cuilte [couette] purpointe, d'un poi d'estraim junchiez, E de chiers linges dras e blancs e déliez, Th. le mart. 402. En paradis.... Sont li lit fait où nous devons coucher, Ronc. p. B8.||xiu's. Cendre de chesne metez i. Et espiz de orge autresi. De l'estreim d'orge une litière, E puis la cendre, qu'ele i père [de manière à ce qu'elle y paraisse], E puis l'estreim e puis la cendre ; De lit en lit devez entendre, ils de St-Jean. Il [le Nil] ist [sort] outre le lit de son cours çà et là, tant qu'il arouse toute la terre, brun, iatini. Trésor, p. 453. En son lit, ce dit l'Escrilure, se doit on repentir et plorer ses péchiez. Psautier, {-il. Coument querreiz à Dieu merci. Se la morz en vos liz vous tue [si vous n'allez pas mourir à la croisade pour la cause de Dieu]?RUïEu. i, et. L'anemi [le diable] l'avoit par raison Mis en escrit ; En enfer estoit fait son lit; Mais sa femme le garantit, Mart. liapart, dans JUBINAL, t. il, p. 203. Constance, dit Symons, faites lui faire un lit, Berte, lui. Cil qui morra des nos, bien en soitchascun fis [certain], Avoec les innocens sera parés ses lis, Ch. d'ànt. 11, 6I6. Il pot avenir que uns mariages est dçssevrés par sainte Eglise quant au lit, beaum. xviu, 6. Si en voloit ele porter se [sa] plus bêle robe à parer et son plus bel lit furni, lO. xiil, 21. Li lis as dames et as demiselcs, et lor robes à cascun jor, delTendons nous qu'on les prengne en nule manière, m. liv, 7. Comment pona gésir ou feu qui art et fume [en enier], Qui ne puet ci dormir fors que sus lit de plume? J. DE MEUNG, Test. 4 850. |j xv° S. Cil messire Jacquemes de Werchin.... eust esté vaillant homme, s'il eust vescu longuement; mais il mourut jeune et sur son lit, froiss. ii, ii, 83. Fut establi qu'en remembrance De ce miracle et celle pais [des barons et de la reine Blanche, qui leur présenta Louis IX enfant], Seroit le lit à tousjours mais, En tous lieux où les roys seroient Pour jugement et que tendroient [tiendraient] De France lasaincte couronne, Fait, et pour ce encore on l'ordonne Etl'appeU'on lit de justice, Qui est à ramembrer propice, Toutefois que roys proprement Doit venir en son parlement, Ou qu'il siet pour justice ailleurs, e. desch. Miroir de mariage, p. 4 20. Au temps passé on laissoit les roys trois jours morts en leui'lict,. le visage descouvert, Juv. DES URSiNs, 4 422. Et tant estoit en la grâce de la reine du pays, qu'elle estoitson demi lit, les nuits que la dite reine point ne couchoit avec le roi, LOiiis XI, Nouv.xxvii. 11 se coucha sur son lit de camp, coum. iii,io. ||xvi' s. Aians mis hors la voile latine et le trinquet, ils s'esloignerent aisément des autres qui ne pouvoient approcher qu'aux lis du vent, et aloveant [louvoyant], d'aub. Hiit. ti, 301. Us estoient joyeux de mourir au lict d'honneur, PABé, m, 704. Il observera les testes, leurs repaires et gistes, lits, chambres, reposées, bouges, tanières, 0. i)E SERRES, 983 Qui, quant ils sont en quelque cholere et différent, font deux licts, et ne s'advisent pas d'appeller lors plus que jamais Venus au secours, la boët. 305. Achaptc le lict d'un grand debteur, car à dormir il porte bonheur, génin, iR^créat. t. II, p. 233. Une garniture de ciel de lict de camp, Bibl. des eh. «• série, t. i, p. 4 s».

— ÉTYM. Norm. liet; wallon, lét; namur. letl; bourguign. lei; provenç. leit, leich, liech, lieg ; catal. Uit; espagn. lecho; portug. leito; ital. /e((o;du lat. leaus ; grec, W»tf.ov et Uyo;, de Xitsiv, mettre,

LIT

poser. Comparez l'allemand iepen, mettre, iajer, un lit, liegen, être couché.

t LITAGE (U-ta-j'j, s. m. Action de liter les étoffes. Veut Sa Majesté que les litages et teintures desdits draps soient faits en conformité des règlements généraux du mois d'août 4668, Arrêt du conseil, 4 5 mai 4 676.

LITANIES ai-ta-nie), t. f. pl.\\ 1° Prière faite en l'honneur de Dieu, de la Vierge, en leur donnant successivement toutes les épithètes qu'on trouve dans les livres saints et dans les diverses prières, ou des saints, en les invoquant les uns après les autres. iJGrandes litanies, nom donné aux prières des rogations.|| Fig. Mettez-moi dans vos litanies, c'est-àdire songez à mon affaire, occupez-vous de moi. il 2° Fig. Au singul. Longue énumération, ennuyeuse la plupart du temps. Cet ancien militaire nous a fait une longue litanie de ses campagnes. Pour M. et Mme de Coulanges, monsieur l'abbé.... c'est un cri pour me prier de parler d'eux ; mais je ne suis pas toujours en humeur de faire des litanies (liste des noms], SÉ7. 425. L'abbé.... a fait une litiinie des Sévignés [généalogie] ; il veut travailler à nos Rabutins, ID. à Bussy, 46 fév. 1674. || Proverbe. C'est toujours la même litanie, c'est-à-dire on revient sans cesse aux mêmes idées, aux mêmes expressions.

— HIST. xm" s. Lors conmence une kyriele. Sa credo et sa miserele, Pater nostor, sa Ictanie, Ren. 2641. Il xiv" s. Et a Robin Canolo juré sainte Marie, La puissance de Dieu, toute la letanie, Que par devant Paris sera ceste ost logie, Gncscl. 1714 9,

— ÉTYM. Wallon, nétaléie ; Hainaut, lélanic; provenç. letanias ; espagn. li'tatiia; portug. ladainha; ital. letanie; du lat. liianix, qui est le grec J.navtCa, prière, de ),[tti, prière. Comparez le latin litare, faire un sacrifice, une offrande.

4. LITEAU (li-tô), s. m. \\ l°Nom devaies colorées vers les extrémités de certaines nappes et serviettes de linge uni. Des Serviettes à liteaux bleus. Les fabricantssonttenusde revêtir les étoffes.... des lisières, liteaux ou entrebats indiqués par ledit tableau, hett. pat. 22 juillet 4780, art. 4. || 2° Toiles rayées de blanc et de bleu, qui se fabriquent en divers lieux d'Allemagne, pour lo commerce dos Indes occidentales. || 3° Terme de métallurgie. Tringles de bois qui soutiennent le fond d'un soufflet. || 4° Terme Ai menuiserie. Tringle de bois fixée à un mur, soit pour porter une tablette, soit pour servir d'appui à une cloison.

— ÉTYM. Ce paraît être une autre forme de listel; en ce cas, il devrait s'écrire liteau, comme, dans la Berry, litre ou lite, qui signifie petite largeur de mousseline.

2. LITEAU (li-tô), J. m. Terme de chasse. Lieu où le loup se repose pendant le jour.

— lî'rYM. Dérivé de lit.

LITÉE (li-tée), s. f. Terme de chasse. Réunion de plusieurs animaux dans le même gîte, dans lo même repaire.

— HIST. XVI* s. Par littées [couches] les raisins esgrumés et le fousteau sont mis dans un toimcau défoncé par un des costés, o. se serres, 222.

— ÊTYM, lit.

f 1 . LITER (li-té), V. o. Terme de métier. Arranger les choses par lits. || Terme de pêche. Mettre le poisson, le hareng, la morue, par lits dans les tonnes.

— ÊrYM. lit.

f 2. LITER (li-té), V. a. Couvrir avec de gros fil la lisière du drap, avant de le plonger dans la teinture, de telle sorte que la couleur ne prenne point sur l'endroit ainsi garanti. Les drapiers qui donneront des étoffes pour teindre en écarlate.... feront liter les pièces avant que de les bailler aux teinturiers, Règl. sur les manufact. août 4 069, Teinturiers en laine, art. 35.

f LITERIE (li-tc-rie), s. f. Tout ce qui entre dans la composition d'un lit, bois de lit, matelas, couvertutes, etc. Commerce de literie. Maison de literie. La literie d'un collège, d'une caserne.

— ÉTYM. lit.

t LITUAGOGUE(li-ta-go-gh'),adj. Terme de médecine. Substances lithagogues, substances auxquelles on attribuait la propriété d'expulser les petits calculs ou gravier» de la vessie.

— ETYM. Aiôo;, pierre, et àyuiyôi, qui chasse, mot dérivé de âyeiv, pousser, chasser (voy. agir).

LITUARGE (li-tar-j'), s. f. Ancien nom du protoxyde de plomb demi -vitreux. On recommande l'emploi de la litharge pour fixer les barres de for dans la pierre, de préférence au soufre, au plomb, etc. La falsification des vins aigres se fait avec do la litharge, j. j. rouss. Ém. m. || Litharge d'or, d'argent, litliarge dont la couleur approche de celle de l'or, do l'argent.

UT

— msT. XVI" s. La litharge d'argent ne donne tant belle couleur aux emplastres qua la litharge d'or, PABÉ, x,\v, 27.

— ÊTYM. Lat. lithargyrtis, du grec XAif-(vfo(,de XiOo;, pierre, et àpy^P"?) argent.

LITHARGE, ÉE (li-tar-je, jée), adj. Synonyme de litliargyré, qui est plus usité. Il y a environ vingt ans que quelques marchands de vin furent saisis avec de semblables vins lithargés, Dict. des arts et m. Caharetiers, (767.

LITHARGYRÉ, EE (li-tar-ji-ré, rée), adj. Altéré avec de la litharge. Avant de boire du vin, il importe desavoir s'il estlilhargyré, J. j. Rorss. Em. m.

— REM. L'Académie écrit lithargiré par un i ; mais il est mieux de mettre \'y étymologique.

— ETYM. I.at. lilhargyrxis, litharge.

t ....LITHK, élément de composition qui signifie pierre (du grec ).î6oç), et qui forme partout des mots masculins, excepté dans chrysolilhe, hippoli- Ihe, hystérolithe et quelques autres, exceptions sans bonne raison (voyez litho).

LITHIASE (li-ti-a-ï") ou LITHIASIE (li-ti-a-zio), t.f.W 1° Terme de médecine. Formation de la pierre dans les voies urinaires. H i° Nom donné à de petites concrétions pie.Teuses sous la peau ou dans le tissu des paupières.

— REM. Lithiase n'est pas dans le Dictionnaire de l'Académie; néanmoins il est plus usité parmi les mé'Iecins que li thiasie, pour signifier la formation de calculs dans les voies urinaires.

— ÉTVM. AiOtaii;, de Xi9iâv, avoir la pierre, de XÎOo;, pierrfc.

t LITUINE (li-ti-n'), s. f. Terme de chimie. Oxyde de lithium retiré de la pétalite, minéral qui se trouve dans la mine d'Utol en Suède.

t LITHIQUE (li-ti-k'j, adj. Terme de chimie. Acide lithique, nom donné par Scheele à l'acide nommé depuis acide urique, à cause qu'il se rencontre souvent dans les calculs urinaires.

— ÊTYM. AÎSoç, pierre.

t LITHIUM (li-ti-om'), s. m. Terme de chimie. Métal qui fait la base de la litlune.

f LITHO.... élément de composition qui signifie pierre, et qui vient du grec XiOo;. Benfey croit que 5,(6o; est le même que it/îvOo;, brique, pierre plate et longue.

f LirHOCARPE(li-lo-kar-p'), t. m. Fruit pétrifié.

— KTYM. litho...., et xopTiô;.

t LITHOCHROMIE (li-to-kr.)-mie),î. f. Procédé lithographique par lequel on imprime successivement, sur la toile, une esquisse en noir et des surfaces de différentes couleurs, de manière à produire l'effet d'un tableau à l'huile.

— f.TYM. Liiho...., et /pw(i.i, couleur.

t LITHOCHROMIQUE (ii-to-kro-mi-k'), adj. Qui appartient à la lilhochromie. Procédés lithochromiques.

t LI rilOCHROMISTE (li-to-kro-misf) , s. m. Artiste ou imprimeur en lilhochromie.

+ UTIIOCLASTE (li-to-kla-sf) , s. m. Terme de chirurgie. Instrument courbe employé pour l'opération de la lithotritie.

— ETYM. Litho...., et xX«M, briser.

t LITHOCLASTIE (li-to-kla-stie), s. f. Terme de chirurgie. Procédé opératoire qui consiste à réduire en fragments les calculs dans la vessie à l'aide d'un instrument courbe, agissant, soitparpercussion, soit, au be?oin, par percussion et par pression combinées.

— ETYM. Lilhoclaste.

LITHOCOLLE (li-to-ko-l'), s. f. Ciment do résine et de vieille brique, avec lequel on fixe les pierres, pour les tailler sur la meule.

— ÉTYM. Aiftoxo).Xa, de XÎOo;, pierre, et xé)la, colle.

t LITHODENDRE (li-to-din-dr'), f . m. Nom donné à plusieurs polypier» fossiles.

— ÉTVM. Liiho...., et Sévîpov, arbre.

+ LITUODIALYSE (li-to-di-ali-7.'), ». f. Terme de médecine. Tout mode de traitement qui dissoudrait les calculs vésicaux, soit indirectement à l'.iido rie médicaments introduits dans l'estomac, soit directement à l'aide de réactifs chimiques injocti''s dans la vessie. Il Terme de chirurgie. Toute opération ayant pour but de diviser les calculs réslcaux en fragments assez petits pour qu'ils puissent passer par l'urèthre.

— ETYM. Litho...., et iiiivati, dissolution (ïoy.

DIALYsrV

t LITHOKELUOOR (li-to-fèl-li-k') ou LITIiOl'ELLl.MOUE (lito filli-nik'), adj. Terme de chitiie. Aciile lithofellique ou lithofelliniquo, acide qui se rencontre dans les bczoards orientaux.

— ETYM. Litho...., et le lat. fel, bile.

Uï

t LIXnOGENfiSIE (li-to-jc-né-7.ie), j. f. Recherche des lois qui président à la formation des pierres.

— ETYM. Litho...., et YEVEoi:, génération.

t LITHOGLYPHE (li-to-gli-f), s. m. Graveur sur pierre.

— ETYM. Ai6of>ûîo«, de XtSo:, pierre, et yXilfeiv, tailler.

t LITUOGLYPIIIE (li-to-gli-fie), ». f. Art de graver sur pierres.

t LiriIOGLYPHlOUE (li-to-gli-fl-k'), adj. Qui appartient à la gravure sur pierre. || S. f. La lithoglyphique, art du graveur sur pierre; art de graver les camées.

LITHOGRAPHE (li-to-gra-r), s. m. Celui qui imprime par les procédés de la lithographie. || On dit au.ssi imprimeur lithographe.

— ÊTYM. Liiho..., et Ypâçsiv, écrire.

LITHOGRAPHIE (li-to-gra-fie), ». f.\\i' Procédé inventé en (793 par l'Allemand Senefelder, au moyen duquel on reproduit sur du papier, avec la presse, ce qui a été écrit ou dessiné sur une pierre d'une espèce particulière. || 2' Épreuves, feuilles obtenues par ce procédé. Une bonne lithographie. Il 3* Atelier d'un lithographe. Établir une lithographie. || 4° S'est dit aussi d'un traité sur les pierres.

LITHOGRAPHIE, ÉE (li-to-gra-fi-é, ée), part. ftnssé de lithographier. Un écrit lithographie.

LITUOGRAPHIER (li-to-gra-fl-é), je lithographiais, nous lithographiions, vous lithographiiez ; que je lithographie, que nous lithographiions, que voua lithographiiez, v. a. Imprimer par les procédés de la lithographie. Un libraire veut avoir mon portrait pour le faire lithographier : je l'ai envoyé promener, p. L. cour. Lett. n, (92.

LITHOGRAPHIQUE (li-to-gra-fi-k') , adj. Oui a rapport à la lithographie, les procédés lithographiques. Pierre lithographique. F.ncre lithographique.

t LITHOÏDE (li-to-i-d"), ad;". Qui a l'apparence, le caractère de la pierre. La partie lithoïdo d'un météorite. Pdte lilhoïde. Substance lithoïde.

— ÉTYM. AïOoeioTiç, de Xt'ôo;, pierre, et eWoî, forme.

t LITHOLABE (li-to-la-b'), ». m. Terme de chirurgie. Tout instrument au moyen duquel on parvient à saisir un calcul urinairedans la vessie, jj Particuli'-rement. L'une des trois pièces constituantes de l'appareil primitif de Civiale pour l'opération de la lithotritie, pièco aussi nommée trilabe ou pince à trois branches.

— ÉTYM. Litho...., et )a6£Îv, prendre, saisir. LITHOI.OGm (li-to-lo-jie), ». f. Connaissance des

pierres. || Lithologie humaine, titre donnéàun traité des calculs et concrétions qui se forment dans le corps humain.

— ETYM. Litho...., et le suffixe logie.

t UTHOLOGIQUE (li-to-lo-ji-k'), adj. Qui concerne la lithologie.

LITIIOLOGUK (li-to-Io-gh"), ». m. Celui qui s'occupe rie lithologie.

t LITHOLYSIE (li-to-li-zie), ». f. Terme de médecine. Dissolution des calculs dans la vessie à l'aide de substances injectées dans une poche isolante.

— ÉTYM. Litho...., et XOfJi;, dissolution.

t LITHO.MANCIE (li-to-man-sie), ». f. Divination au moyen de pierres précieuses.

— ETYM. Litho...., et le suffixe mande.

t LITUOMORPHITE (li-to-mor-fi-f), ». f. Terme de minéralogie. Pierre figurée.

— ÉTYM. Litho...., \).of(fit, forme, et la finale minéralogique ite.

LlTHONTRIPTIOUE(li-ton-tri-pli-k'), adj. Terme de médecine. Substances lithontriptiques, substances qu'on croyait propres à briser, à dissoudre les calculs des voies urinaires. || S. m. Un lithontriptique.

— ÉTYM. AtOov (à l'accusatiO, pierre, et tpCSeiv, user, broyer.

LITHOPIIAOE (li-to-fa-]') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui mange la pierre. Les animaux llthophages. Il Substantivement. Les lithophages.

— ETYM. Litho...., et iffth, manger.

t LITHOPHAMB (li-to-fa-nie), ». m. Procédé inventé à Berlin, qui consiste à proiluire toutes sortes de dessins ombrants sur plaques de porcelaine biscuit non émaillées, par les épaisseurs graduées de lapdte, dkmhin. Guide de l'amat. de faien. et porcel. p. 436.

— ÊTYM. Litho...., et »a(vu), faire paraître; KcITet dont il s'agit a lieu par la translucidité ou demitransparence de la porcelaine, où les plua gran les épaisseurs forment des obscurités qui semblent dos ombres

LIT

t LITHOPUILE (li-to-fi-r), adj. Se dit d'une plante qui crjît sur les rochers. || S. m. Insecte qui vit dans les endroits pierreux.

— ETYM. Litho...., etçi)4;, ami.

t LITHOPHYLLE (li-to-fi-1'), t. f. Feuille fossile.

— ETYM. Litho...., et çOXXov, feuille.

LITHOPHYTK (li-to-fi-f), ». m. Nom donné aux

polypiers pierreux.

— ÉTYM. Litho...., et çuTèv, plante.

t LITUOSPERME (li-to-spèr-m"), adj. Terme de botanique. Qui a des graines dures et pierreuses. Il S. m. Genre de borraginées appelé grémil, et dans lequel on distingue : )• le lithosperme oITicinal, dit grémil, perlièra, herbe aux perles, blé d'amour, millet d'amour; les semences portent le nom de graine perlée et graine d'amour; 2° le 11tbosperme tinctorial, qui a été l'anchuse tinctoriale de certains auteurs, et, pour d'autres, la buglosse tinctoriale; sa racine est l'orcanette, legoarant.

— ÉTYM. Litho...., et (j7iép(i.a, graine.

t UTIIOTHLIBIE (li-to-tli-bio), s. f. Terme do chirurgie. Nom donnée l'écrasement d'un calcul friable.

— ÉTYM. Litho...., et e),C6£iv, écraser. LITIIOTOME (li-toto-ra'), ». m. || 1" Instrument

inventé par un chirurgien grec, Aiumoniusd'Ale.v.-indrie, et destiné à couper la pierre trop grosse après que la vessie était ouverte. |{ 2° Aujourd'hui, instrument avec lequel on incise la vessie.

— ÉTYM. Ai^oTÔpio;, de XÎ8o;, pierre, et W- Iiveiv, couper; expression juste quand il s'agissait de couper le calcul comme faisait Aminonius, et devenue impropre aujourd'hui que le lithotome n'est destiné qu'à inciser la vessie.

LITHOTOMIE (li-to-to-mie), s. f. || 1° Terme de chirurgie. Anciennement, opération par laquelle on coupait la pierre trop grosse, après avoir incisé la vessie. || 2° Aujourd'hui, opération par laquelle on extrait un calcul de la vessie au moyen d'une ir^cision faite au col ou aux parois de cet organe. || Il est plus exact de dire cystotomle.

— ETYM. Lithotome.

LITUOTOMISTE (li-to-to-ml-st'),». m. Chirurgien qui s'adonne particulièrement à l'opération de la taille ou cystotomie. Voilà aujourd'hui A. Ruffin, jadis chirurgien de la Charité, le premier lithotomiste de Paris, gui patin. Lettres, t. ii, p. 26a. || Adjectivement. Chirurgien lithotomiste. Qui empêche qu'il ne soit médecin lithotomiste, et peut-être même académicien? didkr. Lett. s. la chirurg.

t LITHOTRËSIE (li-to-tré-zie), ». f. Terme de chirurgie. Action de perforer les calculs vésicaux h l'aide d'un foret mis en mouvement par un archet.

— ETYM. Litho et Tp'/jutç, perforation.

t LmiOTRIPSIE (li-to-tri-psie), ». (. Terme do chirurgie. Mot proposé pour remplacer celui de lithotritie, qui est hybride.

—ÉTYM. Litho..., et Tpîlii;, action de broyer.

LITIIOTRITEUR (li-to-tri-teur). ». m. Terme do chirurgie. Instrument aveclequel on broie la pierre dans la vessie.

— ÊTYM. Mot hybride formé delitho..., et du lat. tertre, supin tritum, broyer.

LITHOTRITIE (li-to-tri-sie), ». f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on broie la pierre dans l'intérieur de la vessie ou de l'urèthre.

— ÉTYM. Voy. LITHOTRlTrcUR.

t LITHOTYPOGRAPHIE (li-to-li-po-gra-fie), » f. Art de reproduire sur la pierre une planche imprimée en caractères ordinaires.

— ÉTYM. Liiho...., et typographie.

t LITIIOXYLE (li-to-ksi-l'j, ». m. Végétal changé en silex, agate ou autre pierre.

— ÉTYM. Litho et (ûXov, bois.

tLITIIUANIEN,(li-tu-a-niin), ». m. Languedura-

meau lettonien de la famille slave, parlée en l,ithuaniiî; elle est, parmi les dialectes slaves, cehii qui a le plus rie rapports avec le sanscrit.

t LITIER (li-tiô), ». m. Voy. laitier ï.

LITIÈRE (li-liè-r'), ». {. \\ 1* Lit couvert porté sur deux brancards, par deux ou plusieurs chevaux ou mulets, l'un devant, l'autre derrière. Vous y allez donc en litière, quelle fantaisie I j'ai vu que vous n'aimiez les litières que quand elles étaient arrêtées; TOUS êtes bien changi-e, sév. «9. Mme de la Fayette arriva avant-hier de Chantilly en litière; c'est une belle allure; mais son cet* ne peut soi/ITrir le carrosse, iD. sjuill. <«76. Lailuchesseétaitasiiisoen une litière à six chevaux blancs, mahchanoy, Tristan U voyageur, cti. 78. || Fig. Téte-à-tête, secret, par comparaison avec le tèto-à-Iête d'une litière. Avozvous jamais vu des fins et des commencements d'histoires comme celles-là [les affaires des poisons]? il

LIT

faudrait faire un petil tour en litière sur tous les êvénemeiils, SÉV. à Guitaul, i8 mai <«80. Voilà ce qui entretient mes réflexions dans ces bois où je rêve iouvent; ce serait bien une litière si nous y étions, ID. <7juill. 1680. Il 2° Chez les anciens Romains, voiture portée par des bommcs. Lucile le premier.... Vengea l'humblo vertu de la richesse altière, Et

I honni'te bomme à pied du faquin en litière, boil. Arl p. II. Il 3° Espèce de chaise à porteurs dans laquelle on s'étendait sur un matelas. || 4" Par extension, ht de piille ou de fourrage bien sec, placé sur le sol des écuries et étables pour protéger les animaux contre le froid, favoriser leur repos, absorber les excrémenu liquides, eic. Litière fraiche. Vieille litière. Kilos [des mules] avaient, dans les écuries du couvent, de la litière jusqu'au ventre, lksage, Gusm. d'Alf. VI, ). Pour litière on ne leur donne [aux chevaux] en Perse que du sable et de la terre en poussière bien sèche, sur laquelle ils reposent et dorment aussi bien que sur la paille, bukf. Quadrup. t. viii, p. «4. Il titière sautée, se dit de la litière des étables, quand on a enlevé le crottin, en la remuant (ivec une fourche. || Ce cheval est sur la litière, il tst malade ou estropié à ne pouvoir sortir de l'écurie. Je ne vous dirai point qu'ils [vos chevaux] sont Bur la litière; les pauvres bêtes n'en ont point, et ce serait mal parler, mol. l'Àtare, m, 5 i. Par extension. Être sur la litière, être malade au iit ou incni>able d'agir par suite de fatigue ou par l'effet d'une ftge avancé. || Kig. Faire litière d'une chose, la prodiguer, la répandre avec profusion, comme on répand la litière sous les animaux. C'est un homme qui tait litière de pistoles, cobn. Ment, iv, 7. Ce capitaine fait litière d'argent; c'est un marquis de vingt «liUe livres de rente, biiukys, le Grondeur, m, 2.

II 11 signifie aussi sacrifier misérablement. Faire litière de son honneur. Tout en ménageant certains termes trop grossiers pour l'honneur de l'épiscopat et des maximes du royaume, il [Fénelon] fit litière de l'un et de l'autre, st-sim. 48, 29. || 5° Terme de magnanerie. Le résidu de la feuille non mangée •l les excréments des vers.

— HIST. XII* s. X son tinel [avec sa massue] fisl de Turs tel lietiere, Que sus la terre cuert li sans cotn rivière. Bat. d'Àleschans, v. 6293. |{ xiii* s. Que Cfst bois ne te soit à tou^jours mais litière [tombeau], Berte, xx. Blancbefleui' la royne [ils] ont en îitterc mis Entre deux palefrois, ib. xcix. Puis [ils] establerent les cevaux [chevaux]; Moult les firent bien aaisier Et de litière et de mangier, FI. et Bl. «430. Si como li rois et li archevesques de Rains s'en revenoient, si les prist maladie grans, et furent mis en litiero et furent portés jusques à Monpansier, Chr. de Hains, p. 177. ||xiv' s. Aux chiens qui vierent des bois et de la chasse fait l'en lictiere devant leur maistre , Uénagier , i , 7. X mestre Girart d'Orlicns, paintre, pour cause de la façon d'une litière, de laborde. Émaux, p. 306. || xv s. F,t leur amcnoit on devant leurs hoslels le foin, l'avoine et la litière, dont ils cstoient bien servis et k bon marché, froiss. i, i, 32. Une litière chevaucheres3equedeuxcheïauiportoient,uKLABOiîDE,^maiii, p. 36». Il XVI» s. Ceux qui ont amené ces inventions sont les courtisans, qui en portent cependant une dure pénitence, n'y ayant année que telles despensos redoublées n'en envoycnt une douzaine à la littiere, la!<oi;f;, )«i. Le secours de Dieu, duquel vous devez estre certains quand vous ferez liiiere de voslre vie pour garder la foi inviolablemcnt, d'aub. Ilist. m, 22. Depuis r.on jeune âge il avoit fait litière de toute crainte de Dieu, id. ib. m, 468.

— ÉTYM. Berry, idifre; bourg. Uteire; prov. leititra, Uttiera; calai. Ititera; esp. lt(ero; du bas-latin leclaria, qui vient de lectus, lit.

LiriGANT, ANTE (li-ti-ghan, ghan-t') , adj. Terme vieilli de jurisprudence. Qui contient un litige.

— BEM. Mirabeau, à tort, a dit litigeant : Un tribunal est élevé entre les parties liligeantes pour exsminer U plainte et la défense, Colleclim, t. iv.

— ÊTYH. Ut. litigare, élre en procès, de lU, Utis, procès, et agere, pousser, mener, lis, aiicienneincnt itlit, est, à cause de la permutation facile de IV et de \'l , rapproché par Corssen de l'allemand SirtU, combat, débat.

irriGE (li-ti-j), f. tn.jll. Terme de jurisprudence. Contesiationenjustice.il ajouta que ce qu'il demandait était conforme aux lois, qui ordonnaient que, dan» un litige et avant le jugement définitif VE8T0T, Bitol. rom. v, B4.||Fig. 11 [ lalleyranlii jugea que la grandeur de l'incident [retour de Napoléon] avait concdié tous les autres litiges, viu.edAin, Snuten. eontemp. CtnUJourt, ch. iv. || Droit

LIT

de litige, droit que le roi possédait en Normandie de nommer aux bénéfices dont le patronage était contontieux. Il a° En langage ordinaire, toute espèce de contestation. Prétention qui est en litige.

— IIIST. xiv* s. Litige si est quand aucun vend chose dont contend [procès] et plaid soit pendant, que les clercs appellent vice de litige, iiouteiller. Somme rural, titre co, p. 3no, dans lacurne.

— ÊTYM. Provenç. Utigi; cspagn. et ital. liligio; du lat. litigium (voy. litigant).

LITIGIEUX, EUSE (li-ti-ji-ca, cù-z"), adj.\\ 1° Qui est ou qui peut être en litige. La justice, pesant ce droit litigieux. Demande l'huître, l'ouvre et l'avale à leurs yeux, boil. Éptt. u. \\ 2" Qui se plaît aux contestations, aux litiges. Un homme litigieux. Une humeur litigieuse. Si jamais quelque ardeur bilieuse Allumait dans ton cœur l'humeur litigieuse, BOIL. Ép. u.

— HlST. xiv* s. Et celui qui a cç deffaut et est de dure et triste conversacion, il peut estre appelle litigieux, discole, mal amiable et mal aggreable, ORESME, Eth. 60. En recevant et adjugeant à soi chose litigieuse, berciieure, f° 75. || xvi" s. Le pape ne peut créer pensions sur les bénéfices de ce royaume, sinon pour pacifier bénéfices litigieux, p. piTHOu, 30.

— ÊTYM. Provenç. litigios; espagn. et ital. Itligioso; du lat. liligiosus, do liligium, litige.

LITISPEMDANCE (li-ti-span-dan-s') , s. /". Terme vieilli de jurisprudence. Le temps pendant lequel un procès est pendant en justice.

— HIST. XVI* s. Le dit bailly a offert do faire apparoir promptement que pour raison de ce il y a appellation et litlspendance en la ditto cour de parlement,dèscinquantedcuxans,Co!iit.(;(?n(?r.t.i, p. 5(;o.

— ÉTYM. Lat. lis, Wis, procès, et pendère, être suspendu.

LITORNE (li-tor-n'), *. f. Espèce de grive à tête cendrée.

— ÉTYM. Origine inconnue.

MTOTE (li-to-t'), s. f. Figure de rhétorique consistant à se servir d'une expression qui dit moins pour faire entendre plus. Quand Chimène dit à Rodrigue: Va, je ne te hais point, elle veut lui faire entendre qu'elle l'aime toujours, et se sert d'une litote.

— ÉTYM. Aitétri;, petitesse, ténuité, de Xvtô;, petit.

I. LITRE (li-tr'), s. f. Bande noire tendue aux obsèques d'un grand personnage .soit en dedans soit en dehors de l'église et portant les armoiries du défunt. On voit leurs armes sur les litres et sur les vitrages, la bruy. ix. || Aujourd'hui on accorde la litre à toute famille qui peut en payer les frais. Il Droit de litre, droit que les seigneurs-patroiw fondateurs et les seigneurs iiaut justiciers avaient de faire peindre leurs armoiries au dedans ou au dehors des églises ou chapelles.

— HIST. XV* s. Et fut ensepulturé en l'église de Courron, en laquelle le suppliant fist faire liere, et paindre ses armes allentour d'icelle, du cange, titra. Il XVI* s. Le seigneur chaslellain est fondé d'avoir la prééminence devant ses vassaux es églises estans en et de sa chastellenie, comme d'avoir et retenir listres à ses armes et timbres au dedans et dehors des dites églises, id. tî>.

— ÉTYM. Bas-latin, litra, listra; provenç. listre, I. m. lisière, bordure. Ce semble être le même mot que liste au sens de bandelette, bordure. La forme liere dans l'historique est fort singulière et peu explicable.

s. LITRE {li-tr"), s. m. || i* Dans le système métrique, unité des mesures de capacité, contenant un décimètre cube. || Litre pour les substances solides ayant un diamètre égal à sa hauteur, ou <08 millimètres 4 dixièmes. || Litre pour les liquides ayant un diamètre moitié de sa hauteur, ou 80 millimètres sur une hauteur de (72. || Demi-litre, la moitié d'un litre. || 2° Absolument. Un litre se dit pour un litre de vin. On lui servit un litre.

— ÉTYM. Litre a été fait d'après litron, ancienne mesure un peu plus petite que le litre.

LITRON (li-tron), ». m. Ancienne mesure de capacité, qui contenait la seizième partie d'un boisseau, ou trente-six pouces cubes. Le ministère mande à l'ambassadeur du roi en Suisse d'empêcher que messieurs de Berne no donnent un litroo de sel à la province de Gex, volt. Lett. Urne de St-Jullien, 6 déc. «77».

— HIST. XVI* 8. Le boisseau de bled mesure de Paris contient quatre quarts; le -quart, quatre literons ; le litcron, deux demis literons, le demi-litoron, dix-huit poulceons, o. de serres, 40.

— ÉTYM, i)(ron dérive probablement du ba*-latip

LIT

litra, mesur* de liquide, qui est le grec XUpa, une livre.

LITTÉRAIRE (li-té-rê-r"), adj. Qui appartient aux belles-lettres. .Société littéraire. La critique littéraire. Il aurait mieux aimé être inconnu toute sa vie, que de voir le calme de sa vie troublé p.».r ces orages littéraires que l'esprit et la science attirent à. ceux qui s'élèvent trop, vonTun. Newton. Les événements littéraires, si sensibles à ceux qui n'ont point d'autres événements dans leur vie, id. Lagny. Je puis dans sa course légère Arrêter le temps qui nous fuit. Et, loin du tumulte et du bruit. Dans l'indolence littéraire.Voir couler moUementdes jours.... LESMAiiis, Œuvres, p. 30. X la honte aguerris, ces forbans littéraires Ont mis leur conscience aux gages des libraires, M. J. chénier, la Calomnie. Il Forme littéraire,rédaction soignée et dans laquelle on sent l'habileté de style. Il faut donner une forme plus littéraire à cet essai. || Journal littéraire se dit, par opposition à journal politique, d'un écrit périodique qui est uniquement consacré aux choses littéraires. || Le monde littéraire, ceux qui cultivent les lettres. Opprimer Koonig et moi avec les mêmes artifices ; c'est ce que Maupertuis a fait, et c'est sur quoi l'Europe littéraire peut juger, voi.t. Lett. lioques, (752. Il Anecdote littéraire, petit fait relatif à un livre ou à un auteur. Puisque vous voulez être instruit des bagatelles et des ridicules.... ce sont li des anecdotes littéraires assez bien constatées; mais ce sont, sur ma parole, les vérités les plus inutiles qu'on ait jamais dites, volt. Lett. Thiriot, I7U8. Il Âge littéraire, époque où les lettres sont fiorissantes. Il Propriété littéraire, voy. propriété.

— ÉTYM. Lat. litterarius, de litterx, les belleslettres.

LITTÊRAIRE.MENT (li-té-rê-re-man), aav. D'une fai;on littéraire, au point de vue littéraire. Il faut juger littérairement les choses littéraires.

— ÉTYM. Littéraire, et le suffixe ment. LITTÉRAL, ALE (li-té-ral, ra-l'), adj. \\ 1* Terme

d'algèbre. Grandeurs littérales, grandeurs qui sont exprimées par dos lettres. || 2° Qui est selon la lettre, selon le texte, conforme à la lettre, au texte. Sens littéral. Après avoir établi les faits essentiels par des preuves littérales et incontestables, Boss. Rem. rép. quiétisme, Aiant-propos. || Sens littéral, se dit par oppositioL à sensallégorique et à sens mystique. ....Le secret de l'E.spril de Dieu caché dans l'Écriture ; car il y a deu.x sens parfaits, le littéral et le mystique, pasc. Lett. à Mlle de Roatincz , 2. Sur cette évidence de l'Ecriture, Luther ne trouvaitj'icn de plus hardi ni de plus impie que de nier le sens littéral ; etZwingle ne trouvait rien de plus absurde ni de plus grossier que de le suivre, boes. Var. ii, § 43. Il Traduction, version littérale, colle qui est faite mot à mot. Ne croyez pas que j'aie rendu ici l'anglais mot pour m-Ot; malheur aux faiseurs do traductions littérales qui, traduisant chaque parole, énervent le sons , VOLT. ifei. litt. Trag. angl. || Commentaires littéraux, commentaires qui suivent la texte mot par mot. || Familièrement. Cet homme est trop littéral, il prend trop les choses au pied do la lettre. Il Substantivement. Le littoral, la précision avec laquelle on prend les choses au pied de la lettre. Leduc de Bourgogne avait conservé de son éducation une précision et un littéral qui se répandaient sur timt, ST-siM. 266, 81. Il 3° Ancien et éciit, par oppositioa à moderne et vulgaire , en parlarit du grec et (U l'arabe. Lt grec Uitéral. L'arabe littéral.

— HIST. XV* s. On doit expliquer la dite loi à l'entente de la fin, et non pas au sens littéral ou sentence textuelle, monsthrlet, i, 39. || xvi* s. 11 n'est pas uv. ministre literal, qui ait seulement battu les aureiîles par le son de sa voix ; mais l'eflicace do l'esprit lui a esté donnée, calv. Inslit. 8i7.

— ÉTYM. Lat. litteralis, de littera, lettre. LITTÉRALEMENT (li-té-ra-lo-man), aiit). D'une

façon littérale. Traduire, expliiiuer littéralement. Il no faut pas prendre littéralement ce qui ne se dit que par métaphore. Rousseau, dans tous les soins qu'il prescrit à cet égard [au sujet de l'enfance) ne fait que suivre exactement le système de Locke ; il est vrai qu'il ne la cite pas, mais il le copie littéralement, cenlis, Adèle et Théod. t. l, p. 85, dans poucENS.

— ÉTYM. Littérale, et le suffixe ment.

I LITTÉRALISME (li-té-ra-li-sm'), s. m. Synonyme néologique de littéralité. Ressemblance jusqu'au littéralisme, bévillb, Rev.des Deux-Mondes. I" juin «806, p. 61 1.

LITTÉRALITÉ (li-té-ra-li-té), *. f. ConformitS à la lettre. La littéralité d'une U-aduction.

— ÉTYM. Littéral.

LIT

LITTÉRATEUR (li-té-ra-teur), î. m. Celui qui s'occupe de littérature, c'est-à-dire dont la profession est de faire des ouvrages, ou d'étudier et d'expliquer ceux des autres. C'est cet esprit philosophique qui semble constituer le caractère des gens de lettres ; et, quand il se joint au bon goût, il forme un littérateur accompli, volt. Dict. phil. Gens de lettres. Mon ami, un chapitre de Cicéron, De officiis et De natura Deorum, un chapitre de Locke, une lettre provinciale, une bonne fable de la Fonlaine, des vers de Boileau et de Racine, voilà ce qui doit occuper im vrai littérateur, ID. LeU. Thiriot, 1768. Je ne suis, sire, qu'un pauvre géomètre littérateur, tant bon que mauvais, qui souffre à la fois et de ses reins et de son estomac, d'alemb. LcU. au roi de Prusse, Ibse'pt. I78U. Ah! quel mal on m'a fait! pour ■ "ndre le littérateur meilleur écrivain [en lisant Cicéronj, Ou 3 empêché l'homme de devenir meilleur [en inierùiMnt Sénèque], did. Claude et Nér. u, 104. ». — ÉTYM. Lat. litleratorem, proprement celui qui

connaît l'alphaliet, qui l'enseigne, grammairien; de littersp, lettres et belles-lettres.

\ t LirrÉUATRlCE (li-té-ra-tri-s'), s. f. Néolo-

/ 1 gisme. Frmme qui cultive les lettres.

LirrÉRATL'RE (li-té-ra-tu-r'), s. f. || 1» Connaissance des belles-lettres. Aujourd'hui que littérature Est en fort mauvaise posture, scarr. Virg. vi. Gens d'espvit et qui n'étaient pas sans littérature, Eoss. Var. 2. Ceux-là pensent Être les plus raisonnables qui sont vains des dons de l'intelligence, les savants, les gens de littérature, les beaux esprits, ID. Serin. Uonn. t . Gens d'un bel esprit et d'une agréable littérature, LA BRUï. XVI. Chapelain avait une littérature immense, et, ce qui peut surpre.idre, c'est qu'il avait du goiit et qu'il était un des critiques les plus éclairés, volt. Louis XIV, 25. La littérature est dans la plus déplorable situation où elle ail jamais été, d'alemb. Leit. à Voltaire, 6 avr. <:73. Qu'ont fait ces nains lettrés qui, sans liitéiature, Au-dessous du néant soutiennent le Mercure? M. J. CHÉN. Ép. à Voltaire. La littérature, science expérimentale au plus haut degré, s'étend, se renouvelle, se rajeunit suivant tous les accidents de la pensée humaine,viLLEMAiN, Littér. franc. <8' siècle, 2' part. *' leçon. La littérature commence où la grammaire finit, c'est-à-dire que, quand la giamniîire s'est occupée du langage, de ses formes, de ses qualités et de ses défauts, la littérature classe et étudie les ouvrages où toutes ces parties déjà connues doivent se retrouver, jullien, Gramm. Table alphab. || 2° L'ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque. La littérature française. La littérature du moyen tige. La littérature allemmde n'est véritablement intéressante que depuis quarante ans, GKNLis, Adèle et Théod. t. I, p. <22, dans pougens. Il vous en adviendra quelque mésaventure, ô grand l'errin-Dandin de la littérature | La Harpe], M. J. cuéh. les Soureaux saints. Fi \ ne m'en parlez pas, opprobre de la littérature, honte du siècle et de la nation, qu'il se puisse trouver des auteurs, des imprimeurs et <lcs lecteurs de semblables impertinences fies pamphlets politiques],?. L. cour. Pamphlet des pamphlets. La littérature grecque est la seule qui ne soit pas née d'une autre, mais produite par l'instinct et le sentiment du beau chez un peuple pcëte, i». Préface d'une trad. d'Hérodote. |1 3° Les gens de lettres. Pour mieux connaître de quoi la basse littérature est capable, il faut savoir que les auteurs de ces gentillesses, ayant manqué leur coup, firent à Liège une nouvelle édition du même ouvrage... vûi.T. ilél. Utt. Ilonnêt. littér. 20.

— Hisr. xiii* s. Si r'ont cicrsplus prant avantage D'estre gentiz, cortois et sage, Que n'ont li princes ne li roi Oui ne sevent de letreQre, la Rose, 18830. Il xiV s. Fut de moult grant lettreûre, Chron. fr. mss. de G. de Nangis, dans lacubne. || xvi* 3. Ordonnons que tous les notaires qui par nous seront créez et constituez soubz nostre autorité et jurisdiction, seront tout premier examinez par no-.tre juge majeur sur la suffisance et litteiaturo d'iceiii, Houp. coust. ge'nér. U (l'empereur Julien] estoit iris exC'illenten toute sorte de lillcrature, mont, m, 82.

— ÉTYM. Lat. littcratura, de litteratus (voy. lettré) : proprement, l'alphabet, la connaissance des canictèresde l'alphabet et de la grammaire.

t LITTÊRÊ, ÉK (li-tté-ré, rée), fdj. Terme d'histoire naturelle. Marqué de signes qui ressemblent à des lettres. La Vénus littérée, sorte de coquille, dite aussi écriture arabique ou chinoise.

LITTORAL, ALE (li-tto-ral, ra-1'), adj. || 1* Qui ap[partient aux bords île la mer. I.A partie littorale lie la France. || Oiseaux littoraux, oûieauz (jui fré-

quentent particulièrement les côtes. || Poissons littoraux, mollusques littoraux, poissons, mollusques qui vivent dans les eaux du bord de la mer. En ce sens, littoral est opposé à pélagien. || 2° S. m. L'ensemble des côtes d'un pays. Le littoral de le Baltique, de l'Adriatique, de la France.

— ÉTYM. Lat. littoralis, de litlus, rivage. On écrit aussi lîtus ; suivant Curtius, ce mot se rattache à ).e£-|ji(dv, marais.

t LITTORELLE (li-tto-rè-l'), s. f. Petite plante commune dans les étangs, JiWoreiJo lacustris, L. plantaginées.

— ÉTYM. Lat. litlus, littoris, rivage.

t LirrORIXE (U-tto-ri-n') , s. f. Terme de zoologie. Genre de gastéropodes testacés, différant du genre turbo par un opercule corné et une coquille non nacrée; ony dislingue : 4 ° la littorine vulgaire, appelée bigorneau, bigourneau, vignot, et qui est le sabot littoral de certains auteurs; 2° la littorine muriquée, dite aussi bosson, legoabant.

LITURGIE (li-tur-jie), s. f. Ordre et cérémonies du service divin. La liturgie catholique, grecque, anglicane. || Plus particulièrement, l'ordre établi dans les prières et les cérémonies de la messe.

— ÉTYM. AsiToupyia, service public, de ).f|tTo;, populaire, public (qui tient à ).ao;, peuple), et de êpyov, œuvre.

' LITURGIQUE (li-tur-ji-k'), adj. Qui a rapport à la liturgie. L'ancien régime conférait aux chefs spirituels une sorte de propriété perpétuelle sur les ouvrages liturgiques, en vertu de laquelle ils administraient seuls et arbitrairement cette partie de la publicité religieuse, lamart. Rapp. à la ch. desdéput. propr. {{(((ir. Il Langue liturgique, l'ancien slave, qui sert encore pour le culle et les livres d'église, en Russie et dans les provinces du Danube.

— ÉTYM. Liturgie; grec, Xeitouç/Y'"»;- LITUUGISTE (li-tur-ji-sf) , s. m. Celui qui fait

une étude spéciale de la liturgie.

t LITUUS (li-tu-us'), s. m. Il 1" Terme d'antiquité romaine. Sorte de trompette de petite dimension, à son grêle, dont on se servait à la guerre. Les Romains se formaient en bataille aux éclats de la trompette, de la corne et du lituus, chateaubr. Hart. VI. Il 2° Bâton recourbé dont les augures se servaient; ainsi dit de sa ressemblance de forme avec les lituus militaires.

UUlVli (li-u-r'),ï f. Il 1° Anciennement, liens qui fixaient les émaux d'apjilique sur la pièce d'orfévrcrie et leur servaient d'encadrement; on les ornait de pierreries, de labordk. Émaux, p. 37o. i 2" Câble d'une charrette qui sert à assujettir les fardeaux dont on la charge. || 3» Terme de marine. Amarrage que l'on fait autour de deux ou de plusieurs objets pour les réunir et les tenir solidement ensemble. Elle (Sa Majesté] a été informée qu'il (le mâtdu Cheval marin] était rompu depuis longtemps, et que le mal n'aurait pu être découvert parce qu'il était dessous une des liures, colbert, à de Vauvré, 30 avr. 1081, dans jal. || Fausse liure, la deuxième liure en commençant par le haut, sur le beaupré il'un grand bâtiment.

— HIST. xni* s. De coi li mahaignié [l'endroit altéré d'un tonneau] soit redaubés et recouvers de la heure, Liv. des met. 103. Et s'ariestcrent à l'ourmier [ormeau] , et nigierent [anaclièrent] à forces toutes les loiures, et les coppcrent jusqu'en terre, cui que il en pesast [en dépit de qui que ce fill], Chr. de Itains, ai. || xiv s. Lyeurcs des esmaux, DE laborhe, Émaux, p. 37o. Grosses pièces de bois quarré liées ensemble à grosses bandes et heures de fer, amyot, Anton. 84.

— ÉTYM. Lier.

t LIVAIIDE (li-var-d'), s. f. || l" Terme do corderie. Corde d'étoupe avec laquelle le cordier resserre les torons et cordelles contre le noyau, ou âme, ou mèche centrale du câble, au .sortir du toupin. Il 2' Terme de marine. Perche longue et Icgèio avec laquelle on tend une voile rectangulaire enverguée sur le mât.

f LIVAROT (li-va-ro), ». m. Fromage fabriqué dans le bourg de ce nom (département du Calvndos).

t I.IVÈCUE (li-vè-ch'), s. f. Plante ombollifcre, appelée aussi ache, ou séséli de montagne, dont les racines et \et semences sont diurétiques (ligusticum leristicum. L.). \\ Livi-che des prés, le silaûs des prés, appelé aussi saxifrage des prés.

— HIST. XIII* s. Foïr dcit-on 0 [avec] une bêche I-a racine do la liuveschc. Us. Sl-Jcan. || xv* s. LupUtica, luiioscho, sciieleb, Gloss. rom. latin, p. 41. Il XVI' s. Saffran, racine d'angelique, racine do livesche, paré, xxiv, b.

— ETYM. Wall, larase; Hainaut, louvetse; ilal. k-

MV

vistica, lihistico ; portug. levistico; du lat. levisticum, qui se trouve, dit Diez, dans Végèce, et est une altération de ligusticum, livèche,; ligusticus signifie proprement ligurien, de Ligurie.

t LIVET (li-vè), f. m. Terme de marine. Livet du pont, ligne que l'on trace le long de la membrure yiour marquer la position d'un pont.

LIVIDE (li-vi-d') , adj. Qui est de couleur plombée, entre le noir et le bleu, telle que devient la couleur d'une chair meurtrie par quelque coup. Un teint livide. Des taches livides sur la peau. Une pâleur livide et une froideur mortelle avaient saisi tout son corps, fén. Tel. viii. Est-il vrai qu'on a vu des déesses livides Dans ces sombres forêts cacher leurs pas perfides? ducis, Macbeth, 11, 3. Un jour livide et sombre, m.j. ché.n. Tibère, 1, 3. Le météore à la clarté liviJe Est le flambeau qui marche devant eux, millevoye, Charlem. à Pavie, ch. iv. Leur troupeau lourd et rapide. Volant dans l'espace vide. Semble un nuage livide Qui porte un éclair au flanc, V. HUGO, Orientales, les Djinns. || Substantivement. Que notre cardinal [Fleury] dépérissait et qu'il mettait du rouge pour cacher le livide de son teint, volt. Lett. Pr. roy. de Prusse, 23 fév. 1749.

— HIST. XIV» s. Luis [livide] , Gloss. du père Labbe. Et [les cancers] ont durs neus livites ou noirs, H. DE MONDEViLLE, f° 97. || XVI' S. Quand la partie est noire et livide jusques à sembler qu'elle soit morte, paré, x, 6.

— ÉTYM. Lat. lividus, de livêre, être blême, dont l'étymologie est ignorée. Lividus, avec l'accent sur li, a donné régulièrement luis, monosyllabe.

LIVIDITÉ (li-vi-di-té), s.f. Ëtat de ce qui est livide. La lividité du teint, de la peau.

— HIST. XVI' s. La couleur se changeant en verdeur, noirceur et lividité, paré, ix, 24.

— ÉTYM. Livide; proveno. lividitat.

t LIVIEN (li-viin), adj. "Terme d'antiquité. Papier livien, espèce de papier égyptien ou papyrus, qui, plus fort que le papier Auguste, venait immédiatement après celui-ci pour la finesse.

t L1V0\ (li-von), s. m. Espèce de coquille univalve, le turbo pie, dont la coquille est appelée par les marchands la pie, la veuve, le petit deuil.

f LIVOT (li-vo), s. m. Un des noms de la buse.

{livrable (li-vra-bV), adj. Terme de commerce. Qui peut être livré à l'acheteur. Marchandises livrables. || S. m. Le livrable, la quantité de marchandises qui, sur les marchés, peut être livrée immédiatement.

LIVRAISON (li-vrê-zon),f. f. || 1» Terme de commerce. Action de livrer de la marchandise vendue. Il a fait livraison, i! a reçu livraison.... ||Terniede bour.se. Action de remettre les litres et valeurs. Livraison de titres. Prendre livraison. || 2° Terme de librairie. Partie d'un livre, d'un ouvrage publié par fascicules qui paraissent successivement à des termes plus ou moins rapprochés. La quinzième Uvraison de ce dictionnaire vient de paraître.

— iiiST. xii' s. A ceux qui voudront promit terres, Si Angleterre peut conquerre, X plusieurs promit livraisons, Riches soudoiers et bons dons, wace, dans DU cange, liberatio. Urie s'en turnad, et l'um envoiad riche livreisun de la curt à sun ostel, Itois, p. ibs. Muine [moine] e cou [cuisiniers] e sergant, escuier e garcun, Chascuns aveit sun pain à droite livreisun, Th. le mart. Cl. 1| xiii' s. Et furent cil dodens si à poi de viandes, que on n'i avoit plus do douze fèves de livrison le jour, Chr. de Itains, )3h. Cliescun qi prent liverosoun eit une taille de sa receito, Bibl. des chartes, 4' série, t. u, p. 377. Il xv s. [A la cour du prince] Livroison n'ont, ne logis qu'en débat, l'our deux chevaux; un cliascun les forconto, eust. descii. Bail. Huiss. darmes.

— ÉTYM. Provenç. liurason, liiraion; du lat. liberalionrm, do libnare, livrer.

I LIVRANCIER (li-vran-sié), î. m. Terme d'administration. Celui qui livre une fourniture. || Terme de commerce. Celui qui livre des marchandisos après les avoir vendues.

— ÉTYM. Livrer.

1. LIVRE (li-vr'), t. m. || 1' Réunion do plusieurs cahiers do pages manuscrites ou imprimées. Livre manuscrit. Livre imprimé. Les livres d'une bibliothôiiue. Livre doré sur tranche. Livres reliés, brochés. Les marges d'un livre. Quoiqu'il soit plus vrai qu'il ne fut jamais que c'est faire de grands prchés que de faire de grands livres, balz. liv. iv, lett. 3. Ils re'.;oniiurent avec soin la terre, et la divisèrent en sept parts, qu'ils écrivirent dans un livre, SACi, Ilible, Josui, xviii, 0. Vos livres éternels ne me contentent p.as; Et, hors un gros Plutarque à mettra mes rabats. Voiis devriez brajer lo"' cç meuble inti-

tile, El laisser la science aux docteurs de la ville, MOL. F. tav. u, 7.11 ne faut pas s'imaginer le prince un livre i la main, avec un front soucieux, et des yeux profondément attachés à la lecture ; son livre princiiml est le monde, Boss. Politique, v, i, 8. Che7. le libraire absent tout entre, tout se mêle; Les livres sur Evrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux ; Chacun s'arme au hasard du livre qu'il rencontre, boil. Lutrm, v. Êclaircis des rabbins les savantes ténèbres, Afin qu'en ta vieillesse un livre en maroquin Aille offrir îon travail h quelque heureux faquin.... ID. Sol. VIII. J'adoro le Seigneur; on m'explique sa loi; Dans son livre divin on m'apprend à la lire, bac. ^(hai.11,7. Je regarde à présent tous les gros livres comme des dictionnaires, volt. Mél. hist. Fragm. sur Vhist. art xiii. Vous craignez les livrescomme dans certaines bourgades on craint les violons; laissez lire et laissez danser; ces deux amusements ne feront jamais de mal au monde, id. Dict. phil. Liberté d'imprimer. || Chez les anciens, les livres étaient des rouleaux, c'est-à-dire une longue feuille de papyrus écrite sur une ou plusieurs colonnes, et roulée autour d'un bâton central (d'où vobtmen, rouleau, volume). Le ciel se retira comme un livre que l'on roule, et toutes les montagnes et les îles furent ébranlées de leur place, s\ci, Bible, StJean,Apocal.\j,M.\\U\Te in-folio, in-quarto, in-octavo, in-douze, in-seize, in trente-deux, voy. ces mots. {| Livre en feuilles, livre imprimé qu-i n'eiît encore ni broché ni relié. || CoUationner un livre, voir si un livre est complet, s'il n'y manque pas quelque feuillet. |{ Livre dépareillé, volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage. Il Terme d'antiquité romaine. Livres de lin ou lintéens. voy. lintèens. || Livre contrefait, s'est dit autrefois d'un fauX livre, c'est-à-dire d'un bloc de bois ou d'une boite ayant la forme et les ornements extérieurs d'un livre. Cette locution n'est plus usitée. Il Traduire un auteur à livre ouvert, le traduire facilement à la première lecture. || Fig. Il connaît l'avenir et les choses passées ; Rien n'est secret pour lui dans tout cet univers. Et pour lui nos destins sont des livres ouverts, corn. Illus. com. i, <. || On dit aussi en parlant de la musique : chanter, accompagner, lire la musique à livre ouvert, lire, chanter, accompagner sans avoir besoin de préparation. lie faire chanter à livre ouvert, moi? vous m'embarrassez fort, madame, dakcourt, Sec. chap. du diable boit.i, B. Il X l'ouverture du livre, en ouvrant le livre. Je suis tombé à l'ouverture du livre sur le passage dont j'avais besoin. || Ouvrir, fermer un livre. Amis, un dernier mot, et je ferme à jamais Ce livre, à ma pensée étranger désormais, v. hugo , Feuillet d'automne, xl. || Fig. Apres cela il faut fermer le livre, le point décisif est trouvé, et il n'y a plus rien à dire. || 2° Fig. Terme de théologie. Le livre de vie ou des vivants, le décret de Dieu touchant les élus. N'est-ce pas assez que ces dons fussent écrits de la main même du Seigneur dans le livre de vie? mass. Carême, Aumône. Un prophète ouvrit le livre dévie : le nom d'HiérocIcs était effacé, chateai.br. Ifart. xxiii. || Être écrit dans le livre de vie, être prédestiné à jouir du bonheur éternel. Ceux qui habitent sur la terre, dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie de l'agneau qui a été immolé dès la création du monde, saci. Bible, SI Jean, Apocal. xm, s. || 3° Fig. Le livre du destin, des destins, l'ordre immuable suivant lequel les événements doivent s'accomplir. Il ouvrit à ses yeux le livre du destin, volt. Uenr. 1. 1| Cela était écrit dans le livre du destin, se dit d'un événement où l'on croit voir quelque fatalité. || 4° Ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Livre bien écrit, mal écrit. Mettre un livre au jour. Publier, faire paraître un livre. Et disent pour bonjour : Monsieur, je fais des livres, Régnier, Sat. ii. Hâtepi, mon ami, tu n'as pas tant & vivre ; Je te rebats te mot, car il vaut tout un livre, la font. Fabl. vin, S7. Le dernier livre qu'il a fait contre M. Arnaud, PASC. Prov. IV. 11 faut qu'on n'en puisse dire [d'un homme] ni, il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent, mais, il est honnête homme.... quand en voyant un homme, on se souvient de son livre, c'est mauvais signe, m. Pem. vi, a ter, éd. BAVET. Cerlains auteurs, parlant de leurs ouvJges disent : mon livre, mon commentaire, mon hisioiia ' ils feraient mieux de dire : notre livre, notre commentaire, notre histoire, vu que d'ordinaire il y a plus en cela du bien d'autrui que du leur, m. ib. xxiv as. Les meilleur* livres lont ceui que ceux qui les

lisent croient qu'ils auraient pu faire : la nature, qui seule est bonne, est toute familière et cor.unune, m. Esprit géom. ii. Enfin, tant que nous aurons des livres, nous ne nous pendrons pas, sév. i3 sept. 1671. Un amour curieux des livres, une avidité de savoir.... fléch. Due de Mont. Un pédant enivré de sa vaine science, Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance.... Croit qu'un livre fait tout, et que, sans Aristote, La raison ne voit goutte et le bon sens radute, boil. Sat. iv. Son livre est d'agréments un fertile trésor, id. Art p. m. Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible; Va marquer les écueils de cette mer terrible; Perce la sainte horreurde ce livre divin, iD. Sat. vin. C'est un métier que de faire un livre, comme de faire une pendule, la BRuy. I. Si l'on 6te de beaucoup d'ouvrages de morale, l'avertissement au lecteur, l'épître dédicatoire, la préface, la table, les approbations, il reste à peine assez de pages pour mériter le nom de livre, iD. I. Il y a, surtout en mathématique, plus de bons livres qu'il n'y en a de bien faits, c'est-àdire qu'on en voit assez qui peuvent instruire et peu qui instruisent avec une certaine méthode et, pour ainsi dire, avec un certain agrément, fonten. l'ilospital. Je mets les bons livres parmi les choses absolument nécessaires, volt. Lett. Damilavitle, 3 avr. 1 767. Du temps de Pascal, de Boileau et de Racine, les mauvais livres ne valaient rien du tout, au lieu que les plus détestables livres de nos jours brillent toujours par quelque endroit, ID. Lett. Mme du Dejjfant. 16 nov. 1773. Métastase a pris la plupart de ses opéras dans nos tragédies françaises; plusieurs auteurs anglais nous ont copiés et n'en ont rien dit; il en est des livres comme du feu dans nos foyers : on va prendre le feu chez son voisin, on l'allume chez soi, on le communique à d'autres, et il appartient à tous, id. Dict. phil. Prior, Butler et Swift. Vous les méprisez, les livres, vous dont toute la vie est plongée dans les vanités de l'ambition etdans la recherche des plaisirs ou dans l'oisiveté; mais .songez que tout l'univers connu n'est gouverné que par des livres, excepté les nations sauvages, ID. ib. Livres. Les livres sont aujourd'hui multipliés à un tel point que non-seulement il est impossible de les lire tous, mais d'en savoir même le nombre et d'en connaître le titre, id. ib. Livres, sect. 3. De tous les livres de l'Occident qui sont parvenus jusqu'à nous, le plus ancien est Homère; c'est là qu'on trouve les mœurs de l'antiquité profane, des héros grossiers, des dieux grossiers faits à l'image de l'homme, iD. ib. Destin. Cet examen nous fournira quelque chose de nouveau et de vrai; c'est la seule excuse d'un livre, in. Phil. Newt, ii, *. Il vit avec le.s livres comme avec les hommes ; il choisit et il n'e.st jamais la dupe des noms, id. l'Homme aux 40 écus, lebonsens. Le désir de plaire à Mme de Villette fit entreprendre à Helvétlus le livre de l'Esprit, duclos, More. hist. OEur. t. x, p. 270, dans roL'GENS. Les livres éclairent la multitude, humanisent les hommes puissants, charment le loisir des riches, instruisent toutes les cla-sses de la société, raynal, Hist. phil. xii, ts. Un bon livre est un bon ami, bern. de st-p. Paul et Virg. Il Fig. Et je veux, si jamais on engage ma foi, Un mari qui n'ait point d'autre livre que moi, mol. Femm. sav. v, 3. Je sens le chagrin que vous avez eu de quitter votre château, et votre liberté, et votre tranquillité; le cérémonial est un étrange livre pour vous, sÉv. 27 oct. 4 675. || Commencer, achever un livre, en commencer, en achever la lecture. Il Peuples du livre, nom qui désigne, dans le Coran, les juifs, les chrétiens et les sabéens. || Les mauvais livres, les livres qui contiennent des doctrines subversives, et aussi les livres licencieux. Un tableau, une statue licencieuse c-st peut-être plus dangereuse qu'un mauvais livre, dider. Pensées sur la peint. OEuv. t. xv, p. isi, dans pougens. || Livre populaire, celui qui, par la modicité de son prix, est à la portée des moindres fortunes. || Livres élémentaires, ceux qui enseignent les éléments de quelque science. |{ Livres classiques, ceux des ouvrages littéraires qui, consacrés par le temps et par une approbation universelle, font autorité. || Livres classiques, se dit aussi des livres qui servent dans les classes à l'instruction de la jeunesse. || Livres de bibliothèque, ouvrages d'une grande étendue que l'on a pour les consulter, ou ouvrages sérieux qui figurent bien dans une bibliothèque et y font honneur. || Livres d'église, livres de prières, les livres qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèies poursuivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. || Livres de dévotion, livres qui servent aux exsr-

cices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques. i| Livre de paix, le livra qu'on donne à baiser à la messe. || Les sainLs livres la Bible, la sainte Écriture. Ayant pour notre consolation les saints livres qui sont entre nos mains, SACI, Bible, Machab. i, xii, 9. || Fig. On ferait un livre de.... se dit pour exprimer que la chose dont on parle fournirait matière à de longs discours. Quel gros livre ne ferait-on point de ses perfections? sÉv. 366. On ferait un livre et fort divertissant du domestique [de ce qui se passait à l'intérieur] entre le père et le fils, st-sim. 460, 207. || Familièrement. Il n'a jamais mis le nez dans un livre, il n'a jamais rien lu, il est fort ignorant. || Dévorer un livre, dévorer des livres, les lire avec une extrême avidité, une extrême promptitude. || .Sécher pftlir sur les livres, lire avec une assiduité exces.sive. Il Familièrement. Parler comme un livre, parler sur un sujet avec grande connaissance, élégance et facilité. Vertu de ma vie, comme vous débitez! il seni blo que vous ayez appris cela par cœur, et vous parlez tout comme un livre, mol. Festin, i, 2. Bien est-il vrai qu'il parlait comme un livre, gbessf.t, Vert-Vert, ch. II. Il Parler comme un livre, se dit aussi pour faire la critique de quelqu'un qui s'exprime avec facilité, mais en termes recherchés. || Parler livre, parler en savant. Que l'autre parle livre et fasse des merveilles, rêgnikr, Sat. vu. Eh bien ! il parle livre, il a le mot pour rire, id. ib. xm. || Fig, Brûler ses livres, voy. brûler, n° 1. 1|5° Fig. Il se dit de ce qui enseigne, instruit comme fait un livre. Le livre, le grand livre de la nature. Le livre du monde. Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moimême ou bien dans le grand livre du monde, desc. Méth. I, 14.116" Fig. Livre opposé à réalité, pratique. J'étais trop bien à Paris pour être longtemps bien à la cour; c'était là mon crime dans l'esprit d'un Italien [Mazarin] politique par livre, retz, h, 87. Il 7° Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. Mes derniers livres [de l'Enéide] .sont négligés; je ne prétendais pas les laisser si imparfaits; vous savez que je voulais les brûler, fén. Dial. des morts anc. 48. Il serait bien à souhaiter qu'on eût pu conserver son histoire [de Tite Live] ; il ne nous en reste que trente-cinq livres, dont quelques-uns même ne sont pas entiers; ce n'est pas la quatrième partie de l'ouvrage, quelle perte! rollin, Hist. anc. t. xii, liv. xv, ch. 2, art. S, p. 252, dans pouGF.NS. Il me semble que le second livre de l'Enéide, le quatrième et le sixième sont autant au-dessus de tous les poètes grecs etde tous les latins sans exception, que les statues de Girardon sont supérieures à toutes celles qu'on fit en France avant lui, volt. Dict. phil. Épopée. || Livres sacrés, livres canoniques, les livres de l'Écriture sainte qui sont reçus de toute l'Église. || Livres apocryphes, ceux que l'Église ne reconnaît pas pour authentiques. Il Livres sapientiaux, les livres de la Bible qui sont plus particullcrement destinés à l'instruction morale, tels que la Sagesse, les Proverbes, etc. Il Livres historiques., livres prophétiques, certaines autres parties de l'Ancien Testament. Il 8° Terme de musique. Se dit pour livraison, volume. Œuvre bi , lO* livre de duos de violon. Il Chant sur le livre, se dit du plain-chant ou contre-point à quatre parties, que les musiciens composent et chantent impromptu sur une seule. || 9" Il s'estdit jadis dans le sens de livret, libretto. L'opéra [de Proserpine, de Quinault] est au-dessus de tous les autres; le chevalier dit qu'il vous a envoyé plusieurs airs, et qu'il a vu un homme [Quinault] qui doit vous avoir envoyé le livre, s6v. 9 fév. (680. Ouinault apporta au roi chez Mme de Moutespan trois livres d'opéra pour cet hiver, dangeau, t. i, p. 127, 16 mai 4 685.1110° Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense. Livre de compte. Livre de dépense. Le maître d'hêtel et le cuisinier lui apporteront, tous les matins, leurs livres de dépenses, genlis, Adèle et Théod. t. Il, p. 455, dans POUGENS. Il Terme de banque et de commerce. Registre sur lequel on in.scrit toutes les opérations financières ou commerciales qui se font. Livre de mise et de recette. Livres de commerce. Livra de caisse. Livres d'acceptations, d'échéances, etc. Il Tenir les livres, se dit, chez un négociant, de l'occupation qui consiste à enregistrer tout ce qui est vendu et acheté, et toutes les opérations commerciales en général. Ce commis sait bien tenir les livres. Etudier la tenue des livres. U tient ses livres en partie double. L'anabaptiste Jacques en fit son teneur de livres, volt. Cand. 4. Leurs comptes, comme tous les autves, se rendent à Batavia, où

LTV

Ton tient le livre général de toutes les ^Tairas, RAYNAL, Bist. phil. II, 20. || Être porté, ou, «mplemerit, être sur le livre d'un marchand, y être inscrit pour marchandise achetée. {| Fig. Être sur le livre de quelqu'un, être noté par lui comme objet ie ressentiment, dont on essayera de se venger tôt ou tard. |{ Livre journal,ou, simplement, journal, registre où l'on écrit jour par jour et de suite ce qu'on a reçu ou payé. || Livre d'extrait, ou grand livre, ou, quelquefois, livre de raison, livre où l'on enregistre et classe les articles du livre journal. Tous banquiers.... et marchands en gros.... seront obligés de tenir livres de raison en bonne et due forme; et tous marchands, boutiquiers et vendants en détails, des hvres journaux, Ilègl. des 2 juin et 7 juillet <6G7. Il Par extension. Tu as ouï dire qu'Auguste avait un livre de raison qui contenait le détail des forcesde l'empire et de .ses finances, volt. Philos. Exam.BoUngbroke,\u. || 11° Absolument. Le grandlivre, la liste générale des créanciers de l'État. La principale base du projet de votre commission pour annuler promptement tous les anciens titres de créances, |)Our simplifier les mutations, les oppositions et la comptabilité, et pour faciliter le payement annuel dans les chefs-lieux de district, consiste à former un livre qu'on appellera grand-livre de la dette pubhque; il sera composé d'un ou plusieurs volumes; on y inscrira toute la dette non viagère, CAMBON, Rapport du (4 août (793, p. 7). Toute la dette publique non viagère sera enregistrée par ordre alphabétique des noms des créanciers, sur un grand-livre en un ou plusieurs volumes, dont le modèle est annexé au présent décret, ID. ib. article < ". Le grand-livre de la dette publique sera le titre unique et fondamental de tous les créanciers de la république,m ti<.ar(.6.Ilsera fait deux copies du grandlivre, m. ib. art. 8 Unbeau jour,de rentiers naufragés Tous les débris à la fois submergés Allèrent ge noyer dans la mer du grand-livre , oelille, Conter*, ii. || Ouvrir, fermer le grand-livre, contracter un emprunt, renoncer à en contracter jamais. Il 12 Terme d'ancienne administration. Garde des livres, oflicier qui avait soin des titres de la chambre des comptes, ij 13° Terme de marine. Livre du bord, registre sur lequel on enregistre les marchandises et même les passagers. || Livre de loch, rc,;:iitre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent, les dilTéreirtes voilures sous lesquelles le navire a couru, enfin tous les incidents et accidents de la navigation. Il Anciennement, registre sur lequel l'écrivain inscrivait les marchandises embarquées. || Livre de signaux, ouvrage qui contient la nomenclature des signaux et des instructions sur la tactique. Il 14° Terme d'administration militaire. Cahier de compte employé dans les régiments. Livre de compagnie, de police, de punition, d'ordre, de détail, etc. I) 16° Livre blanc, livre qui est tout de papier blanc, sur le ]uel on n'a encore rien écrit. Il Livre rouge, registre sur lequel étaient portées les dépenses secrètes de la cour, pendant les règnes de louis XV et de Louis XVI. || Kig. Il est écrit sur le livre rouge, c'est-à-dire il est mau-qué ou noté pour quelque faute qu'il a déjà commise. || Livre noir, se dit des livres qui traitent de sorcellerie, de nécromancie. || Le livre d'or, le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républujues. II Livre d'or s'est dit, sous la Restauration, du regisire contenant les noms des pairs de France. |l 16° Aujourd'hui, livre, accompagné d'une épitliùte désignant la couverture du livre, se dit des pièces, documents, rapports, etc. que les gouvernements soumettent aux chambres ou au pays pour leur faire connaître leur politique, leur conduite. En France, le livre bleu est pour les affaires intérieures, et le livre jaune pour les affaires extérieures (cet usage ne date que de 4852). En AngleL'uro, il y a aussi un livre bleu. Le compte rendu de Nccker sur les finuices de 4781 avait une couverture bleue, et, comme les conclusions en furent contestées, on l'appela le eonle bleu.

— uiST. XI* s. Marsilos fait porter un livre avant, Cfc. de Roi. XLVi. Il xu* s. Seient eslavé [effacé] del livre de» vivanz, o ot [avec] les justes ne seient cscrit, Liber psalm. p. 90, 11 prist un livre, si i list sans faillance. Ronds. 406. De pluisursaltres choses unt entr'els despulé, Duntum ne m'a encore acointié n'acert', Ne tut ne puet pas estre en mun livre noté. Th. le mart. 4 4 *. jj xm« g. Qui le livre a» histoire» mo montra, où je vi.... Berte,i A descnor fk dé»honncur] muert [meurt] à bon droit Oui n'nimo livre ne ne croit, Ren. v. 3». || xv* s. Le» bons livres font les bon* clers, oirson, dans Uist. litt, de la t'r.

t. XXIV, p. 283. Serment sur le livre et sur la croix, j. CHARTIER, Hist. de Charles VII, p. 238, dans la- CURNE. Ou j'arderay tous les livres que j'ay, Qui ont traitté de vertus et de vices ; Ou en brief temps le jugement verray Des grans menteurs qui tiennent les offices, e. desch. Poésies mss. f" 289. Un livre contrefait d'une pièce de bois paincte, en semblance d'un livre, où il n'a nulles feuilles, ne riens escript, couvert de veluiau blanc, à deux fermaus d'argent dorez, de laborde. Émaux, p. 367.

— ETY.M. Provenc. libre; catal. llibre; espagn. libro; portug. livro ; ital. libro ; du lat. liber, proprement la pellicule entre le bois et l'écorce, pellicule qui a donné son nom au livre, attendu qu'on a écrit anciennement dessus.

2. LIVRE (li-vr'), s. f. || 1° Ancienne unité de poids en France, mais unité très-mal déterminée puisqu'elle variait, selon les provinces, de 380 à 552 grammes; de plus, la division n'était pas partout la même : à Paris, elle se divisait en 46 onces; dans l'Ain, elle en valait (8; à Lyon, elle n'en valait que 4 2. Une demi-livre. Une livre et demie. Des chandelles de six à la livre. La livre de pain valait alors à Paris vingt-quatre de nos sous ; le peuple soufi'rait, les aumônes ne suffisaient pas; plusieurs provinces étaient dans la disette, volt. Louis XIV, 5. Des douze onces qui composaient la livre de Charlemagne, Philippe I" en prit huit pour former le poids de marc à l'usage des monnayeurs; le roi Jean doubla le marc et composa la livre actuelle de seize onces, SAIGEY, Métrologie, p. 444, édit. de 4834. Il Vendre à la livre, vendre au poids. Dont les vers en paquets se vendent à la livre, boil. Sat. ix. Non, monsieur, je n'ai point trafiqué de mes idées; mais je vous avertis qu'elles vous porteront malheur, et que vous les vendrez à la livre très-bon marché, si on s'opiniâtre à faire un si prodigieux recueil de choses inutiles, volt. Lett. Panckoucke, 4 3 févr. 4769. Il 11 porterait cent livres pesant, il porterait un poids de cent hvres. || Dans cette locution, on peut supprimer le mot livres : cent pesant, deux cents pesant, etc. || i" Livre métrique ou livre nouvelle, livre de Boo grammes ou demi-kilogramme. Il 3° Poire de livre, variété de poire qui est très-grosse, dite à Paris poire de catillard. Il 4* Terme de tapissier. Demi-livre allongée, petit clou à tête plate, servant à fixer la toile de tenture sur les châssis. || Se dit aussi d'un petit clou propre à arrêter les treillages.

— HIST. xiii* s. Pesée m'est à la grant livre Mésaventure et mescheance, Bionde et Jehan, v.2494.

— ÉTYM. Lat. libra; comp. le grec Xixpa.

3. LIVRE (li-vr'), s. f.\\ l' Anciennement, monnaie de compte qui valait un poids d'argent d'une livre, et qui fut progressivement réduite dans le cours du temps. Charlemagne ayant ordonné que le sou d'argent serait précisément la vingtième partie de douze onces, on s'accoutuma à regarder, dans les comptes numéraires, vingt sous comme une livre, VOLT. Moeurs, 4 9. Le legs que fit Louis VllI de trente mille livres une fois payées à son épouse la célèbre Blanche de CastiUe, revenait à cinq cent quarante mille livres d'aujourd'hui, m. ib. Bl. La livre d'argent, qui, sous Charlemagne, était du poids de 367 grammes et valait plus de "8 francs, pesait moins de 6 grammes et valait moins d'un franc à l'époque de l'établissement du système métri(|ue, 8AIGEÏ, Uétrologie, p. 4 19, éd. de 4834. || 2° Monnaie de compte qui se divisait en sous et deniers, et qui représentait un poids d'argent de moins de 5 grammes et une valeur moindre que le franc du système métrique. La livro touinoi» était de vingt sous, la livre parisis de vingt-cincj sous. Compter par livres, sous et deniers. || Kn calculant, ou pouvait employer livre dans tous les cas, et dire : une livre, deux livres, trois livres, quatre livres, cinq livres, six livres, cinq cents livres, etc. ; mais, dans le langage ordinaire, on disait plutôt : vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs, cent sous, six francs, cinq cents francs, etc. Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grain» de bézoar, sirop de limon ot grenades, et autres, suivant l'ordonnance, cinq livres, mol. Mal. im. i, 4 . Prends-moi lobonparii, laiskC-là tous les livre»; Cent francs au denier cinq, combien font-ils? vingt livre» ; C'est bien dit, va, tu sais tout ce qu'il faut savoir, boil. Sat. viii. Chrysippe, homme nouveau et le premier noble de sa race, asiiirnit, il y a Irenlo années, à se voir un jour deux mille liviesde rente pour tout bien, la bruy. vi. jj Mais, lorsque la somme ne r.ii3ait pas UD compte rond, on préférait la mot livre : troi» livres cinq sous, cinq cent trente-deux livre», etc. Vingt pislolc» rapportent par année dix-

huit livres six sous huit deniers, à ne les placer qu'au denier douze, mol. l'Avare, i, 6. Ces trois articles font quatre cent soixante louis qui valent cinq mille soixante livres, id. Bourg, gent. m, 4. il Fig. Faire de cent sous quatre livres et de quatre livres rien, dissiper son bien en mauvais marchés, en folles dépenses. || 3° 11 se dit aujourd'hui pour franc, quand on parle d'un revenu annuel. Avoir dix mille livres de rente. || 4° Au sou, au marc, la livre (c'est-à-dire un sou, un marc pour une livre), en proportion de ce que chacun amis de fonds danj une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. Venir, partager, payer au marc la Uvre. || 5° Livre sterling, voy. stebling. || 5° Livre de terre, portion de terrain qui rapportait une livre de rente.

— HIST. XI* s. Mielz [midux] en valt [vaut] l'orl [ourlet] que ne font cinq cenz livres, Ch. de Roi. xxxviii. Il XII* s. Car teiz [tel] a un denier en sa borce qui n'i a pas cinq livres, huteb, i, 257. Li mueble et li héritage au deteur doivent estre pris et vendus et paies as créanciers à la livre, selonc ce que le dette est grans, beaum. xxxiv, BO. Cinq cens livres par an à chascun [il] donra, Berte, cxxxi.

— ÉTYJI. Livre 2, parce que la livre monnaie fut, dans l'origine, aussi pesante que la livre poids.

LIVRÉ, ÉE (li-vré, vrée), part, passé de livrer. Il 1° Remis. Les marchandises Uvrées à l'acheteur Il 2° Remis entre les mains de. Le plus innocent de' hommes [Jésus] traité comme le plus criminel et livré à d'impitoyables bourreaux, bouhdal. ilyst. Pass. de J. C. 1. 1, p. (fil. || Fig. Parmi les fiols d'un peuple à soi-même livré, volï. Adélaïde, i, 4 . Livré à moi seul, sans ami, sans conseil, sans expérience, en pays étranger, j. J. iiouss. Conf. vu. || 3° Qui est dévoué à quelqu'un. Le régent devait savoir qu'on n'est jamais sûr de ceux qui se vendent, et que le premier président était de tout temps livré au duc du Maine par goût et par intérêt, hvclos, Mém.rég. OEuv. t. v, p. 339, dans pougens. || Absolument- Que n'êtes-vous pas pour eux, pour leur nom, pour leur famille [des Grignans]? toute livrée, toute dévouée, toute ruinée, toute détachée de votre famille, hors de votre maman, sÉv. I3 déc. 4 688. Si vous avez un ami, acquérez-le avec épreuve, et ne vous livrez point à lui par trop de facilité; lu caractère d'un prince livré le fait connaître et mépriser, boss. Polit, x, ii, 8. || 4° Abandonné à, en proi» à. [Mme de Guitaut qui venait d'accoucher] ne s'est non plu» ménagée sur le bruit que si elle était reine ou dauphine, c'est tout dire; car ces sortes de personnes sont entièrement livrées au bruit que donne la joie de leur accouchement, sÉv. ou comte de Guitaut, 26 mai 4 68i. Livré au péché, captif sous ses lois, boss. la Vallière. Les grands, les petits et les médiocres vivent également assujettis aux mêmes nécessités naturelles, exposés aux mêmes périls, livrés en proie aux mêmes maladies, m. Ùoriiay. Faibles agneaux livrés à des loups furieux, hac. Eslh. i, 5. Je sais qu'aux factions Syracuse livrée... volt. Tancr. i, i.

4. LIVRÉE (li-vrée),*. ^.|| 1* Anciennement, vêtements qu'un seigneur, un prince, un roi faisait délivrer aux membres de sa famine et aux guns de sa maison. Ces vêtements se distribuaient à certaines époques de l'année,* les livraisons s'en faisaient régulièrement, depuis les princes du sang jusqu'aux plus infimes serviteurs; on les appelait des robe» [vêlement complet] de livrée, des draps de livrée, pièces d'étoffes destinées à servir d'habillement, dos chapperons de livrée, db laborde. Émaux, p. 3U7. Il a* Habit» rappelant par leurs dessin» et leurs galons les armoiries du seigneur qui donne ces habits soi t à ses gens soit à d'autres. Mazarin eut la hardiesse de faire porter ses livrées à une armée, voi.i. tout» XIV, 5. Les armoiries devenues fixes et héréditaires introduisirent en même temps les livrées, 8T-P01X, fiî». Paru, Œuv. t. iv, p. 4U9. dans l'ou- OENS. Il Fig. Livrée, dans le sens de parti. Je ne puis dire do quelle livrée fut le duc de Noaillcs, mais il se soutint mieux que le» autres, quoique aveu un embarras marqué, malgré son masque ordinaire, ST-siH. 524, 229. Il 3* Par extension, habits d'une couleur convenue, ordinairemiiit galonnés, que portent les domestiques d'un» même maison. Laquais en grande, en petite livrée. Ma livrée bien riche, bien leste, bien chamarrée, d'allainval, École des bourg, ii, 2. Los valets, troupe chamanéo, Trocjuanl aujourd'hui leur livrée. Que d'habits bleus nous étalons! uErano. Vieux habits, vieux galons! \\Vig. Marchand de vers , jadis poète, Abbé, valet, vieille coquette, Vous arrivez; i'aris accourt; Eh! vite : une triple toilette; 11 faut unir à la cornette M

livrée et le manteau court, M. j. ciiên. Pflite éptire à J. DeliUe. U liberlél... C'est une bégueule enivrée Oui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : à bas la livrée I DÉRANG. Refus. Il 11 a porté la livrée, il a été laquais. Il Kig. Porter la livrée de quelqu'un, être complétoment dans ses intérêts, lui être tout à fait dévoué. Vous m'avez donné tous vos sentiments, je porte votre livrée, stv. 13 déc. 1088. || Homme de livrée, domestique portant livrée; gens délivrée, les domestiques portant livrée. II y a cent louis à chacun des principaux, et vingt à chaque homme de livrée, iiAiNTENON, Lclt. au due de Noailles, il juin l7o:!. Les gens de livrée et ceux de la basse-cour, j. j. Rouss. Ilél. IV, 10. Il Chez les passementiers, galon de livrée. || 4' Collectivement. Tous les gens qui portent une livrée; domesticité. Sosie de la livrée a passé par une petite recette à une sous-forme, et par les concussions.... il s'est enfin, sur les ruines de plusieurs familles, élevé à quelque grade, la imuY. vi. Servez bien la patrie et venez quelquefois diner avec ma livrée, volt. Homme aux quarante éctis, Désastre. Il II se dit aus5i de tous les laquais en général. Lî livrée se mutina. || Fig. Battre la livrée de quelqu'un, faire la guerre à ses amis, à ses partisins. Si vous croyez qu'ils marchent un peu sur mes traces, je vous prie de ne pas battre ma livrée, volt. Lett. Urne du Vejjanl, 16 oct. 1705. Je voyais mon clergé, mes cours de parlements, Mon trône rétabli sur ses vieux fondements, Et de la liberté la France délivrée.... Mais les républicains ont battu ma livrée, M. J. ciiÉNu:n, Pie ('/ et Louis XVJII. || 5° Livrée de la noce, rubans de couleur que la mariée distribue aux parents et amis pour assister aux noces; cela ne se fait plusquedansIesrioccsvillageoises.il 6° Livrées d'une dame, rubans pareils à ceux qu'elle porte. Les clievaliers portaient les livrées de leurs maitres.sos, iiA- MiLT. Cramm. 4. || 7" Kig. Marques extérieures auxquelles on peut rec'innaître certaines conditions. La livrée, les livrées de la misère, de la servitude, de la faveur. Votre piété s'ennuie de porter les livrées du monde, no?s. i, V^ture, 3. Conservant sous ces livrées delà pauvreté l'air le plus majestueux, volt. Taureau, 6. Et le laquais galonné qui porte la livrée du luxe insulte à votre habit, qui est la livrée do l'indigence, m. lUl. lut. à M. Lefùvre. Il est vrai que ses lettres [de Balzac] étaient des harangues ampoulées; il écrivait au premier cardinal de Retz: «Vous venez de prendre le sceptre des rois, et la livrée des roses, » m. Louis XIY, 32. || 8° Terme de vénerie. Pelage que portent, durant la première année, certains quadrupl'des, et qui, se faisant remarquer par des mouchetures et des bandes régulièrement disposées, a une teinte en général plus claire que celle du fond. Ce changement de couleur, après le premier âge, est assez général dans la nature et s'étend jusqu'aux quadrupèdes qui portent alors ce qu'on appelle la livrée et qui perdent cette livrée, c'est-à-dire les premières couleurs de leur pelage, à la première mue, blff. Ois. t. i, p. 97. || Se dit du plumage des jeunes oiseaux. Souvent aussi elle [la teinte du plumage] dépendra du degré de froid que ces oiseaux auront éprouvé; car on peut leur conserver toute l'année leur livrée d'été, en les tenant l'hiver dans un poêle ou dans tout autre appartetement bien échaulTé, buff. Ois. t. viii, p. 4i. Il 9* Terme de marchand d« soierie. Fil de soie d'une certaine couleur, toujours !a même chez chaque négociant, attaché à la lisière des pièces, et portant le morceau de carton carré sur lequel est écrit le numéro de la pièce.

— lllST. iiv s. Le dit argentier n'a rien délivré aus dits jeunes enfans de France, excepté pour messeigneurs Jean et Philippe de France et Loysde Bourbon, les quiex [les quels] furent vestus de livrée avec monsieur le dauphin le jour de Noël, nu CANGE, liberatio. Achat de pcaulx de chamois pour faire certains sacs et habis de chamois, tant pour le roy nostre seigneur, comme pour plusieurs seigneurs de son sang et autres ses chambellans et serviteurs, à culx donnés par le dit seigneur pour la livrée en cestc saison d'hiver, de labobue. Émaux, p. 30». llem doit avoir une cote des dras des officiers, toutefois que Madame fera sa livrée, id. ib. || xv' s. n tcnoit grand estât et noble et faisoit grans livrées et grans despcns, pboiss. i, i, «o. El s'ilz veulent avoir marée, On en fait es halles livrée Pour l'argent trois fois la sepmaine, b. ntscii. Poésifs mst. I* 4tl. Esté rovcst cliamps, bois et neurs, Do sa livrée de verdure, El de maintes autres couleurs Par S'ordonnance de nature, en. d'orl. Chanson. Tous les oyseâulx.... Crioyent tort, demandans la livrée Que nature leur avoit ordonnée, id. Bail. «7. Quant

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